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Le Tour du Dhaulagiri


Trek du Tour du Dhaulagiri

De Darbang à Marpha

Du 4 au 19 octobre 2013

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Notre objectif:

Ce trek est en préparation depuis 2001, lorsque je descendais de Jomsom à Gorepani pour remonter pour la première fois vers le sanctuaire des Annapurna. Il y a 12 ans, l’imposante masse du Dhaulagiri faisant face aux profils dentelés des Annapurna, espacé par la vallée la plus profonde du monde, donnait des envies d’escapade : sortir des sentiers battus, déjà bien occupés.

C’est un palier technique intéressant puisque la randonnée exige une plus grande autonomie que celle vécues au cours des précédents treks (Milam en octobre 2012 et Makalu inachevé en avril 2013), des bivouacs au-dessus de 5000m et la nécessité de chauffer l’eau avec un autre combustible que le bois.

Nous prévoyons d’effectuer le tour du Dhaulagiri en solo à partir du point terminal de la route, Darbang, puis, forts de notre acclimatation à l’altitude, rejoindre de l’autre côté de la vallée, le lac Tilicho – le lac le « plus haut » du monde, par le col du Mesokanto.

 Préparation: 

Après les avatars du mois d’avril dans la région du Makalu (col bloqué par la neige), nous avons pris la résolution de partir à l’automne pour bénéficier des conditions météo les plus clémentes : la mousson d’été doit être passée et le froid hivernal en altitude être à venir.

  • Trajet :

Nous préparons le trajet et les étapes à la lecture attentive du récit de Sébastien et Fabienne, 3 ans auparavant (http://www.blankpage.fr/voyages-et-treks/tour-du-dhaulagiri/)

Nous reportons leur trajet sur Google Earth et dans le GPS. Il sera la base de nos indications GPS.

  • Situation 

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  • Sacs à dos:

Nous prévoyons 7 jours d’autonomie en nourriture, soit 7 à 8 kg composés de jambon sec, saucisson, semoule, pain type wasa, comté, muesli, lait lyophilisé, chocolat,  fruits secs, barres de céréales, palets bretons. La spiruline fait son entrée pour être testée (500g) : nous manquons toujours de vitamines en altitude et nous sommes rapidement en manque de fruits. Nous verrons si la cure comble ce manque.

Chaussures : LOWA – Tibet pro gtx

Sacs à dos : Osprey exos 58, Gregory Wander 70

Tente : Vaudé Power Lizard SUL 2 places

Réchaud :  MSR XGK EX avec 900ml d’essence achetée à Pokhara

Matelas: Thermarest Néoair XLIT

Sacs de couchage: Valandré Bloody Mary

On embarque aussi 2 panchos qui serviront l’un à recouvrir les sacs à dos qui restent dehors la nuit et à protéger le sol de la tente légère mais fragile.

Je porte au départ 18kg en tout, avec l’essence et l’eau  et Sylvie environ 14kg.

  • Accès: 

Nous avons pris un vol Malaysia, le moins cher au moment de l’achat mais qui fait faire un bon détour par Kuala Lumpur. C’est une bonne compagnie mais le voyage est un peu long à l’aller.

J1 :A Kathmandu, nous prenons nos TIMS et droits d’entrée dans le parc des Annapurna.

J2 : Bus Tourist de Kathmandu à Pokhara (faute d’avoir réservé, nous avons été serrés à côté du chauffeur). A Pokhara, l’apparition soudaine et irrélle du Macchapucchare, montagne sacrée, n’est pas pour nous rassurer. La mousson est bien toujours ancrée sur les himalaya alors qu’elle devait s’être évanouie depuis plusieurs semaines..

J3 : Bus de Pokhara à Beni à 7h le matin puis  bus de Beni à Darbang. La route est effondrée vers Bablyachaur, nécessitant un changement  de véhicule.

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  • Agenda :

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  • Altitude à l’étape

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  • Altitude en fonction de la distance

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Le  trek au jour le jour

  • 1er jour : De Darbang à Dharapani en 3 heures

Nous avons récupéré du voyage avec une bonne nuit. Le ciel est gris au réveil et une pluie fine tapisse les rues de Darbang. J’ai perdu mon kway dans le dernier bus hier après midi et la police m’avait promis de tout mettre en œuvre pour le récupérer alors que le bus était déjà reparti. Après un petit déjeuner copieux (milk tea, chapatis, omelette) la police nous fait prévenir que le Kway a été retrouvé ! Il nous sera très utile, précieux même, dans les jours qui suivent…

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C’est une petite étape pour se mettre en jambes. Les sacs sont lourds et nous craignons les lombalgies… La pluie se tarit avant que nous ne sortions de Darbang. Il faut dés le départ, vers 10heures, longer la rive gauche de la Lyagdi khola. Nous longerons cette rivière jusqu’à sa source. Il fait bon, un peu plus de 20°C, et nous marchons sans difficulté sur un chemin bien tracé avec parfois déjà quelques éboulis.
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Nous arrivons vers 13h et l’accueil est chaleureux à Dharapani. Nous profitons du soleil l’après midi pour la toilette et la lessive en compagnie des villageoises. Nous nous promenons dans ce beau village où poussent dans les jardins de grandes touffes de cannabis.

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  • 2ème jour : De Dharapani à Muri en 7 heures

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Le temps reste gris mais il ne pleut pas. Après une première montée jusqu’à 1868m, nous descendons dans les rizières par des chemins gadouilleux pour éviter le détour par Phaliyagaon. Après la traversée d’un affluent, nous nous dirigeons vers une chute d’eau où nous prenons une douche délassante. Le chemin continue à monter sur le nouveau versant pour donner sur Muri à une altitude identique au point culminant de la journée.

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Nous cherchons une maison hôte alors que la pluie commence à tomber. Après quelques hésitations, les villageois nous ouvrent une pièce sommaire mais propre et rapportent un lit d’on ne sait où. Nous sommes la curiosité des enfants et nous en profitons pour faire quelques photos. Le traditionnel dalbath nous sera servi le soir. Nous payons 1000Rs la chambre, les diner et petit déjeuner (chapatis, milk tea et omelettes)

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  • 3ème jour : De Muri à Boghara en 9 heures

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Nous marchons à notre rythme, c’est-à-dire bien doucement. Le Dhaulagiri s’est dévoilé ce matin comme pour nous motiver.

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Le temps reste doux et nous continuons à nous frayer dans les rizières. Le chemin disparait parfois complètement et nous nous embarquons dans une mauvaise direction. Le GPS indique bien un écart par rapport à l’itinéraire mais nous ne trouvons pas le bon chemin. Un paysan nous indique un pont en contre bas : nous sommes partis vers une vallée latérale… Nous le rejoignons en coupant à travers champs. Il nous faut parfois sauter prudemment les murets séparant les terrasses. Nous nous sommes mal engagés en commettant une telle erreur dans une région encore fort habitée… Qu’en aurait-il été à 5000m ? Cela nous inquiète.

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Nous traversons de petits hameaux jusqu’à Naura. Nous y déjeunons dans une ferme accueillante après 4 heures de marche. Le soleil est toujours présent par intermittence. On nous indique qu’il faut 3 heures pour rejoindre Boghara.

Nous en mettrons près de 5 sur un chemin magnifique et vertigineux. La montée est rude sur 600m de dénivelé.  Le temps est plus ensoleillé qu’hier mais nous voyons un bel arc-en-ciel sur le versant opposé.

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Boghara est un beau village niché dans les rizières à 2000m d’altitude. La première maison nous offre l’hospitalité. Une poule couveuse est installée avec nous et défend son territoire. Nous nous battons avec une vache qui ne veut pas céder sa place au seul point d’eau pour faire nos toilettes et lessives .

Les enfants nombreux dans la maison font leurs devoirs avant le repas du soir.

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  • 4ème jour : de Boghara à Dobang en 9 heures

Nous négocions gentiment avec le propriétaire qui nous demande 1750Rs dont  600Rs pour la chambre, aussi cher qu’à Kathmandu. C’est la preuve qu’il faut toujours demander les prix avant de s’installer…

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Mais le ciel est totalement bleu ce matin et c’est bon pour le moral.

Montées et descentes nous épuisent et nous sommes heureux d’arriver à Phylankos kharka, une hutte où une femme nous prépare avec une grande gentillesse des nouilles chinoises qu’elle cuit avec des herbes délicieuses cueillies dans son jardin.

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Un vieil homme qui vit avec elle nous indique qu’il faut 2.5 heures pour atteindre Dobang. Nous n’en mettrons que 3. Pas si mal !

Mais nous commençons à fatiguer en nous enfonçant dans une forêt humide, boueuse et tropicale. Dobang est une clairière sans activité agricole apparente. On nous propose une pièce au même prix que l’emplacement de la tente (400Rs). Nous choisissons la pièce pour gagner le temps du démontage demain matin. Le dalbath est à 300Rs, prix raisonnable à cette altitude. Nous passons une bonne soirée avec des convives un peu éméchés à l’alcool local.

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  • 5ème jour : De Dobang à Chauribang en 6 :30 heures

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C’est une journée à marcher dans la boue et dans la forêt humide et tiède. Les passages difficiles se multiplient. Nous avançons en prenant bien garde de ne pas faire de faux pas. Nous avons tout notre temps. Nous nous arrêtons à 13h40  à Chauribang qui marque la fin de la forêt alors que nous avions prévu de monter jusqu’au camp des Italiens. Il reste théoriquement 3 heures et nous craignons autrement d’y arriver à la nuit tombée.

Nous nous installons à côté d’une cabane où on nous préparera l’éternel dalbath. Nous économisons ainsi nos provisions. Il est possible de s’installer sous un toit et sur la paille mais nous préférons tester nos équipements avant d’être dans des conditions plus difficiles, en particulier le réchaud. Il fonctionne parfaitement.

La toilette se fait dans un torrent un peu chargé de terre car nous ne trouvons le filet d’eau de source (à l’entrée du site pourtant) qu’après quelques pérégrinations.

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  • 6ème jour : De Chauribang au camp des Italiens en 4 heures

Il a plu une bonne partie de la nuit mais le ciel est bleu au réveil. C’est ce qui compte ! Nous rangeons la tente mouillée et les sacs de couchage humides.

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Je commence la cure de spiruline ce matin (3 cuillères à soupe avec le thé). Dalbath le soir et chapati à la confiture d’orange au petit déjeuner ! Royal ! 1300Rs pour l’emplacement, diner et petit déjeuner.

Bien nous en a pris de nous arrêter à Chauribang ! Le chemin devient chaotique à la sortie de la forêt et sur la moraine. En fait, il n’y a bientôt plus de chemin car il a été emporté par une avalanche sur plusieurs centaines de mètres. (il y a deux mois nous dira-t-on au camp des Italiens). La progression s’apparente à de l’escalade à certains endroits. Nous devons même creuser dans la glace pour nous hisser dans un passage difficile.

Nous rencontrons les premiers trekkeurs depuis Dharapani. Ils arrivent en sens inverse alors que nous cherchons un passage pour traverser un torrent impétueux. Ils ont eu du beau temps en haut et cela nous rassure.

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Nous nous égarons un peu dans les éboulis de l’avalanche avant de trouver l’extrémité du chemin. Un vieux short abandonné par terre était censé donner la direction à prendre…

Le Dhaulagiri se découvre majestueusement sur le côté. Nous nous en sommes bien rapprochés depuis la dernière fois que nous l’avons aperçu de Muri. Ca nous donne du courage pour continuer la montée !

En arrivant au camp des Italiens, une migraine légère s’est installée. Je prends du Dafalgan sans effet puis de l’Ibuprofène bien plus efficace. Nous sommes surpris d’y trouver deux groupes de trekkeurs avec leurs guides et porteurs. Ils font bien le tour en dans le même sens que nous et pourtant nous ne les avons pas vu dans la montée. Mystère. Ils marchent forcément plus vite que nous.

Le bain dans le torrent à côté du camp et le séchage au soleil sont  un vrai moment de bonheur.

Les gérants du camp proposent un menu varié avec notamment d’excellents spaghetti, hasard ou volonté d’être à la hauteur du nom du lieu ? C’est encore une économie pour nos réserves et nous en profitons sans vergogne !

Le brouillard tombe avec la nuit et nous entendons de nombreuses avalanches qui nous mettent dans l’ambiance de la haute montagne. Il y en a tant qu’on pourrait croire qu’un orage se développe au dessus de nous.

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  • 7ème jour : Journée d’acclimatation au camp de base des Italiens 

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Il fait bon, 8°C entre les deux toits de la tente au réveil vers 6h. Le ciel est radieux et le panorama magnifique autour du camp. Nous sommes vraiment au pied du Dhaulagiri.  C’est la première fois que nous nous rapprochons autant d’un tel monstre.

Les groupes sont partis vers le camp des Japonais lorsque nous revenons de la lessive. J’en profite pour installer une table et deux fauteuils pour notre confort avant l’arrivée d’éventuels  nouveaux groupes…

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Lors d’une promenade de reconnaissance, nous les voyons tels une colonie de fourmis à la queue leu leu en train de monter une énorme moraine en contre bas. Sylvie s’inquiète de la difficulté. Il est vrai que cette portion du trek est réputée difficile et dangereuse.

Quatre néozélandais et leurs porteurs et guides ainsi que deux jeunes tchèques autonomes se sont installés dans l’après midi.

Le ciel se couvre progressivement  dans la soirée et la pluie se met à tomber dans la nuit.

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  • 8ème jour : Jour forcé d’acclimatation au camp des Italiens

La pluie fine tombe toujours au réveil. Nous prenons notre petit déjeuner à 6 :30h comme nous l’avions commandé la veille en vue d’un départ vers 7:30h. Mais il continue de pleuvoir et le ciel est totalement bouché. On nous déconseille de partir. Les néozélandais décident, eux, de tenter leur chance. Nous restons avec les tchèques. La journée s’écoule avec lenteur sous la pluie. Les parties de Rummy* dans la tente font passer le temps.

*Sylvie a créé un jeu de Rummy cube (Okey en turc, car c’est là que nous l’avons découvert) avec des petits carrés de papier qui se rangent précieusement dans une boîte de Tictacs. Nous l’avons appelé, avec raison probablement, « le plus petit rummy du monde ». Mine de rien, il a achevé avec succés son 3ème trek
  • 9ème jour : du camp des Italiens au camp des Japonais en 6:30h

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La température est tombée cette nuit à 0°C à l’extérieur. Le ciel s’est dégagé par la même occasion. Nous payons 7700Rs pour nos 2.5 jours. Nous retrouvons notre chemin qui descend brutalement vers le glacier puis nous attaquons la montée sur l’autre versant, tout aussi abrupte. Pour autant , nous ne nous sentons pas un instant en danger.

Les paysages sont grandioses et nous les découvrons sans cesse différents en progressant sur des chemins escarpés au pied des parois verticales.  Nous dépassons une baraque cadenassée que nous avions pris, de loin, pour le camp des Japonais. Il s’agit plus probablement du camp des Français.

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En quittant l’étroit couloir venteux qui donne sur le camp des Italiens, nous montons sur le glacier que nous ne quitterons qu’après le camp de base du Dhaulagiri. Nous arrivons au nouveau camp de base des Japonais vers 13 :45. Nouveau car il ne correspond pas à l’emplacement suggéré par les cartes.  Nous retrouvons le couple tchèque et le jeune gardien d’une tente « hôtel ». Il propose un hébergement rustique depuis deux ans de septembre à novembre. ainsi qu’au CB du Dhaulagiri, tant qu’il y a quelqu’un sur place.

Après l’installation du campement, nous allons prendre un thé (100Rs*2). L’emplacement coute 300Rs. Nous préparons nos premiers repas.

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  • 10ème jour : du camp des Japonais à proximité du CB du Dhaulagiri en 7 :30h

Nous nous rôdons à la répartition des travaux liés à l’autonomie. Pendant que Sylvie range la tente, je prépare le petit déjeuner (muesli+ lait + cappuccino). Mais nous ne partons qu’à 8h. La marche est alerte et nous profitons des paysages spectaculaires.

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Le chemin est assez visible mais nous ne retrouvons pas le camp indiqué par Sébastien (28°44’44.65″N – 83°27’50.95″E). Les écarts entre le chemin est les points GPS doivent s’expliquer par le mouvement du glacier.  Nous apercevons d’un surplomb sur le glacier  un camp (toiles plastiques colorées) que nous interprétons comme le CB du Dhaulagiri. Nous voyons en même temps à mi distance notre couple tchèque parti plus tôt que nous ce matin. C’est peu après, vers 11h  que nous perdons la trace du chemin.

Il nous semble impossible de rejoindre le campement bien visible mais sur la rive droite du glacier alors que nous sommes maintenant sur sa rive gauche. Nous retrouvons les tchèques qui ont tenté de le traverser à plusieurs endroits et sans succès. Je leur propose de suivre strictement mes points GPS. Il s’avère que ceux-ci nous permettent de traverser à un endroit totalement sûr. Il s’avère aussi que le camp vu plus avant n’est pas le CB du Dhaulagiri indiqué par le GPS, plus en amont d’un km environ. Nous retrouvons d’ailleurs les débris de l’ancien camp.

Nos amis tchèques préfèrent redescendre au nouveau camp. Nous nous installons à proximité de l’ancien camp à un emplacement qui nous paraît sûr.

Pendant que nous installons notre campement et que je vais chercher de l’eau dans une infractuosité du glacier, le ciel se couvre d’une couche nuageuse fort basse et nous craignons la neige.

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La nuit tombe et nous nous sentons bien seuls dans cet environnement devenu lugubre avec les craquements du glacier et les avalanches incessantes. Nous nous calfeutrons dans la petite tente où nous tenons à peine assis pour un diner réconfortant. La neige se met à tomber.

  • 11ème jour : Journée d’acclimatation forcée au CB Dhaulagiri

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Il a neigé toute la nuit et cela continue de plus belle au petit matin. La neige s’accumule sur le toit. Les contacts du toit avec le sous-toit provoquent une condensation très désagréable. Nous ne nous pressons pas pour autant pour nous lever car nous savons que nous ne pourrons pas partir et que la journée sera longue.

Il fait rapidement chaud dans la tente, jusque 18°C alors qu’il fait doux dehors : 7°C. La neige tient bon pourtant. Les duvets, mouillés sur leurs couche extérieure avec la condensation de cette nuit, sèchent vite. C’est une excellente nouvelle.

Nous attendons dans la bonne humeur mais non sans appréhension. Les craquements du glacier et le tonnerre des avalanches est quasi continu. Etre totalement seuls dans cet univers minéral et hostile donne le sentiment d’être très petits. C’est bien l’ambiance que nous avons cherché, nous n’allons pas nous plaindre !

Nous profitons d’une accalmie pour partir faire un repérage à l’aide du GPS. Nous découvrons des cairns alignés près du campement. Nous sommes près du chemin ou d’un chemin abandonné depuis peu. Nous progressons vers l’amont en accord avec le GPS sur près d’un km. Nous sommes très probablement sur le bon chemin.

La neige recommence à tomber et nous nous calfeutrons dans la tente. La journée se termine une fois de plus avec des parties interminables de Rummy auxquelles je perds sans discontinuer.

  • 12ème jour : Seconde journée au CB du Dhaulagiri

La neige continue de tomber. Tout est maintenant recouvert d’une épaisse couche blanche. Il fait à peine froid dehors: 0°C. L’eau s’est infiltrée dans la tente mais nous arrivons à éponger sans difficulté. Nous ne voulons pas nous risquer sur un chemin incertain, sans visibilité et dans la neige.

La température monte vite jusqu’à 20°C dans la tente. Il fait presque trop chaud.

Le vent se lève par rafales dans l’après-midi et la neige et le grésil redoublent. Nous nous acclimatons bien en tous cas car il n’est plus question de mal de tête même s’il nous est difficile d’accomplir des efforts prolongés.

Nous avons suffisamment de nourriture pour tenir encore 5 jours au moins mais l’ennui se fait sentir au bout de la seconde journée d’attente. Il n’était pas possible de prévoir un aussi mauvais temps en octobre alors que la mousson devrait être terminée depuis près d’un mois.

Dans ces circonstances, nous envisageons l’avenir de la boucle sur le lac Tilicho de moins en moins probable.

  • 13ème jour : du CB du Dhaulagiri jusqu’au camp des Deleval en 9 h

Il ne neige plus ce matin mais le brouillard entoure notre campement, nous empêchant de voir les parois montagneuses à proximité.

Nous nous apprêtons à partir quand nous voyons se rapprocher deux silhouettes par l’aval. Ce sont des guides qui explorent la possibilité de partir pour un groupe coincé au camp un km plus bas. Ils nous annoncent que la météo doit s’améliorer dans la journée. Ils ont eu une communication par téléphone satellite. Ca tombe bien car nous avions décidé de partir, de toutes façons, l’attente devenant intenable.

Nous suivons les cairns et le GPS. Nos traces d’avant-hier sont bien-sûr complètement effacées. Nous arrivons au bout de la vallée qui se sépare en deux. Nous ne trouvons plus de cairn et nous cherchons à rejoindre le prochain point GPS en suivant le ruisseau de gauche.

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Le groupe, conduit par nos deux guides de ce matin, nous rejoint alors que nous cherchons notre chemin. Ils nous indiquent la direction : il faut progresser sur la crête séparant les deux vallées. Le groupe est composé d’allemands que nous avions rencontrés au camp des Italiens. Ils sont autant surpris que nous de se retrouver dans un endroit aussi abandonné…

C’est toujours sous un ciel bas et gris que nous décidons de nous arrêter. Nous ne pourrons pas dépasser la French pass dans la journée. Autant trouver un endroit sûr pour passer la nuit. Je descends dans la vallée de gauche pour trouver une surface à peu près plane et un peu plus protégée du vent, sans succès. Epuisé et manquant d’air, j’ai beaucoup de mal à remonter. Nous décidons de rester à côté du chemin en retirant et en tassant la neige pour y planter la tente.

Je fonds la neige avec le réchaud pour faire du thé. Nous nous sommes déshydratés aujourd’hui car l’eau n’était disponible que sous forme de neige que nous avons mangée en quantité insuffisante.

Nous sommes installés à 17 :30 et il fait 4°C dans la tente. Nous n’avons pas pu profiter de la vue sur la montagne aujourd’hui mais nous sommes sur le bon chemin et nous gardons toutes nos chances pour une bonne surprise demain. Notre installation à 5100m  dans la neige nous aguerrit et c’est une expérience qui nous réjouit.

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  • 14ème jour : du camp des Deleval à Hidden Valley en 4 :20h

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On se lève avec le jour et le ciel est limpide ce matin ! Un environnement extraordinaire nous entoure. Il nous éblouit d’autant plus que nous n’avons rien vu la veille. Il fait -11°C dehors et -4°C dans la tente. Le petit déjeuner attendra, nous profitons d’abord et sans retenue du spectacle. Le soleil illumine progressivement les cimes du Dhaulagiri puis ses glaciers. La lumière passe du jaune doré au blanc cru.

Les efforts des jours derniers se justifient d’un coup et les doutes s’évanouissent. Ici, l’imagination est dépassée par la réalité.

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Les nuages arrivent vite et j’aperçois au loin, devant nous, le groupe de nos amis allemands en file indienne attaquer la French Pass (5362m). Nous partons vers 9h et nous essayons de marcher  sur la neige sans rompre la couche de glace pour éviter d’enfoncer les pieds jusqu’aux chevilles. L’exercice est  mal aisé et la montée en pente douce nous fatigue. Lorsque nous arrivons vers 10 :20h le brouillard nous entoure. Un vent glacé nous gifle le visage.

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La Hidden Valley porte bien son nom : il nous faut amorcer la descente pour entrevoir un paysage sec et plat, surprenant à cette hauteur.  Le vent souffle toujours et nous ne trouvons pas d’emplacement un peu protégé pour bivouaquer. Un petit torrent coule à proximité. Il ne faudra pas faire fondre de neige aujourd’hui pour manger.

Le temps se lève en soirée et nous permet d’apprécier ce lieu magique. Nous imaginons une nuit glaciale en perspective. Il n’en sera rien !

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  • 15ème jour : de Hidden Valley à Yak kharka en 8 :30h

Nous nous levons trop tard à 6 :20 car le ciel est déjà chargé de nuages bas qui cachent partiellement les hautes montagnes autour de nous. Du Dhaulagiri, nous ne voyons que la cime. Il n’a pas fait assez froid pour libérer le ciel : -5°C à l’extérieur.

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Nous partons vers 9h sans nous presser car nous pensons nous arrêter à un camp intermédiaire indiqué sur notre carte. La montée vers Dhampus Pass (5270m) est longue. Le temps se gâche avant 11h. Nous sommes pris dans un brouillard glacé dans un premier temps. La neige se met à tomber par rafales de plus en plus violentes. Les traces du chemin ne tardent pas à complètement s’effacer  et nous serions perdus sans le GPS. La lecture en est rendue difficile. Nous rencontrons deux porteurs qui hésitent autant que nous.

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Nous ne trouvons pas le camp intermédiaire. Il aurait été très difficile de toutes façons de planter la tente dans de telles conditions. Ce n’est qu’en arrivant face à la vallée de la Kali Gandaki que le temps se lève un peu pour nous faire entrevoir le massif des Annapurna dans un ciel très perturbé.

La vallée la plus profonde du monde s’ouvre devant nous.

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Nous arrivons bien fatigués à Yak kharka et nous sommes heureux d’y trouver un sympathique jeune népalais qui nous offre du thé et une soupe aux  tomates fraîches mémorable.

Au moins, ce soir, il ne neige pas pour planter la tente.

  • 16ème jour : De Yak kharka à Marpha en 3 :30h

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Le vent et la glace d’hier ont scarifié nos visages mal protégés. Nos lèvres ont doublé de volume. C’est le visage boursouflé que nous nous réveillons.

Il a encore une fois plus toute la nuit. De grands coups de vent secouent la tente. Quelques éclaircies nous permettent quand même d’apprécier la présence proche des Annapurna. Le point de vue ici est encore plus exceptionnel que celui de Poon hill plus éloigné et moins élevé.

Le dénivelé d’hier était important (1080m). Le dénivelé d’aujourd’hui le surpasse : 1500m. Le temps s’adoucit avec la descente mais nos pieds souffrent ; j’essaie de progresser en marche arrière pour éviter l’écrasement à répétition de mes orteils. Pendant ces exercices périlleux, Sylvie marche en crabe.

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Nous arrivons à Marpha en longeant le grand monastère puis en plongeant dans les ruelles pour nous retrouver dans un monde policé par le tourisme. Le choc est rude. D’autant plus que nos visages brûlent par le manque de protection d’hier. Les pieds et les genoux quant à eux demandent grâce. Cela tombe bien car un grand choix de restaurants s’offre à nos yeux et notre odorat.

C’est dans cette débauche de luxe que s’arrête notre odyssée, au pays de la pomme et sous une pluie fine qui se remet de la partie : le mauvais temps ne nous abandonnera pas comme ça.

Comme il n’y a pas de moyen de transport en début d’après midi pour Beni, il ne nous reste plus qu’à choisir un guest house et entamer des parties de rummiy qui nous donneront la réputation des français aux petits papiers… Petits papiers qui nous ont sauvés de la déprim à 5000m quand la neige et le vent s’acharnait sur notre petite tente.

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Retour :

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Nous partons le lendemain à 7 :30 en bus pour Beni et ce n’est pas une sinécure. La pluie a ravagé la piste qui ressemble plus à certains endroits à un torrent de boue ou à de grosses mares insondables dans lesquelles il faut jeter de nombreux blocs de pierres pour pouvoir passer.

Nous nous précipitons d’un seul mouvement hors du bus en enjambant toutes sortes de colis et bidons alors le véhicule en pleine accélération patine et glisse dangereusement  vers la paroi montagneuse. Nous avons plus de chance qu’une jeep qui s’écrasera 500m plus bas le même jour causant la mort de ses huit occupants.

Nous prenons un taxi à Beni pour Pokhara et c’est un grand soulagement de retrouver notre guest house et ses sympathiques propriétaires.

Enseignements :

Une liste semble incontournable pour éviter d’oublier d’emporter des produits aussi élémentaires que la crème solaire !

La tente ne pèse pas lourd, 1 kg, mais un séjour de plus de 5 jours est pesant pour le moral surtout dans des conditions météo difficiles. Rechercher pour  quelques centaines de grammes un volume plus grand pour des treks de durée similaire ou plus long.

Nous avons emporté trop de nourriture car nous rapportons près de 2 kilos. On peut donc affiner la quantité nécessaire à 750g/2personnes.jour. en limitant aussi la spiruline dont l’effet n’a pas été démontré à 20g/j.personne pour une future expérience de plus long terme. Il n’est pas possible de considérer la spiruline comme un aliment du fait de son goût et de sa consistance (paillettes)

La quantité d’essence consommée n’excède pas 350ml pour 7 jours d’autonomie car nous avons rapporté 550ml environ. On peut donc compter 50ml/jour.2personnes avec une sécurité pour les prochains treks.

Les chaussures ont été parfaites concernant le confort et l’étanchéité dans des conditions difficiles (plusieurs jours dans l’eau et la boue puis la neige).  La grande descente de Dampus pass à Marpha a laissé nos orteils en mauvais état. Le handicap aurait été important pour continuer vers le lac Tilicho avec sa montée et surtout sa descente abrupte  de 5200 à 2700 m. Des sandales de marche ouvertes pourraient être une solution ?

La montée vers le lac Tilicho a été annulée. Ce sera l’occasion d’une nouvelle aventure, probablement par le trajet inverse et en couplant le trek à d’autres passages hors des sentiers battus car le chemin longeant la route de Marpha à Tatopani a bien changé depuis 2001. Faire la course avec ou cotoyer les véhicules à moteur de toutes sortes n’est vraiment engageant…

Le trek du tour du Dhaulagiri est en train de se métamorphoser : il est fort probable que des refuges seront installés tout au long du parcours d’ici peu pendant la haute saison de septembre à novembre. La seule rupture actuellement se situe dans Hidden Valley.  L’offre est très limitée sur Camps des Italiens, Camps des Japonais, CB du Dhaulagiri et Yak Kharka mais elle existe. Les marges possibles sur les repas sont très importantes et le marché existe. L’esprit s’en trouvera modifié mais il restera encore une bonne marge pour sentir le vent de l’aventure.

Nous sommes prêts pour affronter des périodes plus longues d’autonomie (jusque 10j). En attendant, nous reviendrons sur le trek du Makalu  en mai 2014 pour une visite à nos amis de Khandbari, Seduwa et Chyaksa danda et  l’East pass pour chatouiller les 6000m.

Annexe : points GPS notés sur GE à partir du tracé effectué

Pour accéder aux coordonnées GPS transposables directement dans Google Earth, vous devez ouvrir la page Excel ci-après: GPS pour article Dhaulagiri

Il suffit pour cela de copier les deux coordonnées (Nord et Est) d’un point et de les coller dans Google Earth. Attention: le tableau joint à la suite possède les mêmes points et coordonnées mais l’éditeur du site transforme le symbole « minutes » par le symbole « apostrophe »  que Google Earth ne reconnait pas.

Dharapani  28°27’10.46″N  83°22’32.49″E
 28°27’13.84″N  83°22’25.59″E
 28°27’18.61″N  83°22’20.13″E
 28°27’31.30″N  83°22’12.13″E
 28°28’10.04″N  83°21’34.87″E
 28°29’11.93″N  83°20’43.39″E
 28°29’50.02″N 83°20’21.43″E
pont  28°30’19.36″N  83°19’55.53″E
douche à la chute d’eau  28°30’21.05″N  83°19’55.47″E
 28°30’19.78″N  83°20’34.35″E
 28°30’32.46″N  83°20’53.83″E
Muri  28°30’58.27″N  83°20’41.22″E
après ce pt erreur  28°31’0.27″N  83°20’41.97″E
reprise bon trajet  28°31’43.09″N  83°21’10.50″E
 28°31’23.93″N  83°21’27.94″E
 28°31’17.34″N  83°21’39.39″E
Naura  28°32’9.06″N  83°21’59.03″E
 28°32’46.37″N  83°22’8.91″E
 28°33’3.78″N  83°22’38.30″E
Bhogara  28°33’52.14″N  83°22’45.56″E
 28°34’5.83″N  83°23’3.40″E
 28°34’17.79″N  83°23’0.74″E
 28°34’32.90″N  83°23’7.50″E
 28°35’17.13″N  83°23’5.08″E
Dobang  28°36’10.15″N  83°23’14.98″E
 28°36’55.59″N  83°23’27.06″E
pt arrêt long  28°37’43.82″N 83°23’33.42″E
 28°38’9.61″N  83°24’0.73″E
 28°38’48.55″N  83°24’17.39″E
passage à gué  28°39’4.95″N  83°24’34.35″E
Chauribang  28°39’20.35″N  83°24’30.80″E
 28°39’47.99″N  83°24’58.30″E
 28°40’31.48″N  83°25’40.21″E
camp des italiens  28°41’30,34″N  83°26’13,92″E
 28°41’50.41″N  83°26’24.15″E
 28°42’30.42″N  83°26’16.49″E
 28°44’2.85″N  83°26’49.13″E
camp des japonais  28°44’22.87″N  83°27’15.03″E
 28°44’23.98″N  83°27’44.49″E
 28°44’47.98″N  83°28’17.13″E
 28°44’52.47″N  83°28’41.76″E
368  28°44’53.14″N  83°29’0.97″E
369  28°44’53.20″N  83°29’15.04″E
 28°44’49.94″N  83°29’45.94″E
 28°44’51.69″N  83°30’4.13″E
 28°44’50.14″N  83°30’12.13″E
mauvais côté apparemment  28°44’47.48″N 83°30’17.98″E
 28°44’47.60″N  83°30’21.04″E
 28°44’50.24″N  83°30’22.22″E
 28°44’53.19″N  83°30’26.47″E
prox ancien cb Dhaulagiri  28°44’57.02″N  83°30’29.49″E
 28°45’4.14″N  83°30’35.92″E
 28°45’12.67″N  83°30’43.05″E
 28°45’19.59″N  83°30’47.76″E
 28°45’27.22″N  83°30’53.37″E
probable écart/ chemin  28°45’32.86″N  83°30’52.05″E
 28°45’36.09″N  83°30’55.16″E
vers la crête  28°45’40.01″N  83°30’55.87″E
sur la crête  28°45’42.17″N  83°30’55.33″E
Camp des Deleval  28°46’7.48″N  83°31’23.74″E
 28°46’24.59″N  83°31’41.10″E
 28°46’38.24″N  83°31’47.40″E
French pass  28°46’55.45″N  83°31’52.29″E
 28°47’0.30″N  83°31’59.41″E
 28°47’21.19″N  83°32’34.56″E
Hidden valley  28°47’44.89″N  83°33’14.39″E
 28°47’51.90″N  83°33’27.64″E
 28°47’51.76″N  83°33’34.53″E
 28°47’46.73″N  83°33’49.46″E
 28°47’46.25″N  83°34’7.96″E
373  28°47’48.70″N  83°34’32.94″E
Dhampus pass  28°47’46.26″N  83°34’47.55″E
 28°47’29.99″N  83°35’12.19″E
 28°46’50.80″N  83°35’43.79″E
 28°46’56.19″N  83°36’0.12″E
 28°46’23.05″N  83°36’56.37″E
 28°46’15.47″N  83°37’34.33″E
 28°45’57.13″N  83°37’59.37″E
 28°45’26.46″N  83°38’38.46″E
Yak Kharka probable  28°45’20.60″N  83°39’3.43″E
 28°45’39.24″N  83°39’33.99″E
 28°45’27.36″N  83°40’1.43″E
 28°45’11.14″N  83°40’10.23″E
 28°45’8.10″N  83°40’33.30″E
 28°45’4.12″N  83°40’51.58″E
Marpha  28°45’11.08″N  83°41’11.70″E

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Du 28 mars au 4 avril 2013

Introduction:

C’est en revenant du trek du Makalu, interrompu par le mauvais temps, que nous décidons d’aller au Sanctuaire des Annapurna. En effet, il nous reste deux petites semaines au Népal que nous voulons utiliser au mieux. Le Terai ne nous attire pas beaucoup et nous craignons la malaria, peut-être à tort. J’ai déjà été au sanctuaire des Annapurna, en mars 2001.  C’est donc une redite pour moi mais une première pour Sylvie. DSCF9997  treks du sanctuaire des Annapurna

Notre objectif:

Aucun sauf profiter d’un environnement exceptionnellement beau même s’il est truffé de touristes, pourvu que le temps soit plus clément que dans les vallées du Makalu…

Préparation:

Par la force des choses et par manque de nécessité,  aucune préparation n’est effectuée, à l’inverse des quatre derniers treks,. Le trek des Annapurna est l’autoroute à trekkers par excellence.  Il n’y a pas de possibilité de se perdre, même en le faisant exprès. Il aurait été possible de préparer une ballade à partir du sanctuaire lui-même pour se rapprocher des grands monstres qui l’entourent. La carte donne quelques itinéraires intéressants.

Permis :

Nous nous précipiterons en arrivant à KTM de retour de Tumlingtar (Makalu)  à l’office de tourisme pour obtenir le permis. Un samedi et fête de Holi,  notre chance semble très réduite de trouver les bureaux ouverts. Nous arrivons à  15h et le bureau de l’ACAP ferme à 16h mais nous avons oublié les photos d’identités. On nous indique où les faire à 10mn à pied. Les permis sortent de l’imprimante à 15h40. Formidable ! Par contre le bureau du TIMS est fermé. Nous maquillerons ceux du Makalu en ajoutant quelques noms de villages sur notre route. Nous verrons bien !

Sac à dos:

Ils sont allégés de toute nourriture et de la tente puisque nous serons hébergés par des guesthouses qui jalonnent fréquemment le parcours.

Accès:

A Kathmandu, les bus « turist» partent à 7h de Kanthi Path  (27°42’42.08″N, 85°18’54.54″E) après l’ambassade américaine, à 10mn de Thamel (KTM Pokhara en 8h pour 600Rs). Nous choisissons d’entrer dans le parc par Kande (28°17’32.63″N, 83°49’26.60″E) sur la route de Naya Pul car la carte Pocket Map au 62 500 ème  indique une altitude de 1725m alors que Naya Pul se situe plus loin et à 1070m. Nous espérons ainsi éviter trop de touristes sur la première partie du trek et quelques centaines de mètres de dénivelé. Le bus s’arrête à la demande. C’est sans compter le petit col pour passer Bhichok (2100m)

Agenda:

Arrivé le soir à altitude dénivelé En
28/3 Landruck 1587 445 7h
29/3 Sinuwa 2350 763 8h
30/3 Deorali 3151 801 7h30
31/3 ABC 4124 973 4h30
1/4 Dobhan 2520 -1604 7h20
2/4 Jinnu 1723 -797 7h30
3/4 Repos à Jinnu 1723
4/4 Siwai 1410 -313 3h30

  Le voyage et le trek au jour le jour

  • Jeudi 28 mars: de Kande à Landruck

DSCF9997 treks des Annapurna 2803 Il fait beau mais suffisamment brumeux pour ne pas apercevoir les pics des Annapurna depuis Pokhara. Un taxi nous emmène à la gare des bus vers Baglung  (28°13’56.77″N  83°58’57.48″E) pour 300rs. L’un d’eux part vers 8h (100Rsx2 jusque Kande). A Kande, nous prenons un petit déjeuner au bord de la route et recherchons l’entrée du chemin (28°17’32.63″N, 83°49’26.60″E). Avec nos sacs légers et le chemin bien construit, c’est une ballade agréable et bucolique. Nos droits d’entrée sont contrôlés à Pothana ou Bhichock. Les TIMS maquillés restent sagement dans nos poches… Nous arrivons à Landruk vers 15h40.

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  • Vendredi 29 mars :

DSCF10007 treks des Annapurna 2903

Levé à 6h15, et départ à 7h10 après un petit déjeuner copieux. Nous payons 1805Rs pour le diner, la chambre et le petit déjeuner. La première  partie du trajet est en descente très agréable  jusqu’à New Bridge. Les choses se gâtent ensuite avec une ascension de 900m jusqu’à Chhomrong.  Nous y déjeunons vers 12 :30 (veg chowein et milk tea pour 630Rs).

DSCF10007

Il faut ensuite entreprendre une descente aussi dramatique que la montée du matin. On se demande l’utilité de monter si haut pour redescendre aussitôt. Plutôt que de suivre le cours de la Modi Khola. Les genoux souffrent assez pour qu’on en vienne à imaginer que ce détour apparent a été conçu pour faire vivre les nombreuses boutiques et lodges de Chhomrong. Nous profitons de notre passage au grand dépôt pour acheter un peu de whisky à un prix abordable (250Rs pour 400Rs dans les lodges à ce niveau d’altitude).

DSCF10021        DSCF10023 Nous arrivons à Sinuwa à 15h. Vraies douches chaudes à 100Rs (50% d’augmentation 800m plus haut… )

  • Samedi 30 mars :

DSCF10023A  treks des Annapurna 3003

Levés à 6h. Il fait déjà un peu plus froid (9°c dans la chambre). La note augmente aussi avec l’altitude (2140Rs) Départ à 7 :35 . Maintenant que nous sommes sur le chemin principal, il y a foule sur le chemin, dans les deux sens. Il reste pourtant étonnamment propre. L’ACAP a fait un travail remarquable de nettoyage depuis il y a 12 ans. Le chemin était alors parsemé d’emballages plastiques, de bouteilles et de canettes métalliques.    

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Le Macchapuchare se distingue bien mais les nuages arrivent très vite sur les Annpurna au loin. Une petite pluie fine nous rejoint en fin de matinée. Nous déjeunons à Himalaya (patates sautées thé pour 720Rs). Nous commençons à nous demander si nous avons pris assez de roupies pour l’ensemble du trek.

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La pluie ne nous quitte pas jusqu’à Deurali où nous arrivons à 15h. Tous les lodges sont complets ! On nous trouve une place dans une remise à blankets. Ce n’est pas terrible. J’imagine qu’il en soit de même à ABC. J’obtiens du jeune patron qu’il nous réserve une chambre puisque tout le monde possède un téléphone.  Chose faite rapidement. Nous apprendrons le lendemain matin avant de partir que tout est déjà complet là-haut. Nous avons bien fait ! Le lodge est occupé par  un groupe de 22 touristes, probablement portuguais. Ils sont sympathiques mais il faut leur laisser la table quand vient l’heure du diner. Plus lents qu’eux, nous nous gênerons mutuellement pendant une grande partie du trek.

DSCF10068a

Ces grands groupes sont devenus un inconvénient non négligeable de ce type de treks. J’imagine qu’il en va de même dans le Khumbu où j’étais relativement tranquille en 2002. Vive les trajets plus originaux !

  • Dimanche 31 mars :


DSCF10070 treks des Annapurna 3103

Levés à 6h. Il fait 6°c dans la chambre. Nous prenons le petit déjeuner en même temps que les sherpas pour dépasser tôt le couloir à avalanches entre Deorali et MBC. Nous en sommes à 2590Rs. Il est bien qu’ABC ne soit qu’à 4150m. Nous partons à 7h10 sous un ciel parfaitement bleu.  Le soleil met du temps à nous rejoindre dans cette vallée encaissée.  Plutôt que de traverser la Modi khola, nous restons sur sa rive droite. Déjà bien engagés, nous nous apercevons que le chemin principal passe maintenant de l’autre côté, d’une part probablement pour éviter les risques d’avalanche et d’autre part parce que notre chemin traverse des langues de neige glacée à pratiquement 45°.  Une glissade dans ces endroits pentus pourrait être fatale.

      DSCF10085

DSCF10090

Nous arrivons à MBC en une heure. Il y a foule ici. Les nuages arrivent par le bas à une vitesse impressionnante. Il reste moins d’une heure de marche quand nous sommes dans un brouillard léger, annonciateur de mauvais temps.          

   DSCF10099          DSCF10100

Le patron du Snowland lodge nous attend. La chambre est spartiate et propre. Nous passons une bonne partie de l’après midi et la soirée avec un couple de jeunes français, Mélissa et Johnny, en congé sabatique qui se balladent en Asie.

  • Lundi 1er avril :

DSCF10120

Le ciel est limpide au lever du soleil qui illumine en or les massifs entourant le sanctuaire. Nous sommes loin des grises vallées du Makalu. Il ne fait que 0 dans la chambre et -3°C dehors, bien chaud en comparaison des -7 et -17°C d’il y a 12 ans à la même période! Nous faisons une série de photos avant le petit déjeuner.    

      DSCF10144  ????????????????????

Le petit déjeuner est copieux comme d’habitude. La note aussi : 3640Rs mais nous n’irons pas plus haut !

DSCF10178

Nous partons vers 8h10 et nous retrouvons Johnny et Mélissa sur la rive gauche du torrent peu avant Deorali où nous déjeunons tranquillement ensemble. Nous repartons vers 13h pour arriver à 15h30 à Dhovan. Les premières gouttes de pluie commencent à tomber. Douches chaudes à 150Rs.

  • Mardi 2 avril :

DSCF10200 treks des Annapurna 0204

Le ciel est toujours bien dégagé à notre réveil. Départ à 7h30. La majestueuse stature du  Macchapuchare semble toujours nous protéger mais Sylvie chute deux fois sur la première demi-heure. Il faut faire attention aux racines qui barrent le chemin et à la fine couche de glace qui les recouvre !

DSCF10056

            DSCF10217            DSCF10231

La grande descende se poursuit jusqu’à Bamboo suivie d’une bonne remontée puis d’une descente jusqu’aux escaliers monstrueux menant à Chhomrong. La suite se fait en partie sous une pluie de plus en plus dense. Nous arrivons déjà bien mouillés à Jhinnu vers 15h. Nous entrons dans le premier lodge (lodge Hot Springs) sans choisir. L’accueil est assez froid pour une fois. Il n’y a pas de serveur et il faut aller soi-même commander ses consommations à la réception. De plus nous y retrouvons le soi-disant guide qui nous poursuit depuis Sinuwa dans la montée. Son visage n’est plus qu’un amas de plaies et de pansements. On apprend qu’il s’est viandé dans la neige aux environs de MBC. Il ne frime plus maintenant.

Comme nous avons décidé de passer ici une journée, nous partons à la recherche d’un lodge plus sympathique dans Jhinnu lorsque la pluie a cessé. L’hotel Namaste nous offre un jardin rempli de fleurs et un accueil beaucoup plus chaleureux.          

   DSCF10272     DSCF10253

  • Mercredi 3 avril :

C’est encore une galère pour commander le petit déjeuner : cet hôtel est organisé pour recevoir les groupes avec leurs guides larbins qui s’occupent de commander les repas. J’en oublie mon omelette quotidienne. 1930Rs, les prix recommencent à baisser un peu avec la descente. Nous filons ensuite nous installer au Namaste. Ce sera notre plus courte marche du trek. Départ à 7h30, arrivée à 7h35 !

        DSCF10258      DSCF10271

On nous prépare la chambre que nous avons choisie puis nous partons vers les sources chaudes. Nous ne sommes pas seuls sur le chemin ! Les sources chaudes se situent près de la Modi khola. Des bassins ont été construits pour recueillir l’eau chaude et permettre aux touristes de s’y réchauffer après une douche obligatoire. Un gardien veille à la bonne hygiène du lieu, L’ACAP a décidemment fait du bon travail dans le parc.

Le bain nous fait un bien considérable après tous ces efforts. L’eau est à 37°c et nous passons un bon moment dans cet endroit agréable et bien organisé (50rs*2).

Nous passons le reste de la journée à buller. Un énorme orage éclate vers 14h. Nous sommes bien contents d’être à l’abri. Des trekkeurs trempés arrivent en courant et remplissent les dernières chambres et fils à linges de leurs vêtements mouillés. Dans la soirée, nous jouons  aux cartes avec des trekkeuses allemandes et un guide fort sympathiques.

  • Jeudi 4 avril :

Levé à 6heures, petit déjeuner à 6h30, départ à 7h30 après quelques belles photos de l’Annapurna sud (7219m) et de l’Hiunchuli (6434m) qui dominent le village.          

 DSCF10262     DSCF10265

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Nous descendons vers New pul. La carte indique une nouvelle route le long de la Modi khola qui évite Gandruck et la longue route pour y aller. C’est par ce nouveau chemin que nous rejoignons Siwai, terminus de la route pour jeep Mahindra.

Nous avons cette même impression qu’à Num, dans la région du Makalu. Ici tout paraît sale et laid. Nous sommes malgré tout heureux de voir une jeep (300Rs/p) s’apprêter pour le départ vers Naya pul. Il y a aussi un bus (500Rs/p) qui dépose des passagers puis part pour Gandruck pour repasser à Siwai avant de repartir vers Pokhara.  C’est peut-être la meilleure solution.

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La jeep nous dépose à Naya pul après une bonne heure de route chaotique. Elle nous arrête d’abord au bureau de l’ACAP puis au bureau du TIMS.  J’ai un pincement au cœur en tendant nos TIMS du Makalu maquillés. Mais les gentilles fonctionnaires nous font un grand sourire en inscrivant nos noms dans un grand registre. Il finira dans une armoire bringue ballante et rouillée sur laquelle se dépose, au fil des années, une épaisse couche de poussière protectrice.

Un bus (150Rs/p) s’apprête à partir  au moment où nous rejoignons la route en surplomb de Naya pul. Il nous embarque pour Pokhara. La boucle est bouclée.



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Notre objectif:

Rejoindre le camp de base du Makalu, le dépasser pour accéder au premier des trois cols conduisant aux vallées du Solu Kumbu pour évaluer la faisabilité d’un passage futur en solo.

Contexte:

Mars n’est pas le meilleur mois pour entreprendre une ballade dans les vallées conduisant au Makalu : la région est réputée plus nuageuse et pluvieuse que la moyenne. Ce trek est choisi malgré cet inconvénient car il est autorisé de l’entreprendre en solo. C’est aussi un petit crochet à partir de l’Inde où je me trouve à ce moment en mission. D’autre part, notre autonomie sera mise à l’épreuve au bon niveau sur le plan matériel car les lodges de la seconde partie (après Tashigaon) ne seront pas encore ouverts et nous obligeront à être indépendant 7 à 10 jours.

Préparation:

Itinéraire : Les points GPS sont tirés de Google Earth. De grandes parties du trajet entre Tumlingtar et la vallée de Barun restent invisibles et rendent l’itinéraire très imprécis du fait de la mauvaise qualité des photos satellite et de nombreux passages en forêts. La vallée de Barun est mieux photographiée et les chemins plus visibles du fait de la plus haute altitude.

La carte Shangri la au 80000ème, achetée à Paris, s’avère fausse sur plusieurs points dont le passage délicat de la Shipton la, comparée aux photos satellites  (les passages de cols sont toujours par définition délicats). On peut se demander si une erreur aussi grossière (contournement d’un massif par le mauvais côté) n’est pas volontaire.

matériel: Nous avons allégé le matériel depuis octobre 2012 : la tente Power Lizzard UL de chez Vaudé à double toit ne pèse plus qu’un kilo. Le sac Exos55 de Osprey pour Sylvie  ne pèse plus qu’un kilo également. Les sacs de couchage BloodyMary de Valandré doublés de drap de soie Décathlon nous permette d’affronter le froid avec un peu plus de sérénité.

Nourriture : nous emportons jambon, fromage, chocolat, semoule, fruits secs, céréales,  laits deshydraté, sachets de capuccino  pour dix jours en totale autonomie à partir de Tashigaon. 500g de spiruline sont embarqués pour étudier sommairement ce complément alimentaire comme palliatif au manque de vitamines normalement apportées par les fruits et légumes frais et au manque de protéines lié aux faibles rations alimentaires. La quantité totale pèse 7.5kg.

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A l’expérience, une journée d’autonomie à deux équivaut à 1kg de nourriture emportée. Des sucres lents (pain ?) devront être trouvés pour remplacer cacahuètes, noisettes etc, trop dures à digérer pour les déjeuners.

Poids total emporté : Les sacs pèsent respectivement 11.8Kg et 15.3kg

Accès:

Nous avons choisi le trajet en avion de KTM à Tumlingtar bien que celui-ci soit cher (prix touriste AR 455USD pour 2 pour 30mn de vol) et incertain (annulations et retards dus aux conditions météo pour des avions ne décollant et n’atterrissant qu’à vue. L’alternative est de prendre trois bus successivement sur une durée minimum de 20 heures.

A partir de Tumlingtar, la route puis la piste de plus en plus défoncée conduisent maintenant jusque Num. Les deux premiers jours du trek classique peuvent être remplacés par deux trajets Tumlingtar – Khandbari (150Rs ?)et Khandbari –Num . Le dernier trajet 4 à 6 heures selon les conditions météo est facturé 600Rs,

Carte de situation:

Carte détailléedscf9735-position-treks


DSCF9735 situation trek du Makalu

 

Le voyage et le trek au jour le jour

  • Samedi 9 mars. Arrivé de Chennai via Delhi à KTM à 15 h. Négociation d’un taxi à l’aéroport pour Thamel : 400Rs (il semble que ce tarif soit raisonnable). A Thamel : négociation d’une chambre correcte (pas trop sale, assez grande, et surtout au calme) au Puskar pour 600Rs/nuit. Ce sera notre « camp de base ». Mon enquête trop succincte auprès d’une agence me conduit à confirmer le trek du Makalu (la Shipton la est réputée ouverte ( !). Achat facile des billets KTM Tumlingtar  dans cette agence (AR 2 personnes 455USD) Buddha air du 14/3 au 5/4.



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  • Dimanche 10 mars : prolongation de mon visa à l’Immigration Department (Kalika Marg 30mn de Thamel) réputé fermé pour cause de fête  (Maha Shivaratri festival ). Démarche très facile. Je récupère mon passeport après une heure. Ne pas céder aux pressions de personnes vous poussant à payer un complément pour récupérer votre passeport dans la foulée (il n’y a pas de sots métiers mais les touristes ont bon dos et tous les moyens sont bons pour leur faire ouvrir le porte monnaie).

Je pars en début d’am à pied vers Pashpatinath où se tient la « fête » avec Léo, un nouveau compère rencontré au Dep immigration. Foule insensée, ambiance survoltée. Nous sommes privilégiés et on écarte les foules devant nous  car nous devons payer 500Rs pour entrer  alors que les autochtones ne paient pas. Nous arrivons quand même à passer sans payer mais je ne pourrai plus en sortir sans preuve de paiement et sauf à passer par les égouts. Belle aventure !

C’est le seul jour de l’année où la consommation de cannabis est parfaitement légale partout. Les sadhus s’en donnent à cœur joie.

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  • Lundi 11 mars : j’obtiens sans problème et sans  élai nos TIMS et tickets d’entrée pour le parc du Makalu Barun au Nepal Tourism Board (10mn de Thamel) bien que Sylvie ne soit pas là. Photocopie de passeport et photos d’identité suffisent.
  • Mardi 12 mars : Je vais à pied à l’aéroport chercher Sylvie qui arrive de Paris pour mesurer le temps nécessaire en cas de grève. Les jours de grève, aucun véhicule ne peut circuler, les assurances ne couvrant pas les dégradations sur les véhicules causées par les manifestants (à ce propos, le Népal bat la France pourtant leader mondial dans sa capacité de nuisance par la grève. Nous connaîtrons 2 grèves : le 25/3 et le 7/4 en un mois). Parcours tranquille en 1h30. Compter 1 :40 avec un sac.
  • Mercredi 13 mars : dernier jours de repos. Nous préparons les sacs et savourons nos derniers repas occidentaux. Il faut reconnaître que Thamel est bien confortable pour cela.
  • Jeudi 14 mars : Nous partons en taxi pour l’aéroport avec une provision de croissants que nous mangerons sur place avec du thé en guise de petit déjeuner.  L’avion doit décoller à 10 :30 et nous arrivons par précaution vers 8 :30. Il est difficile de trouver un tea stall dans les environs de l’aéroport domestique pour  déguster nos derniers croissants. Notre vol s’affiche et nous nous enregistrons sans problème. Le vol sera finalement annulé vers midi car l’aéroport de Tumlingtar reste fermé pour cause de brouillard persistant.  On nous propose une place le surlendemain (vol du vendredi complet !) sans garantie que le temps soit plus clément… Nous choisissons de partir dans l’après midi pour Biratnagar à la frontière indienne en payant un complément d’une quarantaine d’euros .Il n’y a pas de petits profits! Vers 17 heures à l’aéroport de Biratnagar, le personnel de Buddha nous trouve un taxi pour Tumlingtar qu’il faut négocier durement. Nous passons de 22 000 à 14 000Rs. Nous emmenons un passager népalais qui paie 4000Rs  (cela démontre que la négo n’a pas été trop mauvaise)

Nous quittons vite la chaleur moite du Terai pour les routes et pistes défoncées en tôle ondulée qui montent vers les Himalaya. La route durera une bonne partie de la nuit jusque 2heures. A Tumlingtar, nous nous couchons sur des bancs à proximité des jeeps réputées à destination de Khandbari.

  • Vendredi 15 mars : Khandbari (348m) – Num (1530m)   DSCF9737 treks du Makalu 1503

Le sommeil est de courte durée. Nous sommes entourés par les porcs puis visités par des hommes venus satisfaire leurs besoins à proximité. Cet endroit de la ville est particulièrement sordide. Levés à 6 :00, il n’est même pas possible de manger une omelette et boire un thé dans un lieu unique. Quant au chapati, il n’a pas encore été inventé à cet endroit. Nous sommes bien entourés par contre et on nous propose une jeep pour Khandbari à des prix prohibitifs (3000rs). Exaspérés, nous partons à pied vers 7h sans même chercher à négocier. Agir plutôt qu’attendre dans l’indécision…

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Sans le savoir, nous empruntons la nouvelle route, beaucoup plus longue et poussiéreuse que l’ancien chemin. Un jeune homme qui se lave au bord de la route nous indique le bon chemin à prendre.

Pour ceux qui souhaitent faire ce trajet à pied : prendre à droite de la route principale au point 27°20’22.82″N 87°11’46.66″E puis suivre le chemin qui va croiser à plusieurs reprises la nouvelle route jusque Khandbari.

 

Nous arrivons à Khandbari vers 12heures, en même temps que la jeep de Tumlingtar. Nous nous reposons à l’ombre en attendant un hypothétique départ vers Num.

Les gens semblent plus sérieux ici et les tarifs sont clairement indiqués (600Rs). Nous partons vers 13h pour attendre une bonne heure dans le bled suivant. Un bus arrive qui déverse ses passagers dont certains montent dans la jeep. Nous avons le privilège d’être installés à l’avant.  Le temps se couvre jusqu’à l’incontournable pluie de fin de journée qui commence vers 17h, entraînant coulées de boues dans lesquelles le chauffeur perd parfois tout contrôle de sa direction. Il nous confie même sa peur comme pour se rassurer à un moment critique : « Danger road !  Danger road ! » Les sacs sont rentrés dans le véhicule et des feuilles de plastique dépliées pour éviter que les passagers ne soient totalement trempés (cela fait belle lurette que les vitres ont disparu).

Nous arrivons à Num vers 19h bien après que la nuit ne soit tombée. On nous cherche le propriétaire d’un guest house et il nous prépare un succulent dalbath arrosé d’un whisky local revigorant (ressuscitation kit).

Il faut juste savoir qu’il n’y a pas d’eau courante à Num. On vous servira généreusement un petit broc d’eau si vous demandez la douche.

  • Samedi 16 mars : Num – Seduwa, 6 :15, dénivelé 820m DSCF9747 treks du Makalu 1603

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Nous nous réveillons en forme vers 7 :15. Il y a un peu de soleil mais les nombreux nuages laissent présager d’un temps pourri dés le milieu de la journée. Aprés un petit déjeuner copieux (double omelette, nombreux chapatis arrosés de milk tea , nous entamons à 8 :45 la grande descente vers l’Arun (770m) dans des paysages bucoliques et tropicaux. Par manque d’entraînement, nous glissons à plusieurs reprises, sans mal car les sacs amortissent la chute. Nous rencontrons en bas deux kazaks revenant de Kongma. Ils nous assurent que les passes sont toujours bloquées par la neige et qu’un premier groupe de russes a du également renoncé avant eux. Nous ne reverrons plus de trekkeur avant notre retour.

La remontée se fait dans un ciel de plus en plus couvert . Quelques grosses gouttes commencent à tomber vers 13h.

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Il est possible de déjeuner et probablement dormir au point 27°34’12.10″N 87°16’16.00″E

 

Nous arrivons à Seduwa en 6 :15 à comparer aux 3.5h données par la carte ! Nous nous faisons enregistrer à la maison du Parc National du Makalu Barun. Les employés sont sympathiques mais la responsable soupèse discrètement mon sac pour voir le sérieux de notre expédition en nous confirmant que la Shipton la est fermée. Nous verrons bien. Elle nous conduit à un guesthouse proche, convenable et possédant une douche, un vrai luxe. Nous en profitons pour faire la première lessive car nous avons très peu de linge de rechange.

Diner+  nuité + petit déjeuner = 1600Rs

  • Dimanche 17 mars : Seduwa – Tashigaon, 7 heures , dénivelé 630m DSCF9761 treks du Makalu 1703

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Levés à 6 :30, départ à 8h. Nous nous engageons sur un mauvais chemin au sortir de Seduwa. C’est bien celui qui est indiqué sur le GPS mais ce n’est pas celui conduisant à Tashigaon ! Un jeune nous remet sur le bon chemin en nous faisant traverser les rizières et en clamant haut et fort en rigolant qu’il est notre guide. Remis sur la bonne voie, je tente maladroitement de lui donner un pourboire qu’il  refuse avec fierté. C’est à ce point que nous faisons la connaissance de Dawa, professeur à l’école de Chyaksadanda, entre Seduwa et Tashigaon. Il fait le trajet tous les jours de seduwa où il vit avec son épouse Renen que nous reverrons à Kongma, employée du Parc National et leurs deux enfants Harpana et Michael. Le monde est petit. Il nous accompagne bien que notre rythme soit fort lent. A Chyaksa, il nous présente au principal de l’école publique et nous fait visiter les classes. Un tremblement de terre à détruit un bâtiment il y a deux ans et rien n’a été reconstruit depuis. Les cours se font dans des conditions difficiles dans un bâtiment de bambou provisoire. Il nous demande de l’aider.  C’est peut-être une belle aventure qui commence. Nous le reverrons et explorerons la faisabilité à notre retour.

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Le chemin nous conduit tranquillement à Tashigaon 2200m) où nous arrivons vers 15h. Tashigaon est le dernier village permanent mais semble bien mort comparé à Seduwa. Le rumi nous occupe en fin d’après midi. Diner de dalbhat comme d’habitude. Diner + nuité + petit déjeuner = 2100Rs, tout augmente avec l’altitude…

  • Lundi 18 mars : Tashigaon – Kongma, 9 heures, dénivelé 1425m DSCF9786 treks du Makalu 1803

 

Départ à 7 :40. Les chapatis du petit déjeuner étaient un peu pourris, avec un goût de pénicilline et un arrière goût sucré (polysaccharides partiellement transformés en sucre probablement). Nous ne les avons pas finis bien que nous n’aurons plus que nos réserves dorénavant.

C’est la journée la plus difficile de l’ensemble du trek. Le trek est réputé difficile à cause de cette journée. Il est bien possible de dormir dans des abris de berger ou sous la tente sur le parcours mais le règlement du parc l’interdit théoriquement.

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Dés le départ, le chemin monte durement dans la forêt tropicale. Puis les plaques de neiges deviennent de plus en plus nombreuses. Il faut monter dans un goulot rempli de neige dans laquelle nous nous enfonçons parfois jusqu’à la taille. Le chemin n’est plus visible. Nous nous inquiétons de ces conditions et du temps qui passe. Notre seul point sûr dans la mémoire du GPS est celui de Kongma dont nous voyons la distance diminuer trop lentement. Cela fait bien longtemps que la neige tombe quand nous apercevons des drapeaux de prière en surplomb. Nous arrivons à un col proche de Kongma que nous distinguons peu de temps après vers 16 :00. Nous arrivons à 16 :40. Il était temps.

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Il n’y a pas de source apparente  à Kongma. Il faudra faire fondre la neige pour avoir de l’eau. Nous installons la tente sur un faux-plat à côté du guesthouse dont toutes les portes sont cadenassées.  Pour cela, il faut d’abord déblayer la neige du terrain. Je cherche ensuite du bois mort dans les massifs de rhododendrons alentour alors que la nuit tombe.

Le feu doit être activé continuellement pour ne pas s’éteindre. C’est en larmes que je fais fondre ma première gamelle d’eau… Couchés à 20h après un diner purée jambon rehydratés.

  • Mardi 19 mars : A kongma  

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C’est une journée consacrée à l’acclimatation. Nous profitons du soleil généreux en première partie de journée. La nuit a été un peu froide (-4°C au réveil dans la tente). Nous n’avons pas eu froid mais nous sommes loin des températures de référence auxquelles il est prévu de faire face (-15°C)

Le staff du Parc du Makalu nous rejoint en fin de matinée.  Ils se lancent dans une joyeuse partie de glissades dans la neige. L’un  d’entre eux, nouveau dans la région, voit la neige pour la première fois !  Ils nous diront à notre retour qu’ils avaient un pincement au cœur en nous laissant seul là haut !

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  • Mercredi 20 mars Kongma –  Kongma la  – retour, 2heures dénivelé 260m 

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Réveil à 5 :45 car l’objectif est d’aller tôt le plus haut possible en reconnaissance et sans le fourniment, laissé à Kongma.  Il a plu en fin de nuit et le ciel n’est pas d’un bleu limpide. Nous sommes au dessus d’une couche nuageuse compacte.  Nous partons après un petit déjeuner succinct à 6h au moment où la brume commence à nous rejoindre par le bas. C’est une course à forces inégales qui s’engage entre nous. Nous nous enfonçons de temps en temps jusqu’à la taille dans la neige. Il faut deviner le chemin entre des congères de plus en plus étendus.

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Nous atteignons le mani et les drapeaux de prières du col à 7 :40. Il fait grand beau temps et nous découvrons les chaînes de hauts sommets qui semblent nous narguer. En poursuivant notre route conformément aux points  GPS, nous avons de plus en plus de mal à progresser. Nous nous arrêtons au point  27°39’52.47″N  87°12’19.59″E à 3880m. L’accumulation de neige recouvrant le chemin devient telle que la progression nous semble irréaliste et dangereuse avec des sacs.

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Nous sommes déçus de ne pas pouvoir poursuivre. Il faudra revenir en automne.  Le panorama est magnifique mais nous n’en verrons pas plus cette fois-ci. Nous collectons du bois dans la descente et Kongma est dans le brouillard à notre arrivée. Nous profitons du temps libre l’après midi pour réfléchir au projet d’école de Chyaksa. Nous aurons beaucoup de questions à poser à notre retour.

  • Jeudi 21 mars : Kongma – Tashigaon en 6 :40  

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  Au réveil, la neige est en train de tomber dans un brouillard à couper au couteau. Du jamais vu ! J’allume le feu pour le petit déjeuner puis nous plions la tente mouillée dans les sacs en essayant de protéger au maximum les affaires de l’humidité. Départ à 9 :30. Le GPS est très utile dans le brouillard car il nous permet de suivre la trace du chemin à l’aller sans trop hésiter. Nous glissons à plusieurs reprises sans trop de mal.

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Rapidement des orages de grêle  nous accompagnent. Et l’eau s’infiltre partout dans nos affaires, chaussures et vêtements.  Un abris nous permet de déjeuner au sec . Nous arrivons à Tashigaon à 16:10.  Il n’y a plus qu’à étendre toutes nos affaires pour tenter de les faire sécher. Le chocolat est aussi un moyen de nous réconforter.

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Nous continuons à piocher dans nos réserves de nourriture pour éviter de trop en redescendre. Nous commandons 2 bières pour le diner avec de l’eau chaude pour les cappuccinos. La propriétaire qui n’a pas bien saisi nous apporte les bières baignant dans  l’eau chaude.

  • Vendredi 22 mars : Tashigaon – Seduwa en 4 :30

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Nous nous arrêtons à Chyaksa mais l’école est déjà fermée car une fête de 4 jours commence (les fêtes, comme en Inde, font concurrence aux grèves). Nous retrouvons Dawa avec qui nous descendons sur Seduwa. Nous planifions une journée de travail  dés le lendemain de bonne heure.

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  • Samedi 23 mars à Seduwa.

Première réunion avec Dawa et le responsable du Parc, Manjit, à 7heures. Ils collecteront les informations pour la cotation du projet pendant que j’écrirai un projet de convention. A 16 :00 tous les documents sont complétés et écrits sous word avec le seul ordinateur du village. Ici, il n’y a pas encore internet. On espère une liaison wifi avec Num, en face, dans les prochaines années.

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Dawa nous invite chez lui le soir pour partager la tongba et le dalbath. La tongba est une bière obtenue en versant de l’eau chaude à plusieurs reprises sur du millet à demi fermeté. L’eau chaude réactive la fermentation et crée une effervescence en 5 minutes.  La paille de bambou agit comme un filtre et permet d’aspirer le breuvage sans trop avaler de grains de millet.

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Voilà une bonne soirée qui nous permet de rentrer dans l’intimité d’une famille népalaise en apprenant quelques coutumes. Par exemple, la paille chez les Bhote se dépose en équilibre sur le dessus du  récipient alors qu’elle se dépose à côté sur la sous tasse chez les Sherpa. Leur accueil est chaleureux et nous sommes vraiment heureux  de commencer un projet avec eux. En rentrant, je titube un peu.

  • Dimanche 24 mars  Seduwa – Num

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Nous entreprenons l’interminable descente vers l’Arun après avoir salué Dawa à qui nous promettons de nous revoir bientôt. Nous croisons deux filles avec guide et porteur. Leur guide est bien gêné lorsque je leur dis que l’accès à la vallée conduisant au camp de base du Makalu est bloqué au niveau de la Kongma la par la neige. Nous les retrouverons peu de temps après dans les Annapurna  sans leur guide.  Elles n’auront pas davantage que nous été plus loin  que les hauteurs de Kongma…

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La montée est un calvaire car je me sens épuisé avec un rythme cardiaque élevé même à l’arrêt. Intoxication alimentaire ? Tongba excessive ? Sylvie est exaspérée par mes arrêts fréquents…

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Num est  devenu le terminus d’une route qui déverse tout ce que la civilisation possède de plus grossier : gasoil, tôles, sacs de riz etc. Ce village a probablement perdu  son caractère sans encore acquérir les facilités qui vont normalement avec le progrès. On nous promet de l’eau courante dans une guesthouse.  Il n’y aura qu’un broc à utiliser dans un coin de la cuisine qui sert de restaurant local.

Le patron nous propose du poulet avec des pommes de terre pour le diner. Formidable ! Une toute petite assiette vaut bien un robinet d’eau chaude.

  • Lundi 25 mars  Num – Tumlingtar – fin du trek.

Le patron nous apporte la note : 2750Rs. J’épluche le détail car le montant nous paraît fort élevé. C’est le poulet.C’est cher ici m’explique-t-il. Sa femme arrive en renfort : très cher. Un poulet coûte bien 2000RS (20€).

Je lui propose de me faire un prix raisonnable et, devant son mutisme,  lui donne 2000Rs en lui expliquant que je serais très intéressé  d’aller l’entendre s’expliquer avec la police sur les poulets à 2000Rs!

Une jeep nous redescend en 4h jusqu’à Khandbari. Un employé de banque nous aide à décaler nos réservations pour le lendemain. Nous apprenons qu’il y a une grève et qu’il faudra faire le dernier tronçon à pied. On ne rigole pas avec la grève au Népal !

Il nous reste juste 15 jours à passer au Népal du fait de notre retour prématuré. Plutôt que d’aller visiter les rhinos [raïnos] du Terai, nous décidons de retourner au Camp de Base des Annapurna (première visite en 2001), en espérant que le temps soit plus favorable…

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Markha Valley


From 27 june to 8 july 2011

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This family trip on the high plateau of Ladakh is a way to discover two paradoxical aspects of India: the new middle class bottling in passes above Manali to access the ski resorts and the families living away from all common consumer goods, in a world still preserved from asphalt and mechanical noise. At three, often united in effort, it is a challenge: go through two passes of 5000 and 5200 m with the food and the roof on the back … Thus freed, we will plunge into sometimes minerals, sometimes heavenly universes and always in the pure and stunning beauty.

Location :


carte situationcarte détail

A few kilometers south of Leh, Jammu and Kashmir.

Some objectives:

performing a first partial autonomy trek requiring food and sleeping, being in the original atmosphere of a mountain valley. Testing organisms at high altitude and if possible beat the record (5545m;-). See the possibility of an ascent of Mount Hemis (5650m) from records of levels on Google Earth.

preparations:

For hardware: bags loaded 14, 12 and 8kg. Old Jamet tent  for Alexia and Sylvie, a tent canvas helding with two walking sticks for me. Sleeping Bags deemed to held at -19 ° C … Dried fruits, cappuccinos, sausages, soups, noodles and paté for 4 days of autonomy.

The route  is saved without too much difficulty from Google Earth to the Garmin GPS. Exchanges on Lonely Planet Forum to find out the stops with and without refueling. The journey before and after the Kongmaru la at Nimaling seems to be a problem. In fact, it will not happen. Nimaling offers lodging and covered, at least this season.

Some practical points:

2011 data and values

To reach Leh, passing through Delhi is practically inevitable. Flying is the most simple and fastest way. This solution provides the possibility to access well before the opening of the passes, a bit random,on around June 20. The bus or better, a mixed train + bus allows full contact with the population, acclimatization and through spectacular scenery. The road passes over 5000m and is the second highest road in the world. This is a challenge for many. A big headache can be at the menu.

It is possible to trek solo without special equipment, in 7-8 days. A permit is not required. Admission to the park has to be paid at the entrance for an estimated number of days: 20Rs/j. person.

Using a GPS is a luxury because the path is well marked, even on the passes. There may be some hesitation at the junction of one or two valleys but just follow the main course of the stream and the largest trail.

Particular attention has to be made to the water for the passage of the Kongmaru la. It takes 2 hours walk downhill to find the first point of water (see agenda Camp Col)

Three possibilities:

1 – Fully supported with horses, porters, tents, guide, food. The choice can be made in Leh. There is there a strength competition. Count 55 € / j.personne for two 50 € / j.person for three for example (values ​​2011)

2 – Independent in homestays with stops along the way. Be sure to check their openings at strategic points (especially Nimaling) out of tourist season. The tourist office in Leh is very competent. If the Nimaling camp is closed , this is a big step between  Hankar and Chogdo and a very big step to Sumdo. In homestays, the welcome is warm most of the time. Costs are normalized: 400Rs/personne for dinner, a bed, a decent breakfast and a picnic lunch honest. Attention, it may be difficult having lunch in the villages without the picnic. Hygiene is limited: the only running water is outside is often the torrent!

3 – Independent with tent and food for plain freedoom and for stopping from time to time in great places while enjoying homestays for socializing. (quite a few people speak  English). Count 100RS for one tent.

Warning: few people, trekkers and villagers, is on the roads.

agenda, records steps and route map

Altitudes are those of Google Earth.

arrived at km j km cum alt
27-juin Jingchang  34° 6’5.85″N  77°24’39.22″E 14,62 14,62 3378
28-juin Yurutse  34° 2’37.19″N  77°24’24.39″E 9,05 23,67 4091
29-juin cb Ganda la  34° 2’45.99″N  77°22’35.42″E 3,03 26,7 4530
30-juin Shingo  34° 1’29.79″N  77°17’55.74″E 8,30 35 4055
01-juil Skiu  33°58’45.16″N  77°15’45.26″E 7,10 42,1 3346
02-juil Sara  33°55’40.35″N  77°21’16.15″E 11,64 53,74 3571
03-juil Markha  33°53’7.80″N  77°25’25.16″E 9,05 62,79 3767
04-juil Hankar  33°50’19.48″N  77°30’2.81″E 10,00 72,79 3976
05-juil camp du lac  33°48’24.23″N  77°33’33.95″E 7,87 80,66 4662
06-juil camp du col  33°48’26.10″N  77°37’45.63″E 9,95 90,61 4864
07-juil Sumdo  33°51’14.77″N  77°42’29.32″E 10,51 101,12 3672

 carte parcours

Logbook

On 27 Jun Spitok – Jingchang 3378m

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The road to reach the entrance in Spitok village bypasses the airport. We took a taxi which dropped us at the bridge. At this point we payed taxes for entering to the park. We declare a 7 days stay. The cab offers to take us to Jingchang because a good track is now open until this hamlet. His rates are prohibitive and no comparison with those applied in the region. We prefer to start on our own rather than getting ripped: we have time and we remain in line with our project.

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The beginning is difficult because the track is dusty and totally exposed to the sun. We are doubled by a dynamic team before to engage in the first valley.

The rest of the day is also tiring because we have to get used to the new rhythm. The altitude is already higher than most treks to their beginnings. We had time to acclimate to Leh and we do not suffer, at least in appearance.

While I’m sitting, waiting for the two girls a little behind, an old lady come up to me and I understand that we can accompany her on the other side of the river to Jinchang. We must recognize that we would not have found our Jingchang halt without her. It’s a beautiful Ladakhi building  to regain strength. Dinner is hearty, the sleeping room is correct. The toilets are dry. There is no water inside the house. The torrent is needed to bath in the evening! The kitchen and living room are wonderful with gleaming brass battery. We will find this model of lodge all along the way.

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Le 28 juin Jingchang – Yurutse 4091m

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Our host let us on the road after breakfast (eggs toast, tea with milk and sugar). The weight of our bags requires a slow progression. The ascent will be tough today. The gorge in which we penetrate today offers more shade than yesterday.

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We have lunch at Rumbak (34 ° 3’32 .83 « N, 77 ° 25’21 .35 » E) in a small restaurant located under a parachute! These shelters are also standardized like the prices. White circular tasks on GE satellite photos are no longer a mystery now! The lunches will be mostly light in these shelters: small  packets of Chinese pasta and  milktchai or coca. There are also cookies and chocolate for Alexia!

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The climb continues  in the afternoon and we stopped on a bench beside the road 1 km from Yurutse to test the camping equipment. Conditions are spartan, this is the price of freedom.

June 29  Yurutse – second Base Camp to Ganda la 4530m

Small step today to acclimatize slowly to the altitude. The rarefaction of the air begins to be felt.

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Yurutse consists of a large house converted into a homestay (34 ° 2’35 .59 « N, 77 ° 24’5 .96 » E). Small fields in terraces give it an almost fluorescent green setting. This is an unexpected paradise nestled in the arid mountains. We supplement with breakfast with chapatis and tea.

We find the first snow-capped peaks in the clouds and our first marmots.  We lunch at the first base camp (34 ° 2’47 .29 « N, 77 ° 23’16 .02 » E?). It is possible to sleep there apparently.

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The weather is gray today and a few drops of rain are coming to cool us from time to time in the afternoon. The almost continuous rise goes on until the second base camp.

June 30  Ganda la Base Camp – Shingo 4055m

The climb never seems to end. The weather is mostly gray and we feel the cold as soon as we stop. View discovers on dry and  sawtooth peaks .

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We do not stay long on the pass (34 ° 2’29 .29 « N, 77 ° 21’44 .71 » E, 4975m) as the wind ice. Weather gets up in the descent. Shingo is the first village after the pass and we will settle there for the night. We camp again  although homestay could open its doors.

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 July 1st Shingo – Skiu 3346m

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The valley narrows to open on the Markha valley. At the intersection is Skiu. We feel that a road will come soon from Chilling on the right. An excavator was landed by helicopter surely? these big machines are still a mystery  in the middle of nowhere. The uncertain electricity is already there to open up the valley.

The physical condition of the troops is not very bright and girls would consider good to turn right, precisely to prevent future climbs. I must make them believe that the steepest climbs are still on this side and result in a cul de sac so they change their minds. A white lie to restore their some courage …

We stay in a homestay at the entrance of Skiu where we receive a very warm welcome for lunch. The brightness is special here with alternating gray clouds and white sun. We walk in the surrounding gardens.

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July 2 Skiu – Sara 3571m

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This is yet another small step to avoid causing the two girls quickly inclined to grumble.

The Markha valley is very wide. The road become less steep and we enjoy warmer weather from Skiu. Valley offers spectacular scenery between green fields and gray rocks composing the mountain slopes. People here live simply, with basic comfort that does not affect their happiness to live, at least in appearance. It is true that we are in summer.

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In Sara, we set the tent on the property of a homestay. The owners took the opportunity to get rid of them very curious and rambunctious kid. He joins us to pull up the stakes of the tent. We curl diplomatic incident with parents. Cool.

Complete toilet in the Markha torrent.

July 3 Sara- Markha 3767m

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The path continues to climb slowly towards the largest village in the valley (it has given its name to the river). We conduct our first fords. Nothing but happiness for your feet.

Since we took our rhythm, our steps are almost half of the steps in the guides. We take full time to be with people or simply admire the sceneries. Definitely clear weather  puts us in a good mood.

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We go through the first two homestays at the edge of the village to seek the center of the village. But there is none. We find no more at the output. We are obliged to retrace our steps. We plant the tents again.

We make a rare meeting with trekkers. They are Swiss, Austrian and Australian and we are happy to talk with them and spend a very nice evening.

July 4 Markha – Hankar 3976m

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We start with an overcast weather but it clears in the day. Damage for photos in Markha. We spend twice fords. Mountain slopes meet increasingly the torrent. We are in front of a  majestic 6000 cone . We arrive to Hankar for lunch (rice and vegetables for 60Rs).

Laundry and toilet in the Markha afternoon. We leave the valley tomorrow. This will be the last night in a tent in a comfortable temperature.

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July 5 Hankar – Camp du lac 4662m

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We left late this morning at 9: 30 because I realized that my diary had disappeared .We search for it in the garden. I finally found hidden under a grove by the kid (5 years!) … We must definitely watch these brats that looks so nice at first glance.

The mood changes today with the slope of the path increasing. No more  quiet walks. We must address the foothills that will lead us to the Kongmaru. The real test begins …

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We stop for lunch along the torrent. A Gorals herd tumbles of the mountain. We count fifty heads. I badly located Nimaling in GE and my hypothetical point proves false. Whenever we meet a shepherd, we ask if we are still far away. They respond consistently « at 2 to 3 hours ». But time passes and we exhaust ourselves in the climb. At 16: 30, we realize it will be very difficult to achieve this last stop before the pass.

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We find a great place to spend the night at the edge of a small lake, protected from the wind by the walls of a shepherd hut, probably. There is enough wood to cook and warm up a bit. I found a source upstream of the lake. We are witnessing the sunset on the Yang Yatse 6401m. It seems very close to us.

It was not possible to find a better location to spend the night. We operate all of our equipment without really premeditation. The effort of kilos carried up to here was not vain. It is a double pleasure.

Great dinner of pasta soup and pâté.

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July 6 Camp du lac – Camps du col 4864m

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We were still far from Nimaling (33 ° 47’11 .45 « N, 77 ° 35’38 .80 » E is obvious when you went!). This large area of ​​grassland is nice to relax before the big climb in zigzag leading to the Kangmaru la. It is possible to have a lunch there and to sleep under tents, at least for the summer. The shepherds seem to be installed by a large part of the year.

You must be patient in the climb, avoid looking further than your feet to avoid depressing. Breathing is difficult. A slow rhythm must be necessarily found not to get out of breath. The two girls become grumbling turtles. They stop more frequently. Time remains beautiful but I fear that clouds come to spoil the view at the top. I go back to unload Alexia from her backpack.

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The victory is not small when we finally pass prayer flags. Alexia pitched a big headache which disappears in the descent.

We descend rapidly on the other side because the wind pierces. You have to go a long time before finding to camp with some water. This is another great place to spend the evening and night. Firewood is not missing.We are not the first ones to stop there. It is unfortunate that the entrance fees to the park are not used for a spring cleaning even soft. The quantity of garbage, here as somewhere else, is not very important, but apparently there for a long time!

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July 7 Camp du Col – Sumdo 3672m

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The weather is always correct. The two girls consider already arrived at the end of the trip. They are excited to sleep between four walls tonight, on a mattress. Tired, Sylvie slides on a stone across a ford, pulled by her backpack. Her shoulder is hurt.

After Chodgo, it is not possible to go on the left  and attempt the ascent of Mount Hemis. We have no food and we are too tired. Such a venture could be conceived independently of A long preliminary walk.

The walls of the mountain are sometimes cut in toothed tongues forming multiple parallel saws. We unnecessarily cross the village of Chodgo . It does not seem to have homestay or tea stall to have a lunch.

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In Sumdo, we come back to the mechanical civilization after 10 days of a benefit withdrawal. A bus takes us next day at 9:00. Towards Leh, almost non-stop.

Annexes  Traveller’s memories

Going Out of Town.

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Delhi – In the early morning, docks are already crowded. We step over bodies maybe sleepy. Really sleepy? We seek our way in this imbroglio and we are slowed by our bags. Nothing is displayed and people do not really understand what we ask them. They tell us numbers with non existing platforms .

One dock seems more likely than others. Here are pestilential odors because people defecate on the tracks. This is the Call of the Earth: Everyone at the same time, without shame. I’ve seen these rituals during a previous trip but people were out in their slums tumbling onto the tracks.

We invite us into this world curious about our presence. It is not possible to put our bags down because the mud would mess them inexorably. We look at the crowd. The day is now well risen. A train pulls into the station slowly and people congregate against cars still running. They are trying to go through the windows when they have no bars. When they can not get in, they put their affairs on seats to reserve their places.

Our bags are our enemies. They prevent us from being quite fluid in the human alternately refluantes tides . Finally, a door opens, where all those who have not gone through the windows rush. This is because some have mercy on us that we find finally a place to sit down.

And then things and people settle in an appearance of order, calmly, resignedly. Everything seems immovable, as in a precarious and tense balance. The life has become again almost livable, not that the stench has disappeared, nor moreover than this wet heat which sticks clothes and skins on the skin.

The train moves on. This jolt gives a sense to our efforts. We are finally going to go out of the city.

 

Mac Leod Ganj’s imposture

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We had dreamed about it to the point that it was not possible to organize our entry in the Himalaya without passing there: Dharamsala alias Mac Leod Ganj, the city refuge of Tibetans, cella of the Buddhism, center of the world of the wisdom, harbour of the peace of mind …

By way of imposture, everything began when our bus stuck in an inextricable traffic jam of cars rising, downward and parked at the approach of Dharamsala. Only horns were working, as if they were going to be able to, to them only, arrange the situation. At the end, our driver found an original  solution  by making us all come down to make half tour. We finished our road by foot, excellent training for the future treks after all. Welcome to Dharamsala!

But it is only a beginning, a front taste of our stay in this imaginary paradise. In the bustle and the metallic messes, we move forward to a guest house. The rain meanwhile enters itself in the party. The hotel is also full as the street. It remains a last bedroom giving onto the street. It is clean, the staff friendly , the menu tempting. (this is one place where we will eat the best of the trip). We decide to stay and go to lunch.

It is entering the bedroom for a well-deserved nap that we understand our misfortune: street  is decongested : a cacophony in major Tut  awaits us until very late night.

The Middle Class in India

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At the moment, when we speak in France about India , it is often under a purely economic angle. India frightens! « It is about one of these famous emerging countries which could soon have say in our international authorities ». « They steal us our jobs ». « They work for one wrist of rice » . « And Tata with his new 2000USD car  which dared to acquire our beautiful Jaguar ». « And Mittal, the Big Miserable Boss without humanity which plays with our beautiful factories as the Monopoly. We are going to fire him from France, right? » And so on.

When we try to join Manali, at the foot of the true mountains of Himalaya, we are in confrontation with the economic emergence of India by much more prosaic aspects. 300 million Indians have quickly entered the middle class. Meaning that these people do not work any more only to eat, find accommodation and get dressed, survive in a word! They accumulate enough money to reach the leisure activities and the not vital needs more generally. To begin with the holidays and with the automobile. They make as us from now on. They make as us fifty years ago and as we even today. But on one hand they are much more than us and on the other hand infrastructures did not evolve at the same speed.

Thus they go out of megalopoles in their own cars and make enormous rows to go to holidays. It looks like they all were made an appointment in Manali. It is clear that the air is there much cooler than in the Big Plain. Imagine the snow in Delhi! Imagine one large field of asparaguses on Mars! …To see the snow, slide on the snow for the first time!

Waiting for it, the rows stand still on numerous tens of kilometers, in both directions. Indeed, the road is too narrow to cross and there is always someone to try to double and pass at all costs. It is not specially Indian. Indians are on the other hand more fatalists than the Westerners. The Hinduism wants it. We can thus see a continuous row and segments of rows just as much blocked, in against direction. People remain always smiling. They will drive on empty highways in their next karma… In the meantime, they photograph us with their babies to constitute their albums. New hobby.

It is in this way that we beat our record of slowness by bus to reach(affect) Ladakh: 115 km in 12 hours, up, the 9.58km / hour.

The plane? It is just 100 times as fast!

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vallée de Markha


Trek de la vallée de Markha

Du 27 juin au 8 juillet 2011

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Ce voyage en famille sur le haut plateau du Ladakh est une manière de découvrir deux  aspects paradoxaux de l’Inde, celle de la nouvelle classe moyenne s’embouteillant dans les cols au dessus de Manali pour accéder aux stations de ski, puis celle des familles vivant loin de tous les biens communs de consommation, dans un univers encore préservé de l’asphalte et des bruits mécaniques.   A trois, unis dans l’effort bien souvent, il s’agit de relever un défi : monter deux cols de 5000 et 5200 m avec la nourriture et le toit sur le dos…  Ainsi affranchis,  nous allons plonger dans des univers tantôt minéraux tantôt paradisiaques et toujours stupéfiants de beauté.

Localisation :


carte situationcarte détail

A peu de kilomètres au sud de Leh, Etat du Jammu et Cachemire.

Quelques objectifs :

effectuer un premier trek nécessitant une autonomie partielle en nourriture et couchage, se retrouver dans l’ambiance originelle d’une vallée de montagne. Tester les organismes en haute altitude et si possible battre le record (5545m ;-). Voir sur place la possibilité d’une ascension du mont Hemis (5650m) à partir des relevés  de niveaux sur Google Earth.

Préparatifs :

côté matériel, sacs chargé à 14, 12 et 8kg. La tente Jamet vieillissante pour Alexia et  Sylvie, une toile de tente qui tiendra avec les 2 bâtons de marche pour moi. Sacs de couchage réputés tenir à -19°C… Fruits secs, cappuccinos, saucissons, soupes, nouilles et paté pour 4 jours d’autonomie.

Le tracé du chemin est enregistré sans trop de difficulté sur Google Earth et rentré dans le GPS Garmin. Echanges sur Lonely Planet pour connaître les haltes avec et sans ravitaillement possibles. Seul Le trajet avant et après  Kongmaru la , la halte à Nimaling semblent poser problème. En fait, il n’en sera rien. Nimaling offre gite et couverts, au moins à cette saison.

Quelques points pratiques:

données et valeurs 2011

Pour arriver à Leh, le passage par Delhi est pratiquement incontournable. Prendre l’avion est la solution la plus simple et la plus rapide. Cette solution offre la possibilité d’y accéder bien avant l’ouverture des cols, un peu aléatoire, vers le 20 juin. Le bus ou mieux, un mixte train + bus permet le plein contact avec la population, l’acclimatation à l’altitude et la traversée de paysages spectaculaires. Le passage des cols à plus de 5000m sur la deuxième route la plus haute du monde est une épreuve pour beaucoup. Une grosse migraine est au menu.

Il est bien possible d’effectuer le trek en solo sans équipement spécial, en 7-8 jours. Il n’est pas requis de permis. Un seul droit d’entrée à l’entrée du parc doit être acquitté sur un forfait estimé de jours : 20Rs/j.personne.

L’usage d’un GPS est un luxe car le chemin est bien marqué, même dans les cols. Il pourrait y avoir une courte hésitation à l’embranchement d’une ou deux vallées mais il suffit de suivre le cours du torrent principal et le plus gros sentier.

Attention à l’eau notamment pour le passage du Kongmaru la. Il faut compter 2 heures de marche en descente pour trouver le premier point d’eau (voir agenda  Camp du Col)

Trois possibilités :

1-      Totalement pris en charge avec chevaux, porteurs, tentes, guide, nourriture. Le marché peut se faire dans Leh. Il y a force concurrence. Compter 55€/j.personne à deux 50€/j.personne  à trois par exemple (valeurs 2011)

2-      Indépendant avec arrêts dans les homestays sur le parcours. Bien vérifier leurs ouvertures aux points stratégiques (Nimaling en particulier) hors saison. L’office du tourisme à Leh est très compétent. Si le camp de Nimaling est fermé, cela fait une grosse étape une très  grosse étape entre  Hankar et Chogdo voir Sumdo. L’accueil dans les homestays est chaleureux la plupart du temps. Les coûts sont normalisés : 400Rs/personne pour le diner, un lit, un petit déjeuner correct et un piquenique honnête pour le midi. Attention, il est peut être difficile de déjeuner le midi dans les villages. Hygiène assez limite : la seule eau courante est à l’extérieur et bien souvent le torrent !

3-      Indépendant avec tente et nourriture pour le confort et s’arrêter de temps en temps dans des lieux surnaturels tout en profitant des homestays pour faire des rencontres. (assez peu de pratique de l’anglais). Compter 100Rs par tente.

Attention : peu à très peu de monde, trekkeurs ou villageois, croisés sur les chemins.

Les altitudes indiquées sont celles de Google Earth.

 agenda, relevés d’étapes et carte du parcours

arrivé à km j km cum alt
27-juin Jingchang  34° 6’5.85″N  77°24’39.22″E 14,62 14,62 3378
28-juin Yurutse  34° 2’37.19″N  77°24’24.39″E 9,05 23,67 4091
29-juin cb Ganda la  34° 2’45.99″N  77°22’35.42″E 3,03 26,7 4530
30-juin Shingo  34° 1’29.79″N  77°17’55.74″E 8,30 35 4055
01-juil Skiu  33°58’45.16″N  77°15’45.26″E 7,10 42,1 3346
02-juil Sara  33°55’40.35″N  77°21’16.15″E 11,64 53,74 3571
03-juil Markha  33°53’7.80″N  77°25’25.16″E 9,05 62,79 3767
04-juil Hankar  33°50’19.48″N  77°30’2.81″E 10,00 72,79 3976
05-juil camp du lac  33°48’24.23″N  77°33’33.95″E 7,87 80,66 4662
06-juil camp du col  33°48’26.10″N  77°37’45.63″E 9,95 90,61 4864
07-juil Sumdo  33°51’14.77″N  77°42’29.32″E 10,51 101,12 3672

 carte parcours

Journal de bord

Le 27 juin Spitok – Jingchang 3378m

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La route pour rejoindre l’entrée du chemin à Spitok contourne l’aéroport. Nous avons pris un taxi qui nous dépose au pont. C’est à cet endroit que l’on s’acquitte des taxes d’entrée dans le parc. Il faut déclarer un nombre de jours prévus. Le taxi nous propose de nous emmener vers Jingchang car une bonne piste est maintenant ouverte jusqu’à ce hameau. Ses tarifs sont prohibitifs et sans comparaison avec ceux qui sont appliqués dans la région. Nous préférons commencer par nos propres moyens plutôt que de nous faire arnaquer : nous avons le temps et nous restons conformes à notre projet.

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Le début est difficile parce que la piste est poussiéreuse et totalement exposée au soleil.  Nous nous faisons doubler par une petite équipe plus dynamique en traversant le plateau pour nous engager dans la première vallée.

Le reste de la journée est tout autant fatiguant parce qu’il faut nous habituer au nouveau rythme. L’altitude est déjà bien supérieure à celle de la plupart des treks à leurs commencements. Nous avons eu le temps de nous acclimater à Leh et nous n’en souffrons pas, au moins en apparence.

Alors que je suis assis en attendant les deux filles un peu à la traîne, une vieille dame vient vers moi et me fait comprendre que nous pouvons l’accompagner chez elle de l’autre côté du torrent. Il faut reconnaître que nous n’aurions pas déniché notre halte de Jingchang sans elle. Une belle bâtisse ladakhi pour reprendre des forces. Le diner est copieux, la chambre correcte. Les toilettes sont sèches. Il n’y a pas d’eau à l’intérieur de la maison. Le torrent s’impose pour la douche du soir! La cuisine et le séjour sont splendides avec une batterie de cuivres étincelants. Nous retrouverons ce modèle tout au long du chemin.

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Le 28 juin Jingchang – Yurutse 4091m

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Notre hôte nous remet sur le chemin après le petit déjeuner (toast œufs, thé au lait sucré). Le poids de nos sacs impose une progression lente. Le dénivelé sera rude aujourd’hui. La gorge dans laquelle nous nous enfonçons  nous offre plus d’ombre qu’hier.

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Nous déjeunons au niveau de Rumbak (34° 3’32.83″N ; 77°25’21.35″E) dans un petit restau installé sous une toile de parachute. Ces abris sont aussi normalisés que les prix. Les tâches circulaires blanches sur les photos satellites de Google Earth ne sont plus une énigme maintenant ! Les déjeuners seront la plupart du temps légers dans ces abris: petits paquets de pâtes chinoises et milktchai ou coca. Il y a aussi des biscuits et du chocolat pour Alexia !

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La montée continue se poursuit l’après midi et nous nous arrêtons sur un replats à côté du chemin  à 1 km de Yurutse pour tester le matériel de campement.

Les conditions sont spartiates, c’est le prix de la liberté.

Le 29 juin  Yurutse – second Camp de base de la Ganda la 4530m

Petite étape aujourd’hui pour s’acclimater tranquillement à l’altitude. La raréfaction de l’air commence à se fait sentir.

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Yurutse se compose d’une grande bâtisse convertie en homestay (34° 2’35.59″N ; 77°24’5.96″E). Les petits champs ordonnés en terrasses et la couleur verte presque fluorescente des plantes la mettent en valeur. C’est un paradis inattendu niché dans les montagnes arides. Nous y complétons le petit déjeuner avec des chapatis et du thé.

Nous déjeunons au premier camp de base (34° 2’47.29″N, 77°23’16.02″E ?). Il est possible d’y dormir apparemment.

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Le temps est gris aujourd’hui et quelques gouttes de pluies viennent nous refroidir de temps en temps dans l’après midi. La montée pratiquement continue se poursuit jusqu’au second camp de base. Nous découvrons les premiers pics enneigés dans les nuages et rencontrons nos premières marmottes. Le camp de base est composé de quelques tentes. Il doit être possible d’y dormir à la mode des homestays.  Dans l’une d’entre elles, nous nous restaurons. Nous nous installons sur une terrasse, un bon kilomètre au dessus du premier camp.

Le 30 juin  Camp de base de la Ganda la – Shingo 4055m

La montée semble ne jamais vouloir finir. Le temps reste majoritairement gris et nous ressentons le froid dés que nous nous arrêtons. La vue se découvre sur des pics secs et en dents de scie.

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Nous ne restons pas longtemps au col (34° 2’29.29″N ;77°21’44.71″E ;4975m) car le vent nous glace.

Le temps se découvre dans la descente. Shingo est le premier village après le col et nous nous y installons pour la nuit. Nous campons encore une fois bien qu’un homestay aurait pu nous ouvrir ses portes.

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 Le 1er juillet Shingo – Skiu 3346m

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La vallée se rétrécit pour donner sur la vallée de la Markha. A l’intersection se situe Skiu. On sent bien que d’ici peu, une route arrivera en provenance de Chilling sur la droite. Une pelleteuse a été débarquée, certainement par hélicoptère ? C’est toujours un mystère ces gros engins au milieu de nulle part. L’électricité encore incertaine est déjà là pour désenclaver la vallée.

L’état des troupes n’est pas très brillant et les filles envisageraient bien de tourner à droite, justement, pour éviter les prochaines ascensions. Il faut que je leur fasse croire que les montées sont encore plus raides de ce côté et aboutissent à un cul de sac pour qu’elles changent d’avis. Un pieu mensonge pour leur redonner du courage…

Nous restons dans un homestay à l’entrée de Skiu où nous avons reçu un accueil très chaleureux pour le déjeuner. La luminosité est particulière ici  avec l’alternance de gros nuages gris et de soleil blanc. Nous nous promenons dans les jardins alentour.

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Le 2 juillet Skiu – Sara 3571m

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C’est encore une petite étape pour ne pas provoquer les deux filles rapidement enclines à râler.

La vallée de la Markha est bien large.  La route est devenue moins pentue et nous profitons d’un temps plus clément à partir de Skiu. La vallée offre des paysages grandioses opposant le vert des champs et le gris des rocailles composant les versants des montagnes.  Les gens ici vivent simplement, avec un confort rudimentaire qui n’affecte pas leur bonheur de vivre, au moins en apparence. Il est vrai que nous sommes en plein été.

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A Sara, nous plantons la tente dans la propriété d’un homestay. Les propriétaires  en profitent pour se débarasser de leur gamin très curieux et turbulent. Il nous rejoint pour arracher les piquets de la tente. Nous frisons l’incident diplômatique avec les parents. Cool.

Toilette complète dans la Markha.

Le 3 juillet Sara- Markha 3767m

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Le chemin continue de monter tranquillement vers le plus gros bourg de la vallée s’il a donné son nom au torrent. Nous effectuons nos premiers passages à gué.  Rien que du bonheur pour les pieds.

Depuis que nous avons pris notre rythme, nos étapes sont pratiquement la moitié des étapes décrites dans les guides. Nous profitons à plein du temps qui passe, avec les gens ou simplement à contempler les paysages. Le temps revenu au beau fixe nous a remis définitivement de bonne humeur.

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Nous passons deux premiers homestays en lisière du village pour en chercher  un en ville. Il n’y en a pas. Nous n’en trouvons pas plus à la sortie. Nous sommes obligés de revenir sur nos pas. Nous plantons les tentes une nouvelle fois.

Nous faisons une rare rencontre avec des trekkeurs. Ils sont suisse australien et autrichien et nous sommes heureux de pouvoir échanger avec eux et passer une soirée bien sympa.

Le 4 juillet Markha – Hankar 3976m

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Nous partons avec un temps très couvert mais il s’éclaircit dans la journée. Dommage pour les photos de Markha. Nous passons deux fois à gué. Les versants des montagnes rejoignent de plus en plus le cours du torrent. Nous découvrons, par derrière, le cône d’un 6000  majestueux. Nous arrivons à Hankar pour déjeuner (riz et légumes pour 60Rs).

Lessive et toilettes dans la Markha l’après midi. Nous abandonnons la vallée demain. Ce sera aussi la dernière nuit sous la tente dans des conditions confortables de température.

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Le 5 juillet Hankar – Camp du lac 4662m

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Nous sommes partis tard ce matin à 9 :30 car je me suis aperçu que mon carnet de bord avait disparu.Nous cherchons dans la maison et dans le jardin. Je le retrouve finalement caché sous un bosquet par le gamin (5 ans !) de nos hôtes…, il faut décidément surveiller ces mioches aux allures si sympathiques  de premier abord.

L’ambiance change aujourd’hui avec la pente du chemin qui s’accentue. Finies les promenades champêtres. Il nous faut aborder les contreforts qui nous mèneront au Kongmaru la. La vraie épreuve commence…

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Nous nous arrêtons pour déjeuner au bord du torrent. Un troupeau de gorals dégringole de la montagne. On compte une cinquantaine de têtes. J’avais mal situé Nimaling sur GE et mon point hypothétique se révèle faux. A chaque fois que nous croisons un berger, nous lui demandons si nous sommes encore loin. Ils répondent invariablement 2 à 3 heures. Mais le temps passe et nous nous épuisons dans la montée. A 16 :30, nous nous rendons compte qu’il sera très difficile d’atteindre cette dernière halte avant le col.

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Nous trouvons un endroit extraordinaire pour passer la nuit, au bord d’un petit  lac et protégés du vent  par les murets d’un refuge probablement de berger. Il y a assez de bois pour faire la cuisine sommaire et se réchauffer un peu. Je trouve une source à l’amont  du lac. Nous assistons au coucher de soleil sur le Yang Yatse 6401m. Il semble à deux pas de nous.

Il n’était pas possible de trouver meilleur emplacement pour passer la nuit. Nous exploitons l’intégralité de notre équipement sans l’avoir vraiment prémédité. La peine des kilos portés jusqu’ici n’a pas été vaine. C’est un plaisir double.

Grandiose diner de pâtes soupe et pâté.

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Le 6 juillet Camp du lac – Camps du col 4864m

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Nous étions encore bien loin de Nimaling (33°47’11.45″N ; 77°35’38.80″E, c’est évident quand on y est passé!). Ce grand espace de prairies est agréable pour se reposer avant la grande montée en zigzag menant au Kangmaru la. Il est bien possible de s’y restaurer et d’y dormir sous des tentes installées au moins pour l’été. Les bergers ont l’air d’être installés ici une grosse partie de l’année.

Il faut être patient dans la montée, éviter de regarder plus loin que ses pieds pour éviter de déprimer. La respiration est difficile. Un rythme lent doit impérativement être trouvé pour ne pas s’essouffler. Les deux filles se transforment en tortues bougonnes. Elles s’arrêtent de plus en plus fréquemment. Le temps reste au beau mais je crains que les nuages ne viennent gâcher le panorama tout en haut. Je fais quelques aller retours pour décharger Alexia de son sac à dos.

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La victoire n’est pas mince quand on passe enfin les drapeaux de prières. Alexia s’est chopé une grosse migraine qui disparaîtra dans la descente.

Nous descendons rapidement de l’autre côté car le vent nous transperce. Il faut descendre longtemps avant de trouver un point d’eau où camper. Voilà encore un endroit fantastique où passer la soirée et la nuit. Le petit bois n’y manque pas.Nous ne sommes pas les premiers à nous y arrêter. Il est dommage que les droits d’entrée dans le parc ne soient pas utilisés pour un nettoyage de printemps même sommaire. La quantité de détritus, ici comme ailleurs, n’est pas très importante, mais visiblement là de longue date !

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Le 7 juillet Camp du Col – Sumdo 3672m

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Le temps est toujours très correct. Les deux filles se croient déjà arrivées au bout du périple. Elles sont enthousiastes à l’idée de dormir entre quatre murs ce soir, sur un matelas. La fatigue aidant, Sylvie glisse sur une pierre en traversant un gué, entraînée par son sac à dos. Elle s’abîme l’épaule.

Il n’est plus question de bifurquer sur la gauche après Chodgo pour aller tenter l’ascension du mont Hemis. Nous n’avons plus de nourriture et nous sommes trop fatigués. Une telle aventure pourrait se concevoir indépendamment d’une longue  marche préalable.

Les parois de la montagne sont parfois découpées en languettes dentées formant  des multitudes de scies parallèles. Nous traversons le village de Chodgo inutilement. Il ne semble pas y avoir de homestay ni de tea stall pour se restaurer.

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A Sumdo, nous retrouvons la civilisation mécanique après 10 jours d’un bénéfique sevrage. Un bus nous prend à 9:00 . Direction Leh, presque sans arrêt.

Annexes  Mémoires de voyageurs

Sortir de la ville.

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Delhi – Au petit matin les quais sont déjà bondés. On enjambe les corps, endormis pense-t-on. Dorment-ils ? Nous cherchons dans cet imbroglio notre chemin et nos sacs nous ralentissent. Rien n’est affiché et les gens ne comprennent pas vraiment ce que nous leur disons. Ils nous indiquent des plateformes aux chiffres inexistants.

Un quai plus probable que les autres pour finir. Ici les mauvaises odeurs sont pestilentielles car les gens font leurs besoins sur les voies. C’est l’Appel de la Terre: Tout le monde en même temps, sans pudeur. J’ai déjà vu ces rituels lors d’un précédent voyage mais les gens étaient dehors, dans leurs bidonvilles dégringolant sur les voies.

Nous nous invitons dans ce monde curieux de notre présence. Il n’est pas possible de poser nos sacs par terre. Car la fange les salirait inexorablement. Nous attendons au milieu de la foule. Le jour est maintenant bien levé.  Un train entre en gare lentement et les gens s’agglutinent  contre les voitures encore en marche. Ils essaient de rentrer par les fenêtres trop petites lorsqu’elles ne possèdent pas de barreaux. Quand ils ne peuvent pas entrer, ils posent leurs affaires sur les sièges pour réserver leurs places.

Nos sacs sont nos ennemis. Ils nous empêchent d’être assez fluides dans ses marées humaines sans cesse refluantes. Une porte enfin ouverte où tous ceux qui ne sont pas passés par les fenêtres s’engouffrent.  C’est bien parce que l’on a pitié de nous que nous trouvons finalement à nous asseoir.

Et puis les choses et les gens se tassent dans un semblant d’ordre, avec calme, avec résignation. Tout semble immobile, comme dans un équilibre précaire et tendu. La vie est redevenue presque vivable, non que les puanteurs aient disparu, pas plus d’ailleurs que cette chaleur humide qui colle les vêtements et les peaux à la peau.

Le train s’ébranle. Ce soubresaut donne un sens à nos efforts. Nous allons enfin sortir de la ville.

L’imposture de Mac Leod Ganj

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Nous en avions rêvé au point qu’il n’était pas envisageable d’organiser notre entrée dans les Himalaya sans passer par là : Dharamsala alias Mac Leod Ganj, la cité refuge des tibétains, la cella du bouddhisme, le centre du monde de la sagesse, le havre de la paix intérieure…

En fait d’imposture, tout a commencé quand notre bus s’est  englué dans un embouteillage inextricable de voitures montant, descendant et garées à l’approche de Dharamsala. Seuls les klaxons fonctionnaient, comme s’ils allaient pouvoir, à eux seuls, arranger la situation. Le chauffeur a trouvé la solution pour finir en nous faisant tous descendre pour faire demi tour. Nous avons fini notre route à pied, excellent entrainement pour les marches futures après tout. Bienvenue à Dharamsala !

Mais ce n’est qu’un commencement, un avant goût de notre séjour  dans ce paradis imaginaire. Dans la cohue et les enchevêtrements métalliques, nous avançons vers un guest house. La pluie s’est entre temps mise de la partie. L’hôtel est aussi plein que la rue. Reste une dernière chambre donnant sur la rue. Elle est propre, le personnel accueillant, la carte alléchante (c’est  un des lieux où nous mangerons le mieux du voyage). Nous décidons de rester et allons déjeuner.

C’est en rentrant dans la chambre pour une sieste bien méritée que nous comprenons notre malheur : la rue s’est décongestionnée : une cacophonie en tut majeur qui nous attend jusqu’à la nuit fort avancée.

La classe moyenne en Inde

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En ce moment, quand on parle de l’Inde en France, c’est bien souvent sous un angle purement économique. L’inde fait peur! Il s’agit d’un de ces fameux pays émergeants qui pourraient bientôt avoir voix au chapitre dans nos instances internationales. Ils nous volent notre travail. Ils travaillent pour une poignet de riz. Et Tata avec sa nouvelle voiture à 2000USD qui a osé racheter nos belles Jaguar. Et Mittal, le Grand Méchant Patron sans humanité qui joue avec nos belles usines comme au Monopoly. On va le virer, hein? Et patati, et patata.

Quand on tente de rejoindre Manali, au pied des montagnes de l’Himalaya, on s’affronte à l’ émergence économique de l’Inde par des aspects beaucoup plus prosaïques. 300 millions d’indiens sont entrés brutalement dans la classe moyenne. C’est-à-dire que ces gens ne travaillent plus seulement pour manger, se loger et s’habiller, survivre quoi! Ils accumulent assez d’argent pour accéder aux loisirs et aux besoins non vitaux plus généralement. A commencer par les vacances et par l’automobile. Ils font comme nous dorénavant. Ils font comme nous il y a cinquante ans et comme nous encore aujourd’hui. Mais ils sont beaucoup plus nombreux d’une part et d’autre part les infrastructures n’ont pas évolué.

Ils sortent donc des mégapoles en voitures particulières et forment d’énormes files continues pour aller en vacances. On dirait qu’ils se sont tous donné rendez vous à Manali. Il faut dire que l’air y est beaucoup plus frais que dans la plaine. Imaginez la neige à Delhi! imaginez un champs d’asperges sur Mars! Voir la neige, glisser sur la neige pour la première fois!

En attendant, les files se sont immobilisées sur de nombreuses dizaines de kilomètres, dans les deux sens. En effet la route est trop étroite pour se croiser et il y en a toujours pour tenter de doubler pour passer coûte que coûte. Ce n’est pas spécialement indien. Les indiens sont par contre plus fatalistes que les occidentaux. L’hindouisme veut cela. On peut donc voir deux files continues bloquées et des segments de files tout autant bloqués, à contre sens. Les gens restent toujours souriants. Ils rouleront sur des autoroutes dégagées dans leur prochain karma…  En attendant, ils nous prennent en photo avec leurs bébés pour constituer leurs albums. Nouveau hobby.

C’est de cette manière que nous battons notre record de lenteur en bus pour atteindre le Ladakh: 115 km en 12 heures, debout, 9.58km/heure.

L’avion ? C’est juste 100 fois plus rapide!

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The trek of the Milam Valley – On the trail of Nanda Devi

October 2012

Lonely Planet says that this trek is difficult. When studying maps and topography, we can be surprised: the average difference in height is small as the maximum altitude (4000m approx.) Indeed, many mountain walks lead us to altitudes above 5000m. But as we will see, LP is not wrong. This six-day trek to a minimum for which we spent 11 days sometimes becomes a real hell with collapsed and deflected slopes, tracks of loose stones on which we try to choose the aisles, when there, to avoid twisting ankles…

Our goal : to come as close as possible from the monster that is the Nanda Devi, a sacred mountain of 7811 m, by joining one of the base camps, east of the summit. A secondary objective is to cross the glacier Milam from its left bank before returning to the lower valley.

Background: Travelling with minimum weight to be flexible is our motto for this type of trip. To avoid excess baggage weight while permitting a maximum of autonomy for being at the center of events, even if taking some risks is necessary. The ideal period is autumn following the summer monsoon, especially long and abundant this year 2012 (there were reports of landslides due to flooding in lowland to mid September). October is also the month of migration of the inhabitants from the upper valley: as no more pastoral activity is possible in winter and since the trade route  was abandoned in 1962, the upper valley is emptied of its inhabitants for the six winter months. Many villages are temporarily totally abandoned.

Preparation: This trek was in our heads for several years because the range of time when it is made possible with a sufficiently clear weather is very narrow, from late September to late October. We used Google Earth, Lonely Planet and the Lonely Planet forum, very useful. We have not found any valid map on Paris because this region is virtually unknown there. The accuracy of the satellite photos was sufficient to create a marked route using GPS. As we shall see, this preparation is not sufficient because recent landslides have changed the track’s places sometimes on several kilometers.

GPS : the daily journey must be recorded for keeping the daily distances traveled. This has not been done this time.

This year we did not perform any special physical preparation outside jogging, walking and swimming. We are in good physical condition before leaving. Sylvie is a little tired.

Backpack: initial weights are 16 and 14 kg including in particular a 1.5kg tent, two sleeping bags -9 ° C so-called « comfort » of 1.5kg each and food for at least 5 days including dried ham, semolina, sausage, county, chocolate, instant coffee, dried fruit for 4 kg.

They are too heavy. We absolutely need to reduce weight for the next treks.

Access to the Milam Valley: The first part was made with Air India from Paris to Delhi 22:30. to 9:30. Flights with this company are always pleasant and punctual until now, with competitive rates. What more to ask for?

The train from Old Delhi at 16: 00 is a good alternative to avoid night buses starting from Ghaziabad evening around 22: 30. It stops after 7h route in Haldwani where is the bus station and jeeps. Jeeps are a flexible and cheap way to reach Munsyari from Haldwani. It does not seem possible to go there directly. One or two changes on the road are surely needed.

Without wasting much time, we reached Munsyari in 38h from Paris.

Travel and trek  daily

• October 6:

We may be accustomed to travel in this megalopolis but we are always overwhelmed by events. This time, we learn at the entrance of the new metro that it is closed for maintenance. More than 2 weeks after, it will still be closed. It is amazing to see a so recent work paralyzed in this way.

We arrive at New Delhi Railway Station at 11am to buy Delhi – Haldwani train tickets. Indeed, there is a special office in NDRS for tourists and tickets are issued on specific quotas. We know that a train leaves at 16:00 but booking in France on the Indian Railway website is impossible due to an obligatory No. Indian phone required! Upon arriving, we are told that the office was moved to Connaught Square and we stupidly believe it. In reality we are taken to a travel agency. The lost hour prevents us to book because the minimum delay is 4 hours before departure.

It is also good to anticipate a wait of at least 1 hour because the queue can be long.

We change euros in Main Bazar Street in order not to be caught in the mountain villages where our Western currencies must do the effect of Monopoly money.

Unless absolutely necessity, do not change at the airport because the change would make you lose 6% of the value.

We go to Old Delhi Railway Station considering to take a night bus at Ghaziabad if we can’t book our train seats. There, happily, we buy our tickets 136Rs/billet less than 2 € for 7 hours by train. There is a McDonalds in ODRS. It’s not that I like this type of restaurant, but we are happy to delay spicy food experience until it will be necessary.

The train leaves on time.  We enter a car by random. Controllers are kind and let us sit at numbered seats for which we have no right. But how could we know where to go when nothing is specified? Fortunately, this time, the train is not crowded.

The night is long on the hot and humid plain. For our picnic dinner we blend discreetly a fresh coke bought on the way with some Ballantine purchased at duty-free shop. We no longer feel the fatigue of travel. We only feel that our new adventure starts correctly…

We arrive in Haldwani at 22:30 as planned. We are on the border of the plain and the Himalaya’s foothills. This is probably why the railway line stops there. A ricksaw takes us a few minutes to the bus station and jeeps. Despite the late hour, we are immediately approached by touts. One of them leads us to the driver of a jeep that leaves just for Munsyari. Some travellers are already waiting. They are happy to see new passengers because the jeep only leaves when the car is full. We go without losing time. It will be impossible to sleep during the second night of the trip.

• October 7:

We are still in good shape when the sun rises and blushes the tropical countryside. We stopped several times to take a tchai at the roadside. We are nodding when the jeep stop at 8:30. The driver tells us that we are still 70km from Munsyari. However, he will not go on. He invites us to get into a new jeep whose driver tells us he will go at 10am for our final destination. The former one makes us pay his share, 650Rs from the 900 he wanted in Munsyari for all the way.

But at 10:00, no new client is present. I feel bad the situation. We really need to rest. I negotiate with the driver a price for an immediate departure. 1000RS. What a luxury! A long bench for each to lie down. We soon get to sleep, not without a bad conscience seeing three passengers crammed in beside the driver.

The air becomes cooler and we are seeing the first snowy peaks.

We arrive at around 13:00. We are looking for a hotel, walking through the big village that is Munsyari. Finally, it is next to the bus station that we find the best one: Pandey Lodge (350Rs) with a great view of the Panchachuli range from the large bay window of the room.

The boss tells us that there is no more authorization to be given by the police. A simple declaration just has to be made. We go to the barracks located few hundred meters from the hotel after a lunch of omelet, rice and coca. Formalities are completed in 5 minutes while we are on a Sunday !

• October 8: Day 1 starting altitude 2157 m, 1634m altitude on arrival

The sun rises around 6: 30 on a clear sky. A light mist covers the valleys and marks the first rays of the sun. We have prepared a package of unnecessary affairs for the trek to let it in the hotel to avoid needlessly burden in our backpacks. We leave at 8:00.

We have decided to walk from Munsyari because there is only 4.5km to the entrance way. A short walk to avoid additional transportation researches… We take the opportunity of crossing the village to buy a flashlight (80rs) because I broke mine during the trip.

Points are carefully recorded in the GPS and we follow our route without difficulty. The path downhill often crosses the loops of the road.

A woman stops us and tell us that the way to Milam is not in the direction we take and that the good track is overhanging. We do not believe her because GPS is formal in its indications. It must be a conspiracy to make us take a guide!

At 13h, as the path narrows and differs only intermittently, I go without backpack to explore the slopes heights. I cannot find anything and I come back, tired. After a quick picnic, I get carried away by the weight of the bag with which I’m not accustomed. I go out with a black eye that will not leave me for the trip. The left wrist is a little sore but nothing is really damaged.

We continue until we hit a huge cone of screes cutting the road. The blocks are unstable and take their source several hundreds of meters above us. Nothing indicates a path overhead. I choose to explore the area without the backpack. Progression, even without the bag is not easy. I find myself facing a vertical wall falling in the Gori Ganga, where I find an open gallery. On the other side of this gallery, a new cone of debris awaits us.

On my return, however, we decide to try our luck. The advance is slow and cautious. Each stone can be a trap. We find the true path to Lilam at above 16h, surrounded by a few inhabited houses. This hamlet has become a cul de sac and people look at us, surprised and compassionate. The track is increasingly steep but we are reassured. We arrive at 17:30, exhausted and unable even to enter in the village, we settle into the first guesthouse bordering the path. The water flows in abundance from rocks and our toilet with icy water regenerates us. Sylvie will be the victim of a greedy leech.

Our misfortune is a serious warning: preparation at distance, however accurate, cannot replace local search for informations and news before leaving.

The owner gives us a good dinner of chai chapatis omelette watered with a bit of local alcohol. We lie at 19h. Our lifes will be linked with the sun as there is not much to do in the dark and it takes advantage of the early morning, still the clearest period of the day. We sleep soundly.

The use of bags and sleeping mats is essential because the bed is a set of planks.

• On October 9, 2nd day arrival altitude 2322m

After almost 13 hours of sleep, our bodies have not forgotten the foolish efforts of the previous day. When we want to get up, our legs reject any effort. We stagger for several minutes before we can move in and go out of the shack. It will take two days to our bodies before they get used to the demands of the trek.

It is 8: 00. The sky is blue, but dotted with some clouds. We do not start until about 10: 00 after breakfast (chai, chapati and omelette). We double the village of Milam quickly.

If the GPS indicates a walk of 12 km, the real life will ​​learn us that nearly twice must be actually performed in difficult conditions. Indeed, the frequent landslides due to the verticality of the valley continue to destroy large portions of the path. They are most often deflected by difficult climbs and descents on the still stable parts of the mountain.

The notion of bird’s kilometer sees the day. And we would be birds to avoid unnecessary ascents sometimes requiring the use of our hands to go up!

Because late  departure  and frequent deviations, the night comes before we arrive to Boudiyar. We stop in a place overlooking the Gori Ganga and sheltered from the wind. The first drops surprise us when we finish setting up the tent in a wall cavity. I just have the time to look for 2 liters of turbid water in the stream for cookery.

The wood is abundant for the fire. The rain intensifies during the dinner (semolina, sausage and sweets). We see that the tent seams are leaking. The water pearl inside and pants Sylvie turned into mop. Bags and shoes are protected by their tarps outside. The rain thankfully stops at 22h.

The earplugs come to the end of the roar of the torrent, thunder and the sound of the rain on the tent.

• On October 10, the third day, arrival altitude: 2450m

We get up at 8: 00. The sky has been washed from clouds during the night. It will be a day of rest because we are close to Boudiyar. We take the time to dry affairs in the sun business and enjoy the scenery.

We arrive at the village after an hour’s walk. We go directly to the barracks positioned at the entrance. We are welcome by soldiers who offer seats and water. The procedure seems poorly implemented or very recent because the military are hesitant. It must also be said that there are so few foreigners on the way: I note on the register only one passage per day in recent weeks. Anyway, we are far from recordings with mandatory photocopy of passport and announced confiscation of cameras.

We have to investigate whether these flexibilities are implemented also for Sikkim trekking regulations (obligation to go through an agency, to be four or more trekkers, to have official guide mandatory with so many carriers and so on.) We never came to Sikkim because of these impossible regulations.

There is a guesthouse in Boudiyar, rustic and expensive (285Rs). The owner of the restaurant is very nice. We spend the afternoon sunbathe on the lawn. We make our first laundry in the brook.

The evening is exquisite with muleteers who try to get us drunk with local alcohol. I vacuum the bottom of their filthy jerry can, smoking a divine bidi: we will not be drunk but a serious headache awaits us at night! (oddly, my heart beats very slowly 50-60)

• On October 11, the fourth day, the arrival altitude: 3128m

It’s been a long time that the noisy traffic of mule on the road separating guesthouse and restaurant started when we go out of bed at 6: 30.

We let 4 kg of luggage including 500g semolina and books. We hope to be a little more comfortable in future ascents. The guesthouse owner asks us 300rs we negotiate with 100RS. We still have five days of autonomy, which is more than enough.

It is imperative to gain weight and to be more precise in the preparation of menus for next treks.

Muleteers offer us to take charge of our bags  to let them at Rilkot for 300Rs. We refuse. We’ll see how far we can go on our own!

It is a beautiful time and we walk a lot better.

We religiously open Bayonne ham and Comté for lunch at a shepherd hut where we order tchai. They will be tasted with 5 chapatis taken in Boudiyar.

We go through extraordinary gorges where a wonderful location for camping is possible (30 ° 14’8 .79 « N – 80 ° 12’57 .04 » E). Returning, we will stop there for a night if possible.

The environment has changed from the tropical vegetation to conifers and pasture when we arrive in Railkot 16h.

Railkot is abandoned by most of its inhabitants, permanently or for the winter period. Two out of three families have already gone. We are fortunate to find someone who offers rice dal vegetables and a place in his attic. We share it with an old Indian and some large mouse that preys on our backpacks.

• On October 12, 5th day, the altitude reached: 3416m

We wake up naturally at 5: 30. We are now in line with the sun. Our host does not really want to serve chapatis for breakfast. This will be a spicy Maggi. Must be adaptive! We start at 7: 15 without being able to freshen up: there is no water. On the way, we bump into one of many families who settle in the lower valley during the winter. Who will be there when we arrive?

The path has become easy because the valley widens.  We even meet a bulldozer! This is surprising and we must believe that local authorities want to turn the mule track in motorable road? We are concerned by the sky. The clouds have piled up quickly on the northern ranges .

The sun is not strong enough to warm us when we stop. At the level of Burphu, at around 10: 30, we take lunch in a small and friendly hut. This is our last civilized point because we will separate from the main road on the left bank of Gori Ganga, staying on the right side to reach the valley glacier of Pachhu.

On leaving, the owner pursues us because he is afraid that we’re taking a wrong track!

We lose a little in the fields but we arrive at Ganghar at about 15h after passing through two abandoned and walled houses villages. Bad weather prevails in the lower valley and the cold wind pierces us. The village was completely abandoned by its unhabitants as we expected. We sit in what can be described as the central square of Ganghar (30 ° 24’2 .38 « N – 80 ° 9’15 .00 » E). The water flows from a tap in a small fountain. Handy!

We are looking for firewood and we place a refuge in a small stone building to shelter us from the wind. The wood does not fail. The collapsed structures provide us with dry birch branches.

Following the installation, we explore the hill to find the entrance to the path that will lead us tomorrow at the base camp of Nanda Devi. We find it easily behind a small temple. It is a chance because we did not find any sign of it in the satellite photo of Google Earth.

Snow falls softly when we light the fire at 16h. We prepare a tea to warm us.

The night is cold and long. The two sleeping bags have been linked together. But the cold awakes us regularly.

• On October 13, the 6th day, the arrival altitude: 3954m

The sun rises at about 5: 30. The tent walls are lined with a thick layer of ice from our breaths. It falls in fine particles on our frozen faces.

The sky is completely clear and we can now see a dome of the Nanda Devi, standing as an invitation. I scrape the ice to avoid its melting with the heat of the sun coming. We rekindle the fire for breakfast (muesli and cappuccino galore!)

We are not starting before 8: 25 because storing the package took time. The path on the right bank we could also theoretically take seems more direct but also more dangerous with unstable screes. We don’t regret our choice: our way is very steep but correctly marked.

The snow appears on the trail. We see a lot of traces of a big plantigrade. They are as wide as my shoe print and twice shorter. Sylvie is afraid and wants already to go back. We have a strong feeling of isolation here. In the description of the area, I only read the presence of the snow leopard, harmless and endangered. It seems to be from a biped. It should not be a bear because we do not see a trace of claws. It would thus be a child yeti? Sylvie is not more reassured, but we continue.

Meanwhile, the clouds collect on the Nanda Devi massif. We arrive at 12: 15 on the plateau overlooking the Nanda Devi’s glacier. At its limit, an avalanche trail dug deep furrows, difficult, maybe impossible to cross with our backpacks. We decide to stop there. We are 1 km from the base camp.

We set up the tent in the last groves of rhododendron (30 ° 23’28 .78 « N, 80 ° 7’1 .81 » E). It must be beautiful in the spring. Dead wood is abundant and we have no difficulty in raising enough to protect us from the cold and for the cookery. We get the snow with a spoon to melt it because there are no water sources here.

The night will be difficult with our not too suitable equipments. I have 6 superimposed clothes layers. We are trying to protect us with survival aluminized blankets. Nevertheless, we shiver all night!

• On October 14, the 7th day arrival altitude: 3186m

The wake up around 5:30 rewards us for our efforts: Nanda Devi is revealed in a clear sky at daybreak. It occurs first in shades of gray and dark blue then domes become golden in the early sunlight. Finally, masses glitter with contrasts of white, gold, blue and black. We are stunned by this so awaited show. Breakfast will wait! We are rewarded a hundredfold for efforts of previous days and nights.

We leave at 9am to Ganghar. We decide not to continue to Pachhu then to Milam glacier because we think we have sufficiently suffered from cold. We have fully filled our main objective by camping at the foot of Nanda Devi. We strive for a minimum of comfort for us to recover from the ordeal. We miss a step adventure on tracks that may be erased, and on crossing a glacier that may be impossible but certainly for new incomparable shows. This is certainly what is called wisdom. Revising our agenda allows us a day of rest in Almora.

The equipment is essential to advance properly at high altitudes. We will review uncompromising before the next trek, probably to the Makalu base camp. We have to resolve the paradox between the weight and the quality.

The view is much clearer than yesterday and Nanda follows us down.

The arrival at 11: 25 allows us to wash in the site of the former camp and lunch quietly. We have still in profusion valuable Bayonne ham, chocolate and Aldi’s Comté. We lack a bit of bread. It is a strange feeling to be alone at the heart of this abandoned village, to be for a few hours its only inhabitants.

We choose the low road rather than the high one where we were a bit lost on the way. The path is clearly crossed by a few stones, indicating a dead end. We hope to overcome difficulties because we are lighter than convoys of mules!  All goes well until the track disappears into the void. We decide nevertheless to go on. Letting our bags, we go sticking to the wall. The exercise is relatively perilous. Sylvie goes to a wrong point at some moment and difficultly turns back.

The rope is a very useful element in this trek!

A truck strangely crashed into the ravine while there appears to be no road … Is the military’s intention to make a road, but to where? There is nothing strategic in the region unless to reopen the border with Tibet and seeming India’s irreducible enemy China.

We arrive at Burphu that seems dead city but we are soon taken over by one of the few people who leads us into his home. He offers a very clean room for 100RS in its traditional house. Lila, his wife is a fine cook and both are very welcoming. They count on us to advertise, what we will surely do! (Their coordinates: 30 ° 22’2 .29 « N – 80 ° 11’1 .72 » E)

They descend to Munsyari for 6 winter months, on November 10. They will return to Burphu in April.

It is in the course of this month a trek can arranged, well before the first monsoon rains. It is good to know!

Warning: in many guesthouses, there is no blanket. Even without the intention of camping, it is important to travel with a good sleeping bag.

• On October 15, the 8th day, arrival altitude: 2653m

We start at 8: 15 after a breakfast of roti (chapati with butter) well watered with tchai. Lila has prepared four chapattis for our lunch without being asked. We reach the river outside the village for our toilet because the water is supplied by jerry cans in homes.

The road becomes more difficult because of the ups and downs bypassing frequent landslides in the hills in the valley becoming very deep. In fact, the path becomes longer and more difficult with time. The several thousand year old Milam trade track degrades over time. If the military road is built, there will be no problem but the reason for the trek will disappear at the same time!

We have lunch with ending ham and Comté. The weather is beautiful up to 15 – 16h then a few raindrops announce the bad weather. Fatigue is feeling when we come to the great place planned for a camp when going up. Sylvie wants to continue arguing she remembers a shack at a short distance. I follow her, reluctantly. We arrive quickly but I don’t find the place very nice: there are rats, numerous empty liquor bottles and a big ax laid down. We put our bags and Sylvie begins installing the mattress on the loose boards. I convince her with difficulty to go back to our last night in the tent. (30 ° 14’8 .79 « N – 80 ° 12’57 .04 » E)

But night falls quickly and we set the tent in the dark. I found plenty of wood carted by the Gori Ganga but it’s now too dangerous to take water in it. I build the fireplace in a corner to be not too visible because we are totally alone and I stay impressed with the big ax.

it is 10 °C higher than in Burphu here.  The heat of the fire penetrates us enough for a comfortable dinner. We go to bed at 19: 30, crushed and fascinated by the verticality of the place.

• On October 16, the 9th day, the arrival altitude: 2450m

I wake up with the sunrise but I stay in my bag, hoping the arrival of the sun as it blows a cold wind outside. It seems that it will never come to the camp instead. I finally go to start the fire and prepare breakfast. I get turbid water in the Gori Ganga.

The water is really cold. Fortunately, the sun has come and I dry myself with delight on the burning sand. We enjoy the spectacular sight of these gigantic mountains licked by the sun, these corridors dug by the hand of man since immemorial times. Everything seems simultaneously massive and domesticated here, created by giants. We find here and there delicious raspberries that bring us vitamins that we lacked since several days.

We don’t leave before about 10:40, our record: we are close to Boudiyar where we will stop for the next night. We walk to a lighter step and jump from stone to stone rather than stumble over them. Is it because habit taken on chaotic paths or lightweight bags?

We reach Boudiyar by browsing 3 km an hour. A few drops of rain begin to fall when we find our favorite restaurant. We also find our bag. We will give much of the food because these provisions are useless in Munsyari and more in France!

Sylvie invents the world’s smallest pocket Rumikub by cutting squares of paper from her notebook. We will spend very good afternoons’ ends with this game!

We reach the kitchen just after two Rumi parties to warm the fireside. We are not the first.We spend a great evening with the mule owners with a meal of rice, vegetables (sibzi for Turkish sebze surely!) and dal with a very little local alcohol to avoid headache. The atmosphere is cozy. We are lulled by the gentle and joyful conversations that we do not understand a word. When I wake up, I stagger, and this time, it’s not caused by forced marches.

On October 17, the 10th day, arrival altitude: 1699m

The alarm rings at 6: 00 but it’s a good half hour that we were awakened by mule owners commanding loudly their animals. We start at 8h under a perfectly blue sky but it will take a long time to be warmed by the first rays of the sun.

Sylvie falls at the third running hour. Tired, she did not see that there was a vacuum along the path overlooking the ground of more than one meter. She falls into the loose soil and is more scared than hurt. She could kill herself. This is the second fall in the trek.

Shortly after, we see beautiful white gray monkeys clinging to the mountain wall. This is not a mirage, we really join the tropic regions. We decide to stop for lunch in their company, near a hut where a grumbling boy serves us tchai. We meet the second tourists group from the beginning of the trek, three Anglo-Saxon women accompanied by their guide. We will see their carriers following with a heavy caravan of mules. (We also met a couple to go traveling our way up to Martoli). We are far from the valley of Kumbu’s congestions of trekkers!

We arrive at about 15: 30 to Milam government guesthouse which is already closed for winter. An inhabitant offers us a nice room (285Rs) and food. We sleep well but are awakened by repeated blows in the door at 2am. No voice. I dreamed? I imagine a thief trying to enter into our room. Then footsteps spread on the roof. This is surely a monkey or a (very) large rodent. Sylvie, courageous, finally sent a furious blow with a stick in the ceiling. The individual flees without asking for his rest.

• On October 18, the 11th day, the arrival altitude: 2157m

Breakfast consists of delicious potato chips with chapattis and tchai. It cost us 250Rs for dinner and breakfast.

The last part of our journey consists as usual of steep ascents and descents which make pester Sylvie. We ask people we meet near a bridge, from which the deviation starts towards Darkot. All show a narrow path, impassable with mules. At some places, It is necessary to undo bags and use our hands. We will never understand where begins and ends officially the Milam path!

We are overtaken by a group of men. They seem to wait for us on an overhang. We imagine that we will need the complete day to reach Munsyari because we do not see the end of this steep path and we are not heading to Darkot, according to the GPS.

The group does not wait for us. They wait for a vehicle! We come on a rough track. We believe that we may have arrived at a place where jeeps can pass. An old lady with her daughter also seems to wait. We sit shortly before seeing a jeep loaded with many packages and an iron sedan chair on the roof rack.

The men take the parcels from the jeep. Among them, I see bottles of whiskey. The evenings are long in winter. We imagine that the sedan chair will serve to take down to the valley the old woman. This possibility suit us well because everyone could not enter in the jeep! But men seem to reject the option of sedan chair and begin to link pieces of bamboo. Grandmother will go down on a bamboo chair! The driver tells that he will take us to Munsyari. We load the bags on the roof after the sedan chair was relocated there.

The group takes from the jeep a last heavy package they install with difficulty in the bamboos. They say it is a « mantar ». We understand that this is a votive stone they want to take down into the valley. The grandmother will have both feet to follow!

Unfortunately, we do not have time to see our crew moving off as our driver has other races in perspective.

Here ends our trek to the valley of Milam.

We skim campaign to pick up passengers before joining Munsyari

Munsyari seems very noisy after the quietness of the mountain. After lunch at our Pandey Lodge hotel, we look for solutions to reach Almora, a small famous resort town in the foothills of the Himalayas between Munsyari and Haldwani.

The son of the boss find a jeep for us (350Rs * 2) in the evening. The hotel is not heated and we take our dinner in the cold, condemning the gate so that it does not open with the air currents caused by the icy wind. The Chicken curry warms us a little bit.

• October 19,

The alarm rings at 5: 30. Our bags are ready. We take our breakfast at 5: 50, only with toast and tchai because of the early hour. The taxi takes us to 6:20. We travel with a young Indian couple on holiday. They are editors in Mumbai and have abandoned their work to visit India as they have enough resources. This is the emerging indian middle class!

There are not enough travelers to pick up on the road and the driver must stop halfway for us to take another taxi. It becomes a habit! We have time and we enjoy fully the bucolic scenery during the pause imposed by the waiting. Everything is quiet and charming after the immense mineral of Nanda Devi range. Nanda Devi always follows us in our descent. We arrived around 15h in Almora. The jeep drop us because it continues further, probably to Haldwani. We pay 700Rs agreed with the first driver.

We go to the uptown as we were advised to find a hotel. We find a very nice one in the Lala Bazar (Ban Sal Hotel 500Rs 29 ° 35’56 .36 « N – 79 ° 39’34 .80 » E). In this district, the worlds of Islam and Hinduism are forced to live side by side. The marriage is not a love one apparently: when I salute an imam in his mosque by joining my hands on the chest as it is customary in India, he greets me with a very dry tone.

We only tame the city when we find a bar. It is tucked away in a side street. Only men are walking in these places and the owner of the hotel asks me to go there alone. He is unfamiliar with the character of Sylvie who goes with determination with me! (375ml of McDowell Indian 220Rs, very nice, a bit sweeter than Scotch whiskies)

• On October 20

We quickly make our last laundry. We head with GPS in the direction of the Nanda Devi hidden by the hill overlooking the city. We would like to say goodbye before joining the dreary plain. We take streets and tracks that lead us directly into a park where Nanda Devi discovers his massives floating in the sky through the pine forest. We must cross a fence with barbed wire surrounding a military place to raise enough. (29 ° 37’13 .85 « N – 79 ° 40’39 .80 » E). On this promontory, the view is superb. It is a tribute as it has to be to this mountain that made us suffer a few and dream so much.

After a lunch of momos, we go to the bus stand, fortunately close to the hotel. A bus leaves Delhi every morning at 7:00. We are happy to make the journey in one shot.

We visit this lovely and colorful town where the monkeys took their neighborhoods. We buy two indian outfits for Sylvie, a tablet for chapattis (90Rs) for exotic meals in Thimécourt and a cheap pair of sneakers (200Rs) for me but as we discover in France, both feet are the same!

• On October 21

The alarm rings at 5: 30 and the owner brings us breakfast in our room at 5: 50. What kindness!

When we arrive at the bus stand at 6: 20 bus has not yet arrived. Here’s one that comes at 6: 30 and as I ask the driver if it goes to Delhi, he looks at me like I was a Martian and shows me the sign on the windscreen, written in Hindi. « Obviously, it goes to Delhi!

The journey (331Rs * 2) is very long, especially on the first part of the journey. The kilometers indicated by the GPS are also bird km but this time not because of the numerous deviations but because of traffic jams. The bus rubs with handcarts as well as donkeys and pedestrians. It will just take 12 hours for the 330km to the station of Ghaziabad. The train does not go much faster but it is a much better way for legs to travel when it is not crowded.

The metro would allow us to go to Pahar Ganj but we prefer rickshaw (200Rs) to get some air.

A reel brings us into a decent hotel (600Rs). We find the famous kingfisher and fries in Main Bazar bars. Civilization is not so bad.

In Main Bazar, enter the first bar from NDRS to the left rather than in the second a little further on the right. The staff is nicer, better food and cheaper beer!

• October 22

This time we are woke up at 5am by incantations and ringing of bells from a nearby Hindu temple. Religions are at joy in expressing their rites and Hinduism beats Islam by their durations!

We are looking for a restaurant at 8am for breakfast. We waste our time. The neighborhood is still asleep, as if he had a hangover. We are far from mountains where life begins with and sometimes before sunrise. We head to a small eatery just steps from the hotel. The owner is very welcoming. He works with his father and his son. 4 buttered toast and tchai to 20RS for 7RS.

Sylvie doesn’t want to return to the Friday mosque because she received a stone the last time from a welcoming muslim. She has also to wear a hot synthetic djellabah. But the Friday Mosque is the most beautiful in the world with its white marbles and red sandstones. The brightness is also much better at the end of October. I propose, however, to Sylvie to organize ourselves another visit to complete our last day in India. A museum? Another monument? She cannot find anything to do and, finally, we left for the mosque. Ticket is now prohibitive (300Rs today for 100RS last year, free in 2000). But when you love it doesn’t count! Finally, as she is dressed with Indian clothes, the guards let her enter with no disguise!

We will then go shopping: a silver ring with a beautiful amethyst for Sylvie, jeans and a tea shirt for me. We find my usual patchouli supplier to whom we order his largest bottle (400Rs)

We take a great butter chicken for dinner (first bar) watered with abundant beer.


Trek de la vallée de Milam – Sur la piste du Nanda Devi

octobre 2012

  Lonely Planet affirme que ce trek est difficile. Lorsqu’on étudie les cartes et la topographie, on peut s’en étonner: les dénivelés moyens sont peu importants ainsi que l’altitude maximum (4000m environ). En effet, beaucoup de ballades en montagne nous amènent à des altitudes supérieures à 5000m. Comme nous le verrons, LP ne se trompe pourtant pas. Ce trek de six jours au minimum et auquel nous avons consacré le double de temps devient parfois un véritable enfer: pistes effondrées et déviées, roches en équilibre instable et tapis de pierres disjointes auxquelles on essaie de préférer les bas côtés, lorsqu’il y en a, pour éviter de se tordre les chevilles…

Notre objectif: Il est d’approcher au plus près ce monstre qu’est le Nanda Devi, montagne sacrée de 7811 m en rejoignant un de ses camps de base à l’est de son sommet. Un objectif annexe est de traverser le glacier de Milam par sa rive gauche avant de retourner dans la basse vallée.

Contexte: Voyager léger pour être flexible est notre devise pour ce type de voyage. Eviter le poids de bagages excessifs tout en assurant un minimum d’autonomie pour être en plein au centre des évènements, quitte à prendre des risques. La période privilégiée est l’automne suivant la mousson d’été particulièrement longue et abondante cette année 2012 (on faisait état de glissements de terrains dus aux inondations dans la plaine à la mi septembre). Le mois d’octobre est aussi le mois des migrations des habitants de la haute vallée. Comme plus aucune activité pastorale n’est alors possible et puisque la route commerciale passant par Milam a été abandonnée en 1962, la haute vallée se vide de  ses habitants pour les six mois d’hiver. Beaucoup de villages sont ainsi temporairement totalement abandonnés.

Préparation: ce trek est dans nos têtes depuis plusieurs années car la plage de temps où il est rendu possible avec un temps suffisamment dégagé est très étroite, de fin septembre à fin octobre. Nous avons utilisé Google Earth, Lonely Planet et le forum de Lonely Planet, très utile.  Nous n’avons pas trouvé de carte valable sur Paris car cette région est pratiquement inconnue. La précision des photos satellite nous a paru suffisante pour créer un itinéraire balisé à l’aide du GPS. Comme nous le verrons, cette préparation s’est avérée  incertaine du fait d’éboulements récents ayant modifié les implantations du chemin sur parfois plusieurs kilomètres. Il faut enregistrer chaque jour le trajet afin de conserver les distances journalières parcourues. Cela n’a pas été fait cette fois-ci. Cette année, nous n’avons pas accompli de préparation physique particulière en dehors du jogging, de la marche et de la natation. Nous sommes en bonne condition physique avant de partir. Sylvie est un peu fatiguée.

Sac à dos: les poids initiaux sont de 16 et 14 kg comprenant en particulier une tente 2 place de 1.5kg, deux sacs de couchage -9°C soi disant « confort » de 1.5kg chacun et des vivres pour 5 jours au moins incluant jambon séché, semoule, saucisson, comté, chocolat, café soluble, fruits séchés pour 4 kg. Ils sont trop lourds. Il nous faudra réduire leurs poids pour les prochaines expéditions.

Accès à la Vallée de Milam: La première partie à a été effectuée avec Air India de Paris à Delhi 22:30 – 9:30. Les vols avec cette compagnie sont toujours agréables et ponctuels pour l’instant, avec des tarifs compétitifs. Que demander de plus? Le train au départ de Old Delhi à 16 :00 est une bonne alternative pour éviter le bus de nuit partant de Ghaziabad le soir vers 22 :30. Arrêt après 7h de trajet à Haldwani où se trouve la gare de bus et de jeeps. Les jeeps sont un mode assez flexible pour se rendre à Munsyari à partir de Haldwani. Il ne semble pas possible de s’y rendre directement. Un ou deux changements sur la route sont sûrement nécessaires. Sans perdre beaucoup de temps, nous avons mis 38h pour atteindre Munsyari à partir de Paris.

Le voyage et le trek au jour le jour

  • Le 6 octobre:

Nous avons beau avoir l’habitude de circuler dans cette mégapole, nous nous faisons toujours dépasser par les évènements. Ainsi, c’est dans la bouche d’accès au nouveau métro que nous apprenons qu’il est fermé pour maintenance. Il le sera aussi à notre retour, plus de 2 semaines après. C’est étonnant de voir un si récent ouvrage paralysé de cette manière. Nous arrivons à New Delhi Railway Station vers 11h pour acheter des billets de train ND – Haldwani. En effet, il existe un bureau spécial à NDRS pour les touristes et des billets sont délivrés sur des quotas spécifiques. Nous savons qu’un train part à 16:00 mais la réservation en France sur le site internet est rendue impossible du fait qu’il faut donner un n° de téléphone indien! En arrivant, on nous dit que le bureau a été déplacé sur Connaught Square et nous le croyons bêtement. Il faut dire que nous essuyons la fatigue d’une nuit blanche. En réalité nous sommes emmenés dans une agence de tourisme. L’heure perdue nous empêchera de réserver nos places car le délai minimum est de 4 heures avant le départ du train. Il est bon par ailleurs de prévoir une attente d’au moins une heure car la file d’attente est longue. Nous changeons des euros dans Main Bazar Street afin de ne pas être coincé dans les villages de montagne où nos monnaies occidentales doivent faire l’effet de billets de Monopoly. Sauf si cela est vraiment nécessaire, il ne faut  jamais changer à l’aéroport car le change vous fera perdre 6% de la valeur. Nous filons à Old Delhi Railway Station en pensant prendre un bus de nuit (Ghaziabad) si nous n’arrivons pas à réserver directement nos places sur place. Là, nous achetons nos billets pour 136Rs/billet soit moins de 2€ pour 7 heures de train. Il y a un McDo à ODRS. Ce n’est pas que j’aime ce type de restau habituellement mais nous sommes trop heureux d’éviter la nourriture très épicée à laquelle il sera bien temps de s’y habituer par la suite.

Le train part à l’heure et nous sommes montés dans une voiture au hasard. Les contrôleurs sont bienveillants et nous laissent nous asseoir à des places numérotées auxquelles nous n’avions pas droit. Mais comment savoir où aller quand rien n’est indiqué? Heureusement, pour une fois le train n’est pas bondé. Nous devons quand même laisser 6 fois nos places à des voyageurs en règle. La nuit est tombée depuis longtemps sur la campagne chaude et humide. J’ai acheté un coca frais que nous mélangeons discrètement au Ballantine acheté au duty free pour arroser notre pique nique dînatoire. Nous ne sentons plus la fatigue du voyage. Nous sentons seulement que notre nouvelle aventure commence bien… Nous arrivons à Haldwani à 22:30 comme prévu. Nous sommes à la frontière de la plaine et des premières collines, contrefort des Himalaya. C’est probablement pourquoi la ligne de chemin de fer ne va pas plus loin. Le taxi nous conduit en quelques minutes à la gare des bus et des jeeps. Malgré l’heure tardive, nous sommes tout de suite abordés par des rabatteurs. L’un d’eux nous conduit vers le chauffeur d’une jeep qui part juste pour Munsyari. Des clients attendent déjà. Ils sont heureux de voir de nouveaux passagers car ils ne partiront que lorsque la voiture sera pleine. Nous ne tardons pas et nous nous engageons dans les premiers lacets sans voir grand chose. Serrés à quatre sur une des 2 banquettes arrière il nous sera impossible de dormir lors de cette seconde nuit du voyage.

  • le 7 octobre:

Nous sommes toujours en forme et de bonne humeur lorsque le soleil se lève et rosit la campagne tropicale que nous traversons. Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois pour prendre  un tchai réconfortant dans une échoppe au bord de la route. Nous somnolons lorsque la jeep s’arrête vers 8:30. Sommes nous déjà à Munsyari? Le chauffeur nous détrompe. Nous sommes à Thal à 70km de Munsyari. Pourtant, il n’ira pas plus loin. Il nous invite à monter dans une nouvelle jeep dont le chauffeur nous dit qu’elle part à 10h pour notre destination finale. Il nous fait payer sa part, 650Rs sur les 900 qu’il demandait au départ. A 10:00 aucun nouveau client ne s’est présenté. Je sens mal la situation. Nous avons vraiment besoin de nous poser. Je négocie avec lui le prix d’un départ immédiat. 1200Rs. Quel luxe! Nous voilà repartis, chacun couché sur sa banquette. Nous ne tardons pas à nous endormir, non sans mauvaise conscience en voyant les trois passagers entassés à côté du chauffeur…

 

L’air devient plus frais et nous voyons apparaître les premiers pics enneigés.  Nous arrivons vers 13:00. Nous cherchons un hôtel en arpentant le gros village qu’est Munsyari.  C’est pourtant à côté de la gare que nous trouverons le meilleur (350Rs) le Pandet Lodge avec une vue splendide su r le massif du Panchachuli de la grande baie vitrée de la chambre.             

Le patron nous apprend qu’il n’y a plus de demande de permis à effectuer à la gendarmerie. Une simple déclaration doit être faite.Nous l’effectuons à la caserne qui se situe à peu de centaines de mètres de l’hôtel après un déjeuner d’omelette de riz de coca et de thé en 5 minutes. Nous sommes pourtant un dimanche !

  • Le 8 octobre : 1er jour de Munsyari (2157m) à Lilam (1634m)

Le soleil se lève vers 6 :30 sur les massifs vierges de nuages. Une légère brume couvre les vallées et marque les premiers rayons du soleil. Nous avons préparé un paquetage d’affaires inutiles pour le trek que nous laisserons à l’hôtel pour ne pas alourdir inutilement nos sacs à dos. Après un petit déjeuner copieux nous partons à 8:00. Nous en profitons pour acheter une lampe de poche (80rs) car j’ai cassé la mienne pendant le voyage. Nous avons décidé de partir à pied de Munsyari car il n’y a que 4.5km jusqu’à l’entrée du chemin. Une petite marche supplémentaire pour éviter la recherche d’un transport et des attentes non maîtrisées… Les points sont scrupuleusement consignés dans le GPS et nous suivons notre itinéraire sans difficulté. Le chemin en descente croise souvent la route bitumée en lacet. Une femme nous arrête en nous disant que le chemin de Milam n’est pas dans la direction que nous prenons et qu’il est en surplomb. Nous ne la croyons pas car le GPS est formel dans ses indications. Ce doit être une conspiration pour nous faire prendre un guide!

Vers 13:00, je pars explorer les pentes en hauteurs car le chemin s’est réduit et ne se distingue que par intermittence. Nous sommes inquiets. Je ne trouve rien et je reviens fatigué. Après un pique nique rapide,  je tombe, emporté par le poids du sac auquel je ne suis pas encore habitué. Je m’en sors avec un œil au beurre noir qui ne me quittera pas du voyage. Le poignet gauche est aussi un peu douloureux mais rien n’est cassé.

Nous continuons jusqu’à nous heurter à un énorme cône d’éboulis sous lequel disparaît le chemin. Les blocs de pierres sont instables et trouvent leur source à des centaines de mètres au dessus de nous. Nous choisissons d’explorer la zone sans le sac car nous nous voyons mal rebrousser chemin. Rien n’indique un chemin en surplomb. La journée serait pratiquement perdue. La progression, même sans le sac, est mal aisée. J’ai laissé Sylvie et je me retrouve face à une paroi verticale de la montagne dans laquelle je retrouve le chemin creusé en galerie. De l’autre côté, un nouveau cône d’éboulis nous attend.

A mon retour nous décidons cependant de tenter notre chance. L’avance est lente et précautionneuse. Chaque pierre peut être un piège. Nous retrouvons le chemin vers 16h à deux km de  Lilam, bordé de quelques maisons habitées. Ce hameau est devenu un cul de sac et les habitants nous regardent, étonnés et compatissants.  Les montées sont de plus en plus raides mais nous sommes rassurés. Nous n’arrivons qu’à 17:30, épuisés et incapables même de pénétrer dans le village, nous nous installons dans la première auberge qui borde le chemin. L’eau coule à profusion du rocher et nos toilettes à l’eau glacée nous procurent un bien être réparateur. A noter que Sylvie sera victime d’une sangsue gourmande. Notre mésaventure est une sérieuse mise en garde : la préparation à distance, aussi précise soit elle ne peut pas remplacer la recherche d’informations locales avant de partir. Le propriétaire de l’auberge nous fait un bon diner de chapatis  omelette et tchai arrosé d’un peu d’alcool local. Nous nous couchons vers 19h. Nous calerons nos rythmes de vie dorénavant sur le lever et le coucher du soleil car il n’y a pas grand-chose à faire dans le noir et il faut profiter des premières heures du jour, toujours plus limpides. L’usage de sacs et tapis de couchage est pratiquement indispensable car le lit est un ensemble de planches. Nous dormons profondément.

  • Le 9 octobre 2ème jour de Lilam aux approches de Bodiar (2322m)

Après pratiquement 13 heures de sommeil, nos corps n’ont pas oublié les efforts insensés de la veille. Lorsque nous voulons nous lever, nos jambes refusent tout effort et nous titubons pendant plusieurs minutes avant de pouvoir nous déplacer et sortir de notre gourbi de chambre. Il faudra 2 jours encore à nos corps avant qu’ils ne s’habituent aux exigences du trek. Il est 8 :00. Le ciel est bleu, parsemé de nuages. Nous ne partons que vers 10 :00 après un petit déjeuner (tchai, omelette et chapatis) . Nous doublons le village de Milam assez rapidement. Si le GPS nous indique une petite promenade de 12 km, la vraie vie nous apprendra que le double environ doit être réellement effectué, dans des conditions difficiles. En effet, les éboulements fréquents dus au grand encaissement de la vallée continuent de détruire de grandes portions du chemin. Ils sont le plus souvent déviés par des montées et descentes brutales et grossières passant sur les parties encore stable de la montagne.

La notion de kilomètre d’oiseau voit ainsi le jour. Et nous voudrions être des oiseaux pour éviter les ascensions inutiles nécessitant parfois l’usage de nos mains pour nous hisser ! Le départ tardif et les déviations nous empêchent d’arriver avant la nuit à Boudiyar. La pluie menace et nous nous arrêtons en surplomb de la Gori Ganga dans un lieu un peu abrité du vent qui s’est levé et nous refroidit. Les premières gouttes font leur apparition quand nous avons fini de monter la tente dans une cavité de la paroi. J’ai juste le temps de descendre chercher 2 litres d’eau dans le torrent, nécessaires au repas et à un semblant de toilette.

Le bois n’a pas manqué pour le feu. La pluie a redoublé pendant le repas (semoule de saucisson et sucreries). Nous nous apercevons en nous couchant que les coutures de la tente ne sont plus étanches. L’eau perle à l’intérieur et le pantalon de Sylvie s’est transformé en serpillère. Les sacs et les chaussures sont protégés par leurs bâches à l’extérieur. La pluie, heureusement s’arrête vers 22h. Les boules Quies viennent à bout du grondement du torrent, du tonnerre et du clapotis de la pluie sur la tente.

  • Le 10 octobre 3ème jour, jusqu’à Bodiar (2450m)

On se lève à 8 :00. Le ciel s’est lavé de tous ses nuages pendant la nuit. Ce sera une journée de repos car nous sommes proches de Boudiyar. Nous prenons le temps de sécher les affaires au soleil et profiter du paysage.

Nous arrivons au village après une heure de marche. Nous allons directement à la caserne positionnée à son entrée. Nous sommes bien accueillis car on nous offre des sièges et de l’eau. La procédure semble peu mise en œuvre ou très récente car les militaires sont hésitants. Il faut dire aussi qu’il y a si peu d’étrangers sur le chemin : je relève sur le registre un passage par jour sur les dernières semaines. Nous sommes loin en tous cas des enregistrements obligatoires avec photocopie de passeports et confiscation annoncée des appareils photos (j’avais pris un appareil photo supplémentaire pour le cas où…) Il faudra enquêter pour savoir si les assouplissements réglementant le trekking touchent aussi le Sikkim car cette région nous est fermée aux dernières nouvelles (obligation de passer par une agence officielle, guide obligatoire donc nombreux porteurs etc.) Il n’y a qu’un hôtel ouvert à Boudiyar, rustique et cher (285Rs) mais le responsable du restau est très sympa. Nous passons l’après midi à nous dorer au soleil sur la pelouse. Nous faisons notre première lessive à l’eau du torrent.

La soirée est exquise avec les muletiers qui tentent de nous souler à l’alcool local. Je vide le fond de leur jerrican crasseux en fumant un divin bidi : il n’y aura pas de cuite mais une sacrée migraine dans la nuit ! (mon cœur bat très lentement bizarrement à 50 – 60)

  • Le 11 octobre 4ème jour, de Bodiar à Raikot (3128m)

Le réveil nous sort du lit à 6 :30. Cela fait bien longtemps que le trafic bruyant des muletiers a commencé sur le chemin séparant l’hôtel du restau. Nous laissons 4 kg de bagages à l’utilité limitée dont 500g de semoule et les livres. Nous espérons ainsi être un peu plus à l’aise dans les prochaines montées. Le gardien nous demande 300rs que nous négocions à 100Rs. Nous avons encore 5 jours d’autonomie, ce qui est plus que suffisant. IL est impératif pour gagner du poids d’être plus précis dans la confection des menus pour nos prochaines expéditions. Les muletiers nous proposent par l’intermédiaire du responsable du restau de prendre nos sacs pour les laisser à Rilkot pour 300Rs. Nous refusons. Nous verrons bien jusqu’où nous pouvons aller par nos propres moyens ! Il fait très beau temps et nous marchons beaucoup mieux. Nous ouvrons religieusement le jambon de Bayonne et le comté pour le déjeuner dans une auberge où nous commandons du tchai. Ils seront dégustés avec les 5 chapatis emportés de Boudiyar.

Nous passons par des gorges extraordinaires laissant place à un emplacement idéal pour camper (30°14’8.79″N –  80°12’57.04″E). Nous nous y arrêterons pour la nuit au retour si cela est possible.

L’environnement a changé, passant des de la végétation tropicale aux conifères et aux pâturages lorsque nous arrivons à Railkot vers 16h.

Railkot est abandonnée de la plupart de ses habitants, définitivement ou pour la période hivernale. Deux familles sur trois sont déjà descendues. Nous avons la chance de trouver une maison pour nous nourrir (riz dal légumes) et nous héberger dans le grenier avec un vieil indien et quelques grosses souris qui s’en prennent à nos sacs à dos. Coucher à 19h 19:30.

  • Le 12 octobre 5ème jour, de Raikot à Ganghar (3416m)

 

Nous nous réveillons naturellement à 5 :30. Nous sommes maintenant bien en phase avec le soleil. On ne veut pas trop nous servir de chapatis pour le petit déjeuner. Ce sera donc du Maggi. Il faut être adaptatifs ! On part à 7 :15 sans avoir pu faire un brin de toilette : il n’y a pas d’eau. Nous corisons une des nombreuses familles qui vont s’établir dans la basse vallée pendant l’hiver. Qui restera-t-il quand nous arriverons en haut ?

Le chemin est devenu excellent car la vallée s’élargie mais le ciel nous inquiète. Les nuages s’amoncèlent rapidement sur les massifs au nord. Nous croisons même un bulldozer ! C’est surprenant et il faut croire que les autorités locales veulent transformer la piste muletière en route carrossable ?

Le soleil ne suffit plus à nous réchauffer lorsque nous sommes à l’arrêt. Au niveau de Burphu vers 10 :30  nous déjeunons dans une petite auberge sympathique. C’est notre dernier point civilisé car nous allons nous séparer de la route principale passant sur la rive gauche de la Gori Ganga en restant sur sa rive droite pour rejoindre la vallée du glacier de Pachhu.

En partant, l’aubergiste nous poursuit car il a peur que nous nous soyons trompés !

On se perd un peu dans les champs mais nous arrivons à Ganghar face à Pachhu vers 15h après avoir traversé deux villages abandonnés aux maisons murées. Le mauvais temps sévit dans la basse vallée et le vent glacé nous transperce. Le village est totalement abandonné de ses habitants comme nous l‘avions prévu. Nous nous installons dans ce qui peut être qualifié  de place centrale (30°24’2.38″N –  80° 9’15.00″E). L’eau coule d’un robinet dans une petite fontaine. C’est bien pratique.

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Nous cherchons du bois pour le feu et nous installons le foyer dans un petit bâtiment de pierre pour nous abriter du vent. Le bois ne manque pas. Les charpentes écroulées nous fournissent des branches de bouleau bien sèches.

Nous partons ensuite en exploration pour trouver l’entrée du chemin qui doit nous conduire demain au camp de base du Nanda Devi. Nous le trouvons sans difficulté derrière un petit temple. C’est un soulagement car nous n’en avions trouvé aucun signe sur la photo satellite de Google Earth. Il neigeote quand nous allumons le feu vers 16h. Nous préparons un thé pour nous réchauffer.

La nuit sera froide et longue à n’en plus finir. Les deux sacs de couchages ont été liés ensemble. Mais le froid nous réveille régulièrement.

  • Le 13 octobre 6ème jour, de Ganghar au Camp de base du Nanda Devi (3954m)

Le soleil se lève vers 5 :30. Les parois de la tente sont tapissées d’une bonne couche de glace provenant de nos respirations. Il en tombe de fines particules que nous sentons sur nos visages. Le ciel est complètement dégagé et nous pouvons maintenant apercevoir un dôme du Nanda Devi se dressant comme une invitation. Je gratte la glace pour éviter qu’elle ne fonde bientôt avec la chaleur du soleil. Nous rallumons le feu pour le petit déjeuner (muesli et capuccino à gogo)

Nous ne partons qu’à 8 :25 car le rangement du paquetage a pris du temps. Le chemin de la rive droite que nous pouvions aussi théoriquement emprunter est plus direct mais nous semble plus dangereux à distance en passant dans des éboulis instables. Les montées de notre chemin sont fort raides mais bien marquées. Nous ne regrettons pas notre choix.

La neige apparaît sur le sentier. Les traces très précises d’un plantigrade y sont inscrites. Elles sont aussi larges que mon empreinte de chaussure et deux fois moins longues. Sylvie a peur et veut déjà redescendre. Nous avons un sentiment de fort isolement ici. Dans la bibliographie de la région, je n’ai retenu que la présence de léopards des neiges, peu visibles et en voie de disparition. Il semble que ce soit un bipède. Il ne devrait pas s’agir d’un ours car on ne voit pas de trace de griffes. Il s’agirait donc d’un enfant yéti ? Sylvie n’est pas plus rassurée mais nous continuons .

Pendant ce temps, les nuages s’agglutinent sur le massif du Nanda Devi. Nous arrivons à 12 :15 sur le plateau qui domine le glacier du Nanda Devi.

A sa limite, une traînée d’avalanche a creusé de profonds sillons difficilement franchissables avec nos sacs à dos. Nous décidons de ne pas aller plus loin. Nous sommes à 1 km d’oiseau du camp de base.

Nous installons la tente dans les derniers bosquets de rhododendron (30°23’28.78″N- 80° 7’1.81″E). Ce doit être magnifique au printemps. Le bois mort est abondant et nous n’avons pas de difficulté à en amasser suffisamment pour nous protéger du froid et pour la cuisine. Nous récupérons la neige à la cuillère pour la faire fondre car il n’y a pas de sources à cet endroit. La nuit sera difficile avec un équipement trop peu adapté au froid. J’ai 6 couches de vêtements superposées. Nous tentons de nous protéger avec les couvertures de survie  mais rien n’y fait, nous frissonnerons toute la nuit !

  • Le 14 octobre 7ème jour de NDBC à Burphu (3186m)

Le réveil vers 5:30 nous récompense de nos efforts : le Nanda Devi se découvre à nous dans un ciel pur au jour naissant. Il surgit d’abord par nuances de gris et de bleus foncés Puis ses dômes se dorent aux premiers rayons du soleil.  Enfin les masses resplendissent dans des contrastes de blancs, ors, bleus et noirs. Nous restons médusés devant ce spectacle tant attendu. Le petit déjeuner attendra ! Nous sommes récompensés au centuple des efforts des jours et des nuits précédentes.

Nous partons à 9h vers Ganghar. Nous avons décidé de ne pas continuer vers Pachhu puis le glacier de Milam car nous estimons avoir trop souffert du froid. Nous avons rempli pleinement notre objectif en campant au pied du Nanda devi. Nous aspirons à un minimum de confort pour nous remettre de l’épreuve. Nous ratons une étape d’aventure sur des pistes peut être effacées, la traversée du glacier peut-être impossible et de nouveaux spectacles certainement incomparables. C’est certainement ce que l’on appelle la sagesse. La révision de notre agenda nous permet une journée de repos à Almora. L’équipement est essentiel pour avancer correctement  à haute altitude. Nous le réviserons sans concession avant le prochain trek, probablement pour le camp de base du Makalu. Il faudra résoudre le paradoxe opposant le poids à la qualité. La vue est beaucoup plus dégagée que la veille et le Nanda Devis nous accompagne longtemps dans la descente.

L’arrivée vers 11 :25 nous permet de nous laver sur le site de l’ancien campement et de déjeuner tranquillement. Il nous reste toujours les précieux jambon de Bayonne, Comté et chocolat noir Aldi. Nous manquons un peu de pain. C’est une impression bizarre de se retrouver seuls au cœur de ce village abandonné, d’en être pour quelques heures les seuls habitants.

Nous choisissons la voie basse plutôt que la voie haute où nous nous étions un peu égarés à l’aller. Le chemin est clairement barré de quelques pierres qui nous indiquent une voie sans issue. Nous espérons pouvoir surmonter les difficultés car nous sommes plus légers que les convois de mulets. Tout va bien jusqu’au moment où la piste disparaît dans le vide. Nous décidons, malgré tout, de passer en défaisant nos sacs et en nous collant à la paroi. L’exercice est relativement périlleux : Sylvie s’engage mal à un certain moment et peine à faire machine arrière.

La corde est un élément très utile dans ce trek ! Nous arrivons à Burphu qui nous semble ville morte. Un camion s’est bizarrement écrasé dans le ravin alors qu’il n’y semble pas y avoir de route… Les militaires ont bien l’intention d’en faire une mais pour aller où ? Il n’y a plus rien de stratégique dans la région, à moins de rouvrir la frontière avec le Tibet et la Chine colonisatrice, ennemie irréductible, semble-t-il, des indiens.

Mais nous sommes vite pris en main par un des rares habitants qui nous conduit dans sa maison et son échoppe. Il nous propose une chambre très propre à 100Rs dans sa maison traditionnelle. Lila, son épouse est une fine cuisinière et tous les deux sont vraiment très accueillants. Ils compteront sur nous pour leur faire de la publicité, ce que nous ne manqueront pas de faire ! (leurs coordonnées : 30°22’2.29″N – 80°11’1.72″E ) Attention : comme dans de nombreuses guesthouses, il n’y a pas de blanquette, il est important de voyager avec un bon sac de couchage même sans l’intention de camper. Ils descendent à Munsyari pour les 6 mois d’hiver, le 10 novembre. Ils remonteront à Burphu en avril. C’est donc dans le courant de ce mois que l’on peut organiser un trek, bien avant les premières pluies de mousson. C’est bon à savoir !

  • Le 15 octobre 8ème jour, de Burphu au campement près de Bodiar (2653m)

Nous partons à 8 :15 après un petit déjeuner de roti (chapatis beurré) bien arrosés de tchai. Lila nous a préparé 4 chapattis pour le déjeuner sans qu’on lui demande. Nous rejoignons le torrent à l’extérieur du village pour faire notre toilette car l’eau est apportée par jerricans dans les maisons. La route redevient plus difficile à cause des montées et descentes intempestives contournant les fréquents éboulements par les hauteurs dans la vallée à nouveau très encaissée. En fait le chemin devient de plus en plus long et difficile avec le temps. Le chemin commercial multimillénaire de Milam se dégrade au fil du temps. Si la route militaire se construit, il n’y aura plus de problème mais la raison d’être du trek disparaîtra en même temps !

Nous déjeunons en finissant le jambon et le comté.

Le temps reste beau jusque 15 – 16h puis quelques gouttes de pluie annoncent le mauvais temps. La fatigue se fait bien sentir quand nous arrivons au Lieu Merveilleux. Sylvie veut continuer en arguant qu’elle se rappelle un gourbi à peu de distance. Je la suis à contre cœur. Nous y arrivons effectivement rapidement mais je ne trouve pas le lieu très agréable : il y a des rats, de nombreuses bouteilles d’alcool vides et une grosse hache posée par terre. Nous déposons nos sacs et Sylvie commence à installer les matelas sur les planches disjointes.  J’arrive avec difficulté à la convaincre qu’il faut retourner à l’emplacement de rêve repéré à l’aller pour notre dernière nuit sous la tente. (30°14’8.79″N – 80°12’57.04″E) Mais la nuit tombe vite et nous plantons la tente dans la pénombre. Je trouve du bois en abondance charrié par la Gori Ganga. Je construis le foyer dans un recoin pour ne pas être trop visibles car nous sommes fort à découvert et la hache m’a impressionné.

Il fait bien 10°c de plus qu’à Burphu ici. Si nous n’avons pas vraiment chaud, la chaleur du feu nous pénètre suffisamment pour un diner confortable. Nous nous couchons à 19 :30, écrasés et fascinés par la verticalité du lieu.

  • Le 16 octobre 9ème jour, jusqu’à Bodiar (2450m)

Je me réveille avec le lever du jour mais j’attends longtemps dans mon duvet en espérant l’arrivée du soleil car il souffle un vent froid dehors. Il semble qu’il ne parviendra jamais au lieu du campement. Je sors pour allumer le feu et préparer le petit déjeuner. Je vais chercher l’eau dans la Gori Ganga.

J’y fais ma toilette. L’eau est vraiment glacée. Heureusement le soleil est de la partie et je me sèche avec volupté sur le sable fin déjà chaud. Nous profitons du spectacle extraordinaire de ces montagnes gigantesques léchées par le soleil, de ces couloirs creusés par la main de l’homme en des temps immémoriaux. Tout semble en même temps gigantesque et domestiqué ici. Nous trouvons ça et là des framboises délicieuses qui nous apportent les vitamines dont nous manquions depuis plusieurs jours. Nous ne partons que vers 10:40 notre record. Nous sommes proches de Boudiyar où nous nous arrêterons pour la prochaine nuit. Nous marchons d’un pas plus léger et nous sautons de pierre en pierre plutôt que de buter dessus. Est-ce l’habitude prise des chemins chaotiques ou le poids des sacs déchargés au fur et à mesure des leurs réserves de nourriture ?

Nous parvenons à Boudiyar en parcourant 3 km en une heure (TGV= Trekkeur Grande Vitesse). Quelques gouttes d’une pluie naissante  commencent à tomber quand nous retrouvons notre restau préféré. Nous retrouvons aussi notre sac. Nous laisserons une bonne part de la nourriture sur place car il est inutile de redescendre ces provisions à Munsyari et plus encore en France ! Sylvie invente le Rumikub de poche le plus petit du monde en découpant des carrés de papiers de son carnet. Nous passerons de très bonnes fins d’après midi avec ce jeu !

Nous rejoignons la cuisine rapidement après deux parties de Rumi pour nous réchauffer au coin de feu. Nous ne sommes pas les premiers. Nous passons une très bonne soirée avec les muletiers devant un repas de riz, de légumes (sibzi sûrement du turc sebze !) et de dal arrosé d’alcool local bu avec relative parcimonie pour éviter le mal de crâne. L’ambiance est feutrée. Nous sommes bercés par les douces et joyeuses conversations dont nous ne comprenons pas un mot. Quand je me lève, je titube et, cette fois, les marches forcées de notre périple n’y sont pour rien.

  • Le 17 octobre 10ème jour, de Bodiar à Lilam (1699m)

Le réveil sonne à 6 :00 mais cela fait bien une demi heure que les muletiers nous ont réveillés en commandant bruyamment leurs bêtes. Nous partons vers 8h sous un ciel parfaitement bleu mais il faudra attendre longtemps avant d’être réchauffés par les premiers rayons du soleil.

Sylvie tombe à la troisième heure de marche. Fatiguée, elle n’a pas vu qu’il n’y a que le vide bordant le chemin, surplombant le sol de plus d’un mètre. Elle tombe dans la terre meuble et se fait plus peur que mal. Elle aurait pu se tuer. C’est la seconde chute du trek.

Nous voyons peu de temps après de beaux singes gris blanc accrochés à la paroi montagneuse. Ce n’est pas un mirage, nous avons bien rejoins la zone tropicale. Nous décidons de nous arrêter déjeuner en leur compagnie, à proximité d’une auberge où un garçon, peu aimable, nous sert du tchai en maugréant. Nous croisons les seconds touristes du voyage, trois femmes anglo-saxonnes accompagnées de leur guide. Nous verrons leurs porteurs suivre avec une lourde caravane de mulets. Nous avions aussi rencontré à l’aller un couple voyageant à notre manière à hauteur de Martoli.

Nous sommes bien loin de la vallée du Kumbu et ses embouteillages de trekkeurs ! Nous arrivons vers 15 :30 à Lilam où le guesthouse gouvernemental est déjà fermé pour l’hiver. Un habitant nous récupère pour nous proposer une belle chambre (285Rs) et le couvert. Nous dormons bien mais nous sommes réveillés par des coups répétés et inquiétants dans la porte. Pas de voix. Ai-je rêvé ? j’imagine un brigand tentant de rentrer dans notre chambre. Puis des bruits de pas se propagent sur le toit. Il s’agit sûrement d’un singe ou d’un (très) gros rongeur. Sylvie, courageuse, envoie finalement un furieux coup de bâton dans le plafond. L’individu se sauve sans demander son reste.

  • Le 18 octobre 11ème jour, de Lilam au point final du trek  30° 7’57.61″N –  80°14’46.58″E (1807m)

Le petit déjeuner se compose de pommes de terre délicieuses un peu frites, des chapattis et du tchai national. Il nous en coûte 250Rs pour le diner et le petit déjeuner.

La dernière partie de notre marche se compose comme d’habitude de montées et descentes abruptes qui font pester Sylvie. Nous interrogeons les personnes que nous croisons à proximité du pont à partir duquel nous pensons que démarre la déviation allant vers Darkot. Tous nous indiquent un chemin étroit, infranchissable par les mulets. Il faut pour nous hisser à certains endroits défaire les sacs et user de nos mains. Nous ne comprendrons jamais où commence et finit officiellement le chemin de Milam ! Nous nous faisons doubler par un groupe d’hommes. Ceux-ci semblent nous attendre sur un surplomb. Nous imaginons qu’il va falloir toute la journée pour rejoindre Munsyari car nous ne voyons pas le bout de ce chemin escarpé. Nous ne nous dirigeons pas vers Darkot selon le GPS qui ne sait pas se tromper. Le groupe ne nous attend pas. Il attend un véhicule. Nous débouchons sur une piste grossière. Nous pensons que nous sommes peut-être arrivés à un endroit où passent des jeeps. Une vieille dame avec sa fille semblent attendre également. Nous nous asseyons peu de temps avant de voir arriver une jeep chargée de colis nombreux et d’une chaise à porteur en fer forgé sur la galerie de toit.

Les hommes la descendent ainsi que les colis. Parmi eux, je vois des bouteilles de whisky. Les soirées sont longues en hiver. Nous imaginons que la chaise à porteur va servir à descendre la vieille femme. Cela nous arrangerait bien car tout le monde ne pourrait pas monter ! Les hommes semblent rejeter l’option de la chaise à porteur pour se mettre à lier des morceaux de bambou. La grand-mère descendra sur des bambous ! Nous attendons sagement. Le chauffeur nous fait comprendre qu’il va nous emmener  à Munsyari. Nous chargeons les sacs sur la galerie après que la chaise à porteur y a été réinstallée. Les hommes descendent un dernier colis très lourd qu’ils installent avec difficulté sur les bambous. Il s’agit d’un « mantar ». Nous comprenons que c’est une pierre votive qu’ils vont descendre dans la vallée. La grand-mère n’aura que ses deux pieds pour les suivre ! Nous n’avons pas le temps malheureusement de voir notre équipage partir car le chauffeur a d’autres courses en perspective. Ici s’achève pour nous le trek de la vallée de Milam. Nous écumons la campagne pour prendre des voyageurs avant de rejoindre Munsyari.

Munsyari paraît bien bruyante après le calme de la montagne. Après un déjeuner à notre hôtel Pandey Lodge, nous recherchons les moyens de rejoindre le lendemain Almora, petite ville de villégiature renommée dans les collines en contreforts des Himalaya.

Le fils du patron nous trouvera une jeep (350Rs*2) dans la soirée. L’hôtel n’est pas chauffé et nous prenons notre diner dans le froid, en condamnant la porte d’entrée pour qu’elle ne s’ouvre pas avec les courants d’air glacés provoqués par le vent. Le Chicken curry nous réchauffe.

  • Le 19 octobre

Le réveil sonne à 5 :30. Nos sacs sont déjà prêts. Nous prenons notre petit déjeuner à 5 :50, se résumant du fait de l’heure matinale à des toasts et du tchai. Le taxi nous prend vers 6:20. Nous voyageons avec un jeune couple d’indiens en vacances. Ils sont éditeurs à Bombay et ont abandonné leur travail pour visiter l’Inde tant qu’ils ont des ressources. Voilà la classe moyenne émergeante indienne.

Il n’y a pas grand monde sur la route et le chauffeur doit s’arrêter à mi chemin pour nous transvaser sur un autre taxi. Cela devient une habitude ! Nous avons le temps et nous goûtons pleinement au repos imposé par le trajet dans des décors magnifiques, de plus en plus bucoliques. Tout est calme et charmant après les immensités minérales du Nanda Devi. Il nous suit toujours, majestueux, dans notre descente. Nous arrivons vers 15h à Almora. La jeep nous dépose car elle continue plus loin, probablement vers Haldwani. Nous payons les 700Rs convenus avec le premier chauffeur.

Nous partons vers la ville haute comme on nous a conseillé pour trouver un hôtel. Nous en trouvons un très sympa dans le Lala Bazar (Hôtel Ban Sal 500Rs   29°35’56.36″N – 79°39’34.80″E). Dans le quartier les mondes de l’ islamisme et et de l’hindouisme se cotoient. Le mariage est plus de raison que d’amour apparemment : quand je salue dans sa mosquée un imam en joignant mes mains sur la poitrine comme il est d’usage en Inde, il me reprend sur un ton très sec. Nous domestiquons la ville en trouvant un débit de boissons. Il est bien caché dans une rue parallèle. Seuls les hommes se promènent dans ces endroits et le patron de l’hôtel m’a demandé de m’y rendre seul. C’est mal connaître Sylvie ! (375ml d’un McDowell indien à 220Rs, très agréable, un peu plus sucré que le whisky écossais)

  • Le 20 octobre

Nous faisons rapidement une dernière lessive que nous accrocherons sur la terrasse. Nous nous dirigeons avec le GPS vers le Nanda Devi caché par la colline qui surplombe la ville. Nous aimerions le saluer avant de rejoindre la morne plaine. Nous empruntons des routes qui nous conduisent directement dans un parc où il se découvre dans son massif au travers de la pinède. Il nous faut franchir une clôture de fils barbelés entourant un terrain militaire pour nous élever suffisamment. (29°37’13.85″N – 79°40’39.80″E). Sur ce promontoire, la vue est superbe. C’est un hommage comme il se doit à cette montagne qui nous a fait tant souffrir et rêver.

Après un déjeuner de momos, nous nous rendons à la gare, heureusement proche de l’hôtel. Un bus part pour Delhi tous les jours à 7:00. Nous sommes heureux de pouvoir faire le trajet d’un coup.

Nous visitons cette ville très agréable et colorée où les singes ont pris leurs quartiers. On achète deux tenues indiennes pour Sylvie, une tablette à chapattis (90Rs) pour les repas exotique de Thimécourt ainsi qu’une paire de baskets pas chère (200Rs) mais les deux pieds sont identiques !

  • Le 21 octobre

Le réveil sonne à 5 :30 et le patron nous apporte le petit déjeuner dans notre chambre à 5 :50. Quelle amabilité ! Quand nous arrivons au bus stand à 6 :20 le bus n’est pas encore arrivé. En voilà un qui arrive à 6 :30 et je demande au chauffeur s’il va à Delhi. Il me regarde comme ci j’étais un martien et m’indique l’écriteau en hindi « Evidemment qu’il va à Dehli ! » Le trajet (331Rs*2) est très long, surtout sur la première partie du trajet. Le reste de la route indiqué par le GPS sont aussi des km d’oiseau mais cette fois non pas à cause des nombreuses déviations et lacets mais à cause des embouteillages. Le bus cotoie les voitures à bras aussi bien que les ânes et les piétons.  Nous mettrons juste 12 heures pour parcourir 330km jusqu’à la gare de Ghaziabad. Le train ne va pas beaucoup plus vite mais c’est une bien meilleure façon de voyager tant qu’il n’est pas bondé. Le métro nous permettrait de nous rendre à Pahar Ganj mais nous lui préférons un ricksaw (200Rs) pour prendre un peu l’air. Un rabatteur nous amène dans un hôtel convenable à 600Rs. Nous retrouvons les kingfisher et les frites dans les bars de Main Bazar. La civilisation a du bon. Dans Main Bazar, rentrer dans le premier bar à partir de NDRS sur la gauche plutôt que dans le second un peu plus loin sur la droite. Le personnel y est plus sympa, la nourriture meilleure et la bière moins chère !

  • Le 22 octobre

Cette fois, nous sommes réveillés vers 5h par des incantations et des tintements de cloches émanant d’un temple hindouiste voisin. Les religions sont un vrai bonheur dans l’expression de leurs rites !  L’hindouisme bat l’islamisme par leurs durées ! Nous cherchons vers 8h un restau pour prendre le petit déjeuner. C’est peine perdue. Le quartier dort encore, comme s’il avait la gueule de bois. Nous sommes moins des montagnes où la vie commence avec et même avant  le lever du soleil. Nous nous rabattons dans une petite gargote à deux pas de l’hôtel. Le patron est très accueillant. Il travaille avec son père et avec son fils. 4 toasts beurrés pour 20Rs et tchai à 7Rs.

Sylvie ne veut plus retourner à la Cuma camii car elle a reçu une pierre la dernière fois. On l’oblige aussi à s’accoutrer dans une sorte de djellabah étouffante en tissu synthétique. Mais la mosquée du vendredi est la plus belle du monde avec ses marbres blancs et ses grés rouges. La luminosité est aussi bien meilleure en cette fin de mois d’octobre. Je propose cependant à Sylvie de nous organiser une autre visite pour remplir notre dernière journée en Inde. Un musée ? Un autre monument ? Elle ne trouve pas et nous voici repartis pour ce sanctuaire au ticket d’entrée prohibitif (300Rs aujourd’hui, 100Rs il y a encore un an. Mais quand on aime on ne compte pas). Pour finir et habillée en indienne, on la laissera passer sans déguisement ! Nous allons ensuite faire des emplettes : une bague en argent avec une belle améthyste pour Sylvie, un jean et un tea shirt pour moi. Nous retrouvons mon vendeur de patchouli à qui nous commandons le plus gros flacon possible (400Rs) Nous prenons un butter chicken extraordinaire au diner (premier bar) arrosé à la bière.