Du 8 au 27 octobre 2015

Sherpani pass vue de Kamepe ri

Avant-Propos:

Pour cette troisième exploration des vallées du Makalu, nous avions vu gros: Surplomber Shersong pour découvrir simultanément l’Everest et le Kanchenjunga, aller jusqu’au pied du Cho Polu, enfin vaincre un sommet de plus de 6000m pour admirer (de très près) le Barun Tse!

J’avais recruté un partenaire sur trekkingpartners.com  pour sécuriser la progression, toujours risquée en haute montagne. Mal m’en a pris puisque l’individu m’abandonna à Kongma, prétextant un sac trop lourd, des pieds endoloris et le mauvais temps! Il me faudra, à l’avenir, prêter plus d’attention à la sélection des candidats à l’aventure!

Il a donc fallu rabattre un peu mes ambitions mais le plus important a été effectué (mon premier 6000 en solitaire!). De  plus, l’extraordinaire vallée du Barun, pour la première fois, s’est découverte sous un superbe soleil d’automne.

Par chance, j’arriverai à me déplacer malgré la crise du pétrole qui secoue le Népal. Peu de jours après mon retour, les vols intérieurs seront annulés pour cause de pénurie… Après le tremblement de terre du 25 avril dernier, il faut que les népalais soient particulièrement sereins pour supporter avec autant de calme tous ces malheurs et toutes ces privations sans broncher!

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Les trekkeurs seront plus nombreux qu’en Mai 2014 sur les chemins du camp de base.  Après, ce sera la grande solitude, rompue par quelques corbeaux tentant de me voler ma maigre pitance. J’aurai tendance à sympathiser davantage avec les guides et les Sherpas qu’avec certains touristes fort exigeants et parfois même irascibles. Je suis de plus en plus opposé aux voyages organisés expédiant des gens sans effort en altitude et laissant dans la montagne des tas d’ordures comme souvenirs éternels de leurs passages (voir en annexe : La trekkeuse et ses porteurs).

Préparation:

Le même matériel est utilisé qu’en mai 2014. J’embarque cette fois-ci 4.5 kg de nourriture pour 6 jours prévus d’autonomie sur le glacier du Barun. Je suis chargé de 20 kg avec l’eau et l’essence (c’est trop, mon dos s’en ressentira).

Les routes sont inscrites à partir de Google Earth sur le GPS comme d’habitude. Le glacier du Barun a été mis sens dessus dessous, probablement par le tremblement de terre du 25 Avril, et, dans cet enfer d’éboulis et de crevasses béantes, mes prévisions de routes ne serviront pas à grand chose…

Situation:

situationSituation parcours Glacier Barun effectué

Accès et Budget:

Je voyage de nouveau avec Air India (620€, bon service). Il est facile de trouver moins cher mais les escales sont souvent fort longues… Au retour, nous arriverons avec plus d’une heure de retard à Delhi mais l’avion pour Paris nous attendra sagement. Yeti Airlines, comme les autres compagnies, a augmenté ses tarifs en 2015 (247€ AR). J’ai utilisé des jeeps privées pour le trajet Khandbari – Num (600Rs à l’aller, mais 3000Rs au retour) par crainte de pénurie de pétrole mais aussi pour le confort!

Sur place, au Népal, la dépense, tout compris et sans trop compter, a été de 500€ (avec 4 jours d’autonomie « gratuits »). Avec les vols domestiques et internationaux, la dépense totale s’élève à 1370€, incluant visa et accès au parc. Pour une telle aventure et lorsque l’on regarde les catalogues, cela reste vraiment très bon marché!

Il faut compter en moyenne 15 à 20€/jour pendant le trek lui-même, quand on ne consomme pas de bière (350 à 500Rs la bouteille, lui préférer le raksi local 😉

Agenda:

Agenda

Altitude à l’étape:

Altitude à l'étape

 

Altitude = f(Distance):

Altitude f distance

Dénivelé Total Quotidien:

Dénivelé Jour

Le Trek au Jour le Jour:

Jeudi 8 Octobre: de Num à Seduwa –

départ 11h35 – arrivée à 17h55 – altitude 1564m

Le voyage en jeep a été très confortable. Sur la route, les montagnes convoitées se découvrent déjà au loin. C’est un appel à l’aventure!002 seduwa

Ce n’est pas vraiment la grande forme pour ce premier jour qui n’est pas le plus facile. De Num, Seduwa paraît toujours fort proche, à la même altitude et juste séparée par la vallée de l’Arun. Juste: il ne faut pas oublier la descente de 750 m puis la montée de 820 m. Nous ne nous pressons pas et nous arriverons à la tombée de la nuit à Seduwa.

003 seduwa

Du 9 au 11 Octobre: Interruption dans la région de Seduwa, Robesha, Tashigaon

Voilà trois jours d’interruption pour mener à bien les audits nécessaires à l’avancement des projets en commun avec Friends of Nature. Grâce à Dawa, je découvre une cascade bien agréable pour prendre un bain à une petite demi-heure du village.

005 seduwa cascade

 

Lundi 12 Octobre: de Seduwa à Tashigaon

Lever 6h45, départ 8h40, arrivée 13h15, altitude 2200m

La marche est facile aujourd’hui. Il faut prendre garde de ne pas accrocher de sangsues, en marchant autant qu’il est possible sur les pierres du chemin. La seconde moisson de riz de l’année a commencé et l’activité bat son plein dans les champs.

J’en profite pour visiter l’école de Tashigaon, récemment équipée. L’accueil est chaleureux. Le temps s’est couvert dans la matinée mais nous évitons la pluie. Je m’installe dans le seul lodge ouvert.

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Mardi 13 Octobre: de Tashigaon à Kongma

Lever 6h, T intérieure 14°C, départ vers 8h, arrivée 15h30,  altitude 3614m

Le temps est beau en début de matinée et se couvrira fortement dans la montée pour terminer par un orage très violent en soirée avec grêlons et neige. Le climat tropical a brutalement laissé place à l’hiver.

Ce jour est probablement le plus difficile de tout le parcours avec l’ascension de 1450m qu’il impose. Le « partenaire » montre des signes de fatigue et de mauvaise humeur anormaux et alarmants. Le seul avantage de la situation est qu’elle est réversible. C’est comme cela que je me réconforte en me demandant comment j’arriverai à le traîner jusqu’au glacier du Barun…

Nous déjeunons à mi parcours dans un petit restaurant (N 27.642,  E 87.2152, 2939m) appartenant au fils aîné de la propriétaire du lodge de Kongma et ouvert pour la circonstance. C’est une affaire de famille sur toute la route jusqu’au camp de base…

Je repère l’embranchement probable du chemin pour la vallée d’Isuwa (Ishuwa)  sur la crête (N 27.647117° E  87.209821°). Ce peut être un futur trek. Il n’est pas dit que le chemin se poursuive très loin. La descente puis la progression en pleine jungle, si le chemin disparaît, me paraît compromettante.

Il pleuviote quand nous arrivons à Kongma où deux nouveaux lodges se sont construits depuis 2014. Je reste fidèle en m’installant dans le plus ancien.

Dans la soirée, alors que la neige commence à blanchir les alentours, un guide m’affirme que le mauvais temps durera une semaine encore car la pluie doit nettoyer la terre du sang des animaux sacrifiés pendant la fête hindoue du Dashain. C’est pratique. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le « partenaire » m’apprend qu’il m’abandonne à mon triste sort…

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Mercredi 14 Octobre Acclimatation à Kongma

La pluie a remplacé la neige dés le matin. J’avais envisagé de franchir les quatre cols pour arriver à Dobato dés aujourd’hui, en négligeant l’acclimatation, précaution pourtant nécessaire. Le mauvais temps me persuade qu’il vaut mieux rester à Kongma. Je passe une bonne partie de la journée au lit, sous 3 couches de blanquettes pour ne pas me refroidir.

Je rencontre deux jeunes trekkeurs allemands qui me reconnaissent. Ils ont organisé leur trek avec les renseignements de mon livre de bord de mai 2014 et reviennent du camp de base. Voilà une agréable surprise liée à la célébrité naissante de mon site! Ils espéraient aller jusqu’à Sherpani mais ils ont abandonné, sans accompagnement… Dommage que nous ne nous soyons pas croisés plus tôt.

Jeudi 15 Octobre: les quatre cols jusque Dobato

levé 6h15 – T intérieure 7°C – départ 7h20 – arrivée 13h30 – altitude 3900m

Comme j’ai l’habitude à Kongma et au-dessus, c’est une course perdue à l’avance avec les nuages. Le soleil commence à peine à donner que des brumes s’arrachent déjà des coteaux gorgés d’humidité. Celles-ci montent pour s’accumuler vers 4000m. Je pars avec le soleil et arrive à Kongma la à 8h. J’aperçois encore la chaîne de montagnes à l’Est, dominée par une couche de nuages de haute altitude. Parmi elles doit se cacher le Kanchenjunga (8586m et troisième sommet du monde). Il paraît qu’on le voit d’ici par temps dégagé. Les sommets coiffant la vallée d’Isuwa, sont quant à eux, totalement cachés.

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La vallée de Tashigaon à Num est toujours sous le clair soleil du matin. Elle me semble déjà bien loin.

Une pluie fine me rejoint vers le 3ème col (Shipton la, 4230m) qui se transforme bientôt en neige jusqu’à mon arrivée à Dobato. La marche est mille fois plus facile que l’année dernière car le chemin est libre de toute neige ou glace. Je fais cependant attention à chaque pas de ne pas glisser sur les pierres humides. J’attrape un léger mais persistant mal de tête, malgré l’acclimatation d’hier. Un cachet d’ibuprofène ne le supprime pas complètement. Je me force à manger sur la route en m’abritant sous le toit d’un bâtiment nouvellement construit.DSCF3163

La neige redouble à proximité de Dobato et je suis heureux de retrouver Pemba Sherpa qui m’accueille avec sa bonne humeur habituelle. Nous déjeunons ensemble d’un délicieux dalbath aux abats, arrosé de thé.DSCF3166DSCF3169

Vendredi 16 Octobre – Acclimatation forcée à Dobato

Vers 5h30 du matin, le crépitement sur le toit de tôles de la neige glacée me réveille. C’est plus qu’un mauvais présage. Je ne me précipite pas pour un départ aux aurores… Il neigera toute la journée et je commence à désespérer de la météo. Apparemment, le sang des sacrifices de Dashain ne se lave pas facilement. J’essaie de gérer ma journée pour que le temps ne s’écoule pas trop lentement. L’arrivée de trekkeurs, dans l’après-midi, me donne l’occasion de discussions animées. Six français arrivent de Yangle avec une armée de porteurs. Une trekkeuse m’apostrophe brutalement car elle trouve honteux d’utiliser les services d’enfants de 12 ans et portant des charges élevées (30 kg). J’ai beau essayer d’argumenter en lui disant qu’elle devrait faire pression sur son agence de voyage, que je n’y suis pour rien, que je suis moi-même simultanément guide, porteur, et trekkeur, rien n’y fait mais le temps passe et c’est le principal. Voir annexe « la Trekkeuse et ses Porteurs ».

Samedi 17 Octobre – de Dobato à Yangle kharka

levé 6h – T intérieure -1°C – départ 7h – arrivée 13h40 – Altitude 3620m

Comme pour me rassurer des doutes d’hier et me surprendre, il fait plein soleil ce matin! De quoi punir ceux qui ont renoncé trop rapidement à cause du mauvais temps et récompenser ma ténacité! J’ai laissé un peu de vivres à Pemba car je ne pourrai d’ores et déjà pas rester 6 jours sur le glacier du Barun. Il est inutile de me surcharger inutilement.


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La brume monte de l’Est, poussée par un vent glacial. Les éboulis bordant le Barun ont été un peu consolidés depuis mai 2014 et la progression se fait un peu plus aisément. A Yangle que je retrouve sous la brume, le jeune propriétaire me reconnait et je retrouve un couple d’espagnol rencontré à Seduwa. Ils reviennent du camp de base où ils ont eu beau temps. Cela me redonne confiance et courage. Encore une bonne soirée au coin du feu.DSCF3196

Dimanche 18 Octobre – de Yangle à Shersong

levé 5h45 – T intérieure +1°C – départ 7h – arrivée 15h06 – Altitude 4698m

C’est la troisième journée difficile du trek avec un dénivelé de plus de 1000m. J’estime que l’acclimatation double à Kongma et Dobato doit suffire.  Cette année, le lodge de Langmale est ouvert et permet un arrêt de sécurité pour les trekkeurs sans tente.

J’ai la surprise de découvrir la magnifique vallée du Barun sous le soleil. Les paysages sont grandioses, en même temps encore très verts mais bordés de falaises ocres et sombres, gigantesques. Plus loin se profilent les hautes montagnes enneigées que je dois rejoindre en deux petits jours maintenant.

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Un léger mal de tête m’accompagne sur toute la montée. Le vent d’Est reste glacial et le soleil peine à me réchauffer dés que je m’arrête pour souffler un peu.

Je n’ai croisé qu’une jeune maman et son bébé de toute la journée. Elle me demande où se trouve mon guide et mes porteurs. Quand je lui réponds que je suis seul, elle reste très dubitative. Cette situation lui semble totalement improbable. Elle me quitte avec ses doutes.DSCF3233

Je retrouve mon camp à Shersong et je plante ma tente dans le même enclos. L’ibuprofène supprime la migraine. La soupe au poulet mélangée aux grains de semoule est un régal.

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Camp de Shersong, bordé par les Pics 6 et 7

Il n’y a déjà plus personne ici. C’est l’orée du monde minéral.

Lundi 19 Octobre – de Shersong au Camp du Barun

levé 6h07 – T intérieure -4°C – départ 8h25 – arrivée 15h24 – altitude 5122m

Le grand beau temps persiste! Je peux profiter de la vue sur les pics 6 et 7  (6758m) d’un côté et le Makalu (8485m, cinquième sommet du monde) de l’autre.

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Le Makalu, 5ème sommet du monde – 8485m

Tout est couvert de givre. Il me faut beaucoup de temps pour démonter le campement, sécher le duvet et la tente. Le duvet sèche sur un muret de pierre. La tente restera mouillée au pliage.

Je pars donc fort tard mais j’arrive rapidement au camp de base, à 10h40. Le lodge de Pasang est cadenassé. J’apprends qu’elle s’est mariée cette année et est partie vivre à la frontière du Tibet. Je profite de la halte pour déjeuner d’une plâtrée de riz et de patates arrosée de thé dans le dernier lodge ouvert (700Rs!)DSCF3248

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emplacement du Sandy Camp, avalé par le glacier

Je m’engage ensuite sur le chemin de Sandy Camp. Tout va bien jusque 5000m. Je suis ensuite des cairns que je n’avais pas vus l’année dernière. Comme ils m’emmènent vers une sorte de plateau, je ne m’inquiète pas en pensant que j’ai peut-être trouvé une solution pour gravir la centaine de mètres séparant le glacier de la moraine où se situe Sandy Camp. Malheureusement, je dois constater que le chemin se termine sur des éboulis dangereux car totalement instables. Il est impossible d’y progresser, même lentement. Un bloc de granit qui lâche me blesse le tibia. Le GPS m’indique que je suis encore à 1.4 km de Sandy Camp. Je ne reconnais rien de la configuration de l’année dernière. Plus j’avance, moins j’arrive à deviner où se trouve Sandy Camp. A 14h30, il faut que j’accepte l’évidence: Sandy Camp a disparu. La moraine, avec tout le versant de la montagne a glissé dans le glacier. Lui même est méconnaissable. Il se compose d’immenses cratères, de monts de caillasses et de crevasses béantes.DSCF3263

Je continue de progresser dans les éboulis en pente et finis par apercevoir sur le glacier un petit promontoire à peu près horizontal. Je m’y achemine lentement. Cette plate forme de sable fin est craquelée de petites crevasses. Le sol est instable partout mais c’est bien là qu’il faut que je m’installe pour la nuit. Je n’ai pas d’autre option.

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Camp sur le Barun

 

 

Je dois retourner sur mes pas pour chercher  l’eau du dîner et du petit-déjeuner dans une crevasse. Quand je remonte, je chasse un corbeau qui a commencé à déchirer mon sac de provisions. Il était temps!  Il n’a pas eu le temps de les entamer. Mon nouveau campement est plus bas de 80m par rapport à Sandy Camp disparu. A la nuit tombante, je peux quand même apercevoir le sommet de l’Everest derrière le Lhotse.

Mardi 20 Octobre – Du camp du Barun au Camp de Base du Kamepe Ri

Levé 5h49 * T intérieure -6°C – départ 7h45 – Arrivée 12h40 – Altitude 5472m

La progression semble à première vue moins difficile que la veille. Il n’en est rien. Les amas d’éboulis restent très peu propices à la marche. Je tombe en me tordant la cheville droite. Une petite douleur apparaîtra ensuite dès la moindre torsion. Je suis rassuré d’avoir emporté une chevillère et des bandes de compression.DSCF3259

 

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Vers le glacier latéral de Sherpani

J’avais prévu d’aborder le glacier latéral de Sherpani par le bas, c’est à dire par le glacier du Barun plutôt que par le promontoire formé par la moraine. La destruction de la moraine de Sandy Camp  ne me laisse pas le choix: c’est devenu la seule voie possible. Je m’engage dans un goulot assez étroit par lequel s’écoule l’eau de fonte du glacier. Ici, rien ne tient, que ce soit les pierres au sol ou les parois de terre et de pierres creusées par le torrent.

J’ai aussi des difficultés pour reconnaître le camp de l’année dernière. Tout semble avoir été chamboulé, ici aussi. Avec moins de violence. Je trouve des empruntes de pas qui me confirment que des trekkeurs sont passés par ici récemment. On m’avait averti à plusieurs reprises que deux groupes avaient tenté de rejoindre Sherpani pass.

Je profite du soleil pour faire une petite lessive et me laver un peu. L’eau du petit torrent a tendance à dévier pendant l’après midi avec son débit croissant du fait de la hausse de température. Il vient envahir mon campement! Je construis une petite digue avec des pierres et de la terre pour qu’il reste dans son lit d’origine.  Ma cheville ne me fait plus mal.

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Coucher de soleil sur le Makalu, vu du Camp de Base du Kamepe Ri

La fermeture du double toit, qui fonctionnait déjà mal, dysfonctionne totalement. C’est peut-être du au sable fin? Je peste car c’est le pire endroit où cela pouvait se produire! Je répare en perçant le tissu et en cousant tout au long, une fermeture plus ou moins étanche avec ma corde au diamètre trop important. La réparation me permettra de conserver un peu de ma chaleur.

Mercredi 21 Octobre – Ascension du Kamepe Ri – 6132m

Levé 5h40 – T intérieure -9°C – départ 7h – arrivée au sommet 12h (N 27.864611°, E  87.017533°) retour CB 15h24

Ascension Kamepe ri

C’est le jour J. Tout les efforts qui précèdent ont été effectués pour vaincre ce sommet. Si les monstres qui nous entourent, Baruntse et Makalu sont inaccessibles, l’ascension, entamée l’année dernière jusque 5850m, semble, elle, faisable sans matériel particulier. Le camp de base est parfaitement placé et le temps, comme depuis plusieurs jours maintenant, est totalement dégagé.


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La progression commence par l’ascension d’une pente composée de blocs de granit plus ou moins cohérents. Elle est plus facile que le chemin pour accéder au camp de base. L’absence de sac à dos facilite aussi la tâche. La vue se dégage progressivement tout autour vers le Makalu et le glacier du Barun, vers les cols de Sherpani, les glaciers immaculés et les sommets qui se découvrent par derrière vers le Khumbu. La pente relativement douce me conduit jusqu’à 6050m environ. Je croyais qu’il s’agissait pratiquement de l’altitude sommitale, selon les indications de mon GPS. Cependant, je suis encore loin du sommet, composé d’un double pic oublié par Google Earth! Je commence à apercevoir la première pointe que je dépasse en la contournant. Elle en cache une seconde que je dois rejoindre par une crête délicate car il faut contourner des obstacles qui donnent dans le vide. 
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Le Baruntse et ses glaciers

Au sommet, je peux découvrir le Baruntse ainsi que ses glaciers et les massifs plus au Nord Ouest: le Cho Polu et le Lhotse principalement. L’Everest se devine, caché pour sa plus grande part par le Lhotse.
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Je déjeune au sommet et décide d’entamer la descente par un canal d’éboulis au Sud, qui me semble plus sûr que le chemin de la montée. Cette descente, composée de poussières et de graviers se poursuit par des blocs de plus en plus gros pour donner sur le glacier de Sherpani.

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J’installe mes crampons pour le plaisir de marcher sur la glace. En progressant, je trouve des traces de pas à la file indienne. Ces traces se dirigent vers Sherpani Pass et confirment qu’un groupe au moins s’est dirigé récemment vers ce col.

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Glacier de Sherpani

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En descendant, je découvre, au pied du glacier, un camp appelé « Swiss Camp ». L’endroit serait superbe s’il n’était les tas d’immondices laissés par les groupes organisés, qui ne respectent rien. Des vieilles tables métalliques, de nombreuses paires de chaussures éventrées copinent avec des réchauds, des sacs et des bouteilles de plastiques. Des trekkeurs autonomes, même sans conscience, ne pourraient pas laisser de tels souvenirs puisqu’ils ne seraient simplement pas capables de les porter jusque là! Voir Annexe « la trekkeuse et ses porteurs »

Je rentre de mauvaise humeur au camp.

Kamepe ri, en Scherpa signifie la montagne sans neige. Neige se dit ka en Sherpa en allongeant le A, comme en Turc kar (le R ne se prononçant pas, provoque un allongement naturel du A). L’étymologie est probablement commune. Ces petits détails de l’Histoire de l’Humanité me passionnent.

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C’est au tour du réchaud de me lâcher au cours de la préparation du dîner. J’ai beau nettoyer le gicleur et la canalisation d’arriver de pétrole, je n’arrive pas à le rallumer. C’est peut-être la pompe. La panne est brutale en tous cas et j’ai les mains noires de suie. Il n’y a pas même moyen de me laver: tout cour d’eau est gelé depuis longtemps. Ce dernier événement m’incite à renoncer à rester un jour de plus pour tenter de rejoindre Sherpani Pass. Je me contenterai de la belle victoire d’aujourd’hui. C’est ce qu’on doit appeler la Sagesse!

Jeudi 22 Octobre : du Camp de Base du Kamepe Ri au Camp de Base du Makalu

levé 6h06 – T intérieure 0°C extérieure -7°C – départ 9h05 arrivée 18h15 – Altitude 4844m

Plus que les ennuis matériels, le retour vers MBC me contrarie. Je sais que, quelque soit le chemin, il sera dangereux et épuisant. Comme je suis arrivé avec difficulté par la lisière du glacier, je choisis de revenir par un trajet plus central. Je commence le retour en suivant une série de cairns sur le glacier de Sherpani. Ceux-ci disparaissent dans le goulot rejoignant le glacier du Barun.

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Dans ce champ de bataille pour géants, il me faut parfois perdre plus d’une demi-heure pour éviter une crevasse se découvrant au dernier moment: il n’y a aucune visibilité d’ensemble. Je descends sur une rampe de glace pour gagner un peu de temps. Je tente aussi d’éviter les plus gros monticules et entonnoirs d’éboulis. Le temps passe et j’avance très lentement, environ 300 m/h rapportés à une ligne droite. Lorsque je parviens enfin à la limite aval du glacier, je continue en longeant la berge du torrent naissant en espérant ainsi rejoindre le camp de base sans tracas. Je m’aperçois que ce n’est pas la bonne solution car il faudrait suivre les longs détours formés par ses méandres. D’autre part, l’eau tumultueuse empêche souvent la progression sur la berge. Je décide donc de rejoindre le début du chemin, en surplomb, à l’aide du GPS.

Je n’ai pas encore rejoint le chemin quand la nuit commence à tomber. Heureusement, une demi-lune, déjà levée, suffit à éclairer chichement les obstacles à mon acrobatique progression. Je dois marcher encore plus d’une heure avant de retrouver le camp de base.

C’est un sentiment particulier que celui d’entendre de nouveau des voix au loin et de sentir la fumée du feu de bois. Je m’engouffre dans le seul lodge ouvert, épuisé par 9 heures de marches aléatoires et parsemées de chutes. Mon dos en gardera un souvenir douloureux pendant plusieurs semaines.

Je passe le reste de la soirée avec un couple de français, locataires d’une maison à Patan. Ils veulent rejoindre le Khumbu en passant par Sherpani avec leur guide. Bon courage!

Vendredi 23 Octobre – de MBC à Yangle kharka

Levé 7h – T intérieure -5°C – départ 7h45 – arrivée 15h

Il fait un temps superbe au camp de base. Le Makalu, majestueux, trône toujours si près de nous.DSCF3356

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Pic 7. On distingue probablement Isuwa la sur sa droite.

Le chemin ne présente plus aucune difficulté, surtout avec le sac allégé de 4 kg de nourriture. Le temps se couvre progressivement dans la matinée et la neige commence à tomber bien avant l’heure du déjeuner. Je ne peux plus mettre mes gants car mes doigts sont blessés et endoloris par les nombreux rattrapages sur les blocs de granit d’hier.

Je croise un cortège nombreux de japonnais montant vers le camp de base. Certains sont équipés de parapluies. Dans le brouillard et la neige, ce spectacle est fantasmagorique.

Je me force à m’arrêter et m’installe dans une baraque abandonnée pour me mettre à l’abris du vent et de la neige. Il n’y a pas âme qui vive ici. La nature s’est couverte d’un manteau blanc. En repartant, je peine à trouver le chemin de temps en temps. J’arrive enfin à Yangle kharka qui ressemble à une carte de Noël. Le lodge est cadenassé et je crains de devoir passer une nouvelle nuit sous la tente. Le propriétaire me fait signe de l’autre côté du Barun: il regroupe ses 13 yacks avec ses compagnons puis il me rejoindra. Je peux m’installer à l’étage, resté ouvert.

C’est moi qui le rejoins pour finir car il me refait signe. Dans une petite baraque en bois, une fête improvisée a commencé: Onze des yacks sont parqués. Deux se sont enfuis dans la jungle mais ils seront retrouvés. A chaque jour sa peine… Cela n’inquiète personne. Le troupeau est maintenant prêt à rejoindre Tashigaon pour l’hiver.

Mon verre de tchang ne tarit pas car mon hôte le remplit dés que le niveau baisse un peu. Je reprends aussi des forces avec un délicieux mélange de viandes et de riz. Puis vient le temps des danses pour accompagner la musique népalaise traditionnelle. Je m’écroulerai plusieurs fois lorsqu’il faudra rentrer au lodge et je ne me souviens plus comment j’ai franchi le petit pont de bois recouvert de neige glacée enjambant le Barun…

Samedi 24 Octobre – de Yangle à Dobato

Levé 6h15 – T intérieure -4°C – départ 8h10 – arrivée 16h45

C’est de nouveau sous un beau soleil que je continue la descente de la vallée du Barun. Le petit vent d’Est glacé recommence à souffler. Mon dos, quant à lui, me fait mal assez rapidement et je suis obligé de m’arrêter plus souvent pour le soulager. Je ne rencontre personne sur la route sauf deux trekkeurs montant vers le camp de base.

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Dans la grande et interminable montée pour atteindre Dobato, le temps se couvre rapidement et le lodge m’apparaît finalement dans un brouillard glacé. Un brouhaha animé s’en échappe. Il est rempli et déborde de porteurs, de guides et de quelques rares trekkeurs. Certains ont installé des tentes. Un couple d’allemands s’est installé dans le dortoir. Je tente d’investir un lit qui semble libre. L’homme sort de son duvet comme un ressort bandé qui se détend brutalement. Il me jette un regard assassin. Je lui demande s’il a un problème. Il ne daigne même pas m’adresser la parole! Son guide, fort gêné, arrive à sa rescousse. « Vous ne pouvez pas rester à cet endroit, il faut vous installer ailleurs » « tous les lits sont-ils occupés? » Pas de réponse. « S’il vous plait, installez-vous avec les porteurs ». Ce n’est pas que cela ne me plaise pas mais je refuse par principe. Je vide mon sac sur le lit pour bien montrer que je ne capitulerai pas devant une telle arrogance de la part de ces touristes et une telle soumission de la part des Népalais. Pour finir, ces derniers n’en sont pas mécontents et nous passerons une très bonne soirée ensemble. J’apprendrai le lendemain que ce couple déplaisant ne paiera même pas ses lits et laissera leur guide régler leur addition sur son propre salaire…

Dimanche 25 Octobre – De Dobato à Kongma

Levé 6h30 – T intérieure -1°C – départ 8h – arrivée 14h25

Le temps est mitigé ce matin, avec quelques coins de ciel bleu qui disparaîtront rapidement. Dés que j’arrive au premier des quatre cols, le brouillard m’enveloppe. Les dieux locaux me préservent de la pluie et de la neige. Je n’aurai jamais parcouru ces passages sous un temps clément. Une équipe d’italiens sympa s’est installée à Kongma avec sa propre cuisine. Cela limitera nos échanges.

La propriétaire du lodge téléphone à Num (Japanese Sherpa Lodge) pour me réserver une place en jeep privée pour le retour à Khandbari. En effet, la pénurie d’essence rendrait le trajet aléatoire en jeeps publiques.

Lundi 26 Octobre – de Kongma à Seduwa

Levé 6h06 – Départ 7h25 – Arrivée à Tashigaon 11h15 – Arrivée à Seduwa 16h45

C’est une longue journée de marche en descente dans un climat redevenu doux. Ma place de jeep est confirmée le soir pour le lendemain vers 13 heures.

Mardi 27 Octobre  – de Seduwa à Num

Levé 5h40 – départ 6h45 – arrivée 11h45

Fin du trek.

Annexe : La Trekkeuse et ses Porteurs

C’était à Dobato et il avait plu toute la journée. Ce genre de jours, le temps passe très lentement et il faut prendre son mal en patience. Il n’y a rien à faire que de grignoter le moins vite possible le seul bouquin embarqué… ou de se vider l’esprit en essayant de se réchauffer au plus près du foyer.

Quel temps fera-t-il demain? « Plus la pluie tombe, moins il en reste dans le ciel » dit l’optimiste. « Une grosse dépression a envahi le pays. Elle est bien accrochée à la chaîne de l’Himalaya » dit le pessimiste.  Si cela continue, les cols seront bientôt fermés! …

C’est de ce genre de torpeur que m’extrait une trekkeuse arrivant de Yangle Kharka. L’après-midi est à moitié avancée, comme coincée entre une matinée maussade et une soirée qui ne veut pas arriver. Je l’examine en détail: elle est trempée, les traits tirés et semble en colère. La montée vers Dobato est un supplice en temps normal et la pluie a du transformer chaque pierre en piège redoutable pour les chevilles. Je compatis par une petit sourire solidaire. Ma mimique est une invitation à la conversation.

Après s’être à peu près égouttée, elle se rapproche de moi d’un pas guerrier.

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vallée de Markha


Trek de la vallée de Markha

Du 27 juin au 8 juillet 2011

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Ce voyage en famille sur le haut plateau du Ladakh est une manière de découvrir deux  aspects paradoxaux de l’Inde, celle de la nouvelle classe moyenne s’embouteillant dans les cols au dessus de Manali pour accéder aux stations de ski, puis celle des familles vivant loin de tous les biens communs de consommation, dans un univers encore préservé de l’asphalte et des bruits mécaniques.   A trois, unis dans l’effort bien souvent, il s’agit de relever un défi : monter deux cols de 5000 et 5200 m avec la nourriture et le toit sur le dos…  Ainsi affranchis,  nous allons plonger dans des univers tantôt minéraux tantôt paradisiaques et toujours stupéfiants de beauté.

Localisation :


carte situationcarte détail

A peu de kilomètres au sud de Leh, Etat du Jammu et Cachemire.

Quelques objectifs :

effectuer un premier trek nécessitant une autonomie partielle en nourriture et couchage, se retrouver dans l’ambiance originelle d’une vallée de montagne. Tester les organismes en haute altitude et si possible battre le record (5545m ;-). Voir sur place la possibilité d’une ascension du mont Hemis (5650m) à partir des relevés  de niveaux sur Google Earth.

Préparatifs :

côté matériel, sacs chargé à 14, 12 et 8kg. La tente Jamet vieillissante pour Alexia et  Sylvie, une toile de tente qui tiendra avec les 2 bâtons de marche pour moi. Sacs de couchage réputés tenir à -19°C… Fruits secs, cappuccinos, saucissons, soupes, nouilles et paté pour 4 jours d’autonomie.

Le tracé du chemin est enregistré sans trop de difficulté sur Google Earth et rentré dans le GPS Garmin. Echanges sur Lonely Planet pour connaître les haltes avec et sans ravitaillement possibles. Seul Le trajet avant et après  Kongmaru la , la halte à Nimaling semblent poser problème. En fait, il n’en sera rien. Nimaling offre gite et couverts, au moins à cette saison.

Quelques points pratiques:

données et valeurs 2011

Pour arriver à Leh, le passage par Delhi est pratiquement incontournable. Prendre l’avion est la solution la plus simple et la plus rapide. Cette solution offre la possibilité d’y accéder bien avant l’ouverture des cols, un peu aléatoire, vers le 20 juin. Le bus ou mieux, un mixte train + bus permet le plein contact avec la population, l’acclimatation à l’altitude et la traversée de paysages spectaculaires. Le passage des cols à plus de 5000m sur la deuxième route la plus haute du monde est une épreuve pour beaucoup. Une grosse migraine est au menu.

Il est bien possible d’effectuer le trek en solo sans équipement spécial, en 7-8 jours. Il n’est pas requis de permis. Un seul droit d’entrée à l’entrée du parc doit être acquitté sur un forfait estimé de jours : 20Rs/j.personne.

L’usage d’un GPS est un luxe car le chemin est bien marqué, même dans les cols. Il pourrait y avoir une courte hésitation à l’embranchement d’une ou deux vallées mais il suffit de suivre le cours du torrent principal et le plus gros sentier.

Attention à l’eau notamment pour le passage du Kongmaru la. Il faut compter 2 heures de marche en descente pour trouver le premier point d’eau (voir agenda  Camp du Col)

Trois possibilités :

1-      Totalement pris en charge avec chevaux, porteurs, tentes, guide, nourriture. Le marché peut se faire dans Leh. Il y a force concurrence. Compter 55€/j.personne à deux 50€/j.personne  à trois par exemple (valeurs 2011)

2-      Indépendant avec arrêts dans les homestays sur le parcours. Bien vérifier leurs ouvertures aux points stratégiques (Nimaling en particulier) hors saison. L’office du tourisme à Leh est très compétent. Si le camp de Nimaling est fermé, cela fait une grosse étape une très  grosse étape entre  Hankar et Chogdo voir Sumdo. L’accueil dans les homestays est chaleureux la plupart du temps. Les coûts sont normalisés : 400Rs/personne pour le diner, un lit, un petit déjeuner correct et un piquenique honnête pour le midi. Attention, il est peut être difficile de déjeuner le midi dans les villages. Hygiène assez limite : la seule eau courante est à l’extérieur et bien souvent le torrent !

3-      Indépendant avec tente et nourriture pour le confort et s’arrêter de temps en temps dans des lieux surnaturels tout en profitant des homestays pour faire des rencontres. (assez peu de pratique de l’anglais). Compter 100Rs par tente.

Attention : peu à très peu de monde, trekkeurs ou villageois, croisés sur les chemins.

Les altitudes indiquées sont celles de Google Earth.

 agenda, relevés d’étapes et carte du parcours

arrivé à km j km cum alt
27-juin Jingchang  34° 6’5.85″N  77°24’39.22″E 14,62 14,62 3378
28-juin Yurutse  34° 2’37.19″N  77°24’24.39″E 9,05 23,67 4091
29-juin cb Ganda la  34° 2’45.99″N  77°22’35.42″E 3,03 26,7 4530
30-juin Shingo  34° 1’29.79″N  77°17’55.74″E 8,30 35 4055
01-juil Skiu  33°58’45.16″N  77°15’45.26″E 7,10 42,1 3346
02-juil Sara  33°55’40.35″N  77°21’16.15″E 11,64 53,74 3571
03-juil Markha  33°53’7.80″N  77°25’25.16″E 9,05 62,79 3767
04-juil Hankar  33°50’19.48″N  77°30’2.81″E 10,00 72,79 3976
05-juil camp du lac  33°48’24.23″N  77°33’33.95″E 7,87 80,66 4662
06-juil camp du col  33°48’26.10″N  77°37’45.63″E 9,95 90,61 4864
07-juil Sumdo  33°51’14.77″N  77°42’29.32″E 10,51 101,12 3672

 carte parcours

Journal de bord

Le 27 juin Spitok – Jingchang 3378m

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La route pour rejoindre l’entrée du chemin à Spitok contourne l’aéroport. Nous avons pris un taxi qui nous dépose au pont. C’est à cet endroit que l’on s’acquitte des taxes d’entrée dans le parc. Il faut déclarer un nombre de jours prévus. Le taxi nous propose de nous emmener vers Jingchang car une bonne piste est maintenant ouverte jusqu’à ce hameau. Ses tarifs sont prohibitifs et sans comparaison avec ceux qui sont appliqués dans la région. Nous préférons commencer par nos propres moyens plutôt que de nous faire arnaquer : nous avons le temps et nous restons conformes à notre projet.

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Le début est difficile parce que la piste est poussiéreuse et totalement exposée au soleil.  Nous nous faisons doubler par une petite équipe plus dynamique en traversant le plateau pour nous engager dans la première vallée.

Le reste de la journée est tout autant fatiguant parce qu’il faut nous habituer au nouveau rythme. L’altitude est déjà bien supérieure à celle de la plupart des treks à leurs commencements. Nous avons eu le temps de nous acclimater à Leh et nous n’en souffrons pas, au moins en apparence.

Alors que je suis assis en attendant les deux filles un peu à la traîne, une vieille dame vient vers moi et me fait comprendre que nous pouvons l’accompagner chez elle de l’autre côté du torrent. Il faut reconnaître que nous n’aurions pas déniché notre halte de Jingchang sans elle. Une belle bâtisse ladakhi pour reprendre des forces. Le diner est copieux, la chambre correcte. Les toilettes sont sèches. Il n’y a pas d’eau à l’intérieur de la maison. Le torrent s’impose pour la douche du soir! La cuisine et le séjour sont splendides avec une batterie de cuivres étincelants. Nous retrouverons ce modèle tout au long du chemin.

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Le 28 juin Jingchang – Yurutse 4091m

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Notre hôte nous remet sur le chemin après le petit déjeuner (toast œufs, thé au lait sucré). Le poids de nos sacs impose une progression lente. Le dénivelé sera rude aujourd’hui. La gorge dans laquelle nous nous enfonçons  nous offre plus d’ombre qu’hier.

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Nous déjeunons au niveau de Rumbak (34° 3’32.83″N ; 77°25’21.35″E) dans un petit restau installé sous une toile de parachute. Ces abris sont aussi normalisés que les prix. Les tâches circulaires blanches sur les photos satellites de Google Earth ne sont plus une énigme maintenant ! Les déjeuners seront la plupart du temps légers dans ces abris: petits paquets de pâtes chinoises et milktchai ou coca. Il y a aussi des biscuits et du chocolat pour Alexia !

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La montée continue se poursuit l’après midi et nous nous arrêtons sur un replats à côté du chemin  à 1 km de Yurutse pour tester le matériel de campement.

Les conditions sont spartiates, c’est le prix de la liberté.

Le 29 juin  Yurutse – second Camp de base de la Ganda la 4530m

Petite étape aujourd’hui pour s’acclimater tranquillement à l’altitude. La raréfaction de l’air commence à se fait sentir.

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Yurutse se compose d’une grande bâtisse convertie en homestay (34° 2’35.59″N ; 77°24’5.96″E). Les petits champs ordonnés en terrasses et la couleur verte presque fluorescente des plantes la mettent en valeur. C’est un paradis inattendu niché dans les montagnes arides. Nous y complétons le petit déjeuner avec des chapatis et du thé.

Nous déjeunons au premier camp de base (34° 2’47.29″N, 77°23’16.02″E ?). Il est possible d’y dormir apparemment.

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Le temps est gris aujourd’hui et quelques gouttes de pluies viennent nous refroidir de temps en temps dans l’après midi. La montée pratiquement continue se poursuit jusqu’au second camp de base. Nous découvrons les premiers pics enneigés dans les nuages et rencontrons nos premières marmottes. Le camp de base est composé de quelques tentes. Il doit être possible d’y dormir à la mode des homestays.  Dans l’une d’entre elles, nous nous restaurons. Nous nous installons sur une terrasse, un bon kilomètre au dessus du premier camp.

Le 30 juin  Camp de base de la Ganda la – Shingo 4055m

La montée semble ne jamais vouloir finir. Le temps reste majoritairement gris et nous ressentons le froid dés que nous nous arrêtons. La vue se découvre sur des pics secs et en dents de scie.

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Nous ne restons pas longtemps au col (34° 2’29.29″N ;77°21’44.71″E ;4975m) car le vent nous glace.

Le temps se découvre dans la descente. Shingo est le premier village après le col et nous nous y installons pour la nuit. Nous campons encore une fois bien qu’un homestay aurait pu nous ouvrir ses portes.

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 Le 1er juillet Shingo – Skiu 3346m

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La vallée se rétrécit pour donner sur la vallée de la Markha. A l’intersection se situe Skiu. On sent bien que d’ici peu, une route arrivera en provenance de Chilling sur la droite. Une pelleteuse a été débarquée, certainement par hélicoptère ? C’est toujours un mystère ces gros engins au milieu de nulle part. L’électricité encore incertaine est déjà là pour désenclaver la vallée.

L’état des troupes n’est pas très brillant et les filles envisageraient bien de tourner à droite, justement, pour éviter les prochaines ascensions. Il faut que je leur fasse croire que les montées sont encore plus raides de ce côté et aboutissent à un cul de sac pour qu’elles changent d’avis. Un pieu mensonge pour leur redonner du courage…

Nous restons dans un homestay à l’entrée de Skiu où nous avons reçu un accueil très chaleureux pour le déjeuner. La luminosité est particulière ici  avec l’alternance de gros nuages gris et de soleil blanc. Nous nous promenons dans les jardins alentour.

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Le 2 juillet Skiu – Sara 3571m

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C’est encore une petite étape pour ne pas provoquer les deux filles rapidement enclines à râler.

La vallée de la Markha est bien large.  La route est devenue moins pentue et nous profitons d’un temps plus clément à partir de Skiu. La vallée offre des paysages grandioses opposant le vert des champs et le gris des rocailles composant les versants des montagnes.  Les gens ici vivent simplement, avec un confort rudimentaire qui n’affecte pas leur bonheur de vivre, au moins en apparence. Il est vrai que nous sommes en plein été.

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A Sara, nous plantons la tente dans la propriété d’un homestay. Les propriétaires  en profitent pour se débarasser de leur gamin très curieux et turbulent. Il nous rejoint pour arracher les piquets de la tente. Nous frisons l’incident diplômatique avec les parents. Cool.

Toilette complète dans la Markha.

Le 3 juillet Sara- Markha 3767m

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Le chemin continue de monter tranquillement vers le plus gros bourg de la vallée s’il a donné son nom au torrent. Nous effectuons nos premiers passages à gué.  Rien que du bonheur pour les pieds.

Depuis que nous avons pris notre rythme, nos étapes sont pratiquement la moitié des étapes décrites dans les guides. Nous profitons à plein du temps qui passe, avec les gens ou simplement à contempler les paysages. Le temps revenu au beau fixe nous a remis définitivement de bonne humeur.

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Nous passons deux premiers homestays en lisière du village pour en chercher  un en ville. Il n’y en a pas. Nous n’en trouvons pas plus à la sortie. Nous sommes obligés de revenir sur nos pas. Nous plantons les tentes une nouvelle fois.

Nous faisons une rare rencontre avec des trekkeurs. Ils sont suisse australien et autrichien et nous sommes heureux de pouvoir échanger avec eux et passer une soirée bien sympa.

Le 4 juillet Markha – Hankar 3976m

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Nous partons avec un temps très couvert mais il s’éclaircit dans la journée. Dommage pour les photos de Markha. Nous passons deux fois à gué. Les versants des montagnes rejoignent de plus en plus le cours du torrent. Nous découvrons, par derrière, le cône d’un 6000  majestueux. Nous arrivons à Hankar pour déjeuner (riz et légumes pour 60Rs).

Lessive et toilettes dans la Markha l’après midi. Nous abandonnons la vallée demain. Ce sera aussi la dernière nuit sous la tente dans des conditions confortables de température.

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Le 5 juillet Hankar – Camp du lac 4662m

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Nous sommes partis tard ce matin à 9 :30 car je me suis aperçu que mon carnet de bord avait disparu.Nous cherchons dans la maison et dans le jardin. Je le retrouve finalement caché sous un bosquet par le gamin (5 ans !) de nos hôtes…, il faut décidément surveiller ces mioches aux allures si sympathiques  de premier abord.

L’ambiance change aujourd’hui avec la pente du chemin qui s’accentue. Finies les promenades champêtres. Il nous faut aborder les contreforts qui nous mèneront au Kongmaru la. La vraie épreuve commence…

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Nous nous arrêtons pour déjeuner au bord du torrent. Un troupeau de gorals dégringole de la montagne. On compte une cinquantaine de têtes. J’avais mal situé Nimaling sur GE et mon point hypothétique se révèle faux. A chaque fois que nous croisons un berger, nous lui demandons si nous sommes encore loin. Ils répondent invariablement 2 à 3 heures. Mais le temps passe et nous nous épuisons dans la montée. A 16 :30, nous nous rendons compte qu’il sera très difficile d’atteindre cette dernière halte avant le col.

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Nous trouvons un endroit extraordinaire pour passer la nuit, au bord d’un petit  lac et protégés du vent  par les murets d’un refuge probablement de berger. Il y a assez de bois pour faire la cuisine sommaire et se réchauffer un peu. Je trouve une source à l’amont  du lac. Nous assistons au coucher de soleil sur le Yang Yatse 6401m. Il semble à deux pas de nous.

Il n’était pas possible de trouver meilleur emplacement pour passer la nuit. Nous exploitons l’intégralité de notre équipement sans l’avoir vraiment prémédité. La peine des kilos portés jusqu’ici n’a pas été vaine. C’est un plaisir double.

Grandiose diner de pâtes soupe et pâté.

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Le 6 juillet Camp du lac – Camps du col 4864m

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Nous étions encore bien loin de Nimaling (33°47’11.45″N ; 77°35’38.80″E, c’est évident quand on y est passé!). Ce grand espace de prairies est agréable pour se reposer avant la grande montée en zigzag menant au Kangmaru la. Il est bien possible de s’y restaurer et d’y dormir sous des tentes installées au moins pour l’été. Les bergers ont l’air d’être installés ici une grosse partie de l’année.

Il faut être patient dans la montée, éviter de regarder plus loin que ses pieds pour éviter de déprimer. La respiration est difficile. Un rythme lent doit impérativement être trouvé pour ne pas s’essouffler. Les deux filles se transforment en tortues bougonnes. Elles s’arrêtent de plus en plus fréquemment. Le temps reste au beau mais je crains que les nuages ne viennent gâcher le panorama tout en haut. Je fais quelques aller retours pour décharger Alexia de son sac à dos.

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La victoire n’est pas mince quand on passe enfin les drapeaux de prières. Alexia s’est chopé une grosse migraine qui disparaîtra dans la descente.

Nous descendons rapidement de l’autre côté car le vent nous transperce. Il faut descendre longtemps avant de trouver un point d’eau où camper. Voilà encore un endroit fantastique où passer la soirée et la nuit. Le petit bois n’y manque pas.Nous ne sommes pas les premiers à nous y arrêter. Il est dommage que les droits d’entrée dans le parc ne soient pas utilisés pour un nettoyage de printemps même sommaire. La quantité de détritus, ici comme ailleurs, n’est pas très importante, mais visiblement là de longue date !

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Le 7 juillet Camp du Col – Sumdo 3672m

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Le temps est toujours très correct. Les deux filles se croient déjà arrivées au bout du périple. Elles sont enthousiastes à l’idée de dormir entre quatre murs ce soir, sur un matelas. La fatigue aidant, Sylvie glisse sur une pierre en traversant un gué, entraînée par son sac à dos. Elle s’abîme l’épaule.

Il n’est plus question de bifurquer sur la gauche après Chodgo pour aller tenter l’ascension du mont Hemis. Nous n’avons plus de nourriture et nous sommes trop fatigués. Une telle aventure pourrait se concevoir indépendamment d’une longue  marche préalable.

Les parois de la montagne sont parfois découpées en languettes dentées formant  des multitudes de scies parallèles. Nous traversons le village de Chodgo inutilement. Il ne semble pas y avoir de homestay ni de tea stall pour se restaurer.

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A Sumdo, nous retrouvons la civilisation mécanique après 10 jours d’un bénéfique sevrage. Un bus nous prend à 9:00 . Direction Leh, presque sans arrêt.

Annexes  Mémoires de voyageurs

Sortir de la ville.

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Delhi – Au petit matin les quais sont déjà bondés. On enjambe les corps, endormis pense-t-on. Dorment-ils ? Nous cherchons dans cet imbroglio notre chemin et nos sacs nous ralentissent. Rien n’est affiché et les gens ne comprennent pas vraiment ce que nous leur disons. Ils nous indiquent des plateformes aux chiffres inexistants.

Un quai plus probable que les autres pour finir. Ici les mauvaises odeurs sont pestilentielles car les gens font leurs besoins sur les voies. C’est l’Appel de la Terre: Tout le monde en même temps, sans pudeur. J’ai déjà vu ces rituels lors d’un précédent voyage mais les gens étaient dehors, dans leurs bidonvilles dégringolant sur les voies.

Nous nous invitons dans ce monde curieux de notre présence. Il n’est pas possible de poser nos sacs par terre. Car la fange les salirait inexorablement. Nous attendons au milieu de la foule. Le jour est maintenant bien levé.  Un train entre en gare lentement et les gens s’agglutinent  contre les voitures encore en marche. Ils essaient de rentrer par les fenêtres trop petites lorsqu’elles ne possèdent pas de barreaux. Quand ils ne peuvent pas entrer, ils posent leurs affaires sur les sièges pour réserver leurs places.

Nos sacs sont nos ennemis. Ils nous empêchent d’être assez fluides dans ses marées humaines sans cesse refluantes. Une porte enfin ouverte où tous ceux qui ne sont pas passés par les fenêtres s’engouffrent.  C’est bien parce que l’on a pitié de nous que nous trouvons finalement à nous asseoir.

Et puis les choses et les gens se tassent dans un semblant d’ordre, avec calme, avec résignation. Tout semble immobile, comme dans un équilibre précaire et tendu. La vie est redevenue presque vivable, non que les puanteurs aient disparu, pas plus d’ailleurs que cette chaleur humide qui colle les vêtements et les peaux à la peau.

Le train s’ébranle. Ce soubresaut donne un sens à nos efforts. Nous allons enfin sortir de la ville.

L’imposture de Mac Leod Ganj

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Nous en avions rêvé au point qu’il n’était pas envisageable d’organiser notre entrée dans les Himalaya sans passer par là : Dharamsala alias Mac Leod Ganj, la cité refuge des tibétains, la cella du bouddhisme, le centre du monde de la sagesse, le havre de la paix intérieure…

En fait d’imposture, tout a commencé quand notre bus s’est  englué dans un embouteillage inextricable de voitures montant, descendant et garées à l’approche de Dharamsala. Seuls les klaxons fonctionnaient, comme s’ils allaient pouvoir, à eux seuls, arranger la situation. Le chauffeur a trouvé la solution pour finir en nous faisant tous descendre pour faire demi tour. Nous avons fini notre route à pied, excellent entrainement pour les marches futures après tout. Bienvenue à Dharamsala !

Mais ce n’est qu’un commencement, un avant goût de notre séjour  dans ce paradis imaginaire. Dans la cohue et les enchevêtrements métalliques, nous avançons vers un guest house. La pluie s’est entre temps mise de la partie. L’hôtel est aussi plein que la rue. Reste une dernière chambre donnant sur la rue. Elle est propre, le personnel accueillant, la carte alléchante (c’est  un des lieux où nous mangerons le mieux du voyage). Nous décidons de rester et allons déjeuner.

C’est en rentrant dans la chambre pour une sieste bien méritée que nous comprenons notre malheur : la rue s’est décongestionnée : une cacophonie en tut majeur qui nous attend jusqu’à la nuit fort avancée.

La classe moyenne en Inde

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En ce moment, quand on parle de l’Inde en France, c’est bien souvent sous un angle purement économique. L’inde fait peur! Il s’agit d’un de ces fameux pays émergeants qui pourraient bientôt avoir voix au chapitre dans nos instances internationales. Ils nous volent notre travail. Ils travaillent pour une poignet de riz. Et Tata avec sa nouvelle voiture à 2000USD qui a osé racheter nos belles Jaguar. Et Mittal, le Grand Méchant Patron sans humanité qui joue avec nos belles usines comme au Monopoly. On va le virer, hein? Et patati, et patata.

Quand on tente de rejoindre Manali, au pied des montagnes de l’Himalaya, on s’affronte à l’ émergence économique de l’Inde par des aspects beaucoup plus prosaïques. 300 millions d’indiens sont entrés brutalement dans la classe moyenne. C’est-à-dire que ces gens ne travaillent plus seulement pour manger, se loger et s’habiller, survivre quoi! Ils accumulent assez d’argent pour accéder aux loisirs et aux besoins non vitaux plus généralement. A commencer par les vacances et par l’automobile. Ils font comme nous dorénavant. Ils font comme nous il y a cinquante ans et comme nous encore aujourd’hui. Mais ils sont beaucoup plus nombreux d’une part et d’autre part les infrastructures n’ont pas évolué.

Ils sortent donc des mégapoles en voitures particulières et forment d’énormes files continues pour aller en vacances. On dirait qu’ils se sont tous donné rendez vous à Manali. Il faut dire que l’air y est beaucoup plus frais que dans la plaine. Imaginez la neige à Delhi! imaginez un champs d’asperges sur Mars! Voir la neige, glisser sur la neige pour la première fois!

En attendant, les files se sont immobilisées sur de nombreuses dizaines de kilomètres, dans les deux sens. En effet la route est trop étroite pour se croiser et il y en a toujours pour tenter de doubler pour passer coûte que coûte. Ce n’est pas spécialement indien. Les indiens sont par contre plus fatalistes que les occidentaux. L’hindouisme veut cela. On peut donc voir deux files continues bloquées et des segments de files tout autant bloqués, à contre sens. Les gens restent toujours souriants. Ils rouleront sur des autoroutes dégagées dans leur prochain karma…  En attendant, ils nous prennent en photo avec leurs bébés pour constituer leurs albums. Nouveau hobby.

C’est de cette manière que nous battons notre record de lenteur en bus pour atteindre le Ladakh: 115 km en 12 heures, debout, 9.58km/heure.

L’avion ? C’est juste 100 fois plus rapide!

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