Category: Makalu



Du 8 au 27 octobre 2015

Sherpani pass vue de Kamepe ri

Avant-Propos:

Pour cette troisième exploration des vallées du Makalu, nous avions vu gros: Surplomber Shersong pour découvrir simultanément l’Everest et le Kanchenjunga, aller jusqu’au pied du Cho Polu, enfin vaincre un sommet de plus de 6000m pour admirer (de très près) le Barun Tse!

J’avais recruté un partenaire sur trekkingpartners.com  pour sécuriser la progression, toujours risquée en haute montagne. Mal m’en a pris puisque l’individu m’abandonna à Kongma, prétextant un sac trop lourd, des pieds endoloris et le mauvais temps! Il me faudra, à l’avenir, prêter plus d’attention à la sélection des candidats à l’aventure!

Il a donc fallu rabattre un peu mes ambitions mais le plus important a été effectué (mon premier 6000 en solitaire!). De  plus, l’extraordinaire vallée du Barun, pour la première fois, s’est découverte sous un superbe soleil d’automne.

Par chance, j’arriverai à me déplacer malgré la crise du pétrole qui secoue le Népal. Peu de jours après mon retour, les vols intérieurs seront annulés pour cause de pénurie… Après le tremblement de terre du 25 avril dernier, il faut que les népalais soient particulièrement sereins pour supporter avec autant de calme tous ces malheurs et toutes ces privations sans broncher!

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Les trekkeurs seront plus nombreux qu’en Mai 2014 sur les chemins du camp de base.  Après, ce sera la grande solitude, rompue par quelques corbeaux tentant de me voler ma maigre pitance. J’aurai tendance à sympathiser davantage avec les guides et les Sherpas qu’avec certains touristes fort exigeants et parfois même irascibles. Je suis de plus en plus opposé aux voyages organisés expédiant des gens sans effort en altitude et laissant dans la montagne des tas d’ordures comme souvenirs éternels de leurs passages (voir en annexe : La trekkeuse et ses porteurs).

Préparation:

Le même matériel est utilisé qu’en mai 2014. J’embarque cette fois-ci 4.5 kg de nourriture pour 6 jours prévus d’autonomie sur le glacier du Barun. Je suis chargé de 20 kg avec l’eau et l’essence (c’est trop, mon dos s’en ressentira).

Les routes sont inscrites à partir de Google Earth sur le GPS comme d’habitude. Le glacier du Barun a été mis sens dessus dessous, probablement par le tremblement de terre du 25 Avril, et, dans cet enfer d’éboulis et de crevasses béantes, mes prévisions de routes ne serviront pas à grand chose…

Situation:

situationSituation parcours Glacier Barun effectué

Accès et Budget:

Je voyage de nouveau avec Air India (620€, bon service). Il est facile de trouver moins cher mais les escales sont souvent fort longues… Au retour, nous arriverons avec plus d’une heure de retard à Delhi mais l’avion pour Paris nous attendra sagement. Yeti Airlines, comme les autres compagnies, a augmenté ses tarifs en 2015 (247€ AR). J’ai utilisé des jeeps privées pour le trajet Khandbari – Num (600Rs à l’aller, mais 3000Rs au retour) par crainte de pénurie de pétrole mais aussi pour le confort!

Sur place, au Népal, la dépense, tout compris et sans trop compter, a été de 500€ (avec 4 jours d’autonomie « gratuits »). Avec les vols domestiques et internationaux, la dépense totale s’élève à 1370€, incluant visa et accès au parc. Pour une telle aventure et lorsque l’on regarde les catalogues, cela reste vraiment très bon marché!

Il faut compter en moyenne 15 à 20€/jour pendant le trek lui-même, quand on ne consomme pas de bière (350 à 500Rs la bouteille, lui préférer le raksi local 😉

Agenda:

Agenda

Altitude à l’étape:

Altitude à l'étape

 

Altitude = f(Distance):

Altitude f distance

Dénivelé Total Quotidien:

Dénivelé Jour

Le Trek au Jour le Jour:

Jeudi 8 Octobre: de Num à Seduwa –

départ 11h35 – arrivée à 17h55 – altitude 1564m

Le voyage en jeep a été très confortable. Sur la route, les montagnes convoitées se découvrent déjà au loin. C’est un appel à l’aventure!002 seduwa

Ce n’est pas vraiment la grande forme pour ce premier jour qui n’est pas le plus facile. De Num, Seduwa paraît toujours fort proche, à la même altitude et juste séparée par la vallée de l’Arun. Juste: il ne faut pas oublier la descente de 750 m puis la montée de 820 m. Nous ne nous pressons pas et nous arriverons à la tombée de la nuit à Seduwa.

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Du 9 au 11 Octobre: Interruption dans la région de Seduwa, Robesha, Tashigaon

Voilà trois jours d’interruption pour mener à bien les audits nécessaires à l’avancement des projets en commun avec Friends of Nature. Grâce à Dawa, je découvre une cascade bien agréable pour prendre un bain à une petite demi-heure du village.

005 seduwa cascade

 

Lundi 12 Octobre: de Seduwa à Tashigaon

Lever 6h45, départ 8h40, arrivée 13h15, altitude 2200m

La marche est facile aujourd’hui. Il faut prendre garde de ne pas accrocher de sangsues, en marchant autant qu’il est possible sur les pierres du chemin. La seconde moisson de riz de l’année a commencé et l’activité bat son plein dans les champs.

J’en profite pour visiter l’école de Tashigaon, récemment équipée. L’accueil est chaleureux. Le temps s’est couvert dans la matinée mais nous évitons la pluie. Je m’installe dans le seul lodge ouvert.

006 Tashigaon

Mardi 13 Octobre: de Tashigaon à Kongma

Lever 6h, T intérieure 14°C, départ vers 8h, arrivée 15h30,  altitude 3614m

Le temps est beau en début de matinée et se couvrira fortement dans la montée pour terminer par un orage très violent en soirée avec grêlons et neige. Le climat tropical a brutalement laissé place à l’hiver.

Ce jour est probablement le plus difficile de tout le parcours avec l’ascension de 1450m qu’il impose. Le « partenaire » montre des signes de fatigue et de mauvaise humeur anormaux et alarmants. Le seul avantage de la situation est qu’elle est réversible. C’est comme cela que je me réconforte en me demandant comment j’arriverai à le traîner jusqu’au glacier du Barun…

Nous déjeunons à mi parcours dans un petit restaurant (N 27.642,  E 87.2152, 2939m) appartenant au fils aîné de la propriétaire du lodge de Kongma et ouvert pour la circonstance. C’est une affaire de famille sur toute la route jusqu’au camp de base…

Je repère l’embranchement probable du chemin pour la vallée d’Isuwa (Ishuwa)  sur la crête (N 27.647117° E  87.209821°). Ce peut être un futur trek. Il n’est pas dit que le chemin se poursuive très loin. La descente puis la progression en pleine jungle, si le chemin disparaît, me paraît compromettante.

Il pleuviote quand nous arrivons à Kongma où deux nouveaux lodges se sont construits depuis 2014. Je reste fidèle en m’installant dans le plus ancien.

Dans la soirée, alors que la neige commence à blanchir les alentours, un guide m’affirme que le mauvais temps durera une semaine encore car la pluie doit nettoyer la terre du sang des animaux sacrifiés pendant la fête hindoue du Dashain. C’est pratique. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le « partenaire » m’apprend qu’il m’abandonne à mon triste sort…

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Mercredi 14 Octobre Acclimatation à Kongma

La pluie a remplacé la neige dés le matin. J’avais envisagé de franchir les quatre cols pour arriver à Dobato dés aujourd’hui, en négligeant l’acclimatation, précaution pourtant nécessaire. Le mauvais temps me persuade qu’il vaut mieux rester à Kongma. Je passe une bonne partie de la journée au lit, sous 3 couches de blanquettes pour ne pas me refroidir.

Je rencontre deux jeunes trekkeurs allemands qui me reconnaissent. Ils ont organisé leur trek avec les renseignements de mon livre de bord de mai 2014 et reviennent du camp de base. Voilà une agréable surprise liée à la célébrité naissante de mon site! Ils espéraient aller jusqu’à Sherpani mais ils ont abandonné, sans accompagnement… Dommage que nous ne nous soyons pas croisés plus tôt.

Jeudi 15 Octobre: les quatre cols jusque Dobato

levé 6h15 – T intérieure 7°C – départ 7h20 – arrivée 13h30 – altitude 3900m

Comme j’ai l’habitude à Kongma et au-dessus, c’est une course perdue à l’avance avec les nuages. Le soleil commence à peine à donner que des brumes s’arrachent déjà des coteaux gorgés d’humidité. Celles-ci montent pour s’accumuler vers 4000m. Je pars avec le soleil et arrive à Kongma la à 8h. J’aperçois encore la chaîne de montagnes à l’Est, dominée par une couche de nuages de haute altitude. Parmi elles doit se cacher le Kanchenjunga (8586m et troisième sommet du monde). Il paraît qu’on le voit d’ici par temps dégagé. Les sommets coiffant la vallée d’Isuwa, sont quant à eux, totalement cachés.

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La vallée de Tashigaon à Num est toujours sous le clair soleil du matin. Elle me semble déjà bien loin.

Une pluie fine me rejoint vers le 3ème col (Shipton la, 4230m) qui se transforme bientôt en neige jusqu’à mon arrivée à Dobato. La marche est mille fois plus facile que l’année dernière car le chemin est libre de toute neige ou glace. Je fais cependant attention à chaque pas de ne pas glisser sur les pierres humides. J’attrape un léger mais persistant mal de tête, malgré l’acclimatation d’hier. Un cachet d’ibuprofène ne le supprime pas complètement. Je me force à manger sur la route en m’abritant sous le toit d’un bâtiment nouvellement construit.DSCF3163

La neige redouble à proximité de Dobato et je suis heureux de retrouver Pemba Sherpa qui m’accueille avec sa bonne humeur habituelle. Nous déjeunons ensemble d’un délicieux dalbath aux abats, arrosé de thé.DSCF3166DSCF3169

Vendredi 16 Octobre – Acclimatation forcée à Dobato

Vers 5h30 du matin, le crépitement sur le toit de tôles de la neige glacée me réveille. C’est plus qu’un mauvais présage. Je ne me précipite pas pour un départ aux aurores… Il neigera toute la journée et je commence à désespérer de la météo. Apparemment, le sang des sacrifices de Dashain ne se lave pas facilement. J’essaie de gérer ma journée pour que le temps ne s’écoule pas trop lentement. L’arrivée de trekkeurs, dans l’après-midi, me donne l’occasion de discussions animées. Six français arrivent de Yangle avec une armée de porteurs. Une trekkeuse m’apostrophe brutalement car elle trouve honteux d’utiliser les services d’enfants de 12 ans et portant des charges élevées (30 kg). J’ai beau essayer d’argumenter en lui disant qu’elle devrait faire pression sur son agence de voyage, que je n’y suis pour rien, que je suis moi-même simultanément guide, porteur, et trekkeur, rien n’y fait mais le temps passe et c’est le principal. Voir annexe « la Trekkeuse et ses Porteurs ».

Samedi 17 Octobre – de Dobato à Yangle kharka

levé 6h – T intérieure -1°C – départ 7h – arrivée 13h40 – Altitude 3620m

Comme pour me rassurer des doutes d’hier et me surprendre, il fait plein soleil ce matin! De quoi punir ceux qui ont renoncé trop rapidement à cause du mauvais temps et récompenser ma ténacité! J’ai laissé un peu de vivres à Pemba car je ne pourrai d’ores et déjà pas rester 6 jours sur le glacier du Barun. Il est inutile de me surcharger inutilement.


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La brume monte de l’Est, poussée par un vent glacial. Les éboulis bordant le Barun ont été un peu consolidés depuis mai 2014 et la progression se fait un peu plus aisément. A Yangle que je retrouve sous la brume, le jeune propriétaire me reconnait et je retrouve un couple d’espagnol rencontré à Seduwa. Ils reviennent du camp de base où ils ont eu beau temps. Cela me redonne confiance et courage. Encore une bonne soirée au coin du feu.DSCF3196

Dimanche 18 Octobre – de Yangle à Shersong

levé 5h45 – T intérieure +1°C – départ 7h – arrivée 15h06 – Altitude 4698m

C’est la troisième journée difficile du trek avec un dénivelé de plus de 1000m. J’estime que l’acclimatation double à Kongma et Dobato doit suffire.  Cette année, le lodge de Langmale est ouvert et permet un arrêt de sécurité pour les trekkeurs sans tente.

J’ai la surprise de découvrir la magnifique vallée du Barun sous le soleil. Les paysages sont grandioses, en même temps encore très verts mais bordés de falaises ocres et sombres, gigantesques. Plus loin se profilent les hautes montagnes enneigées que je dois rejoindre en deux petits jours maintenant.

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Un léger mal de tête m’accompagne sur toute la montée. Le vent d’Est reste glacial et le soleil peine à me réchauffer dés que je m’arrête pour souffler un peu.

Je n’ai croisé qu’une jeune maman et son bébé de toute la journée. Elle me demande où se trouve mon guide et mes porteurs. Quand je lui réponds que je suis seul, elle reste très dubitative. Cette situation lui semble totalement improbable. Elle me quitte avec ses doutes.DSCF3233

Je retrouve mon camp à Shersong et je plante ma tente dans le même enclos. L’ibuprofène supprime la migraine. La soupe au poulet mélangée aux grains de semoule est un régal.

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Camp de Shersong, bordé par les Pics 6 et 7

Il n’y a déjà plus personne ici. C’est l’orée du monde minéral.

Lundi 19 Octobre – de Shersong au Camp du Barun

levé 6h07 – T intérieure -4°C – départ 8h25 – arrivée 15h24 – altitude 5122m

Le grand beau temps persiste! Je peux profiter de la vue sur les pics 6 et 7  (6758m) d’un côté et le Makalu (8485m, cinquième sommet du monde) de l’autre.

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Le Makalu, 5ème sommet du monde – 8485m

Tout est couvert de givre. Il me faut beaucoup de temps pour démonter le campement, sécher le duvet et la tente. Le duvet sèche sur un muret de pierre. La tente restera mouillée au pliage.

Je pars donc fort tard mais j’arrive rapidement au camp de base, à 10h40. Le lodge de Pasang est cadenassé. J’apprends qu’elle s’est mariée cette année et est partie vivre à la frontière du Tibet. Je profite de la halte pour déjeuner d’une plâtrée de riz et de patates arrosée de thé dans le dernier lodge ouvert (700Rs!)DSCF3248

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emplacement du Sandy Camp, avalé par le glacier

Je m’engage ensuite sur le chemin de Sandy Camp. Tout va bien jusque 5000m. Je suis ensuite des cairns que je n’avais pas vus l’année dernière. Comme ils m’emmènent vers une sorte de plateau, je ne m’inquiète pas en pensant que j’ai peut-être trouvé une solution pour gravir la centaine de mètres séparant le glacier de la moraine où se situe Sandy Camp. Malheureusement, je dois constater que le chemin se termine sur des éboulis dangereux car totalement instables. Il est impossible d’y progresser, même lentement. Un bloc de granit qui lâche me blesse le tibia. Le GPS m’indique que je suis encore à 1.4 km de Sandy Camp. Je ne reconnais rien de la configuration de l’année dernière. Plus j’avance, moins j’arrive à deviner où se trouve Sandy Camp. A 14h30, il faut que j’accepte l’évidence: Sandy Camp a disparu. La moraine, avec tout le versant de la montagne a glissé dans le glacier. Lui même est méconnaissable. Il se compose d’immenses cratères, de monts de caillasses et de crevasses béantes.DSCF3263

Je continue de progresser dans les éboulis en pente et finis par apercevoir sur le glacier un petit promontoire à peu près horizontal. Je m’y achemine lentement. Cette plate forme de sable fin est craquelée de petites crevasses. Le sol est instable partout mais c’est bien là qu’il faut que je m’installe pour la nuit. Je n’ai pas d’autre option.

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Camp sur le Barun

 

 

Je dois retourner sur mes pas pour chercher  l’eau du dîner et du petit-déjeuner dans une crevasse. Quand je remonte, je chasse un corbeau qui a commencé à déchirer mon sac de provisions. Il était temps!  Il n’a pas eu le temps de les entamer. Mon nouveau campement est plus bas de 80m par rapport à Sandy Camp disparu. A la nuit tombante, je peux quand même apercevoir le sommet de l’Everest derrière le Lhotse.

Mardi 20 Octobre – Du camp du Barun au Camp de Base du Kamepe Ri

Levé 5h49 * T intérieure -6°C – départ 7h45 – Arrivée 12h40 – Altitude 5472m

La progression semble à première vue moins difficile que la veille. Il n’en est rien. Les amas d’éboulis restent très peu propices à la marche. Je tombe en me tordant la cheville droite. Une petite douleur apparaîtra ensuite dès la moindre torsion. Je suis rassuré d’avoir emporté une chevillère et des bandes de compression.DSCF3259

 

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Vers le glacier latéral de Sherpani

J’avais prévu d’aborder le glacier latéral de Sherpani par le bas, c’est à dire par le glacier du Barun plutôt que par le promontoire formé par la moraine. La destruction de la moraine de Sandy Camp  ne me laisse pas le choix: c’est devenu la seule voie possible. Je m’engage dans un goulot assez étroit par lequel s’écoule l’eau de fonte du glacier. Ici, rien ne tient, que ce soit les pierres au sol ou les parois de terre et de pierres creusées par le torrent.

J’ai aussi des difficultés pour reconnaître le camp de l’année dernière. Tout semble avoir été chamboulé, ici aussi. Avec moins de violence. Je trouve des empruntes de pas qui me confirment que des trekkeurs sont passés par ici récemment. On m’avait averti à plusieurs reprises que deux groupes avaient tenté de rejoindre Sherpani pass.

Je profite du soleil pour faire une petite lessive et me laver un peu. L’eau du petit torrent a tendance à dévier pendant l’après midi avec son débit croissant du fait de la hausse de température. Il vient envahir mon campement! Je construis une petite digue avec des pierres et de la terre pour qu’il reste dans son lit d’origine.  Ma cheville ne me fait plus mal.

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Coucher de soleil sur le Makalu, vu du Camp de Base du Kamepe Ri

La fermeture du double toit, qui fonctionnait déjà mal, dysfonctionne totalement. C’est peut-être du au sable fin? Je peste car c’est le pire endroit où cela pouvait se produire! Je répare en perçant le tissu et en cousant tout au long, une fermeture plus ou moins étanche avec ma corde au diamètre trop important. La réparation me permettra de conserver un peu de ma chaleur.

Mercredi 21 Octobre – Ascension du Kamepe Ri – 6132m

Levé 5h40 – T intérieure -9°C – départ 7h – arrivée au sommet 12h (N 27.864611°, E  87.017533°) retour CB 15h24

Ascension Kamepe ri

C’est le jour J. Tout les efforts qui précèdent ont été effectués pour vaincre ce sommet. Si les monstres qui nous entourent, Baruntse et Makalu sont inaccessibles, l’ascension, entamée l’année dernière jusque 5850m, semble, elle, faisable sans matériel particulier. Le camp de base est parfaitement placé et le temps, comme depuis plusieurs jours maintenant, est totalement dégagé.


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La progression commence par l’ascension d’une pente composée de blocs de granit plus ou moins cohérents. Elle est plus facile que le chemin pour accéder au camp de base. L’absence de sac à dos facilite aussi la tâche. La vue se dégage progressivement tout autour vers le Makalu et le glacier du Barun, vers les cols de Sherpani, les glaciers immaculés et les sommets qui se découvrent par derrière vers le Khumbu. La pente relativement douce me conduit jusqu’à 6050m environ. Je croyais qu’il s’agissait pratiquement de l’altitude sommitale, selon les indications de mon GPS. Cependant, je suis encore loin du sommet, composé d’un double pic oublié par Google Earth! Je commence à apercevoir la première pointe que je dépasse en la contournant. Elle en cache une seconde que je dois rejoindre par une crête délicate car il faut contourner des obstacles qui donnent dans le vide. 
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Le Baruntse et ses glaciers

Au sommet, je peux découvrir le Baruntse ainsi que ses glaciers et les massifs plus au Nord Ouest: le Cho Polu et le Lhotse principalement. L’Everest se devine, caché pour sa plus grande part par le Lhotse.
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Je déjeune au sommet et décide d’entamer la descente par un canal d’éboulis au Sud, qui me semble plus sûr que le chemin de la montée. Cette descente, composée de poussières et de graviers se poursuit par des blocs de plus en plus gros pour donner sur le glacier de Sherpani.

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J’installe mes crampons pour le plaisir de marcher sur la glace. En progressant, je trouve des traces de pas à la file indienne. Ces traces se dirigent vers Sherpani Pass et confirment qu’un groupe au moins s’est dirigé récemment vers ce col.

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Glacier de Sherpani

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En descendant, je découvre, au pied du glacier, un camp appelé « Swiss Camp ». L’endroit serait superbe s’il n’était les tas d’immondices laissés par les groupes organisés, qui ne respectent rien. Des vieilles tables métalliques, de nombreuses paires de chaussures éventrées copinent avec des réchauds, des sacs et des bouteilles de plastiques. Des trekkeurs autonomes, même sans conscience, ne pourraient pas laisser de tels souvenirs puisqu’ils ne seraient simplement pas capables de les porter jusque là! Voir Annexe « la trekkeuse et ses porteurs »

Je rentre de mauvaise humeur au camp.

Kamepe ri, en Scherpa signifie la montagne sans neige. Neige se dit ka en Sherpa en allongeant le A, comme en Turc kar (le R ne se prononçant pas, provoque un allongement naturel du A). L’étymologie est probablement commune. Ces petits détails de l’Histoire de l’Humanité me passionnent.

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C’est au tour du réchaud de me lâcher au cours de la préparation du dîner. J’ai beau nettoyer le gicleur et la canalisation d’arriver de pétrole, je n’arrive pas à le rallumer. C’est peut-être la pompe. La panne est brutale en tous cas et j’ai les mains noires de suie. Il n’y a pas même moyen de me laver: tout cour d’eau est gelé depuis longtemps. Ce dernier événement m’incite à renoncer à rester un jour de plus pour tenter de rejoindre Sherpani Pass. Je me contenterai de la belle victoire d’aujourd’hui. C’est ce qu’on doit appeler la Sagesse!

Jeudi 22 Octobre : du Camp de Base du Kamepe Ri au Camp de Base du Makalu

levé 6h06 – T intérieure 0°C extérieure -7°C – départ 9h05 arrivée 18h15 – Altitude 4844m

Plus que les ennuis matériels, le retour vers MBC me contrarie. Je sais que, quelque soit le chemin, il sera dangereux et épuisant. Comme je suis arrivé avec difficulté par la lisière du glacier, je choisis de revenir par un trajet plus central. Je commence le retour en suivant une série de cairns sur le glacier de Sherpani. Ceux-ci disparaissent dans le goulot rejoignant le glacier du Barun.

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Dans ce champ de bataille pour géants, il me faut parfois perdre plus d’une demi-heure pour éviter une crevasse se découvrant au dernier moment: il n’y a aucune visibilité d’ensemble. Je descends sur une rampe de glace pour gagner un peu de temps. Je tente aussi d’éviter les plus gros monticules et entonnoirs d’éboulis. Le temps passe et j’avance très lentement, environ 300 m/h rapportés à une ligne droite. Lorsque je parviens enfin à la limite aval du glacier, je continue en longeant la berge du torrent naissant en espérant ainsi rejoindre le camp de base sans tracas. Je m’aperçois que ce n’est pas la bonne solution car il faudrait suivre les longs détours formés par ses méandres. D’autre part, l’eau tumultueuse empêche souvent la progression sur la berge. Je décide donc de rejoindre le début du chemin, en surplomb, à l’aide du GPS.

Je n’ai pas encore rejoint le chemin quand la nuit commence à tomber. Heureusement, une demi-lune, déjà levée, suffit à éclairer chichement les obstacles à mon acrobatique progression. Je dois marcher encore plus d’une heure avant de retrouver le camp de base.

C’est un sentiment particulier que celui d’entendre de nouveau des voix au loin et de sentir la fumée du feu de bois. Je m’engouffre dans le seul lodge ouvert, épuisé par 9 heures de marches aléatoires et parsemées de chutes. Mon dos en gardera un souvenir douloureux pendant plusieurs semaines.

Je passe le reste de la soirée avec un couple de français, locataires d’une maison à Patan. Ils veulent rejoindre le Khumbu en passant par Sherpani avec leur guide. Bon courage!

Vendredi 23 Octobre – de MBC à Yangle kharka

Levé 7h – T intérieure -5°C – départ 7h45 – arrivée 15h

Il fait un temps superbe au camp de base. Le Makalu, majestueux, trône toujours si près de nous.DSCF3356

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Pic 7. On distingue probablement Isuwa la sur sa droite.

Le chemin ne présente plus aucune difficulté, surtout avec le sac allégé de 4 kg de nourriture. Le temps se couvre progressivement dans la matinée et la neige commence à tomber bien avant l’heure du déjeuner. Je ne peux plus mettre mes gants car mes doigts sont blessés et endoloris par les nombreux rattrapages sur les blocs de granit d’hier.

Je croise un cortège nombreux de japonnais montant vers le camp de base. Certains sont équipés de parapluies. Dans le brouillard et la neige, ce spectacle est fantasmagorique.

Je me force à m’arrêter et m’installe dans une baraque abandonnée pour me mettre à l’abris du vent et de la neige. Il n’y a pas âme qui vive ici. La nature s’est couverte d’un manteau blanc. En repartant, je peine à trouver le chemin de temps en temps. J’arrive enfin à Yangle kharka qui ressemble à une carte de Noël. Le lodge est cadenassé et je crains de devoir passer une nouvelle nuit sous la tente. Le propriétaire me fait signe de l’autre côté du Barun: il regroupe ses 13 yacks avec ses compagnons puis il me rejoindra. Je peux m’installer à l’étage, resté ouvert.

C’est moi qui le rejoins pour finir car il me refait signe. Dans une petite baraque en bois, une fête improvisée a commencé: Onze des yacks sont parqués. Deux se sont enfuis dans la jungle mais ils seront retrouvés. A chaque jour sa peine… Cela n’inquiète personne. Le troupeau est maintenant prêt à rejoindre Tashigaon pour l’hiver.

Mon verre de tchang ne tarit pas car mon hôte le remplit dés que le niveau baisse un peu. Je reprends aussi des forces avec un délicieux mélange de viandes et de riz. Puis vient le temps des danses pour accompagner la musique népalaise traditionnelle. Je m’écroulerai plusieurs fois lorsqu’il faudra rentrer au lodge et je ne me souviens plus comment j’ai franchi le petit pont de bois recouvert de neige glacée enjambant le Barun…

Samedi 24 Octobre – de Yangle à Dobato

Levé 6h15 – T intérieure -4°C – départ 8h10 – arrivée 16h45

C’est de nouveau sous un beau soleil que je continue la descente de la vallée du Barun. Le petit vent d’Est glacé recommence à souffler. Mon dos, quant à lui, me fait mal assez rapidement et je suis obligé de m’arrêter plus souvent pour le soulager. Je ne rencontre personne sur la route sauf deux trekkeurs montant vers le camp de base.

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Dans la grande et interminable montée pour atteindre Dobato, le temps se couvre rapidement et le lodge m’apparaît finalement dans un brouillard glacé. Un brouhaha animé s’en échappe. Il est rempli et déborde de porteurs, de guides et de quelques rares trekkeurs. Certains ont installé des tentes. Un couple d’allemands s’est installé dans le dortoir. Je tente d’investir un lit qui semble libre. L’homme sort de son duvet comme un ressort bandé qui se détend brutalement. Il me jette un regard assassin. Je lui demande s’il a un problème. Il ne daigne même pas m’adresser la parole! Son guide, fort gêné, arrive à sa rescousse. « Vous ne pouvez pas rester à cet endroit, il faut vous installer ailleurs » « tous les lits sont-ils occupés? » Pas de réponse. « S’il vous plait, installez-vous avec les porteurs ». Ce n’est pas que cela ne me plaise pas mais je refuse par principe. Je vide mon sac sur le lit pour bien montrer que je ne capitulerai pas devant une telle arrogance de la part de ces touristes et une telle soumission de la part des Népalais. Pour finir, ces derniers n’en sont pas mécontents et nous passerons une très bonne soirée ensemble. J’apprendrai le lendemain que ce couple déplaisant ne paiera même pas ses lits et laissera leur guide régler leur addition sur son propre salaire…

Dimanche 25 Octobre – De Dobato à Kongma

Levé 6h30 – T intérieure -1°C – départ 8h – arrivée 14h25

Le temps est mitigé ce matin, avec quelques coins de ciel bleu qui disparaîtront rapidement. Dés que j’arrive au premier des quatre cols, le brouillard m’enveloppe. Les dieux locaux me préservent de la pluie et de la neige. Je n’aurai jamais parcouru ces passages sous un temps clément. Une équipe d’italiens sympa s’est installée à Kongma avec sa propre cuisine. Cela limitera nos échanges.

La propriétaire du lodge téléphone à Num (Japanese Sherpa Lodge) pour me réserver une place en jeep privée pour le retour à Khandbari. En effet, la pénurie d’essence rendrait le trajet aléatoire en jeeps publiques.

Lundi 26 Octobre – de Kongma à Seduwa

Levé 6h06 – Départ 7h25 – Arrivée à Tashigaon 11h15 – Arrivée à Seduwa 16h45

C’est une longue journée de marche en descente dans un climat redevenu doux. Ma place de jeep est confirmée le soir pour le lendemain vers 13 heures.

Mardi 27 Octobre  – de Seduwa à Num

Levé 5h40 – départ 6h45 – arrivée 11h45

Fin du trek.

Annexe : La Trekkeuse et ses Porteurs

C’était à Dobato et il avait plu toute la journée. Ce genre de jours, le temps passe très lentement et il faut prendre son mal en patience. Il n’y a rien à faire que de grignoter le moins vite possible le seul bouquin embarqué… ou de se vider l’esprit en essayant de se réchauffer au plus près du foyer.

Quel temps fera-t-il demain? « Plus la pluie tombe, moins il en reste dans le ciel » dit l’optimiste. « Une grosse dépression a envahi le pays. Elle est bien accrochée à la chaîne de l’Himalaya » dit le pessimiste.  Si cela continue, les cols seront bientôt fermés! …

C’est de ce genre de torpeur que m’extrait une trekkeuse arrivant de Yangle Kharka. L’après-midi est à moitié avancée, comme coincée entre une matinée maussade et une soirée qui ne veut pas arriver. Je l’examine en détail: elle est trempée, les traits tirés et semble en colère. La montée vers Dobato est un supplice en temps normal et la pluie a du transformer chaque pierre en piège redoutable pour les chevilles. Je compatis par une petit sourire solidaire. Ma mimique est une invitation à la conversation.

Après s’être à peu près égouttée, elle se rapproche de moi d’un pas guerrier.

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De Num au Belvédère d’East Pass

Du 7 au 26 Mai 2014

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Cliquez sur les photos pour les agrandir – points GPS en annexe de l’article. 

Objectifs :

Après l’arrêt forcé à Kongma en avril 2013, du fait des chutes de neige tardives ayant bloqué l’accès à la Shipton la, j’organise une nouvelle virée vers le Makalu, 5ème sommet du monde trônant à 8434m.

L’objectif initial est de le contourner jusqu’à la « East Pass » 6150m, point final du projet, pour l’avoir bien en face, juste 2300m en dessous.

En marge de la rencontre de nos amis de Khandbari, Seduwa et Chyaksa danda, il s’agit d’une ballade en 17 jours sur un dénivelé total de 5400m, sur une distance de 130km aller retour

 

Résumé et Introduction:

Les vallées et crêtes menant aux monstres de hautes montagnes du massif du Makalu ne démentent pas leur réputation : le ciel sera fort encombré jusqu’au Camp de Base du Makalu (MBC). La pluie sera de la partie parfois dés la fin de matinée. En montant, le temps s’éclaircit pour laisser place à un ciel parfaitement limpide pendant mes quatre jours et trois nuits d’isolement après MBC. Ce répit  inespéré m’est laissé pour me fondre dans un univers fabuleux, qui marquera  mes rêves autant que mes tibias : la virée est dangereuse sur une grande partie du parcours, sans chemin, dans les éboulis de roches de parfois plusieurs centaines de kilos en équilibre instable.

Je n’irai pas jusque East Pass, objectif ultime de ce trek car l’énorme et incontournable glacier le précédant ne porte aucune trace de passage. Les risques sont trop grands. Je la contemplerai de mon belvédère improvisé et point culminant à 5850m, joli lot de consolation…

Avec trois marcheurs étrangers croisés en trois semaines, on peut dire que le parcours est confidentiel. Cette région Sherpa vaudrait pourtant d’être mieux connue, tellement chaleureuse qu’il n’est pas besoin de savoir parler leur langue pour échanger et passer des soirées longues et inoubliables en partageant sans modération rocksi (arak en Sherpa : alcool de millet distillé une fois), sucuti (viande de yak séchée recuite au feu de bois) et l’immuable dalbath.

Il est précieux de découvrir leur culture mélée de jovialité, de candeur et de franchise.  En espérant qu’elle reste longtemps accrochée  aux versants sublimes de leurs montagnes sacrées.

 

 

Préparation :

Le trajet et les étapes sont positionnés à l’aide de Google Earth (GE) et les points entrés dans le GPS Garmin.

5  Jours d’autonomie sont prévus (2.6kg de nourriture + tente).

Le poids total emporté s’élève à 18kg, inclus, l’eau, l’essence et le sac photo. Sacs à dos : Gregory Wander 70 ; Tente : Vaudé Power Lizard SUL 2 places ; Réchaud :  MSR XGK EX avec 400ml (100ml  suffiront) d’essence achetée à une station service de Kathmandu ; matelas: Thermarest Néoair XLIT

Sacs de couchage: Valandré Bloody Mary

Voyage accompagné de mes amis de Friends of Nature jusque Tashigaon puis solitaire jusqu’au belvédère d’East Pass.

 

Situation et parcours:

DSCF1373 situation


DSCF1373 trajet

Accés :

Turkish Airlines, « meilleure compagnie européenne »,  ne démentira pas sa récente réputation. Très bon voyage pour 584€, c’est l’accés le plus direct à KTM. Pourvu que ça dure… Les billets KTM Tumlingtar ont été achetés par internet, c’est une nouveauté appréciable. De Tumlingtar à Num, les jeeps partent lorsqu’elles sont pleines (14 passagers : 150Rs jusque Khandbari (une petite heure) puis 600Rs jusque Num (4-5 heures)

Une route est en construction pour continuer, dit-on jusque Tashigaon (pas trop vite !)

 

Budget :

Vols international : 584€ , vol KTM Tumlingtar : 184€, visa, droit d’entrée dans le parc, hébergements et repas KTM et trek : 420€, soit au total moins de 1200€

 

Agenda :

agenda

Altitude à l’étape :

Altitude à l'étape

altitude distance

dénivelé jour

Le trek au jour le jour

Mercredi 07-mai de Num à Seduwa

Dénivelé 49m     6km en 4 h30 ; altitude le soir 1572m

DSCF1406a Num Seduwa

 

Après 3 heures d’attente, nous préférons payer la dernière place qui restait désespérément vide pour pouvoir enfin partir. 4 heures de jeep enfin entre Khandbari et Num sur une piste chaotique ouverte il y a cinq ans. Nous avons de la chance cette fois-ci car la pluie ne tombe pas.
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La marche ne commence que vers 13heures après l’incontournable dalbath à Num, sensé donner des forces pour le parcours. Il faut s’habituer au sac, bien lourd, qui me déséquilibre à chaque faux pas.

La descente de Num est vertigineuse. Elle évite une véritable falaise qui tombe dans le lit du Barun.

J’ai beaucoup de mal à suivre Sanjaya, habitué au chemin. Nous arrivons peu avant la tombée de la nuit à Seduwa. Nos amis nous y attendent et les retrouvailles se fêteront à la Tomba locale (bière de millet qui continue de fermenter avec les ajouts successifs d’eau chaude dans le mélange. Une tourista se dessine en perspective. C’est malheureusement une bonne idée d’éviter la tomba et le tchang sauf si l’eau servant aux breuvages a suffisamment bouilli ou a été traitée préalablement.

 

Jeudi 08- et  vendredi 09-mai. Interruption du trek. Séjour à la Ferme de Friends Of Nature entre Chyaksa Tashigaon


                   

C’est une occasion idéale pour entrer dans les maisons Sherpa et partager leur vie quotidienne. Mes amis traduisent mais pas besoin de mots pour apprécier le tchang préparé par la maîtresse de maison devant nous. Le principe est de ne pas laisser les verres se vider. Il faut qu’ils soient toujours pleins. Nous assistons aussi à la distillation de ce breuvage qui prendra le nom de Rocksi au Arack ou encore Local. La source froide se situe dans la marmite supérieure et doit être changée régulièrement pour permettre la condensation du distillat.

A l’inverse du tchang et de la tomba, cette boisson est tout à fait sûre pour le système digestif. A consommer cependant avec modération.

A la ferme de Friends of Nature, nous tuerons aussi le poulet qui améliorera considérablement  le dalbath. Sur ces terres, l’expérimentation de la culture du kiwi a débuté au printemps. Ce sera bientôt une source de vitamines pour toutes les populations de la vallée (environ 4000 personnes)

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samedi 10-mai  jusqu’à Tashigaon, 

DSCF1407 Seduwa Tashigaon

Dénivelé 628m en 8.45km à partir de Seduwa. altitude le soir :2200m

Nous continuons à marcher dans les rizières et je découvre mes premières sangsues. Elles s’accrochent aux semelles ou aux vêtements lorsqu’on les frôle. Elles s’infiltrent ensuite sous les vêtements pour boire le sang en toute tranquillité. Elles sont nombreuses entre Seduwa et Tashigaon mais je n’en verrai plus par la suite. Pour les éviter, il faut marcher au maximum sur les pierres et éviter les bords des chemins.

La campagne reste paisible et chaude. Le temps couvert ne permet pas de distinguer les montagnes environnantes.

A Tashigaon, nous fêtons mon départ en solo le lendemain avec force bières. Le manager du parc me met en garde sur les difficultés du parcours et me fait comprendre qu’il peut être sage de ne pas aller jusqu’au Camp de Base. J’en prends acte sagement mais je brûle d’impatience de me coltiner enfin aux vraies difficultés du parcours. Il sera moins sage que moi en s’enfilant 14 bières de 66cl dans la soirée.

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Dimanche 11-mai : de Tashigaon à Kongma      

DSCF1495 Tashigaon Kongma

 

Dénivelé : 1429m en 6.45km, altitude à l’arrivée : 3629m

Lever à 5 :20, départ à 6 :20. Arrivée à 13 :45

La montée de Tashigaon à Kongma est pratiquement continue dans la forêt. Je profite de cette dernière journée en ambiance tropicale. Les oiseaux se répondent à l’infini. Les derniers rhododendrons illuminent d’éclats rouges le chemin. La montée est un obstacle. Il ne faut pas chercher à aller plus vite que de raison. L’air ne manque pas encore mais le chemin se dilue déjà en volées d’escaliers disjoints sur lesquels les pieds cherchent encore, maladroits, un appui souvent incertain. La montée est longue. Il faut être patient. C’est le prix à payer pour échapper, peut-être, à la brume qui entoure toute chose dés que le soleil commence à donner.

Il y a peu d’habitations sur le chemin, quelques fermes dont une permet le ravitaillement et même un déjeuner lorsqu’elle est ouverte WP342.

Un sherpa que je croise dégage une haleine fortement alcoolisée. J’apprendrai par la suite qu’ils y trouvent l’énergie pour porter leurs lourdes charges avec moindre peine.

Je retrouve Kongma sans l’écrin de neige que nous avions laissé, il y a un peu plus d’un an. Les murs presque verticaux que je franchis aujourd’hui étaient alors couverts de neige. Je suis plus à l’aise.

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Lundi 12-mai      à Kongma, journée d’acclimatation

J’hésite à rester mais je veux être raisonnable. Le beau temps m’invite pourtant à partir. J’ai rencontré la veille mon premier trekkeur. Il redescend du Makalu et m’indique une belle antenne à partir de Shersong : une arrête à prendre en restant sur la gauche pour surplomber le camp de base à 5300m voire plus en direction du peak 3 . En s’installant là haut on peut découvrir simultanément le Makalu, l’Everest, le Lhotse et le Kanchenjunga par temps clair.  Je n’irais pas cette fois-ci si je peux aller vers l’East Pass qui reste mon projet.

La journée est longue à Kongma. J’en profite pour faire ma première lessive et une toilette un peu moins superficielle. Il faut reconnaître que ce n’est pas facile de rester un peu propre sur ce parcours. A partir de Tashigaon, il n’existe pas de point d’eau un peu isolé sauf les éventuels WC…

Je commande des chapatis pour le petit déjeuner. Mauvaise idée car la propriétaire comprend chiapati. Elle commence à me préparer du thé tibétain. Je ne confondrai plus « chiapati » thé tibétain et « tchapati ». D’ailleurs tout le monde sait faire des pancakes, ici, bien plus nourrissants…

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Mardi 13-mai    De Kongma à Dobaté

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dénivelé: 290m en 7.53km     altitude à l’arrivée :3900m

Lever à 5 :30, 4°C dans la chambre. Départ à 6 :40 Arrivée à 14 :00. WP405

S’il n’y avait que les quatre cols (Kongma, …, Shipton, Keke) pour arriver à Dobaté avec le Shipton la culminant à 4234m, l’épreuve serait  presque une formalité. Mais la neige est toujours au rendez-vous avec plus d’un mètre d’épaisseur à certains endroits. Elle se répand sur la plus grande partie du parcours. Le chemin reste souvent bien indiqué mais s’enfoncer jusqu’aux cuisses sans fin est épuisant.

Le temps se couvre rapidement et le brouillard remplit tout l’espace. Un court instant, irréel, les peaks 6 et 7 se découvrent . Je me rapproche de la haute montagne !

Je croise trois yacks seuls redescendant en direction de Kongma. Lorsqu’il faudra suivre leur chemin, chacune de leurs traces formant une colonne de vide dans la neige jusqu’au sol seront autant de  pièges ralentissant encore ma progression.

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De vrais murs aux parois glacées doivent être franchis, parfois avec l’aide des mains pour atteindre le troisième col. Le chemin a disparu sous la neige et le trek s’apparente à de l’escalade. Je comprends mieux les paroles peu engageantes du directeur du parc à Tashigaon.

Le lac précédant la Keke la est partiellement recouvert de neige et de glace. Je dois le frôler de trop prés car j’y enfonce mon pied. La chaussure gauche se remplit d’eau. Je me dépêche de la défaire pour la vider mais le mal est fait.

La descente vers Dobate où m’attend le mari de la propriétaire du lodge de Kongma, Pemba Sherpa, est plus sereine : la neige a presque disparu et les rhododendrons rouges et jaunes alternent joyeusement.

J’y passerai une bonne soirée. Son anglais nous permet d’échanger sur sa vie et sur mon projet. J’ai du mal à comprendre qu’il puisse vivre aussi isolé et loin de sa famille. Visiblement, sa situation lui convient très bien. Beaucoup de familles sont ainsi séparées pendant les saisons de printemps et d’automne entre Tashigaon et la vallée de hauts alpages conduisant à MBC.

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Je sèche mes chaussures et mon pantalon au plus prés du feu en buvant du thé sans compter.

 

Mercredi 14-mai de Dobaté à Yangle kharka

 DSCF1567 Dobaté Yangle Kharka           

dénivelé -256m en 9.6km   Altitude à l’arrivée 3644m

Lever à 6 :05 0°C dans la chambre ; départ à 7:20 arrivée 14 :15 sous la pluie.

Il fait beau au petit matin et les montagnes se découvrent un peu, pour peu de temps… Pendant le petit déjeuner copieux composé de pancakes et de thé, Pemba me prévient que des éboulements ont emporté une partie de la piste qui mène à Yangle Kharka, seul lieu ouvert avant MBC et donc arrêt obligé.  Il me prépare deux pancakes supplémentaires qui composeront mon repas de midi.

Je trouve une chute d’eau peu après Dobaté et je profite d’un rayon de soleil bienfaiteur pour faire une toilette complète.

Je change mon premier jeu de pile pour le GPS.

La descente vers la vallée du Barun se complique et je crois me trouver dans les éboulements décrits par Pemba car j’empreinte un canal parfois presque vertical qui doit être le lit d’un torrent quand il pleut.  Il n’en est rien et ce n’est qu’une promenade apéritive comparée au bon kilomètre de roches instables qui m’attend le long du Barun.

A partir de midi, la pluie commence à tomber., d’abord insignifiante puis prenant de l’ampleur. Après la forêt, les pâtures apparaissent et le chemin devient plus praticable. J’arrive à Yangle Kharka au bon moment car la pluie redouble d’intensité et je ne serais pas resté au sec bien longtemps dans ces conditions.

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Yangle Kharka me paraît bien rustre pour un hameau à basse altitude. Je suis tellement loin des Annapurna !

Triste et long après midi à tenter de me réchauffer prés du feu où sera préparé mon dalbath du soir. Cette simple pensée me coupe l’appétit. Tout est sale et sympathique ici mais la pluie empêche toute vision sereine de l’avenir immédiat.

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Jeudi 15-mai     de Yangle Kharka à Shersong

DSCF1586 Yangle Kharka Shersong         

dénivelé : 1071m  en 12.91km   Altitude à l’arrivée :4715m

Lever 5 :08 3°C dans la chambre

Départ 6 :10 arrivée 14 :46

Départ après un petit déjeuner de pancakes et thé. Je m’abonne aux pancakes car c’est une spécialité de la région apparemment. J’en commande pour mon repas de midi pour économiser mes provisions. Et c’est tellement fameux après les sempiternels dalbaths…

Le prochain hébergement se situe à MBC et nécessite un dénivelé de 1200m. Tous les autres lodges sont fermés entre deux. Il y a un risque réel de mal des montagnes. On sait comment ça commence avec une bonne migraine et des nausées. On ne sait jamais comment ça finit. A ma descente, mes amis me diront qu’ils étaient très inquiet car ils avaient entendu, de source sûre, qu’un français était décédé à MBC pendant son sommeil. Ils pensaient que c’était moi…

Grâce à mon équipement, je prévois de m’arrêter à Shershong (aucun abris couvert). Je n’y ferai pas ma seconde journée d’acclimatation comme prévu car elle sera faite à MBC à deux heures  et 200m de dénivelé de là.

La vallée doit être superbe quand le temps est dégagé. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Le soleil reste caché très souvent et d’épaisses couches de brouillard s’accrochent aux arbres de la vallée et des versants abrupts des montagnes. Dommage. Normalement, le temps devrait s’améliorer avec l’altitude.

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A Yak Kharka comme à Langmale, les bâtisses sont effectivement fermées au cadenas. Il est possible cependant possible de s’y réfugier dans un abris couvert attenant en cas de besoin.

Un gamin silencieux me suit pendant plusieurs dizaines de minutes. Je vais pourtant très lentement pour lui. Il sera rejoint par son père, porteur, et ses frères. Ils se rendent au camp de base avancé où, paraît-il, plus de 200 personnes préparent des expéditions pour vaincre le sommet du Makalu. Pauvre Makalu! J’imagine, dans ma longue marche solitaire, les genres d’embouteillages qui doivent y régner. Je n’ai jamais compris ce paradoxe : tant d’effort personnel pour se retrouver finalement en totale promiscuité dans des lieux aussi vides, minéraux et majestueux. A chacun sa tasse de thé !

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L’air commence à manquer et il me faut gérer les battements du cœur qui s’emballe maintenant au moindre effort. Les arrêts se font de plus en plus rapprochés. Peu importe car j’ai du temps.

J’arrive sous la neige à Shershong et je trouve un point d’eau à 150m du camp. Je monte pour la première fois et sans problème la tente. Le temps s’éclaircit dans l’après-midi, assez pour que les peaks  6 et 7 se découvrent dans un environnement d’autant plus surnaturel qu’inattendu. Ces énormes falaises, si proches, donnent le ton de ce que sera mon environnement dorénavant.

Ma première soirée autonome dans ces conditions me procure un bonheur compensateur des efforts passés et une forte motivation pour continuer vers le glacier du Barun…

J’ai quand même du faire passer une grosse migraine avec de l’ibuprofène et j’ai l’impression que mon cœur va s’arrêter tant il bat lentement. Ces presque 1100m de dénivelé à cette altitude sont trop importants. La nuit sera difficile  et longue  avec de nombreux réveils à cause de ma difficulté à respirer : je suis monté trop vite.

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Vendredi 16-mai             de Shershong au Camp de Base du Makalu       

DSCF1625 Shersong MBC

Dénivelé 126m en 3.57km

T intérieure 0°C ; T extérieure -7°C

Lever 5 :10

Départ 8 :07 arrivée 10 :00

altitude à l’arrivée 4841m WP412

C’est l’anniversaire de Sylvie qui me manque.Je lui souhaite un Bon Anniversaire par la pensée.

Je repère,  à  la sortie de Shershong, l’arrête qui conduit aux hauts pâturages au dessus de MBC, décrite par Philippe à Kongma. Si je n’arrive pas à progresser vers l’East Pass après MBC, je monterai pour y découvrir toute la chaîne de l’Everest au Kanchenjunga…

Je me prépare doucement car la route sera courte aujourd’hui.

Le temps se découvre un peu sur la route . C’est de bon augure. Pour la première fois le Makalu, majestueux et panaché d’une volute de nuages, se présente à moi. On ne se quittera plus pendant 5 jours.

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Je profite du soleil bienfaiteur pour faire une toilette un peu moins sommaire que d’habitude et une lessive sous l’œil attentif de Pasang, la propriétaire de mon lodge. Je sèche aussi tente et duvet humides après la nuit à Shershong.

Je pars en reconnaissance du chemin longeant le Barun dans l’après midi. Il est exceptionnellement bien tracé dans les kilomètres que je parcours (point final WP413). Je franchis en pleine forme mes premiers 5000m au cours de cette exploration.

Le lodge est fort sommaire mais l’ambiance y est amicale.. Des porteurs viennent y passer la nuit et nous y partageons notre diner. Il y a fait déjà -1°C vers 16 heures et je m’inquiète un peu des températures à supporter plus haut, quand je serai seul.

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samedi 17-mai  de MBC à  Sandy camp  

DSCF1641 MBC Sandy Camp

dénivelé 359m  5.16km ; altitude à l’arrivée : 5200m

Levé 5 :08

Départ 6 :08 arrivée 12 :20

Je m’arrête à 7 :30 pour me protéger avec de la crème solaire : le soleil est de la partie et brûle dés qu’il donne à ces altitudes. Le temps restera totalement clair pendant mon séjour au dessus de MBC. Ce répit est une grande chance qui me permettra de bénéficier pleinement des spectacles extraordinaires et toujours renouvelés.

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Il faut que je quitte le chemin qui mène au second camp de base car je dois me diriger vers la gauche pour rejoindre Sandy Camp. Ce camp hypothétique ne se situe sur aucune carte et a été repéré sur GE. Je quitte le chemin principal quand il oblique vers la droite et devient de plus en plus chaotique, sur le dos du glacier (WP416).

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Je progresse maintenant dans les rochers instables et je rejoins la ligne de rupture entre le glacier et le versant de la rive droite du glacier. Ce n’est pas la meilleure solution car c’est une zone d’éboulis où la progression est difficile et dangereuse. Je pense continuellement qu’une jambe cassée signifie la mort maintenant. Rien de bien réjouissant. Je reconnais enfin l’emplacement de Sandy Camp en surplomb d’une petite centaine de mètres. Je savais qu’y monter ne serait pas simple et j’avais prévu d’accéder à cette sorte de plate forme en formant des zig-zags sur la pente. Ce n’est pas aussi simple car les rochers, quelques soient leurs tailles se décrochent et glissent en entraînant d’autres avec eux. Rien ne tient. Je choisis de me hisser par le lit d’une cascade en pensant que les pierres formeront un ensemble plus cohérent  grâce à l’écoulement de l’eau. Rien n’y change. Au contraire, le simple fait de poser mon pied sur une pierre dévie parfois le courant vers moi.

Je ne suis pas fier lorsque j’arrive, trempé au faîte de la cascade. L’expérience n’est pas à renouveler !

Il y a autant d’éboulements ici qu’il y a d’avalanches dans la vallée encerclant le Dhaulagiri. Il faut s’habituer à ces nouveaux chants de la montagne.

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Sandy Camp est une superbe terrasse de sable fin et blanc, un vrai paradis pour un bain de soleil dans un environnement de pics enneigés, au son cristallin du torrent qui s’écoule à côté et face à l’immuable Makalu. L’après midi s’écoule ainsi à jouir de la douceur apparente  du soleil et de la vue imprenable sur le Lhotse (8516m), le Lhotse Shar (8393m), l’Everest à 18 km (8848m), le Shar Tse (7591m), le Sha Tse 2 (7457m) 

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Mon cœur bat maintenant trop vite sans effectuer aucun effort. Tout rentrera dans l’ordre dans la soirée et  la migraine n’est pas au rendez-vous.

Il fait 15°C dans la tente à 17heures. Ma hantise des basses températures à haute altitude n’était pas fondée.

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Dimanche 18-mai           De Sandy Camp au Camp du Col 


DSCF1677 Sandy Camp Camp du Col

Dénivelé 273m  pour     2.99km  Altitude à l’arrivée : 5473m

Lever à  4 :56

T=2°C intérieur -5°C extérieur

Départ 6 :55; arrivée à 14 :30

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Le temps de préparation est maintenant bien plus important qu’en lodge car il me faut démonter et ranger tout l’équipement et préparer le petit déjeuner (muesli + lait 100g et cappuccino avec palets bretons

Le temps est au beau fixe et j’emprunte la route prévue dans mon GPS en m’élevant tout en restant sur la plate forme qui longe le Glacier du Barun.  J’ai vu des dizaines de fois le profil de cette montagne que j’ai l’impression de connaître par cœur. Je retrouve des cairns parfois. Il doit réellement s’agir d’un chemin emprunté autrefois. L’état ancien des détritus du Sandy Camp (boîtes de conserve vides) me fait penser qu’il n’a pas été utilisé depuis plusieurs années.

La première partie se fait sans trop de difficulté. La descente vers le glacier et la moraine des glaciers conduisant vers l’East pass est beaucoup moins aisée car la pente est trop importante pour tenter une descente directe. Essayer de rejoindre le glacier en restant sur une ligne à peu prés horizontale n’est pas davantage possible car la paroi du versant devient de plus en plus verticale. Je tombe une fois, emporté par le poids du sac à dos. Arrivé sur la moraine, je continue à suivre mes points GPS mais le sol est toujours aussi instable.

Après une tentative infructueuse de progression vers le pied du glacier dévalant d’East Pass, Je décide de m’arrêter sur un emplacement sableux qui fut un campement, autrefois, et que je baptise Camp du Col, faute de mieux. L’emplacement est idéal pour planter la tente, toujours face au Makalu, mais de plus en plus haut par rapport à lui.

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Je sature des repas au saucisson et au couscous sans saveur. Il faudra varier les menus la prochaine fois.  Je rêve d’une soupe à la tomate…

C’est quand même le record de ma nuit terrestre la plus haute, à 5473m… Et tout va bien.

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lundi     19-mai  du Camp du Col au Belvédère d’East pass

 

altitude finale 5850m

dénivelé 377m en 1.8km

Levé 5 :08

Départ vers 8 heures. Arrivée à 10 :00

T=-1°C intérieur

T= -10°C extérieur

Ce n’est qu’après avoir démonté et rangé mon barda que mon regard est attiré par la pente qui fait face à mon campement dans la direction d’East pass. Il me semble évident que de cette hauteur, j’aurai un bon point de vue me permettant de décider de la voie à suivre. J’ai un choix à faire : soit redescendre vers le MBC pour rejoindre les hauteurs au dessus de Shersong, antenne conseillée par Philippe à Kongma, soit pousser aujourd’hui vers East pass  si je trouve un passage à peu près sûr.

Une demi-heure doit suffire. Je ne prends même pas d’eau.

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Sans sac, la montée me paraît une douce escapade. Une crête en cache une autre qu’il faut grimper pour espérer avoir une vue enfin dégagée.  Il me faut 2 heures pour voir enfin apparaître le cirque de montagnes encadrant East pass. Le glacier est énorme, incontournable et immaculé. Le franchir seul et sans équipement approprié me paraît totalement irréaliste.  La cloche du retour vient de sonner. Je suis à 5855m. Un hélicoptère me sort brutalement de mes contemplations. C’est le premier contact depuis trois jours. Il se rendait au camp de base avancé du Makalu lorsqu’il m’a vu au milieu de nulle part. Il vient vers moi et je lui fait signe que tout va bien. Tout va très bien même car je goûte au succès de mon entreprise comme un gourmet aux différents petits plats aux saveurs exquises.

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Sherpani pass, au fond à gauche, paraît être un mur de glace infranchissable. East pass, au fond à droite, paraît plus praticable…après la longue remontée du glacier!

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Ce que je ne sais pas encore, c’est que je suis juste à mi distance entre mon camp et un sommet s’élevant  à 6072m, facilement accessible et à partir duquel le Baruntse est pleinement visible. Très dommage. Ce sera pour une prochaine fois…

Je replante ma tente sur le même emplacement… Ca manque un peu d’anticipation. On fera mieux aussi la prochaine fois.

Le temps se couvre un peu en fin d’après midi, suffisamment pour m’inquiéter un peu.

mardi    20-mai  Retour au Camp de Base du Makalu

dénivelé :-632m en 7.28km        Altitude à l’arrivée 4841m

lever 4 :48

T=-1°C intérieur -10°C extérieur.

Je m’enfile mon quatrième petit déjeuner extraordinaire. La route sera longue et difficile aujourd’hui pour rejoindre MBC.

Départ 7 :25. Arrivée 17 :45

Il y a deux difficultés importantes à surmonter car je ne veux pas essayer la voie basse par le point de rencontre du glacier latéral où je me trouve avec celui du Barun. A la réflexion, c’est pourtant peut-être la meilleure voie. Je remonte donc sur le plateau qui conduit à Sandy Camp sans retrouver exactement mon chemin de l’aller. Le GPS me rend un fier service. La marche sur le plateau est par contre beaucoup plus aisée. Je descends du plateau vers le glacier du Barun en préférant  glisser sur un glacis de gravillons et de sable. Tout part avec moi mais l’avantage est d’avoir une vitesse à peu prés égale à celle de tout ce qui dévale. Cela permet de prévoir et d’éviter les plus gros cailloux.

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Je préfère cette fois éviter les éboulis de l’aller en progressant sur une ligne incertaine sur le dos du glacier en direction  du chemin du camp avancé du Makalu. J’évite, autant que je peux, les creux et les bosses formés au cours des siècles par la lente avancée du glacier.

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Mon jean ne s’en sortira pas entier, déchiré aux jambes et aux fesses. Les doigts de ma main gauche seront superficiellement coupés à force de frotter sur les rochers de granit.

J’arrive vraiment épuisé mais heureux de revoir des humains à MBC après plus de 10 heures de marche. Excellente soirée où je fête ma victoire à la vodka locale.

 

Mercredi 21-mai de MBC à Yangle kharka         

Dénivelé -1197m  en 16.43km

Altitude à l’arrivée : 3644m

Départ 7 :20 arrivée 15 :15.

A midi, la bruine s’est mise de la partie. Le retour aux basses altitudes est synonyme de temps couvert apparemment. Mais rien ne pourra plus entamer mon moral.

Mes étapes sont trop longues. L’idéal est bien de marcher 7 heures dans la journée. Mais les Sherpa font en une journée ce que je parcours en trois. Difficile dans ces conditions de trouver des lieux d’étapes coordonnés. Ils vont de MBC à Tashigaon en deux seules journées…

J’ai quand même vu un berger installé à Shershong sous un toit de bâches récemment installé. La ferme de Langmale était aussi ouverte et il aurait probablement été possible d’y prendre un repas ou au moins du thé.

Je croise mon seul groupe de porteurs de la journée. Vu leur état d’ébriété, je ne dois plus être loin de Yangle Kharka…

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Ce n’est pas non plus en la descendant que j’ai pu admirer cette magnifique vallée.  Je passe une excellente soirée avec mes nouveaux amis. Ici les mots ne sont pas nécessaires pour se sentir intégré dans la famille en partageant le repas ensemble. Quelques mots comme lasso (merci)  ou salti (ami) provoquent des rires francs et la convivialité est bien là.

 

Jeudi 22-mai de Yangle Kharka à Dobaté           

Dénivelé 256m en 9.9 km ; Alttude à l’arrivée : 3900m

Lever 5 :45 départ 7 :20 arrivée 15 :00

Le temps est, comme hier et à l’aller, couvert. La montée vers Dobaté est terrible bien que mon sac ait perdu plus de 2 kilos.

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La soirée avec Pemba et des porteurs sera une bonne récompense des efforts de la journée. J’y découvre le sucutti traditionnel, viande séchée  de yak,  attendrie à la flamme du feu de bois que je déguste et partage sans modération avec l’arak local. La vie sociale, dans son sens primitif et dont je raffole, est là. C’est un tissu ourdi jour après jour par la tradition.  Chacun y prend sa place au chaud après les efforts de la journée. J’y suis inclus pendant ces quelques instants précieux. On ne se pose pas de question, on jouit simplement de l’instant présent, ensemble.

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Vendredi 23-mai de Dobaté à Kongma

Dénivelé -271m en 8.73km altitude à l’arrivée : 3629m

Lever 5 :35 départ 7 :12 après passage en revue de mon « exploit » en regardant les photos avec Pemba. Il m’avait bien dit, à l’aller, en analysant les dessins de cuisson sur mes pancakes que mon trek serait un succès. Son grand-père lui a appris à lire l’avenir de cette manière.

Arrivée 14 :45

C’est la journée des quatre cols. On m’a bien dit que la neige a fondu depuis mon premier passage. Il est vrai que le chemin est un peu plus visible. Il faudra quand même lutter pas après pas pour avancer dans la neige molle et épaisse sur plusieurs kilomètres, dans la bruine et le brouillard parfois.

Je recherche le crampon perdu à l’aller sans le retrouver.

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Je retrouve l’ambiance chaleureuse de Kongma où je passerai une nouvelle soirée exceptionnelle. Un convive me montre son précieux butin : il a dans sa poche trois yarsagumba, récoltés dans la région de Yangle Kharka. Il s’agit de chenilles infectées par un champignon qui finit par les tuer. Cet ensemble mi plante mi insecte est un médicament aux vertus nombreuses notamment l’augmentation des  capacités sexuelles, que les riches chinois s’arrachent à prix d’or, jusqu’à 5000€/kg.

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 samedi 24-mai  de Kongma à Tashigaon              

dénivelé -1429m en 5.7km         Altitude à l’arrivée : 2200m

lever 5 :15 départ à 7 :30 arrivée 13:30

Je pars rasé à l’eau chaude mais toujours aussi sale. J’attendrai de trouver une cascade pour prendre une douche bienfaitrice sur le chemin alors que la température a sensiblement remonté. Des porteurs surpris par le spectacle feront mine de ne pas trop me regarder en passant. Toute trace de pudeur a vécu quand il est question d’un bonheur aussi primitif que complet.

 

A Tashigaon, le guesthouse de l’aller est malheureusement fermé car sa propriétaire est partie en hélicoptère à Kathmandu. Je suis déçu et je me replis sur la guesthouse où nous avions séjourné en mars 2013.  l’ambiance est plus guindée et les échanges plus limités bien que cordiaux. Tans pis, je sirote seul mon Arak avec le dalbath.

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Dimanche 25-mai    deTashigaon à  Seduwa              

Dénivelé : -628 en 8.7km altitude à l’arrivée : 1572m

Je ne trouve plus de sangsues sur le chemin. Je retrouve Dawa dans son école de Chyaksa danda où il a pris la place de Principal pendant mon abscence. C’est une excellente nouvelle que nous fêterons en famille le soir même en coupant le cou d’un de ses poulets à Seduwa.

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lundi     26-mai  de Seduwa à Num

dénivelé :  -49m en 4.8km           Altitude à l’arrivée : 1523m

lever : 6 :55 ! départ 7 :45 arrivée : 12 :30

On ne dira jamais assez que ce précipice à franchir entre Seduwa et Num est un supplice car on croit déjà l’épreuve achevée qu’il faut finir par une montée abrupte de plus de 700m, dans la torpeur tropicale.

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J’arrive alors qu’une jeep s’en va pour Khandbari… Il me faudra attendre patiemment qu’une autre se remplisse, pendant trois longues heures. J’aurais préféré les passer en compagnie de mes amis à Khandbari. Nous avons tant de choses à nous dire…

 

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 Annexe : points GPS

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Notre objectif:

Rejoindre le camp de base du Makalu, le dépasser pour accéder au premier des trois cols conduisant aux vallées du Solu Kumbu pour évaluer la faisabilité d’un passage futur en solo.

Contexte:

Mars n’est pas le meilleur mois pour entreprendre une ballade dans les vallées conduisant au Makalu : la région est réputée plus nuageuse et pluvieuse que la moyenne. Ce trek est choisi malgré cet inconvénient car il est autorisé de l’entreprendre en solo. C’est aussi un petit crochet à partir de l’Inde où je me trouve à ce moment en mission. D’autre part, notre autonomie sera mise à l’épreuve au bon niveau sur le plan matériel car les lodges de la seconde partie (après Tashigaon) ne seront pas encore ouverts et nous obligeront à être indépendant 7 à 10 jours.

Préparation:

Itinéraire : Les points GPS sont tirés de Google Earth. De grandes parties du trajet entre Tumlingtar et la vallée de Barun restent invisibles et rendent l’itinéraire très imprécis du fait de la mauvaise qualité des photos satellite et de nombreux passages en forêts. La vallée de Barun est mieux photographiée et les chemins plus visibles du fait de la plus haute altitude.

La carte Shangri la au 80000ème, achetée à Paris, s’avère fausse sur plusieurs points dont le passage délicat de la Shipton la, comparée aux photos satellites  (les passages de cols sont toujours par définition délicats). On peut se demander si une erreur aussi grossière (contournement d’un massif par le mauvais côté) n’est pas volontaire.

matériel: Nous avons allégé le matériel depuis octobre 2012 : la tente Power Lizzard UL de chez Vaudé à double toit ne pèse plus qu’un kilo. Le sac Exos55 de Osprey pour Sylvie  ne pèse plus qu’un kilo également. Les sacs de couchage BloodyMary de Valandré doublés de drap de soie Décathlon nous permette d’affronter le froid avec un peu plus de sérénité.

Nourriture : nous emportons jambon, fromage, chocolat, semoule, fruits secs, céréales,  laits deshydraté, sachets de capuccino  pour dix jours en totale autonomie à partir de Tashigaon. 500g de spiruline sont embarqués pour étudier sommairement ce complément alimentaire comme palliatif au manque de vitamines normalement apportées par les fruits et légumes frais et au manque de protéines lié aux faibles rations alimentaires. La quantité totale pèse 7.5kg.

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A l’expérience, une journée d’autonomie à deux équivaut à 1kg de nourriture emportée. Des sucres lents (pain ?) devront être trouvés pour remplacer cacahuètes, noisettes etc, trop dures à digérer pour les déjeuners.

Poids total emporté : Les sacs pèsent respectivement 11.8Kg et 15.3kg

Accès:

Nous avons choisi le trajet en avion de KTM à Tumlingtar bien que celui-ci soit cher (prix touriste AR 455USD pour 2 pour 30mn de vol) et incertain (annulations et retards dus aux conditions météo pour des avions ne décollant et n’atterrissant qu’à vue. L’alternative est de prendre trois bus successivement sur une durée minimum de 20 heures.

A partir de Tumlingtar, la route puis la piste de plus en plus défoncée conduisent maintenant jusque Num. Les deux premiers jours du trek classique peuvent être remplacés par deux trajets Tumlingtar – Khandbari (150Rs ?)et Khandbari –Num . Le dernier trajet 4 à 6 heures selon les conditions météo est facturé 600Rs,

Carte de situation:

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DSCF9735 situation trek du Makalu

 

Le voyage et le trek au jour le jour

  • Samedi 9 mars. Arrivé de Chennai via Delhi à KTM à 15 h. Négociation d’un taxi à l’aéroport pour Thamel : 400Rs (il semble que ce tarif soit raisonnable). A Thamel : négociation d’une chambre correcte (pas trop sale, assez grande, et surtout au calme) au Puskar pour 600Rs/nuit. Ce sera notre « camp de base ». Mon enquête trop succincte auprès d’une agence me conduit à confirmer le trek du Makalu (la Shipton la est réputée ouverte ( !). Achat facile des billets KTM Tumlingtar  dans cette agence (AR 2 personnes 455USD) Buddha air du 14/3 au 5/4.



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  • Dimanche 10 mars : prolongation de mon visa à l’Immigration Department (Kalika Marg 30mn de Thamel) réputé fermé pour cause de fête  (Maha Shivaratri festival ). Démarche très facile. Je récupère mon passeport après une heure. Ne pas céder aux pressions de personnes vous poussant à payer un complément pour récupérer votre passeport dans la foulée (il n’y a pas de sots métiers mais les touristes ont bon dos et tous les moyens sont bons pour leur faire ouvrir le porte monnaie).

Je pars en début d’am à pied vers Pashpatinath où se tient la « fête » avec Léo, un nouveau compère rencontré au Dep immigration. Foule insensée, ambiance survoltée. Nous sommes privilégiés et on écarte les foules devant nous  car nous devons payer 500Rs pour entrer  alors que les autochtones ne paient pas. Nous arrivons quand même à passer sans payer mais je ne pourrai plus en sortir sans preuve de paiement et sauf à passer par les égouts. Belle aventure !

C’est le seul jour de l’année où la consommation de cannabis est parfaitement légale partout. Les sadhus s’en donnent à cœur joie.

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  • Lundi 11 mars : j’obtiens sans problème et sans  élai nos TIMS et tickets d’entrée pour le parc du Makalu Barun au Nepal Tourism Board (10mn de Thamel) bien que Sylvie ne soit pas là. Photocopie de passeport et photos d’identité suffisent.
  • Mardi 12 mars : Je vais à pied à l’aéroport chercher Sylvie qui arrive de Paris pour mesurer le temps nécessaire en cas de grève. Les jours de grève, aucun véhicule ne peut circuler, les assurances ne couvrant pas les dégradations sur les véhicules causées par les manifestants (à ce propos, le Népal bat la France pourtant leader mondial dans sa capacité de nuisance par la grève. Nous connaîtrons 2 grèves : le 25/3 et le 7/4 en un mois). Parcours tranquille en 1h30. Compter 1 :40 avec un sac.
  • Mercredi 13 mars : dernier jours de repos. Nous préparons les sacs et savourons nos derniers repas occidentaux. Il faut reconnaître que Thamel est bien confortable pour cela.
  • Jeudi 14 mars : Nous partons en taxi pour l’aéroport avec une provision de croissants que nous mangerons sur place avec du thé en guise de petit déjeuner.  L’avion doit décoller à 10 :30 et nous arrivons par précaution vers 8 :30. Il est difficile de trouver un tea stall dans les environs de l’aéroport domestique pour  déguster nos derniers croissants. Notre vol s’affiche et nous nous enregistrons sans problème. Le vol sera finalement annulé vers midi car l’aéroport de Tumlingtar reste fermé pour cause de brouillard persistant.  On nous propose une place le surlendemain (vol du vendredi complet !) sans garantie que le temps soit plus clément… Nous choisissons de partir dans l’après midi pour Biratnagar à la frontière indienne en payant un complément d’une quarantaine d’euros .Il n’y a pas de petits profits! Vers 17 heures à l’aéroport de Biratnagar, le personnel de Buddha nous trouve un taxi pour Tumlingtar qu’il faut négocier durement. Nous passons de 22 000 à 14 000Rs. Nous emmenons un passager népalais qui paie 4000Rs  (cela démontre que la négo n’a pas été trop mauvaise)

Nous quittons vite la chaleur moite du Terai pour les routes et pistes défoncées en tôle ondulée qui montent vers les Himalaya. La route durera une bonne partie de la nuit jusque 2heures. A Tumlingtar, nous nous couchons sur des bancs à proximité des jeeps réputées à destination de Khandbari.

  • Vendredi 15 mars : Khandbari (348m) – Num (1530m)   DSCF9737 treks du Makalu 1503

Le sommeil est de courte durée. Nous sommes entourés par les porcs puis visités par des hommes venus satisfaire leurs besoins à proximité. Cet endroit de la ville est particulièrement sordide. Levés à 6 :00, il n’est même pas possible de manger une omelette et boire un thé dans un lieu unique. Quant au chapati, il n’a pas encore été inventé à cet endroit. Nous sommes bien entourés par contre et on nous propose une jeep pour Khandbari à des prix prohibitifs (3000rs). Exaspérés, nous partons à pied vers 7h sans même chercher à négocier. Agir plutôt qu’attendre dans l’indécision…

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Sans le savoir, nous empruntons la nouvelle route, beaucoup plus longue et poussiéreuse que l’ancien chemin. Un jeune homme qui se lave au bord de la route nous indique le bon chemin à prendre.

Pour ceux qui souhaitent faire ce trajet à pied : prendre à droite de la route principale au point 27°20’22.82″N 87°11’46.66″E puis suivre le chemin qui va croiser à plusieurs reprises la nouvelle route jusque Khandbari.

 

Nous arrivons à Khandbari vers 12heures, en même temps que la jeep de Tumlingtar. Nous nous reposons à l’ombre en attendant un hypothétique départ vers Num.

Les gens semblent plus sérieux ici et les tarifs sont clairement indiqués (600Rs). Nous partons vers 13h pour attendre une bonne heure dans le bled suivant. Un bus arrive qui déverse ses passagers dont certains montent dans la jeep. Nous avons le privilège d’être installés à l’avant.  Le temps se couvre jusqu’à l’incontournable pluie de fin de journée qui commence vers 17h, entraînant coulées de boues dans lesquelles le chauffeur perd parfois tout contrôle de sa direction. Il nous confie même sa peur comme pour se rassurer à un moment critique : « Danger road !  Danger road ! » Les sacs sont rentrés dans le véhicule et des feuilles de plastique dépliées pour éviter que les passagers ne soient totalement trempés (cela fait belle lurette que les vitres ont disparu).

Nous arrivons à Num vers 19h bien après que la nuit ne soit tombée. On nous cherche le propriétaire d’un guest house et il nous prépare un succulent dalbath arrosé d’un whisky local revigorant (ressuscitation kit).

Il faut juste savoir qu’il n’y a pas d’eau courante à Num. On vous servira généreusement un petit broc d’eau si vous demandez la douche.

  • Samedi 16 mars : Num – Seduwa, 6 :15, dénivelé 820m DSCF9747 treks du Makalu 1603

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Nous nous réveillons en forme vers 7 :15. Il y a un peu de soleil mais les nombreux nuages laissent présager d’un temps pourri dés le milieu de la journée. Aprés un petit déjeuner copieux (double omelette, nombreux chapatis arrosés de milk tea , nous entamons à 8 :45 la grande descente vers l’Arun (770m) dans des paysages bucoliques et tropicaux. Par manque d’entraînement, nous glissons à plusieurs reprises, sans mal car les sacs amortissent la chute. Nous rencontrons en bas deux kazaks revenant de Kongma. Ils nous assurent que les passes sont toujours bloquées par la neige et qu’un premier groupe de russes a du également renoncé avant eux. Nous ne reverrons plus de trekkeur avant notre retour.

La remontée se fait dans un ciel de plus en plus couvert . Quelques grosses gouttes commencent à tomber vers 13h.

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Il est possible de déjeuner et probablement dormir au point 27°34’12.10″N 87°16’16.00″E

 

Nous arrivons à Seduwa en 6 :15 à comparer aux 3.5h données par la carte ! Nous nous faisons enregistrer à la maison du Parc National du Makalu Barun. Les employés sont sympathiques mais la responsable soupèse discrètement mon sac pour voir le sérieux de notre expédition en nous confirmant que la Shipton la est fermée. Nous verrons bien. Elle nous conduit à un guesthouse proche, convenable et possédant une douche, un vrai luxe. Nous en profitons pour faire la première lessive car nous avons très peu de linge de rechange.

Diner+  nuité + petit déjeuner = 1600Rs

  • Dimanche 17 mars : Seduwa – Tashigaon, 7 heures , dénivelé 630m DSCF9761 treks du Makalu 1703

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Levés à 6 :30, départ à 8h. Nous nous engageons sur un mauvais chemin au sortir de Seduwa. C’est bien celui qui est indiqué sur le GPS mais ce n’est pas celui conduisant à Tashigaon ! Un jeune nous remet sur le bon chemin en nous faisant traverser les rizières et en clamant haut et fort en rigolant qu’il est notre guide. Remis sur la bonne voie, je tente maladroitement de lui donner un pourboire qu’il  refuse avec fierté. C’est à ce point que nous faisons la connaissance de Dawa, professeur à l’école de Chyaksadanda, entre Seduwa et Tashigaon. Il fait le trajet tous les jours de seduwa où il vit avec son épouse Renen que nous reverrons à Kongma, employée du Parc National et leurs deux enfants Harpana et Michael. Le monde est petit. Il nous accompagne bien que notre rythme soit fort lent. A Chyaksa, il nous présente au principal de l’école publique et nous fait visiter les classes. Un tremblement de terre à détruit un bâtiment il y a deux ans et rien n’a été reconstruit depuis. Les cours se font dans des conditions difficiles dans un bâtiment de bambou provisoire. Il nous demande de l’aider.  C’est peut-être une belle aventure qui commence. Nous le reverrons et explorerons la faisabilité à notre retour.

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Le chemin nous conduit tranquillement à Tashigaon 2200m) où nous arrivons vers 15h. Tashigaon est le dernier village permanent mais semble bien mort comparé à Seduwa. Le rumi nous occupe en fin d’après midi. Diner de dalbhat comme d’habitude. Diner + nuité + petit déjeuner = 2100Rs, tout augmente avec l’altitude…

  • Lundi 18 mars : Tashigaon – Kongma, 9 heures, dénivelé 1425m DSCF9786 treks du Makalu 1803

 

Départ à 7 :40. Les chapatis du petit déjeuner étaient un peu pourris, avec un goût de pénicilline et un arrière goût sucré (polysaccharides partiellement transformés en sucre probablement). Nous ne les avons pas finis bien que nous n’aurons plus que nos réserves dorénavant.

C’est la journée la plus difficile de l’ensemble du trek. Le trek est réputé difficile à cause de cette journée. Il est bien possible de dormir dans des abris de berger ou sous la tente sur le parcours mais le règlement du parc l’interdit théoriquement.

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Dés le départ, le chemin monte durement dans la forêt tropicale. Puis les plaques de neiges deviennent de plus en plus nombreuses. Il faut monter dans un goulot rempli de neige dans laquelle nous nous enfonçons parfois jusqu’à la taille. Le chemin n’est plus visible. Nous nous inquiétons de ces conditions et du temps qui passe. Notre seul point sûr dans la mémoire du GPS est celui de Kongma dont nous voyons la distance diminuer trop lentement. Cela fait bien longtemps que la neige tombe quand nous apercevons des drapeaux de prière en surplomb. Nous arrivons à un col proche de Kongma que nous distinguons peu de temps après vers 16 :00. Nous arrivons à 16 :40. Il était temps.

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Il n’y a pas de source apparente  à Kongma. Il faudra faire fondre la neige pour avoir de l’eau. Nous installons la tente sur un faux-plat à côté du guesthouse dont toutes les portes sont cadenassées.  Pour cela, il faut d’abord déblayer la neige du terrain. Je cherche ensuite du bois mort dans les massifs de rhododendrons alentour alors que la nuit tombe.

Le feu doit être activé continuellement pour ne pas s’éteindre. C’est en larmes que je fais fondre ma première gamelle d’eau… Couchés à 20h après un diner purée jambon rehydratés.

  • Mardi 19 mars : A kongma  

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C’est une journée consacrée à l’acclimatation. Nous profitons du soleil généreux en première partie de journée. La nuit a été un peu froide (-4°C au réveil dans la tente). Nous n’avons pas eu froid mais nous sommes loin des températures de référence auxquelles il est prévu de faire face (-15°C)

Le staff du Parc du Makalu nous rejoint en fin de matinée.  Ils se lancent dans une joyeuse partie de glissades dans la neige. L’un  d’entre eux, nouveau dans la région, voit la neige pour la première fois !  Ils nous diront à notre retour qu’ils avaient un pincement au cœur en nous laissant seul là haut !

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  • Mercredi 20 mars Kongma –  Kongma la  – retour, 2heures dénivelé 260m 

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Réveil à 5 :45 car l’objectif est d’aller tôt le plus haut possible en reconnaissance et sans le fourniment, laissé à Kongma.  Il a plu en fin de nuit et le ciel n’est pas d’un bleu limpide. Nous sommes au dessus d’une couche nuageuse compacte.  Nous partons après un petit déjeuner succinct à 6h au moment où la brume commence à nous rejoindre par le bas. C’est une course à forces inégales qui s’engage entre nous. Nous nous enfonçons de temps en temps jusqu’à la taille dans la neige. Il faut deviner le chemin entre des congères de plus en plus étendus.

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Nous atteignons le mani et les drapeaux de prières du col à 7 :40. Il fait grand beau temps et nous découvrons les chaînes de hauts sommets qui semblent nous narguer. En poursuivant notre route conformément aux points  GPS, nous avons de plus en plus de mal à progresser. Nous nous arrêtons au point  27°39’52.47″N  87°12’19.59″E à 3880m. L’accumulation de neige recouvrant le chemin devient telle que la progression nous semble irréaliste et dangereuse avec des sacs.

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Nous sommes déçus de ne pas pouvoir poursuivre. Il faudra revenir en automne.  Le panorama est magnifique mais nous n’en verrons pas plus cette fois-ci. Nous collectons du bois dans la descente et Kongma est dans le brouillard à notre arrivée. Nous profitons du temps libre l’après midi pour réfléchir au projet d’école de Chyaksa. Nous aurons beaucoup de questions à poser à notre retour.

  • Jeudi 21 mars : Kongma – Tashigaon en 6 :40  

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  Au réveil, la neige est en train de tomber dans un brouillard à couper au couteau. Du jamais vu ! J’allume le feu pour le petit déjeuner puis nous plions la tente mouillée dans les sacs en essayant de protéger au maximum les affaires de l’humidité. Départ à 9 :30. Le GPS est très utile dans le brouillard car il nous permet de suivre la trace du chemin à l’aller sans trop hésiter. Nous glissons à plusieurs reprises sans trop de mal.

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Rapidement des orages de grêle  nous accompagnent. Et l’eau s’infiltre partout dans nos affaires, chaussures et vêtements.  Un abris nous permet de déjeuner au sec . Nous arrivons à Tashigaon à 16:10.  Il n’y a plus qu’à étendre toutes nos affaires pour tenter de les faire sécher. Le chocolat est aussi un moyen de nous réconforter.

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Nous continuons à piocher dans nos réserves de nourriture pour éviter de trop en redescendre. Nous commandons 2 bières pour le diner avec de l’eau chaude pour les cappuccinos. La propriétaire qui n’a pas bien saisi nous apporte les bières baignant dans  l’eau chaude.

  • Vendredi 22 mars : Tashigaon – Seduwa en 4 :30

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Nous nous arrêtons à Chyaksa mais l’école est déjà fermée car une fête de 4 jours commence (les fêtes, comme en Inde, font concurrence aux grèves). Nous retrouvons Dawa avec qui nous descendons sur Seduwa. Nous planifions une journée de travail  dés le lendemain de bonne heure.

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  • Samedi 23 mars à Seduwa.

Première réunion avec Dawa et le responsable du Parc, Manjit, à 7heures. Ils collecteront les informations pour la cotation du projet pendant que j’écrirai un projet de convention. A 16 :00 tous les documents sont complétés et écrits sous word avec le seul ordinateur du village. Ici, il n’y a pas encore internet. On espère une liaison wifi avec Num, en face, dans les prochaines années.

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Dawa nous invite chez lui le soir pour partager la tongba et le dalbath. La tongba est une bière obtenue en versant de l’eau chaude à plusieurs reprises sur du millet à demi fermeté. L’eau chaude réactive la fermentation et crée une effervescence en 5 minutes.  La paille de bambou agit comme un filtre et permet d’aspirer le breuvage sans trop avaler de grains de millet.

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Voilà une bonne soirée qui nous permet de rentrer dans l’intimité d’une famille népalaise en apprenant quelques coutumes. Par exemple, la paille chez les Bhote se dépose en équilibre sur le dessus du  récipient alors qu’elle se dépose à côté sur la sous tasse chez les Sherpa. Leur accueil est chaleureux et nous sommes vraiment heureux  de commencer un projet avec eux. En rentrant, je titube un peu.

  • Dimanche 24 mars  Seduwa – Num

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Nous entreprenons l’interminable descente vers l’Arun après avoir salué Dawa à qui nous promettons de nous revoir bientôt. Nous croisons deux filles avec guide et porteur. Leur guide est bien gêné lorsque je leur dis que l’accès à la vallée conduisant au camp de base du Makalu est bloqué au niveau de la Kongma la par la neige. Nous les retrouverons peu de temps après dans les Annapurna  sans leur guide.  Elles n’auront pas davantage que nous été plus loin  que les hauteurs de Kongma…

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La montée est un calvaire car je me sens épuisé avec un rythme cardiaque élevé même à l’arrêt. Intoxication alimentaire ? Tongba excessive ? Sylvie est exaspérée par mes arrêts fréquents…

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Num est  devenu le terminus d’une route qui déverse tout ce que la civilisation possède de plus grossier : gasoil, tôles, sacs de riz etc. Ce village a probablement perdu  son caractère sans encore acquérir les facilités qui vont normalement avec le progrès. On nous promet de l’eau courante dans une guesthouse.  Il n’y aura qu’un broc à utiliser dans un coin de la cuisine qui sert de restaurant local.

Le patron nous propose du poulet avec des pommes de terre pour le diner. Formidable ! Une toute petite assiette vaut bien un robinet d’eau chaude.

  • Lundi 25 mars  Num – Tumlingtar – fin du trek.

Le patron nous apporte la note : 2750Rs. J’épluche le détail car le montant nous paraît fort élevé. C’est le poulet.C’est cher ici m’explique-t-il. Sa femme arrive en renfort : très cher. Un poulet coûte bien 2000RS (20€).

Je lui propose de me faire un prix raisonnable et, devant son mutisme,  lui donne 2000Rs en lui expliquant que je serais très intéressé  d’aller l’entendre s’expliquer avec la police sur les poulets à 2000Rs!

Une jeep nous redescend en 4h jusqu’à Khandbari. Un employé de banque nous aide à décaler nos réservations pour le lendemain. Nous apprenons qu’il y a une grève et qu’il faudra faire le dernier tronçon à pied. On ne rigole pas avec la grève au Népal !

Il nous reste juste 15 jours à passer au Népal du fait de notre retour prématuré. Plutôt que d’aller visiter les rhinos [raïnos] du Terai, nous décidons de retourner au Camp de Base des Annapurna (première visite en 2001), en espérant que le temps soit plus favorable…

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