Trek de la vallée de Markha

Du 27 juin au 8 juillet 2011

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Ce voyage en famille sur le haut plateau du Ladakh est une manière de découvrir deux  aspects paradoxaux de l’Inde, celle de la nouvelle classe moyenne s’embouteillant dans les cols au dessus de Manali pour accéder aux stations de ski, puis celle des familles vivant loin de tous les biens communs de consommation, dans un univers encore préservé de l’asphalte et des bruits mécaniques.   A trois, unis dans l’effort bien souvent, il s’agit de relever un défi : monter deux cols de 5000 et 5200 m avec la nourriture et le toit sur le dos…  Ainsi affranchis,  nous allons plonger dans des univers tantôt minéraux tantôt paradisiaques et toujours stupéfiants de beauté.

Localisation :


carte situationcarte détail

A peu de kilomètres au sud de Leh, Etat du Jammu et Cachemire.

Quelques objectifs :

effectuer un premier trek nécessitant une autonomie partielle en nourriture et couchage, se retrouver dans l’ambiance originelle d’une vallée de montagne. Tester les organismes en haute altitude et si possible battre le record (5545m ;-). Voir sur place la possibilité d’une ascension du mont Hemis (5650m) à partir des relevés  de niveaux sur Google Earth.

Préparatifs :

côté matériel, sacs chargé à 14, 12 et 8kg. La tente Jamet vieillissante pour Alexia et  Sylvie, une toile de tente qui tiendra avec les 2 bâtons de marche pour moi. Sacs de couchage réputés tenir à -19°C… Fruits secs, cappuccinos, saucissons, soupes, nouilles et paté pour 4 jours d’autonomie.

Le tracé du chemin est enregistré sans trop de difficulté sur Google Earth et rentré dans le GPS Garmin. Echanges sur Lonely Planet pour connaître les haltes avec et sans ravitaillement possibles. Seul Le trajet avant et après  Kongmaru la , la halte à Nimaling semblent poser problème. En fait, il n’en sera rien. Nimaling offre gite et couverts, au moins à cette saison.

Quelques points pratiques:

données et valeurs 2011

Pour arriver à Leh, le passage par Delhi est pratiquement incontournable. Prendre l’avion est la solution la plus simple et la plus rapide. Cette solution offre la possibilité d’y accéder bien avant l’ouverture des cols, un peu aléatoire, vers le 20 juin. Le bus ou mieux, un mixte train + bus permet le plein contact avec la population, l’acclimatation à l’altitude et la traversée de paysages spectaculaires. Le passage des cols à plus de 5000m sur la deuxième route la plus haute du monde est une épreuve pour beaucoup. Une grosse migraine est au menu.

Il est bien possible d’effectuer le trek en solo sans équipement spécial, en 7-8 jours. Il n’est pas requis de permis. Un seul droit d’entrée à l’entrée du parc doit être acquitté sur un forfait estimé de jours : 20Rs/j.personne.

L’usage d’un GPS est un luxe car le chemin est bien marqué, même dans les cols. Il pourrait y avoir une courte hésitation à l’embranchement d’une ou deux vallées mais il suffit de suivre le cours du torrent principal et le plus gros sentier.

Attention à l’eau notamment pour le passage du Kongmaru la. Il faut compter 2 heures de marche en descente pour trouver le premier point d’eau (voir agenda  Camp du Col)

Trois possibilités :

1-      Totalement pris en charge avec chevaux, porteurs, tentes, guide, nourriture. Le marché peut se faire dans Leh. Il y a force concurrence. Compter 55€/j.personne à deux 50€/j.personne  à trois par exemple (valeurs 2011)

2-      Indépendant avec arrêts dans les homestays sur le parcours. Bien vérifier leurs ouvertures aux points stratégiques (Nimaling en particulier) hors saison. L’office du tourisme à Leh est très compétent. Si le camp de Nimaling est fermé, cela fait une grosse étape une très  grosse étape entre  Hankar et Chogdo voir Sumdo. L’accueil dans les homestays est chaleureux la plupart du temps. Les coûts sont normalisés : 400Rs/personne pour le diner, un lit, un petit déjeuner correct et un piquenique honnête pour le midi. Attention, il est peut être difficile de déjeuner le midi dans les villages. Hygiène assez limite : la seule eau courante est à l’extérieur et bien souvent le torrent !

3-      Indépendant avec tente et nourriture pour le confort et s’arrêter de temps en temps dans des lieux surnaturels tout en profitant des homestays pour faire des rencontres. (assez peu de pratique de l’anglais). Compter 100Rs par tente.

Attention : peu à très peu de monde, trekkeurs ou villageois, croisés sur les chemins.

Les altitudes indiquées sont celles de Google Earth.

 agenda, relevés d’étapes et carte du parcours

arrivé à km j km cum alt
27-juin Jingchang  34° 6’5.85″N  77°24’39.22″E 14,62 14,62 3378
28-juin Yurutse  34° 2’37.19″N  77°24’24.39″E 9,05 23,67 4091
29-juin cb Ganda la  34° 2’45.99″N  77°22’35.42″E 3,03 26,7 4530
30-juin Shingo  34° 1’29.79″N  77°17’55.74″E 8,30 35 4055
01-juil Skiu  33°58’45.16″N  77°15’45.26″E 7,10 42,1 3346
02-juil Sara  33°55’40.35″N  77°21’16.15″E 11,64 53,74 3571
03-juil Markha  33°53’7.80″N  77°25’25.16″E 9,05 62,79 3767
04-juil Hankar  33°50’19.48″N  77°30’2.81″E 10,00 72,79 3976
05-juil camp du lac  33°48’24.23″N  77°33’33.95″E 7,87 80,66 4662
06-juil camp du col  33°48’26.10″N  77°37’45.63″E 9,95 90,61 4864
07-juil Sumdo  33°51’14.77″N  77°42’29.32″E 10,51 101,12 3672

 carte parcours

Journal de bord

Le 27 juin Spitok – Jingchang 3378m

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La route pour rejoindre l’entrée du chemin à Spitok contourne l’aéroport. Nous avons pris un taxi qui nous dépose au pont. C’est à cet endroit que l’on s’acquitte des taxes d’entrée dans le parc. Il faut déclarer un nombre de jours prévus. Le taxi nous propose de nous emmener vers Jingchang car une bonne piste est maintenant ouverte jusqu’à ce hameau. Ses tarifs sont prohibitifs et sans comparaison avec ceux qui sont appliqués dans la région. Nous préférons commencer par nos propres moyens plutôt que de nous faire arnaquer : nous avons le temps et nous restons conformes à notre projet.

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Le début est difficile parce que la piste est poussiéreuse et totalement exposée au soleil.  Nous nous faisons doubler par une petite équipe plus dynamique en traversant le plateau pour nous engager dans la première vallée.

Le reste de la journée est tout autant fatiguant parce qu’il faut nous habituer au nouveau rythme. L’altitude est déjà bien supérieure à celle de la plupart des treks à leurs commencements. Nous avons eu le temps de nous acclimater à Leh et nous n’en souffrons pas, au moins en apparence.

Alors que je suis assis en attendant les deux filles un peu à la traîne, une vieille dame vient vers moi et me fait comprendre que nous pouvons l’accompagner chez elle de l’autre côté du torrent. Il faut reconnaître que nous n’aurions pas déniché notre halte de Jingchang sans elle. Une belle bâtisse ladakhi pour reprendre des forces. Le diner est copieux, la chambre correcte. Les toilettes sont sèches. Il n’y a pas d’eau à l’intérieur de la maison. Le torrent s’impose pour la douche du soir! La cuisine et le séjour sont splendides avec une batterie de cuivres étincelants. Nous retrouverons ce modèle tout au long du chemin.

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Le 28 juin Jingchang – Yurutse 4091m

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Notre hôte nous remet sur le chemin après le petit déjeuner (toast œufs, thé au lait sucré). Le poids de nos sacs impose une progression lente. Le dénivelé sera rude aujourd’hui. La gorge dans laquelle nous nous enfonçons  nous offre plus d’ombre qu’hier.

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Nous déjeunons au niveau de Rumbak (34° 3’32.83″N ; 77°25’21.35″E) dans un petit restau installé sous une toile de parachute. Ces abris sont aussi normalisés que les prix. Les tâches circulaires blanches sur les photos satellites de Google Earth ne sont plus une énigme maintenant ! Les déjeuners seront la plupart du temps légers dans ces abris: petits paquets de pâtes chinoises et milktchai ou coca. Il y a aussi des biscuits et du chocolat pour Alexia !

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La montée continue se poursuit l’après midi et nous nous arrêtons sur un replats à côté du chemin  à 1 km de Yurutse pour tester le matériel de campement.

Les conditions sont spartiates, c’est le prix de la liberté.

Le 29 juin  Yurutse – second Camp de base de la Ganda la 4530m

Petite étape aujourd’hui pour s’acclimater tranquillement à l’altitude. La raréfaction de l’air commence à se fait sentir.

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Yurutse se compose d’une grande bâtisse convertie en homestay (34° 2’35.59″N ; 77°24’5.96″E). Les petits champs ordonnés en terrasses et la couleur verte presque fluorescente des plantes la mettent en valeur. C’est un paradis inattendu niché dans les montagnes arides. Nous y complétons le petit déjeuner avec des chapatis et du thé.

Nous déjeunons au premier camp de base (34° 2’47.29″N, 77°23’16.02″E ?). Il est possible d’y dormir apparemment.

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Le temps est gris aujourd’hui et quelques gouttes de pluies viennent nous refroidir de temps en temps dans l’après midi. La montée pratiquement continue se poursuit jusqu’au second camp de base. Nous découvrons les premiers pics enneigés dans les nuages et rencontrons nos premières marmottes. Le camp de base est composé de quelques tentes. Il doit être possible d’y dormir à la mode des homestays.  Dans l’une d’entre elles, nous nous restaurons. Nous nous installons sur une terrasse, un bon kilomètre au dessus du premier camp.

Le 30 juin  Camp de base de la Ganda la – Shingo 4055m

La montée semble ne jamais vouloir finir. Le temps reste majoritairement gris et nous ressentons le froid dés que nous nous arrêtons. La vue se découvre sur des pics secs et en dents de scie.

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Nous ne restons pas longtemps au col (34° 2’29.29″N ;77°21’44.71″E ;4975m) car le vent nous glace.

Le temps se découvre dans la descente. Shingo est le premier village après le col et nous nous y installons pour la nuit. Nous campons encore une fois bien qu’un homestay aurait pu nous ouvrir ses portes.

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 Le 1er juillet Shingo – Skiu 3346m

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La vallée se rétrécit pour donner sur la vallée de la Markha. A l’intersection se situe Skiu. On sent bien que d’ici peu, une route arrivera en provenance de Chilling sur la droite. Une pelleteuse a été débarquée, certainement par hélicoptère ? C’est toujours un mystère ces gros engins au milieu de nulle part. L’électricité encore incertaine est déjà là pour désenclaver la vallée.

L’état des troupes n’est pas très brillant et les filles envisageraient bien de tourner à droite, justement, pour éviter les prochaines ascensions. Il faut que je leur fasse croire que les montées sont encore plus raides de ce côté et aboutissent à un cul de sac pour qu’elles changent d’avis. Un pieu mensonge pour leur redonner du courage…

Nous restons dans un homestay à l’entrée de Skiu où nous avons reçu un accueil très chaleureux pour le déjeuner. La luminosité est particulière ici  avec l’alternance de gros nuages gris et de soleil blanc. Nous nous promenons dans les jardins alentour.

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Le 2 juillet Skiu – Sara 3571m

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C’est encore une petite étape pour ne pas provoquer les deux filles rapidement enclines à râler.

La vallée de la Markha est bien large.  La route est devenue moins pentue et nous profitons d’un temps plus clément à partir de Skiu. La vallée offre des paysages grandioses opposant le vert des champs et le gris des rocailles composant les versants des montagnes.  Les gens ici vivent simplement, avec un confort rudimentaire qui n’affecte pas leur bonheur de vivre, au moins en apparence. Il est vrai que nous sommes en plein été.

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A Sara, nous plantons la tente dans la propriété d’un homestay. Les propriétaires  en profitent pour se débarasser de leur gamin très curieux et turbulent. Il nous rejoint pour arracher les piquets de la tente. Nous frisons l’incident diplômatique avec les parents. Cool.

Toilette complète dans la Markha.

Le 3 juillet Sara- Markha 3767m

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Le chemin continue de monter tranquillement vers le plus gros bourg de la vallée s’il a donné son nom au torrent. Nous effectuons nos premiers passages à gué.  Rien que du bonheur pour les pieds.

Depuis que nous avons pris notre rythme, nos étapes sont pratiquement la moitié des étapes décrites dans les guides. Nous profitons à plein du temps qui passe, avec les gens ou simplement à contempler les paysages. Le temps revenu au beau fixe nous a remis définitivement de bonne humeur.

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Nous passons deux premiers homestays en lisière du village pour en chercher  un en ville. Il n’y en a pas. Nous n’en trouvons pas plus à la sortie. Nous sommes obligés de revenir sur nos pas. Nous plantons les tentes une nouvelle fois.

Nous faisons une rare rencontre avec des trekkeurs. Ils sont suisse australien et autrichien et nous sommes heureux de pouvoir échanger avec eux et passer une soirée bien sympa.

Le 4 juillet Markha – Hankar 3976m

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Nous partons avec un temps très couvert mais il s’éclaircit dans la journée. Dommage pour les photos de Markha. Nous passons deux fois à gué. Les versants des montagnes rejoignent de plus en plus le cours du torrent. Nous découvrons, par derrière, le cône d’un 6000  majestueux. Nous arrivons à Hankar pour déjeuner (riz et légumes pour 60Rs).

Lessive et toilettes dans la Markha l’après midi. Nous abandonnons la vallée demain. Ce sera aussi la dernière nuit sous la tente dans des conditions confortables de température.

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Le 5 juillet Hankar – Camp du lac 4662m

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Nous sommes partis tard ce matin à 9 :30 car je me suis aperçu que mon carnet de bord avait disparu.Nous cherchons dans la maison et dans le jardin. Je le retrouve finalement caché sous un bosquet par le gamin (5 ans !) de nos hôtes…, il faut décidément surveiller ces mioches aux allures si sympathiques  de premier abord.

L’ambiance change aujourd’hui avec la pente du chemin qui s’accentue. Finies les promenades champêtres. Il nous faut aborder les contreforts qui nous mèneront au Kongmaru la. La vraie épreuve commence…

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Nous nous arrêtons pour déjeuner au bord du torrent. Un troupeau de gorals dégringole de la montagne. On compte une cinquantaine de têtes. J’avais mal situé Nimaling sur GE et mon point hypothétique se révèle faux. A chaque fois que nous croisons un berger, nous lui demandons si nous sommes encore loin. Ils répondent invariablement 2 à 3 heures. Mais le temps passe et nous nous épuisons dans la montée. A 16 :30, nous nous rendons compte qu’il sera très difficile d’atteindre cette dernière halte avant le col.

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Nous trouvons un endroit extraordinaire pour passer la nuit, au bord d’un petit  lac et protégés du vent  par les murets d’un refuge probablement de berger. Il y a assez de bois pour faire la cuisine sommaire et se réchauffer un peu. Je trouve une source à l’amont  du lac. Nous assistons au coucher de soleil sur le Yang Yatse 6401m. Il semble à deux pas de nous.

Il n’était pas possible de trouver meilleur emplacement pour passer la nuit. Nous exploitons l’intégralité de notre équipement sans l’avoir vraiment prémédité. La peine des kilos portés jusqu’ici n’a pas été vaine. C’est un plaisir double.

Grandiose diner de pâtes soupe et pâté.

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Le 6 juillet Camp du lac – Camps du col 4864m

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Nous étions encore bien loin de Nimaling (33°47’11.45″N ; 77°35’38.80″E, c’est évident quand on y est passé!). Ce grand espace de prairies est agréable pour se reposer avant la grande montée en zigzag menant au Kangmaru la. Il est bien possible de s’y restaurer et d’y dormir sous des tentes installées au moins pour l’été. Les bergers ont l’air d’être installés ici une grosse partie de l’année.

Il faut être patient dans la montée, éviter de regarder plus loin que ses pieds pour éviter de déprimer. La respiration est difficile. Un rythme lent doit impérativement être trouvé pour ne pas s’essouffler. Les deux filles se transforment en tortues bougonnes. Elles s’arrêtent de plus en plus fréquemment. Le temps reste au beau mais je crains que les nuages ne viennent gâcher le panorama tout en haut. Je fais quelques aller retours pour décharger Alexia de son sac à dos.

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La victoire n’est pas mince quand on passe enfin les drapeaux de prières. Alexia s’est chopé une grosse migraine qui disparaîtra dans la descente.

Nous descendons rapidement de l’autre côté car le vent nous transperce. Il faut descendre longtemps avant de trouver un point d’eau où camper. Voilà encore un endroit fantastique où passer la soirée et la nuit. Le petit bois n’y manque pas.Nous ne sommes pas les premiers à nous y arrêter. Il est dommage que les droits d’entrée dans le parc ne soient pas utilisés pour un nettoyage de printemps même sommaire. La quantité de détritus, ici comme ailleurs, n’est pas très importante, mais visiblement là de longue date !

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Le 7 juillet Camp du Col – Sumdo 3672m

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Le temps est toujours très correct. Les deux filles se croient déjà arrivées au bout du périple. Elles sont enthousiastes à l’idée de dormir entre quatre murs ce soir, sur un matelas. La fatigue aidant, Sylvie glisse sur une pierre en traversant un gué, entraînée par son sac à dos. Elle s’abîme l’épaule.

Il n’est plus question de bifurquer sur la gauche après Chodgo pour aller tenter l’ascension du mont Hemis. Nous n’avons plus de nourriture et nous sommes trop fatigués. Une telle aventure pourrait se concevoir indépendamment d’une longue  marche préalable.

Les parois de la montagne sont parfois découpées en languettes dentées formant  des multitudes de scies parallèles. Nous traversons le village de Chodgo inutilement. Il ne semble pas y avoir de homestay ni de tea stall pour se restaurer.

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A Sumdo, nous retrouvons la civilisation mécanique après 10 jours d’un bénéfique sevrage. Un bus nous prend à 9:00 . Direction Leh, presque sans arrêt.

Annexes  Mémoires de voyageurs

Sortir de la ville.

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Delhi – Au petit matin les quais sont déjà bondés. On enjambe les corps, endormis pense-t-on. Dorment-ils ? Nous cherchons dans cet imbroglio notre chemin et nos sacs nous ralentissent. Rien n’est affiché et les gens ne comprennent pas vraiment ce que nous leur disons. Ils nous indiquent des plateformes aux chiffres inexistants.

Un quai plus probable que les autres pour finir. Ici les mauvaises odeurs sont pestilentielles car les gens font leurs besoins sur les voies. C’est l’Appel de la Terre: Tout le monde en même temps, sans pudeur. J’ai déjà vu ces rituels lors d’un précédent voyage mais les gens étaient dehors, dans leurs bidonvilles dégringolant sur les voies.

Nous nous invitons dans ce monde curieux de notre présence. Il n’est pas possible de poser nos sacs par terre. Car la fange les salirait inexorablement. Nous attendons au milieu de la foule. Le jour est maintenant bien levé.  Un train entre en gare lentement et les gens s’agglutinent  contre les voitures encore en marche. Ils essaient de rentrer par les fenêtres trop petites lorsqu’elles ne possèdent pas de barreaux. Quand ils ne peuvent pas entrer, ils posent leurs affaires sur les sièges pour réserver leurs places.

Nos sacs sont nos ennemis. Ils nous empêchent d’être assez fluides dans ses marées humaines sans cesse refluantes. Une porte enfin ouverte où tous ceux qui ne sont pas passés par les fenêtres s’engouffrent.  C’est bien parce que l’on a pitié de nous que nous trouvons finalement à nous asseoir.

Et puis les choses et les gens se tassent dans un semblant d’ordre, avec calme, avec résignation. Tout semble immobile, comme dans un équilibre précaire et tendu. La vie est redevenue presque vivable, non que les puanteurs aient disparu, pas plus d’ailleurs que cette chaleur humide qui colle les vêtements et les peaux à la peau.

Le train s’ébranle. Ce soubresaut donne un sens à nos efforts. Nous allons enfin sortir de la ville.

L’imposture de Mac Leod Ganj

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Nous en avions rêvé au point qu’il n’était pas envisageable d’organiser notre entrée dans les Himalaya sans passer par là : Dharamsala alias Mac Leod Ganj, la cité refuge des tibétains, la cella du bouddhisme, le centre du monde de la sagesse, le havre de la paix intérieure…

En fait d’imposture, tout a commencé quand notre bus s’est  englué dans un embouteillage inextricable de voitures montant, descendant et garées à l’approche de Dharamsala. Seuls les klaxons fonctionnaient, comme s’ils allaient pouvoir, à eux seuls, arranger la situation. Le chauffeur a trouvé la solution pour finir en nous faisant tous descendre pour faire demi tour. Nous avons fini notre route à pied, excellent entrainement pour les marches futures après tout. Bienvenue à Dharamsala !

Mais ce n’est qu’un commencement, un avant goût de notre séjour  dans ce paradis imaginaire. Dans la cohue et les enchevêtrements métalliques, nous avançons vers un guest house. La pluie s’est entre temps mise de la partie. L’hôtel est aussi plein que la rue. Reste une dernière chambre donnant sur la rue. Elle est propre, le personnel accueillant, la carte alléchante (c’est  un des lieux où nous mangerons le mieux du voyage). Nous décidons de rester et allons déjeuner.

C’est en rentrant dans la chambre pour une sieste bien méritée que nous comprenons notre malheur : la rue s’est décongestionnée : une cacophonie en tut majeur qui nous attend jusqu’à la nuit fort avancée.

La classe moyenne en Inde

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En ce moment, quand on parle de l’Inde en France, c’est bien souvent sous un angle purement économique. L’inde fait peur! Il s’agit d’un de ces fameux pays émergeants qui pourraient bientôt avoir voix au chapitre dans nos instances internationales. Ils nous volent notre travail. Ils travaillent pour une poignet de riz. Et Tata avec sa nouvelle voiture à 2000USD qui a osé racheter nos belles Jaguar. Et Mittal, le Grand Méchant Patron sans humanité qui joue avec nos belles usines comme au Monopoly. On va le virer, hein? Et patati, et patata.

Quand on tente de rejoindre Manali, au pied des montagnes de l’Himalaya, on s’affronte à l’ émergence économique de l’Inde par des aspects beaucoup plus prosaïques. 300 millions d’indiens sont entrés brutalement dans la classe moyenne. C’est-à-dire que ces gens ne travaillent plus seulement pour manger, se loger et s’habiller, survivre quoi! Ils accumulent assez d’argent pour accéder aux loisirs et aux besoins non vitaux plus généralement. A commencer par les vacances et par l’automobile. Ils font comme nous dorénavant. Ils font comme nous il y a cinquante ans et comme nous encore aujourd’hui. Mais ils sont beaucoup plus nombreux d’une part et d’autre part les infrastructures n’ont pas évolué.

Ils sortent donc des mégapoles en voitures particulières et forment d’énormes files continues pour aller en vacances. On dirait qu’ils se sont tous donné rendez vous à Manali. Il faut dire que l’air y est beaucoup plus frais que dans la plaine. Imaginez la neige à Delhi! imaginez un champs d’asperges sur Mars! Voir la neige, glisser sur la neige pour la première fois!

En attendant, les files se sont immobilisées sur de nombreuses dizaines de kilomètres, dans les deux sens. En effet la route est trop étroite pour se croiser et il y en a toujours pour tenter de doubler pour passer coûte que coûte. Ce n’est pas spécialement indien. Les indiens sont par contre plus fatalistes que les occidentaux. L’hindouisme veut cela. On peut donc voir deux files continues bloquées et des segments de files tout autant bloqués, à contre sens. Les gens restent toujours souriants. Ils rouleront sur des autoroutes dégagées dans leur prochain karma…  En attendant, ils nous prennent en photo avec leurs bébés pour constituer leurs albums. Nouveau hobby.

C’est de cette manière que nous battons notre record de lenteur en bus pour atteindre le Ladakh: 115 km en 12 heures, debout, 9.58km/heure.

L’avion ? C’est juste 100 fois plus rapide!

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