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Notre objectif:

Rejoindre le camp de base du Makalu, le dépasser pour accéder au premier des trois cols conduisant aux vallées du Solu Kumbu pour évaluer la faisabilité d’un passage futur en solo.

Contexte:

Mars n’est pas le meilleur mois pour entreprendre une ballade dans les vallées conduisant au Makalu : la région est réputée plus nuageuse et pluvieuse que la moyenne. Ce trek est choisi malgré cet inconvénient car il est autorisé de l’entreprendre en solo. C’est aussi un petit crochet à partir de l’Inde où je me trouve à ce moment en mission. D’autre part, notre autonomie sera mise à l’épreuve au bon niveau sur le plan matériel car les lodges de la seconde partie (après Tashigaon) ne seront pas encore ouverts et nous obligeront à être indépendant 7 à 10 jours.

Préparation:

Itinéraire : Les points GPS sont tirés de Google Earth. De grandes parties du trajet entre Tumlingtar et la vallée de Barun restent invisibles et rendent l’itinéraire très imprécis du fait de la mauvaise qualité des photos satellite et de nombreux passages en forêts. La vallée de Barun est mieux photographiée et les chemins plus visibles du fait de la plus haute altitude.

La carte Shangri la au 80000ème, achetée à Paris, s’avère fausse sur plusieurs points dont le passage délicat de la Shipton la, comparée aux photos satellites  (les passages de cols sont toujours par définition délicats). On peut se demander si une erreur aussi grossière (contournement d’un massif par le mauvais côté) n’est pas volontaire.

matériel: Nous avons allégé le matériel depuis octobre 2012 : la tente Power Lizzard UL de chez Vaudé à double toit ne pèse plus qu’un kilo. Le sac Exos55 de Osprey pour Sylvie  ne pèse plus qu’un kilo également. Les sacs de couchage BloodyMary de Valandré doublés de drap de soie Décathlon nous permette d’affronter le froid avec un peu plus de sérénité.

Nourriture : nous emportons jambon, fromage, chocolat, semoule, fruits secs, céréales,  laits deshydraté, sachets de capuccino  pour dix jours en totale autonomie à partir de Tashigaon. 500g de spiruline sont embarqués pour étudier sommairement ce complément alimentaire comme palliatif au manque de vitamines normalement apportées par les fruits et légumes frais et au manque de protéines lié aux faibles rations alimentaires. La quantité totale pèse 7.5kg.

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A l’expérience, une journée d’autonomie à deux équivaut à 1kg de nourriture emportée. Des sucres lents (pain ?) devront être trouvés pour remplacer cacahuètes, noisettes etc, trop dures à digérer pour les déjeuners.

Poids total emporté : Les sacs pèsent respectivement 11.8Kg et 15.3kg

Accès:

Nous avons choisi le trajet en avion de KTM à Tumlingtar bien que celui-ci soit cher (prix touriste AR 455USD pour 2 pour 30mn de vol) et incertain (annulations et retards dus aux conditions météo pour des avions ne décollant et n’atterrissant qu’à vue. L’alternative est de prendre trois bus successivement sur une durée minimum de 20 heures.

A partir de Tumlingtar, la route puis la piste de plus en plus défoncée conduisent maintenant jusque Num. Les deux premiers jours du trek classique peuvent être remplacés par deux trajets Tumlingtar – Khandbari (150Rs ?)et Khandbari –Num . Le dernier trajet 4 à 6 heures selon les conditions météo est facturé 600Rs,

Carte de situation:

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DSCF9735 situation trek du Makalu

 

Le voyage et le trek au jour le jour

  • Samedi 9 mars. Arrivé de Chennai via Delhi à KTM à 15 h. Négociation d’un taxi à l’aéroport pour Thamel : 400Rs (il semble que ce tarif soit raisonnable). A Thamel : négociation d’une chambre correcte (pas trop sale, assez grande, et surtout au calme) au Puskar pour 600Rs/nuit. Ce sera notre « camp de base ». Mon enquête trop succincte auprès d’une agence me conduit à confirmer le trek du Makalu (la Shipton la est réputée ouverte ( !). Achat facile des billets KTM Tumlingtar  dans cette agence (AR 2 personnes 455USD) Buddha air du 14/3 au 5/4.



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  • Dimanche 10 mars : prolongation de mon visa à l’Immigration Department (Kalika Marg 30mn de Thamel) réputé fermé pour cause de fête  (Maha Shivaratri festival ). Démarche très facile. Je récupère mon passeport après une heure. Ne pas céder aux pressions de personnes vous poussant à payer un complément pour récupérer votre passeport dans la foulée (il n’y a pas de sots métiers mais les touristes ont bon dos et tous les moyens sont bons pour leur faire ouvrir le porte monnaie).

Je pars en début d’am à pied vers Pashpatinath où se tient la « fête » avec Léo, un nouveau compère rencontré au Dep immigration. Foule insensée, ambiance survoltée. Nous sommes privilégiés et on écarte les foules devant nous  car nous devons payer 500Rs pour entrer  alors que les autochtones ne paient pas. Nous arrivons quand même à passer sans payer mais je ne pourrai plus en sortir sans preuve de paiement et sauf à passer par les égouts. Belle aventure !

C’est le seul jour de l’année où la consommation de cannabis est parfaitement légale partout. Les sadhus s’en donnent à cœur joie.

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  • Lundi 11 mars : j’obtiens sans problème et sans  élai nos TIMS et tickets d’entrée pour le parc du Makalu Barun au Nepal Tourism Board (10mn de Thamel) bien que Sylvie ne soit pas là. Photocopie de passeport et photos d’identité suffisent.
  • Mardi 12 mars : Je vais à pied à l’aéroport chercher Sylvie qui arrive de Paris pour mesurer le temps nécessaire en cas de grève. Les jours de grève, aucun véhicule ne peut circuler, les assurances ne couvrant pas les dégradations sur les véhicules causées par les manifestants (à ce propos, le Népal bat la France pourtant leader mondial dans sa capacité de nuisance par la grève. Nous connaîtrons 2 grèves : le 25/3 et le 7/4 en un mois). Parcours tranquille en 1h30. Compter 1 :40 avec un sac.
  • Mercredi 13 mars : dernier jours de repos. Nous préparons les sacs et savourons nos derniers repas occidentaux. Il faut reconnaître que Thamel est bien confortable pour cela.
  • Jeudi 14 mars : Nous partons en taxi pour l’aéroport avec une provision de croissants que nous mangerons sur place avec du thé en guise de petit déjeuner.  L’avion doit décoller à 10 :30 et nous arrivons par précaution vers 8 :30. Il est difficile de trouver un tea stall dans les environs de l’aéroport domestique pour  déguster nos derniers croissants. Notre vol s’affiche et nous nous enregistrons sans problème. Le vol sera finalement annulé vers midi car l’aéroport de Tumlingtar reste fermé pour cause de brouillard persistant.  On nous propose une place le surlendemain (vol du vendredi complet !) sans garantie que le temps soit plus clément… Nous choisissons de partir dans l’après midi pour Biratnagar à la frontière indienne en payant un complément d’une quarantaine d’euros .Il n’y a pas de petits profits! Vers 17 heures à l’aéroport de Biratnagar, le personnel de Buddha nous trouve un taxi pour Tumlingtar qu’il faut négocier durement. Nous passons de 22 000 à 14 000Rs. Nous emmenons un passager népalais qui paie 4000Rs  (cela démontre que la négo n’a pas été trop mauvaise)

Nous quittons vite la chaleur moite du Terai pour les routes et pistes défoncées en tôle ondulée qui montent vers les Himalaya. La route durera une bonne partie de la nuit jusque 2heures. A Tumlingtar, nous nous couchons sur des bancs à proximité des jeeps réputées à destination de Khandbari.

  • Vendredi 15 mars : Khandbari (348m) – Num (1530m)   DSCF9737 treks du Makalu 1503

Le sommeil est de courte durée. Nous sommes entourés par les porcs puis visités par des hommes venus satisfaire leurs besoins à proximité. Cet endroit de la ville est particulièrement sordide. Levés à 6 :00, il n’est même pas possible de manger une omelette et boire un thé dans un lieu unique. Quant au chapati, il n’a pas encore été inventé à cet endroit. Nous sommes bien entourés par contre et on nous propose une jeep pour Khandbari à des prix prohibitifs (3000rs). Exaspérés, nous partons à pied vers 7h sans même chercher à négocier. Agir plutôt qu’attendre dans l’indécision…

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Sans le savoir, nous empruntons la nouvelle route, beaucoup plus longue et poussiéreuse que l’ancien chemin. Un jeune homme qui se lave au bord de la route nous indique le bon chemin à prendre.

Pour ceux qui souhaitent faire ce trajet à pied : prendre à droite de la route principale au point 27°20’22.82″N 87°11’46.66″E puis suivre le chemin qui va croiser à plusieurs reprises la nouvelle route jusque Khandbari.

 

Nous arrivons à Khandbari vers 12heures, en même temps que la jeep de Tumlingtar. Nous nous reposons à l’ombre en attendant un hypothétique départ vers Num.

Les gens semblent plus sérieux ici et les tarifs sont clairement indiqués (600Rs). Nous partons vers 13h pour attendre une bonne heure dans le bled suivant. Un bus arrive qui déverse ses passagers dont certains montent dans la jeep. Nous avons le privilège d’être installés à l’avant.  Le temps se couvre jusqu’à l’incontournable pluie de fin de journée qui commence vers 17h, entraînant coulées de boues dans lesquelles le chauffeur perd parfois tout contrôle de sa direction. Il nous confie même sa peur comme pour se rassurer à un moment critique : « Danger road !  Danger road ! » Les sacs sont rentrés dans le véhicule et des feuilles de plastique dépliées pour éviter que les passagers ne soient totalement trempés (cela fait belle lurette que les vitres ont disparu).

Nous arrivons à Num vers 19h bien après que la nuit ne soit tombée. On nous cherche le propriétaire d’un guest house et il nous prépare un succulent dalbath arrosé d’un whisky local revigorant (ressuscitation kit).

Il faut juste savoir qu’il n’y a pas d’eau courante à Num. On vous servira généreusement un petit broc d’eau si vous demandez la douche.

  • Samedi 16 mars : Num – Seduwa, 6 :15, dénivelé 820m DSCF9747 treks du Makalu 1603

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Nous nous réveillons en forme vers 7 :15. Il y a un peu de soleil mais les nombreux nuages laissent présager d’un temps pourri dés le milieu de la journée. Aprés un petit déjeuner copieux (double omelette, nombreux chapatis arrosés de milk tea , nous entamons à 8 :45 la grande descente vers l’Arun (770m) dans des paysages bucoliques et tropicaux. Par manque d’entraînement, nous glissons à plusieurs reprises, sans mal car les sacs amortissent la chute. Nous rencontrons en bas deux kazaks revenant de Kongma. Ils nous assurent que les passes sont toujours bloquées par la neige et qu’un premier groupe de russes a du également renoncé avant eux. Nous ne reverrons plus de trekkeur avant notre retour.

La remontée se fait dans un ciel de plus en plus couvert . Quelques grosses gouttes commencent à tomber vers 13h.

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Il est possible de déjeuner et probablement dormir au point 27°34’12.10″N 87°16’16.00″E

 

Nous arrivons à Seduwa en 6 :15 à comparer aux 3.5h données par la carte ! Nous nous faisons enregistrer à la maison du Parc National du Makalu Barun. Les employés sont sympathiques mais la responsable soupèse discrètement mon sac pour voir le sérieux de notre expédition en nous confirmant que la Shipton la est fermée. Nous verrons bien. Elle nous conduit à un guesthouse proche, convenable et possédant une douche, un vrai luxe. Nous en profitons pour faire la première lessive car nous avons très peu de linge de rechange.

Diner+  nuité + petit déjeuner = 1600Rs

  • Dimanche 17 mars : Seduwa – Tashigaon, 7 heures , dénivelé 630m DSCF9761 treks du Makalu 1703

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Levés à 6 :30, départ à 8h. Nous nous engageons sur un mauvais chemin au sortir de Seduwa. C’est bien celui qui est indiqué sur le GPS mais ce n’est pas celui conduisant à Tashigaon ! Un jeune nous remet sur le bon chemin en nous faisant traverser les rizières et en clamant haut et fort en rigolant qu’il est notre guide. Remis sur la bonne voie, je tente maladroitement de lui donner un pourboire qu’il  refuse avec fierté. C’est à ce point que nous faisons la connaissance de Dawa, professeur à l’école de Chyaksadanda, entre Seduwa et Tashigaon. Il fait le trajet tous les jours de seduwa où il vit avec son épouse Renen que nous reverrons à Kongma, employée du Parc National et leurs deux enfants Harpana et Michael. Le monde est petit. Il nous accompagne bien que notre rythme soit fort lent. A Chyaksa, il nous présente au principal de l’école publique et nous fait visiter les classes. Un tremblement de terre à détruit un bâtiment il y a deux ans et rien n’a été reconstruit depuis. Les cours se font dans des conditions difficiles dans un bâtiment de bambou provisoire. Il nous demande de l’aider.  C’est peut-être une belle aventure qui commence. Nous le reverrons et explorerons la faisabilité à notre retour.

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Le chemin nous conduit tranquillement à Tashigaon 2200m) où nous arrivons vers 15h. Tashigaon est le dernier village permanent mais semble bien mort comparé à Seduwa. Le rumi nous occupe en fin d’après midi. Diner de dalbhat comme d’habitude. Diner + nuité + petit déjeuner = 2100Rs, tout augmente avec l’altitude…

  • Lundi 18 mars : Tashigaon – Kongma, 9 heures, dénivelé 1425m DSCF9786 treks du Makalu 1803

 

Départ à 7 :40. Les chapatis du petit déjeuner étaient un peu pourris, avec un goût de pénicilline et un arrière goût sucré (polysaccharides partiellement transformés en sucre probablement). Nous ne les avons pas finis bien que nous n’aurons plus que nos réserves dorénavant.

C’est la journée la plus difficile de l’ensemble du trek. Le trek est réputé difficile à cause de cette journée. Il est bien possible de dormir dans des abris de berger ou sous la tente sur le parcours mais le règlement du parc l’interdit théoriquement.

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Dés le départ, le chemin monte durement dans la forêt tropicale. Puis les plaques de neiges deviennent de plus en plus nombreuses. Il faut monter dans un goulot rempli de neige dans laquelle nous nous enfonçons parfois jusqu’à la taille. Le chemin n’est plus visible. Nous nous inquiétons de ces conditions et du temps qui passe. Notre seul point sûr dans la mémoire du GPS est celui de Kongma dont nous voyons la distance diminuer trop lentement. Cela fait bien longtemps que la neige tombe quand nous apercevons des drapeaux de prière en surplomb. Nous arrivons à un col proche de Kongma que nous distinguons peu de temps après vers 16 :00. Nous arrivons à 16 :40. Il était temps.

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Il n’y a pas de source apparente  à Kongma. Il faudra faire fondre la neige pour avoir de l’eau. Nous installons la tente sur un faux-plat à côté du guesthouse dont toutes les portes sont cadenassées.  Pour cela, il faut d’abord déblayer la neige du terrain. Je cherche ensuite du bois mort dans les massifs de rhododendrons alentour alors que la nuit tombe.

Le feu doit être activé continuellement pour ne pas s’éteindre. C’est en larmes que je fais fondre ma première gamelle d’eau… Couchés à 20h après un diner purée jambon rehydratés.

  • Mardi 19 mars : A kongma  

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C’est une journée consacrée à l’acclimatation. Nous profitons du soleil généreux en première partie de journée. La nuit a été un peu froide (-4°C au réveil dans la tente). Nous n’avons pas eu froid mais nous sommes loin des températures de référence auxquelles il est prévu de faire face (-15°C)

Le staff du Parc du Makalu nous rejoint en fin de matinée.  Ils se lancent dans une joyeuse partie de glissades dans la neige. L’un  d’entre eux, nouveau dans la région, voit la neige pour la première fois !  Ils nous diront à notre retour qu’ils avaient un pincement au cœur en nous laissant seul là haut !

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  • Mercredi 20 mars Kongma –  Kongma la  – retour, 2heures dénivelé 260m 

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Réveil à 5 :45 car l’objectif est d’aller tôt le plus haut possible en reconnaissance et sans le fourniment, laissé à Kongma.  Il a plu en fin de nuit et le ciel n’est pas d’un bleu limpide. Nous sommes au dessus d’une couche nuageuse compacte.  Nous partons après un petit déjeuner succinct à 6h au moment où la brume commence à nous rejoindre par le bas. C’est une course à forces inégales qui s’engage entre nous. Nous nous enfonçons de temps en temps jusqu’à la taille dans la neige. Il faut deviner le chemin entre des congères de plus en plus étendus.

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Nous atteignons le mani et les drapeaux de prières du col à 7 :40. Il fait grand beau temps et nous découvrons les chaînes de hauts sommets qui semblent nous narguer. En poursuivant notre route conformément aux points  GPS, nous avons de plus en plus de mal à progresser. Nous nous arrêtons au point  27°39’52.47″N  87°12’19.59″E à 3880m. L’accumulation de neige recouvrant le chemin devient telle que la progression nous semble irréaliste et dangereuse avec des sacs.

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Nous sommes déçus de ne pas pouvoir poursuivre. Il faudra revenir en automne.  Le panorama est magnifique mais nous n’en verrons pas plus cette fois-ci. Nous collectons du bois dans la descente et Kongma est dans le brouillard à notre arrivée. Nous profitons du temps libre l’après midi pour réfléchir au projet d’école de Chyaksa. Nous aurons beaucoup de questions à poser à notre retour.

  • Jeudi 21 mars : Kongma – Tashigaon en 6 :40  

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  Au réveil, la neige est en train de tomber dans un brouillard à couper au couteau. Du jamais vu ! J’allume le feu pour le petit déjeuner puis nous plions la tente mouillée dans les sacs en essayant de protéger au maximum les affaires de l’humidité. Départ à 9 :30. Le GPS est très utile dans le brouillard car il nous permet de suivre la trace du chemin à l’aller sans trop hésiter. Nous glissons à plusieurs reprises sans trop de mal.

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Rapidement des orages de grêle  nous accompagnent. Et l’eau s’infiltre partout dans nos affaires, chaussures et vêtements.  Un abris nous permet de déjeuner au sec . Nous arrivons à Tashigaon à 16:10.  Il n’y a plus qu’à étendre toutes nos affaires pour tenter de les faire sécher. Le chocolat est aussi un moyen de nous réconforter.

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Nous continuons à piocher dans nos réserves de nourriture pour éviter de trop en redescendre. Nous commandons 2 bières pour le diner avec de l’eau chaude pour les cappuccinos. La propriétaire qui n’a pas bien saisi nous apporte les bières baignant dans  l’eau chaude.

  • Vendredi 22 mars : Tashigaon – Seduwa en 4 :30

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Nous nous arrêtons à Chyaksa mais l’école est déjà fermée car une fête de 4 jours commence (les fêtes, comme en Inde, font concurrence aux grèves). Nous retrouvons Dawa avec qui nous descendons sur Seduwa. Nous planifions une journée de travail  dés le lendemain de bonne heure.

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  • Samedi 23 mars à Seduwa.

Première réunion avec Dawa et le responsable du Parc, Manjit, à 7heures. Ils collecteront les informations pour la cotation du projet pendant que j’écrirai un projet de convention. A 16 :00 tous les documents sont complétés et écrits sous word avec le seul ordinateur du village. Ici, il n’y a pas encore internet. On espère une liaison wifi avec Num, en face, dans les prochaines années.

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Dawa nous invite chez lui le soir pour partager la tongba et le dalbath. La tongba est une bière obtenue en versant de l’eau chaude à plusieurs reprises sur du millet à demi fermeté. L’eau chaude réactive la fermentation et crée une effervescence en 5 minutes.  La paille de bambou agit comme un filtre et permet d’aspirer le breuvage sans trop avaler de grains de millet.

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Voilà une bonne soirée qui nous permet de rentrer dans l’intimité d’une famille népalaise en apprenant quelques coutumes. Par exemple, la paille chez les Bhote se dépose en équilibre sur le dessus du  récipient alors qu’elle se dépose à côté sur la sous tasse chez les Sherpa. Leur accueil est chaleureux et nous sommes vraiment heureux  de commencer un projet avec eux. En rentrant, je titube un peu.

  • Dimanche 24 mars  Seduwa – Num

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Nous entreprenons l’interminable descente vers l’Arun après avoir salué Dawa à qui nous promettons de nous revoir bientôt. Nous croisons deux filles avec guide et porteur. Leur guide est bien gêné lorsque je leur dis que l’accès à la vallée conduisant au camp de base du Makalu est bloqué au niveau de la Kongma la par la neige. Nous les retrouverons peu de temps après dans les Annapurna  sans leur guide.  Elles n’auront pas davantage que nous été plus loin  que les hauteurs de Kongma…

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La montée est un calvaire car je me sens épuisé avec un rythme cardiaque élevé même à l’arrêt. Intoxication alimentaire ? Tongba excessive ? Sylvie est exaspérée par mes arrêts fréquents…

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Num est  devenu le terminus d’une route qui déverse tout ce que la civilisation possède de plus grossier : gasoil, tôles, sacs de riz etc. Ce village a probablement perdu  son caractère sans encore acquérir les facilités qui vont normalement avec le progrès. On nous promet de l’eau courante dans une guesthouse.  Il n’y aura qu’un broc à utiliser dans un coin de la cuisine qui sert de restaurant local.

Le patron nous propose du poulet avec des pommes de terre pour le diner. Formidable ! Une toute petite assiette vaut bien un robinet d’eau chaude.

  • Lundi 25 mars  Num – Tumlingtar – fin du trek.

Le patron nous apporte la note : 2750Rs. J’épluche le détail car le montant nous paraît fort élevé. C’est le poulet.C’est cher ici m’explique-t-il. Sa femme arrive en renfort : très cher. Un poulet coûte bien 2000RS (20€).

Je lui propose de me faire un prix raisonnable et, devant son mutisme,  lui donne 2000Rs en lui expliquant que je serais très intéressé  d’aller l’entendre s’expliquer avec la police sur les poulets à 2000Rs!

Une jeep nous redescend en 4h jusqu’à Khandbari. Un employé de banque nous aide à décaler nos réservations pour le lendemain. Nous apprenons qu’il y a une grève et qu’il faudra faire le dernier tronçon à pied. On ne rigole pas avec la grève au Népal !

Il nous reste juste 15 jours à passer au Népal du fait de notre retour prématuré. Plutôt que d’aller visiter les rhinos [raïnos] du Terai, nous décidons de retourner au Camp de Base des Annapurna (première visite en 2001), en espérant que le temps soit plus favorable…

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