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Du 28 mars au 4 avril 2013

Introduction:

C’est en revenant du trek du Makalu, interrompu par le mauvais temps, que nous décidons d’aller au Sanctuaire des Annapurna. En effet, il nous reste deux petites semaines au Népal que nous voulons utiliser au mieux. Le Terai ne nous attire pas beaucoup et nous craignons la malaria, peut-être à tort. J’ai déjà été au sanctuaire des Annapurna, en mars 2001.  C’est donc une redite pour moi mais une première pour Sylvie. DSCF9997  treks du sanctuaire des Annapurna

Notre objectif:

Aucun sauf profiter d’un environnement exceptionnellement beau même s’il est truffé de touristes, pourvu que le temps soit plus clément que dans les vallées du Makalu…

Préparation:

Par la force des choses et par manque de nécessité,  aucune préparation n’est effectuée, à l’inverse des quatre derniers treks,. Le trek des Annapurna est l’autoroute à trekkers par excellence.  Il n’y a pas de possibilité de se perdre, même en le faisant exprès. Il aurait été possible de préparer une ballade à partir du sanctuaire lui-même pour se rapprocher des grands monstres qui l’entourent. La carte donne quelques itinéraires intéressants.

Permis :

Nous nous précipiterons en arrivant à KTM de retour de Tumlingtar (Makalu)  à l’office de tourisme pour obtenir le permis. Un samedi et fête de Holi,  notre chance semble très réduite de trouver les bureaux ouverts. Nous arrivons à  15h et le bureau de l’ACAP ferme à 16h mais nous avons oublié les photos d’identités. On nous indique où les faire à 10mn à pied. Les permis sortent de l’imprimante à 15h40. Formidable ! Par contre le bureau du TIMS est fermé. Nous maquillerons ceux du Makalu en ajoutant quelques noms de villages sur notre route. Nous verrons bien !

Sac à dos:

Ils sont allégés de toute nourriture et de la tente puisque nous serons hébergés par des guesthouses qui jalonnent fréquemment le parcours.

Accès:

A Kathmandu, les bus « turist» partent à 7h de Kanthi Path  (27°42’42.08″N, 85°18’54.54″E) après l’ambassade américaine, à 10mn de Thamel (KTM Pokhara en 8h pour 600Rs). Nous choisissons d’entrer dans le parc par Kande (28°17’32.63″N, 83°49’26.60″E) sur la route de Naya Pul car la carte Pocket Map au 62 500 ème  indique une altitude de 1725m alors que Naya Pul se situe plus loin et à 1070m. Nous espérons ainsi éviter trop de touristes sur la première partie du trek et quelques centaines de mètres de dénivelé. Le bus s’arrête à la demande. C’est sans compter le petit col pour passer Bhichok (2100m)

Agenda:

Arrivé le soir à altitude dénivelé En
28/3 Landruck 1587 445 7h
29/3 Sinuwa 2350 763 8h
30/3 Deorali 3151 801 7h30
31/3 ABC 4124 973 4h30
1/4 Dobhan 2520 -1604 7h20
2/4 Jinnu 1723 -797 7h30
3/4 Repos à Jinnu 1723
4/4 Siwai 1410 -313 3h30

  Le voyage et le trek au jour le jour

  • Jeudi 28 mars: de Kande à Landruck

DSCF9997 treks des Annapurna 2803 Il fait beau mais suffisamment brumeux pour ne pas apercevoir les pics des Annapurna depuis Pokhara. Un taxi nous emmène à la gare des bus vers Baglung  (28°13’56.77″N  83°58’57.48″E) pour 300rs. L’un d’eux part vers 8h (100Rsx2 jusque Kande). A Kande, nous prenons un petit déjeuner au bord de la route et recherchons l’entrée du chemin (28°17’32.63″N, 83°49’26.60″E). Avec nos sacs légers et le chemin bien construit, c’est une ballade agréable et bucolique. Nos droits d’entrée sont contrôlés à Pothana ou Bhichock. Les TIMS maquillés restent sagement dans nos poches… Nous arrivons à Landruk vers 15h40.

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  • Vendredi 29 mars :

DSCF10007 treks des Annapurna 2903

Levé à 6h15, et départ à 7h10 après un petit déjeuner copieux. Nous payons 1805Rs pour le diner, la chambre et le petit déjeuner. La première  partie du trajet est en descente très agréable  jusqu’à New Bridge. Les choses se gâtent ensuite avec une ascension de 900m jusqu’à Chhomrong.  Nous y déjeunons vers 12 :30 (veg chowein et milk tea pour 630Rs).

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Il faut ensuite entreprendre une descente aussi dramatique que la montée du matin. On se demande l’utilité de monter si haut pour redescendre aussitôt. Plutôt que de suivre le cours de la Modi Khola. Les genoux souffrent assez pour qu’on en vienne à imaginer que ce détour apparent a été conçu pour faire vivre les nombreuses boutiques et lodges de Chhomrong. Nous profitons de notre passage au grand dépôt pour acheter un peu de whisky à un prix abordable (250Rs pour 400Rs dans les lodges à ce niveau d’altitude).

DSCF10021        DSCF10023 Nous arrivons à Sinuwa à 15h. Vraies douches chaudes à 100Rs (50% d’augmentation 800m plus haut… )

  • Samedi 30 mars :

DSCF10023A  treks des Annapurna 3003

Levés à 6h. Il fait déjà un peu plus froid (9°c dans la chambre). La note augmente aussi avec l’altitude (2140Rs) Départ à 7 :35 . Maintenant que nous sommes sur le chemin principal, il y a foule sur le chemin, dans les deux sens. Il reste pourtant étonnamment propre. L’ACAP a fait un travail remarquable de nettoyage depuis il y a 12 ans. Le chemin était alors parsemé d’emballages plastiques, de bouteilles et de canettes métalliques.    

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Le Macchapuchare se distingue bien mais les nuages arrivent très vite sur les Annpurna au loin. Une petite pluie fine nous rejoint en fin de matinée. Nous déjeunons à Himalaya (patates sautées thé pour 720Rs). Nous commençons à nous demander si nous avons pris assez de roupies pour l’ensemble du trek.

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La pluie ne nous quitte pas jusqu’à Deurali où nous arrivons à 15h. Tous les lodges sont complets ! On nous trouve une place dans une remise à blankets. Ce n’est pas terrible. J’imagine qu’il en soit de même à ABC. J’obtiens du jeune patron qu’il nous réserve une chambre puisque tout le monde possède un téléphone.  Chose faite rapidement. Nous apprendrons le lendemain matin avant de partir que tout est déjà complet là-haut. Nous avons bien fait ! Le lodge est occupé par  un groupe de 22 touristes, probablement portuguais. Ils sont sympathiques mais il faut leur laisser la table quand vient l’heure du diner. Plus lents qu’eux, nous nous gênerons mutuellement pendant une grande partie du trek.

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Ces grands groupes sont devenus un inconvénient non négligeable de ce type de treks. J’imagine qu’il en va de même dans le Khumbu où j’étais relativement tranquille en 2002. Vive les trajets plus originaux !

  • Dimanche 31 mars :


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Levés à 6h. Il fait 6°c dans la chambre. Nous prenons le petit déjeuner en même temps que les sherpas pour dépasser tôt le couloir à avalanches entre Deorali et MBC. Nous en sommes à 2590Rs. Il est bien qu’ABC ne soit qu’à 4150m. Nous partons à 7h10 sous un ciel parfaitement bleu.  Le soleil met du temps à nous rejoindre dans cette vallée encaissée.  Plutôt que de traverser la Modi khola, nous restons sur sa rive droite. Déjà bien engagés, nous nous apercevons que le chemin principal passe maintenant de l’autre côté, d’une part probablement pour éviter les risques d’avalanche et d’autre part parce que notre chemin traverse des langues de neige glacée à pratiquement 45°.  Une glissade dans ces endroits pentus pourrait être fatale.

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Nous arrivons à MBC en une heure. Il y a foule ici. Les nuages arrivent par le bas à une vitesse impressionnante. Il reste moins d’une heure de marche quand nous sommes dans un brouillard léger, annonciateur de mauvais temps.          

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Le patron du Snowland lodge nous attend. La chambre est spartiate et propre. Nous passons une bonne partie de l’après midi et la soirée avec un couple de jeunes français, Mélissa et Johnny, en congé sabatique qui se balladent en Asie.

  • Lundi 1er avril :

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Le ciel est limpide au lever du soleil qui illumine en or les massifs entourant le sanctuaire. Nous sommes loin des grises vallées du Makalu. Il ne fait que 0 dans la chambre et -3°C dehors, bien chaud en comparaison des -7 et -17°C d’il y a 12 ans à la même période! Nous faisons une série de photos avant le petit déjeuner.    

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Le petit déjeuner est copieux comme d’habitude. La note aussi : 3640Rs mais nous n’irons pas plus haut !

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Nous partons vers 8h10 et nous retrouvons Johnny et Mélissa sur la rive gauche du torrent peu avant Deorali où nous déjeunons tranquillement ensemble. Nous repartons vers 13h pour arriver à 15h30 à Dhovan. Les premières gouttes de pluie commencent à tomber. Douches chaudes à 150Rs.

  • Mardi 2 avril :

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Le ciel est toujours bien dégagé à notre réveil. Départ à 7h30. La majestueuse stature du  Macchapuchare semble toujours nous protéger mais Sylvie chute deux fois sur la première demi-heure. Il faut faire attention aux racines qui barrent le chemin et à la fine couche de glace qui les recouvre !

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La grande descende se poursuit jusqu’à Bamboo suivie d’une bonne remontée puis d’une descente jusqu’aux escaliers monstrueux menant à Chhomrong. La suite se fait en partie sous une pluie de plus en plus dense. Nous arrivons déjà bien mouillés à Jhinnu vers 15h. Nous entrons dans le premier lodge (lodge Hot Springs) sans choisir. L’accueil est assez froid pour une fois. Il n’y a pas de serveur et il faut aller soi-même commander ses consommations à la réception. De plus nous y retrouvons le soi-disant guide qui nous poursuit depuis Sinuwa dans la montée. Son visage n’est plus qu’un amas de plaies et de pansements. On apprend qu’il s’est viandé dans la neige aux environs de MBC. Il ne frime plus maintenant.

Comme nous avons décidé de passer ici une journée, nous partons à la recherche d’un lodge plus sympathique dans Jhinnu lorsque la pluie a cessé. L’hotel Namaste nous offre un jardin rempli de fleurs et un accueil beaucoup plus chaleureux.          

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  • Mercredi 3 avril :

C’est encore une galère pour commander le petit déjeuner : cet hôtel est organisé pour recevoir les groupes avec leurs guides larbins qui s’occupent de commander les repas. J’en oublie mon omelette quotidienne. 1930Rs, les prix recommencent à baisser un peu avec la descente. Nous filons ensuite nous installer au Namaste. Ce sera notre plus courte marche du trek. Départ à 7h30, arrivée à 7h35 !

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On nous prépare la chambre que nous avons choisie puis nous partons vers les sources chaudes. Nous ne sommes pas seuls sur le chemin ! Les sources chaudes se situent près de la Modi khola. Des bassins ont été construits pour recueillir l’eau chaude et permettre aux touristes de s’y réchauffer après une douche obligatoire. Un gardien veille à la bonne hygiène du lieu, L’ACAP a décidemment fait du bon travail dans le parc.

Le bain nous fait un bien considérable après tous ces efforts. L’eau est à 37°c et nous passons un bon moment dans cet endroit agréable et bien organisé (50rs*2).

Nous passons le reste de la journée à buller. Un énorme orage éclate vers 14h. Nous sommes bien contents d’être à l’abri. Des trekkeurs trempés arrivent en courant et remplissent les dernières chambres et fils à linges de leurs vêtements mouillés. Dans la soirée, nous jouons  aux cartes avec des trekkeuses allemandes et un guide fort sympathiques.

  • Jeudi 4 avril :

Levé à 6heures, petit déjeuner à 6h30, départ à 7h30 après quelques belles photos de l’Annapurna sud (7219m) et de l’Hiunchuli (6434m) qui dominent le village.          

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Nous descendons vers New pul. La carte indique une nouvelle route le long de la Modi khola qui évite Gandruck et la longue route pour y aller. C’est par ce nouveau chemin que nous rejoignons Siwai, terminus de la route pour jeep Mahindra.

Nous avons cette même impression qu’à Num, dans la région du Makalu. Ici tout paraît sale et laid. Nous sommes malgré tout heureux de voir une jeep (300Rs/p) s’apprêter pour le départ vers Naya pul. Il y a aussi un bus (500Rs/p) qui dépose des passagers puis part pour Gandruck pour repasser à Siwai avant de repartir vers Pokhara.  C’est peut-être la meilleure solution.

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La jeep nous dépose à Naya pul après une bonne heure de route chaotique. Elle nous arrête d’abord au bureau de l’ACAP puis au bureau du TIMS.  J’ai un pincement au cœur en tendant nos TIMS du Makalu maquillés. Mais les gentilles fonctionnaires nous font un grand sourire en inscrivant nos noms dans un grand registre. Il finira dans une armoire bringue ballante et rouillée sur laquelle se dépose, au fil des années, une épaisse couche de poussière protectrice.

Un bus (150Rs/p) s’apprête à partir  au moment où nous rejoignons la route en surplomb de Naya pul. Il nous embarque pour Pokhara. La boucle est bouclée.



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Notre objectif:

Rejoindre le camp de base du Makalu, le dépasser pour accéder au premier des trois cols conduisant aux vallées du Solu Kumbu pour évaluer la faisabilité d’un passage futur en solo.

Contexte:

Mars n’est pas le meilleur mois pour entreprendre une ballade dans les vallées conduisant au Makalu : la région est réputée plus nuageuse et pluvieuse que la moyenne. Ce trek est choisi malgré cet inconvénient car il est autorisé de l’entreprendre en solo. C’est aussi un petit crochet à partir de l’Inde où je me trouve à ce moment en mission. D’autre part, notre autonomie sera mise à l’épreuve au bon niveau sur le plan matériel car les lodges de la seconde partie (après Tashigaon) ne seront pas encore ouverts et nous obligeront à être indépendant 7 à 10 jours.

Préparation:

Itinéraire : Les points GPS sont tirés de Google Earth. De grandes parties du trajet entre Tumlingtar et la vallée de Barun restent invisibles et rendent l’itinéraire très imprécis du fait de la mauvaise qualité des photos satellite et de nombreux passages en forêts. La vallée de Barun est mieux photographiée et les chemins plus visibles du fait de la plus haute altitude.

La carte Shangri la au 80000ème, achetée à Paris, s’avère fausse sur plusieurs points dont le passage délicat de la Shipton la, comparée aux photos satellites  (les passages de cols sont toujours par définition délicats). On peut se demander si une erreur aussi grossière (contournement d’un massif par le mauvais côté) n’est pas volontaire.

matériel: Nous avons allégé le matériel depuis octobre 2012 : la tente Power Lizzard UL de chez Vaudé à double toit ne pèse plus qu’un kilo. Le sac Exos55 de Osprey pour Sylvie  ne pèse plus qu’un kilo également. Les sacs de couchage BloodyMary de Valandré doublés de drap de soie Décathlon nous permette d’affronter le froid avec un peu plus de sérénité.

Nourriture : nous emportons jambon, fromage, chocolat, semoule, fruits secs, céréales,  laits deshydraté, sachets de capuccino  pour dix jours en totale autonomie à partir de Tashigaon. 500g de spiruline sont embarqués pour étudier sommairement ce complément alimentaire comme palliatif au manque de vitamines normalement apportées par les fruits et légumes frais et au manque de protéines lié aux faibles rations alimentaires. La quantité totale pèse 7.5kg.

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A l’expérience, une journée d’autonomie à deux équivaut à 1kg de nourriture emportée. Des sucres lents (pain ?) devront être trouvés pour remplacer cacahuètes, noisettes etc, trop dures à digérer pour les déjeuners.

Poids total emporté : Les sacs pèsent respectivement 11.8Kg et 15.3kg

Accès:

Nous avons choisi le trajet en avion de KTM à Tumlingtar bien que celui-ci soit cher (prix touriste AR 455USD pour 2 pour 30mn de vol) et incertain (annulations et retards dus aux conditions météo pour des avions ne décollant et n’atterrissant qu’à vue. L’alternative est de prendre trois bus successivement sur une durée minimum de 20 heures.

A partir de Tumlingtar, la route puis la piste de plus en plus défoncée conduisent maintenant jusque Num. Les deux premiers jours du trek classique peuvent être remplacés par deux trajets Tumlingtar – Khandbari (150Rs ?)et Khandbari –Num . Le dernier trajet 4 à 6 heures selon les conditions météo est facturé 600Rs,

Carte de situation:

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Le voyage et le trek au jour le jour

  • Samedi 9 mars. Arrivé de Chennai via Delhi à KTM à 15 h. Négociation d’un taxi à l’aéroport pour Thamel : 400Rs (il semble que ce tarif soit raisonnable). A Thamel : négociation d’une chambre correcte (pas trop sale, assez grande, et surtout au calme) au Puskar pour 600Rs/nuit. Ce sera notre « camp de base ». Mon enquête trop succincte auprès d’une agence me conduit à confirmer le trek du Makalu (la Shipton la est réputée ouverte ( !). Achat facile des billets KTM Tumlingtar  dans cette agence (AR 2 personnes 455USD) Buddha air du 14/3 au 5/4.



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  • Dimanche 10 mars : prolongation de mon visa à l’Immigration Department (Kalika Marg 30mn de Thamel) réputé fermé pour cause de fête  (Maha Shivaratri festival ). Démarche très facile. Je récupère mon passeport après une heure. Ne pas céder aux pressions de personnes vous poussant à payer un complément pour récupérer votre passeport dans la foulée (il n’y a pas de sots métiers mais les touristes ont bon dos et tous les moyens sont bons pour leur faire ouvrir le porte monnaie).

Je pars en début d’am à pied vers Pashpatinath où se tient la « fête » avec Léo, un nouveau compère rencontré au Dep immigration. Foule insensée, ambiance survoltée. Nous sommes privilégiés et on écarte les foules devant nous  car nous devons payer 500Rs pour entrer  alors que les autochtones ne paient pas. Nous arrivons quand même à passer sans payer mais je ne pourrai plus en sortir sans preuve de paiement et sauf à passer par les égouts. Belle aventure !

C’est le seul jour de l’année où la consommation de cannabis est parfaitement légale partout. Les sadhus s’en donnent à cœur joie.

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  • Lundi 11 mars : j’obtiens sans problème et sans  élai nos TIMS et tickets d’entrée pour le parc du Makalu Barun au Nepal Tourism Board (10mn de Thamel) bien que Sylvie ne soit pas là. Photocopie de passeport et photos d’identité suffisent.
  • Mardi 12 mars : Je vais à pied à l’aéroport chercher Sylvie qui arrive de Paris pour mesurer le temps nécessaire en cas de grève. Les jours de grève, aucun véhicule ne peut circuler, les assurances ne couvrant pas les dégradations sur les véhicules causées par les manifestants (à ce propos, le Népal bat la France pourtant leader mondial dans sa capacité de nuisance par la grève. Nous connaîtrons 2 grèves : le 25/3 et le 7/4 en un mois). Parcours tranquille en 1h30. Compter 1 :40 avec un sac.
  • Mercredi 13 mars : dernier jours de repos. Nous préparons les sacs et savourons nos derniers repas occidentaux. Il faut reconnaître que Thamel est bien confortable pour cela.
  • Jeudi 14 mars : Nous partons en taxi pour l’aéroport avec une provision de croissants que nous mangerons sur place avec du thé en guise de petit déjeuner.  L’avion doit décoller à 10 :30 et nous arrivons par précaution vers 8 :30. Il est difficile de trouver un tea stall dans les environs de l’aéroport domestique pour  déguster nos derniers croissants. Notre vol s’affiche et nous nous enregistrons sans problème. Le vol sera finalement annulé vers midi car l’aéroport de Tumlingtar reste fermé pour cause de brouillard persistant.  On nous propose une place le surlendemain (vol du vendredi complet !) sans garantie que le temps soit plus clément… Nous choisissons de partir dans l’après midi pour Biratnagar à la frontière indienne en payant un complément d’une quarantaine d’euros .Il n’y a pas de petits profits! Vers 17 heures à l’aéroport de Biratnagar, le personnel de Buddha nous trouve un taxi pour Tumlingtar qu’il faut négocier durement. Nous passons de 22 000 à 14 000Rs. Nous emmenons un passager népalais qui paie 4000Rs  (cela démontre que la négo n’a pas été trop mauvaise)

Nous quittons vite la chaleur moite du Terai pour les routes et pistes défoncées en tôle ondulée qui montent vers les Himalaya. La route durera une bonne partie de la nuit jusque 2heures. A Tumlingtar, nous nous couchons sur des bancs à proximité des jeeps réputées à destination de Khandbari.

  • Vendredi 15 mars : Khandbari (348m) – Num (1530m)   DSCF9737 treks du Makalu 1503

Le sommeil est de courte durée. Nous sommes entourés par les porcs puis visités par des hommes venus satisfaire leurs besoins à proximité. Cet endroit de la ville est particulièrement sordide. Levés à 6 :00, il n’est même pas possible de manger une omelette et boire un thé dans un lieu unique. Quant au chapati, il n’a pas encore été inventé à cet endroit. Nous sommes bien entourés par contre et on nous propose une jeep pour Khandbari à des prix prohibitifs (3000rs). Exaspérés, nous partons à pied vers 7h sans même chercher à négocier. Agir plutôt qu’attendre dans l’indécision…

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Sans le savoir, nous empruntons la nouvelle route, beaucoup plus longue et poussiéreuse que l’ancien chemin. Un jeune homme qui se lave au bord de la route nous indique le bon chemin à prendre.

Pour ceux qui souhaitent faire ce trajet à pied : prendre à droite de la route principale au point 27°20’22.82″N 87°11’46.66″E puis suivre le chemin qui va croiser à plusieurs reprises la nouvelle route jusque Khandbari.

 

Nous arrivons à Khandbari vers 12heures, en même temps que la jeep de Tumlingtar. Nous nous reposons à l’ombre en attendant un hypothétique départ vers Num.

Les gens semblent plus sérieux ici et les tarifs sont clairement indiqués (600Rs). Nous partons vers 13h pour attendre une bonne heure dans le bled suivant. Un bus arrive qui déverse ses passagers dont certains montent dans la jeep. Nous avons le privilège d’être installés à l’avant.  Le temps se couvre jusqu’à l’incontournable pluie de fin de journée qui commence vers 17h, entraînant coulées de boues dans lesquelles le chauffeur perd parfois tout contrôle de sa direction. Il nous confie même sa peur comme pour se rassurer à un moment critique : « Danger road !  Danger road ! » Les sacs sont rentrés dans le véhicule et des feuilles de plastique dépliées pour éviter que les passagers ne soient totalement trempés (cela fait belle lurette que les vitres ont disparu).

Nous arrivons à Num vers 19h bien après que la nuit ne soit tombée. On nous cherche le propriétaire d’un guest house et il nous prépare un succulent dalbath arrosé d’un whisky local revigorant (ressuscitation kit).

Il faut juste savoir qu’il n’y a pas d’eau courante à Num. On vous servira généreusement un petit broc d’eau si vous demandez la douche.

  • Samedi 16 mars : Num – Seduwa, 6 :15, dénivelé 820m DSCF9747 treks du Makalu 1603

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Nous nous réveillons en forme vers 7 :15. Il y a un peu de soleil mais les nombreux nuages laissent présager d’un temps pourri dés le milieu de la journée. Aprés un petit déjeuner copieux (double omelette, nombreux chapatis arrosés de milk tea , nous entamons à 8 :45 la grande descente vers l’Arun (770m) dans des paysages bucoliques et tropicaux. Par manque d’entraînement, nous glissons à plusieurs reprises, sans mal car les sacs amortissent la chute. Nous rencontrons en bas deux kazaks revenant de Kongma. Ils nous assurent que les passes sont toujours bloquées par la neige et qu’un premier groupe de russes a du également renoncé avant eux. Nous ne reverrons plus de trekkeur avant notre retour.

La remontée se fait dans un ciel de plus en plus couvert . Quelques grosses gouttes commencent à tomber vers 13h.

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Il est possible de déjeuner et probablement dormir au point 27°34’12.10″N 87°16’16.00″E

 

Nous arrivons à Seduwa en 6 :15 à comparer aux 3.5h données par la carte ! Nous nous faisons enregistrer à la maison du Parc National du Makalu Barun. Les employés sont sympathiques mais la responsable soupèse discrètement mon sac pour voir le sérieux de notre expédition en nous confirmant que la Shipton la est fermée. Nous verrons bien. Elle nous conduit à un guesthouse proche, convenable et possédant une douche, un vrai luxe. Nous en profitons pour faire la première lessive car nous avons très peu de linge de rechange.

Diner+  nuité + petit déjeuner = 1600Rs

  • Dimanche 17 mars : Seduwa – Tashigaon, 7 heures , dénivelé 630m DSCF9761 treks du Makalu 1703

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Levés à 6 :30, départ à 8h. Nous nous engageons sur un mauvais chemin au sortir de Seduwa. C’est bien celui qui est indiqué sur le GPS mais ce n’est pas celui conduisant à Tashigaon ! Un jeune nous remet sur le bon chemin en nous faisant traverser les rizières et en clamant haut et fort en rigolant qu’il est notre guide. Remis sur la bonne voie, je tente maladroitement de lui donner un pourboire qu’il  refuse avec fierté. C’est à ce point que nous faisons la connaissance de Dawa, professeur à l’école de Chyaksadanda, entre Seduwa et Tashigaon. Il fait le trajet tous les jours de seduwa où il vit avec son épouse Renen que nous reverrons à Kongma, employée du Parc National et leurs deux enfants Harpana et Michael. Le monde est petit. Il nous accompagne bien que notre rythme soit fort lent. A Chyaksa, il nous présente au principal de l’école publique et nous fait visiter les classes. Un tremblement de terre à détruit un bâtiment il y a deux ans et rien n’a été reconstruit depuis. Les cours se font dans des conditions difficiles dans un bâtiment de bambou provisoire. Il nous demande de l’aider.  C’est peut-être une belle aventure qui commence. Nous le reverrons et explorerons la faisabilité à notre retour.

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Le chemin nous conduit tranquillement à Tashigaon 2200m) où nous arrivons vers 15h. Tashigaon est le dernier village permanent mais semble bien mort comparé à Seduwa. Le rumi nous occupe en fin d’après midi. Diner de dalbhat comme d’habitude. Diner + nuité + petit déjeuner = 2100Rs, tout augmente avec l’altitude…

  • Lundi 18 mars : Tashigaon – Kongma, 9 heures, dénivelé 1425m DSCF9786 treks du Makalu 1803

 

Départ à 7 :40. Les chapatis du petit déjeuner étaient un peu pourris, avec un goût de pénicilline et un arrière goût sucré (polysaccharides partiellement transformés en sucre probablement). Nous ne les avons pas finis bien que nous n’aurons plus que nos réserves dorénavant.

C’est la journée la plus difficile de l’ensemble du trek. Le trek est réputé difficile à cause de cette journée. Il est bien possible de dormir dans des abris de berger ou sous la tente sur le parcours mais le règlement du parc l’interdit théoriquement.

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Dés le départ, le chemin monte durement dans la forêt tropicale. Puis les plaques de neiges deviennent de plus en plus nombreuses. Il faut monter dans un goulot rempli de neige dans laquelle nous nous enfonçons parfois jusqu’à la taille. Le chemin n’est plus visible. Nous nous inquiétons de ces conditions et du temps qui passe. Notre seul point sûr dans la mémoire du GPS est celui de Kongma dont nous voyons la distance diminuer trop lentement. Cela fait bien longtemps que la neige tombe quand nous apercevons des drapeaux de prière en surplomb. Nous arrivons à un col proche de Kongma que nous distinguons peu de temps après vers 16 :00. Nous arrivons à 16 :40. Il était temps.

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Il n’y a pas de source apparente  à Kongma. Il faudra faire fondre la neige pour avoir de l’eau. Nous installons la tente sur un faux-plat à côté du guesthouse dont toutes les portes sont cadenassées.  Pour cela, il faut d’abord déblayer la neige du terrain. Je cherche ensuite du bois mort dans les massifs de rhododendrons alentour alors que la nuit tombe.

Le feu doit être activé continuellement pour ne pas s’éteindre. C’est en larmes que je fais fondre ma première gamelle d’eau… Couchés à 20h après un diner purée jambon rehydratés.

  • Mardi 19 mars : A kongma  

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C’est une journée consacrée à l’acclimatation. Nous profitons du soleil généreux en première partie de journée. La nuit a été un peu froide (-4°C au réveil dans la tente). Nous n’avons pas eu froid mais nous sommes loin des températures de référence auxquelles il est prévu de faire face (-15°C)

Le staff du Parc du Makalu nous rejoint en fin de matinée.  Ils se lancent dans une joyeuse partie de glissades dans la neige. L’un  d’entre eux, nouveau dans la région, voit la neige pour la première fois !  Ils nous diront à notre retour qu’ils avaient un pincement au cœur en nous laissant seul là haut !

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  • Mercredi 20 mars Kongma –  Kongma la  – retour, 2heures dénivelé 260m 

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Réveil à 5 :45 car l’objectif est d’aller tôt le plus haut possible en reconnaissance et sans le fourniment, laissé à Kongma.  Il a plu en fin de nuit et le ciel n’est pas d’un bleu limpide. Nous sommes au dessus d’une couche nuageuse compacte.  Nous partons après un petit déjeuner succinct à 6h au moment où la brume commence à nous rejoindre par le bas. C’est une course à forces inégales qui s’engage entre nous. Nous nous enfonçons de temps en temps jusqu’à la taille dans la neige. Il faut deviner le chemin entre des congères de plus en plus étendus.

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Nous atteignons le mani et les drapeaux de prières du col à 7 :40. Il fait grand beau temps et nous découvrons les chaînes de hauts sommets qui semblent nous narguer. En poursuivant notre route conformément aux points  GPS, nous avons de plus en plus de mal à progresser. Nous nous arrêtons au point  27°39’52.47″N  87°12’19.59″E à 3880m. L’accumulation de neige recouvrant le chemin devient telle que la progression nous semble irréaliste et dangereuse avec des sacs.

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Nous sommes déçus de ne pas pouvoir poursuivre. Il faudra revenir en automne.  Le panorama est magnifique mais nous n’en verrons pas plus cette fois-ci. Nous collectons du bois dans la descente et Kongma est dans le brouillard à notre arrivée. Nous profitons du temps libre l’après midi pour réfléchir au projet d’école de Chyaksa. Nous aurons beaucoup de questions à poser à notre retour.

  • Jeudi 21 mars : Kongma – Tashigaon en 6 :40  

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  Au réveil, la neige est en train de tomber dans un brouillard à couper au couteau. Du jamais vu ! J’allume le feu pour le petit déjeuner puis nous plions la tente mouillée dans les sacs en essayant de protéger au maximum les affaires de l’humidité. Départ à 9 :30. Le GPS est très utile dans le brouillard car il nous permet de suivre la trace du chemin à l’aller sans trop hésiter. Nous glissons à plusieurs reprises sans trop de mal.

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Rapidement des orages de grêle  nous accompagnent. Et l’eau s’infiltre partout dans nos affaires, chaussures et vêtements.  Un abris nous permet de déjeuner au sec . Nous arrivons à Tashigaon à 16:10.  Il n’y a plus qu’à étendre toutes nos affaires pour tenter de les faire sécher. Le chocolat est aussi un moyen de nous réconforter.

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Nous continuons à piocher dans nos réserves de nourriture pour éviter de trop en redescendre. Nous commandons 2 bières pour le diner avec de l’eau chaude pour les cappuccinos. La propriétaire qui n’a pas bien saisi nous apporte les bières baignant dans  l’eau chaude.

  • Vendredi 22 mars : Tashigaon – Seduwa en 4 :30

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Nous nous arrêtons à Chyaksa mais l’école est déjà fermée car une fête de 4 jours commence (les fêtes, comme en Inde, font concurrence aux grèves). Nous retrouvons Dawa avec qui nous descendons sur Seduwa. Nous planifions une journée de travail  dés le lendemain de bonne heure.

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  • Samedi 23 mars à Seduwa.

Première réunion avec Dawa et le responsable du Parc, Manjit, à 7heures. Ils collecteront les informations pour la cotation du projet pendant que j’écrirai un projet de convention. A 16 :00 tous les documents sont complétés et écrits sous word avec le seul ordinateur du village. Ici, il n’y a pas encore internet. On espère une liaison wifi avec Num, en face, dans les prochaines années.

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Dawa nous invite chez lui le soir pour partager la tongba et le dalbath. La tongba est une bière obtenue en versant de l’eau chaude à plusieurs reprises sur du millet à demi fermeté. L’eau chaude réactive la fermentation et crée une effervescence en 5 minutes.  La paille de bambou agit comme un filtre et permet d’aspirer le breuvage sans trop avaler de grains de millet.

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Voilà une bonne soirée qui nous permet de rentrer dans l’intimité d’une famille népalaise en apprenant quelques coutumes. Par exemple, la paille chez les Bhote se dépose en équilibre sur le dessus du  récipient alors qu’elle se dépose à côté sur la sous tasse chez les Sherpa. Leur accueil est chaleureux et nous sommes vraiment heureux  de commencer un projet avec eux. En rentrant, je titube un peu.

  • Dimanche 24 mars  Seduwa – Num

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Nous entreprenons l’interminable descente vers l’Arun après avoir salué Dawa à qui nous promettons de nous revoir bientôt. Nous croisons deux filles avec guide et porteur. Leur guide est bien gêné lorsque je leur dis que l’accès à la vallée conduisant au camp de base du Makalu est bloqué au niveau de la Kongma la par la neige. Nous les retrouverons peu de temps après dans les Annapurna  sans leur guide.  Elles n’auront pas davantage que nous été plus loin  que les hauteurs de Kongma…

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La montée est un calvaire car je me sens épuisé avec un rythme cardiaque élevé même à l’arrêt. Intoxication alimentaire ? Tongba excessive ? Sylvie est exaspérée par mes arrêts fréquents…

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Num est  devenu le terminus d’une route qui déverse tout ce que la civilisation possède de plus grossier : gasoil, tôles, sacs de riz etc. Ce village a probablement perdu  son caractère sans encore acquérir les facilités qui vont normalement avec le progrès. On nous promet de l’eau courante dans une guesthouse.  Il n’y aura qu’un broc à utiliser dans un coin de la cuisine qui sert de restaurant local.

Le patron nous propose du poulet avec des pommes de terre pour le diner. Formidable ! Une toute petite assiette vaut bien un robinet d’eau chaude.

  • Lundi 25 mars  Num – Tumlingtar – fin du trek.

Le patron nous apporte la note : 2750Rs. J’épluche le détail car le montant nous paraît fort élevé. C’est le poulet.C’est cher ici m’explique-t-il. Sa femme arrive en renfort : très cher. Un poulet coûte bien 2000RS (20€).

Je lui propose de me faire un prix raisonnable et, devant son mutisme,  lui donne 2000Rs en lui expliquant que je serais très intéressé  d’aller l’entendre s’expliquer avec la police sur les poulets à 2000Rs!

Une jeep nous redescend en 4h jusqu’à Khandbari. Un employé de banque nous aide à décaler nos réservations pour le lendemain. Nous apprenons qu’il y a une grève et qu’il faudra faire le dernier tronçon à pied. On ne rigole pas avec la grève au Népal !

Il nous reste juste 15 jours à passer au Népal du fait de notre retour prématuré. Plutôt que d’aller visiter les rhinos [raïnos] du Terai, nous décidons de retourner au Camp de Base des Annapurna (première visite en 2001), en espérant que le temps soit plus favorable…

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Vallée de Langtang



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Du 18 au 27 avril 2010

1. Intro & préparation :

C’est 8 ans après le dernier trek dans la vallée du Khumbu que nous préparons celui du Langtang, troisième voyage au Népal, mais le premier pour Sylvie.

Avec ceux des annapurna et du Khumbu, objets des deux premiers voyages, c’est le plus réputé du Népal, un des plus couru donc. Les risques sont grands d’être déçus. D’autant plus que les montagnes ne sont pas très hautes alentours, avec le Langtang Lirung culminant à 7246m.

L’éruption de l’ Eyjafjöll commencera de bloquer les vols internationaux le jour même de notre arrivée à Kathmandu, le 15 avril. Nous avons donc eu la double chance de ne pas être coincés en France et d’éviter les embouteillages de marcheurs sur le sentier principal.

Air India nous réservera quand même une surprise : les sacs sont restés à Delhi et n’arriveront  que le lendemain à KTM. Le phénomène était fréquent en 2010. Il est à parier qu’avec le nouvel aéroport, ces petits désagréments sont maintenant évités. L’expérience sera faite en mars 2013…

C’est avant tout une première expérience de la ballade en montagne à deux car nous partirons autonomes, avec tente et nourriture pour quelques repas hors des sentiers battus.

Car nous comptons bien sortir des sentiers battus pour aller d’une part tout au bout de la vallée et aussi de tenter l’ascension du Yala Peak (5500m) nécessitant un camp de base isolé entre Kianjin gompa et le sommet.

La préparation s’effectue sur Google Earth. Il sera très difficile de détecter a priori la position précise du Yala Peak et impossible de trouver des informations sûres pour son accès avant d’être sur place.

Poids des sacs au départ :13 et 14.8kg  avec deux jours d’autonomie.

2. Localisation

La vallée du Langtang se situe à une cinquantaine de kilomètres d’oiseau au nord de Kathmandu. A partir de Siabrubesi, dans une végétation de type tropical à 1450m, elle se termine à proximité de  la frontière avec le Tibet sur son glacier à environ 4500m (lieu dit Sarwa Kharka) après un cheminement d’une cinquantaine de kilomètres.

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3. Accès

Du fait de sa proximité de Kathmandu, le trajet peut aisément se faire à pied en passant par la Laurebina la (Gosain Kund)  ou, un peu moins aisément par la Ganga la plus à l’est. Nous avons choisi d’y accéder par le bus jusqu’à Syabrubesi pour gagner un peu de ce temps qui manque toujours cruellement.

Tout aussi cruel est le trajet en bus de Kathmandu à Syabrubesi. Départ à 6:30. 11 heures pour parcourir 110 petits km.

Attention : le bus ne part pas (en 2010 en tous cas) de la gare mais d’un emplacement très confidentiel à quelques centaines de mètres de là (la meilleure solution est de demander à la gare)

 

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Lama

2500

19-avr

Langtang

3450

20-avr

Kianjin gompa

3870

21-avr

Kianjin gompa Kimshung glacier  28°14’9.30″N  85°34’47.50″E

4518

22-avr

Langshisha kharka

4100

23-avr

Kianjin gompa

24-avr

Kianjin gompa Tsergo ri  28°12’46.39″N  85°36’2.38″E

4960

25-avr

Kianjin gompa Langshisha kharka  28°12’44.86″N  85°40’7.20″E

4100

26-avr

Lama

27-avr

Syabrubesi

1450

4. agenda & relevés d’étapes

Les relevés du GPS ont été perdus (première utilisation maladroite !). Il reste que l’usage d’un GPS est totalement superflu tant que l’on reste sur le chemin principal et jusque Langshisha kharka. Le vrai et confortable camp de base se situera à Kianjin gompa à partir duquel seront effectuées trois explorations en journée (Kimshung, Tsergo ri, Langshisha)


5. Carte du parcours principal
 

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6. Journal de bord

18 avril :

Après une bonne nuit au Tibet Guest House dans la rue principale de Siabrubesi, rustique et sympa, nous partons pour une grosse journée de marche avec un dénivelé de 1000m. La forêt très dense nous protège d’un soleil assez dur. Nous sommes parfois accompagnés par des singes très turbulents. Il paraît que ces coquins sont un peu drogués en cette saison avec les herbes qu’ils sélectionnent. Après Bambou, le temps se couvre et nous prenons nos premières gouttes de pluie 1 km avant Lama.

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A Lama nous nous installons dans le premier lodge. Une dizaine de marcheurs sont déjà arrivés. La place ne manque pas.

19 avril :

Nous reprenons la montée avec le torrent toujours bruyant à proximité. La forêt s’éclaircit peu à peu et nous réalisons que nous ne pourrons pas atteindre Kianjin gompa comme prévu. Nous traversons ensuite des pâturages sur lesquels des familles de tibétains se sont installées. La migraine s’installe avec l’altitude. Une pluie orageuse commence à tomber bien avant la nuit. Le lodge est spartiate et l’accueil toujours aussi sympa. Les prix montent avec l’altitude.

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20 avril :

Le ciel est bleu au petit matin et nous sommes entourés des premiers massifs enneigés. Nous partons un peu plus tard que d’habitude à 8 :10 et nous sommes déçus de voir l’horizon à l’est obstrué par les nuages. Mais le ciel se dégage sur la route et la beauté sévère du monde minéral dans lequel nous entrons nous émerveille. Kianjin gompa est niché au pied du glacier du Lirung. Notre halte de ce soir est aussi notre camp de base pour visiter la région. Les nombreux lodges nous donnent l’embarras du choix. Les prix des chambres et des repas sont fixes comme c’est la règle.

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La fromagerie installée dans le village nous pourvoira en précieux comté local.

21 avril :

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Levé encore un peu tard à 6 :15, nous découvrons les massifs et glaciers sous un ciel totalement pur. Un petit déjeuner de milkçay pain tibétain et omelette doit nous tenir assez au corps pour nous rendre au pied du Kimshun Glacier. L’itinéraire approximatif a été établi à partir de Google Earth et entré sur le GPS. C’est le premier vrai test de son usage car nous quittons les sentiers battus !

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Il nous faut souvent interpréter le chemin entre deux points et l’avance devient de plus en plus difficile dans les moraines et les arbustes broussailleux. Nous traversons le lit d’un glacier mort et un petit torrent. Nous longeons enfin la moraine du glacier Kimshun que nous gravissons en suivant des chemins de yaks plus ou moins prononcés. Nous les dérangeons alors qu’ils sont en train de brouter. Nous arrivons à 4500m sur le côté du glacier vers 11 :30, un peu essoufflés ! Sur la crête, le déjeuner frugal de quelques figues et barres de céréales est bien mérité. Nous admirons les « chutes de glace » en mangeant .Le glacier est silencieux. Il n’y a pas ces craquement quasi continus que l’on entend dans la Karakoram où les descentes sont encore plus vives.

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Le retour est plus direct, la plupart du temps en équilibre sur les rochers ou à travers les broussailles avant de rejoindre un chemin digne de ce nom. De retour à Kianjin vers 14 :30, nous prenons une douche bien chaude. Le chauffage de l’eau est solaire. La neige commence à tomber en milieu d’après midi, remettant en cause la sortie du lendemain vers Langshisha kharka. La préparation des sacs est malgré tout faite pour voyager léger demain.

22 avril :

Sylvie me réveille alors que le jour ne s’est pas encore levé. Elle a attrapé la tourista en ingurgitant quelque mauvaise bactérie. Elle décide de partir malgré sa fatigue et son mal mais elle renonce après le petit déjeuner au coin du feu de la cuisine. Je partirai seul pour Langshisha pour 2 jours.

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Dehors tout est tapissé de neige. Peu de centimètres. Départ à 7:30. Heureusement les points GPS me permettent de m’orienter dans le jour naissant sans voir de chemin. Je me retrouve sur une petite piste d’atterrissage. Il n’y a pas souvent d’avions par ici ! j’emjambe des fils de fer barbelés rouillés. Je sais que le chemin n’est pas loin.

Je dépasse le point correspondant à une montée possible vers le Yala Peak (photo ci-dessus). La pente semble rude mais possible sans sac à dos trop lourd. Le chemin vers Langshisha est trouvé. Il est en pente très douce dans le creux de la vallée. Il fait beau comme d’habitude le matin. Je déjeune vers 13 :30 au sommet d’un col ouvrant sur des massifs splendides vers l’est et les pâturages de Langshisha.

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J’arrive à Langshisha à 14 :30. Je dépasse les pâturages mais ce n’est pas très sérieux de continuer seul alors que le chemin n’est plus clairement défini. Je reviens sur Langshisha pour établir le campement. Le lieu est d’une grande beauté. Comme d’habitude, il est malheureusement pollué des reste de groupes passés depuis plusieurs années. Les taxes payées pour entrer dans le parc ne servent pas à organiser des nettoyages de printemps, visiblement.

Il n’y a pas âme qui vive sauf quelques yaks broutant nonchalamment. Je m’installe parmi eux sans attirer le moindre intérêt. Ce n’est pas plus mal. Je ne trouve pas de source dans les environs. Il me faudra aller puiser l’eau grisée par le mica dans le torrent.

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Il y a quelques huttes de bergers délabrées à proximité des drapeaux de prières. C’est un refuge possible en cas de tempête. L’une d’entre elles est couverte.

Je vois passer cinq chevaux qui semblent abandonnés. Comment font les propriétaires pour s’y retrouver ? Le lieu est visiblement à plusieurs kilomètres de la première habitation.

Le vent souffle fort d’ouest et le feu est très difficile à démarrer. Peut-être à cause de l’altitude ? Ici on doit avoir 60 – 65% de l’oxygène du niveau de la mer.

Après avoir plus ou moins filtré l’eau du torrent, je cherche du bois pour faire un feu. Il ne manque pas. Heureusement il ne neige pas ce soir. Dés que le soleil se couche, la température tombe drastiquement.

Après un repas de soupe et de pâtes, je ne tarde pas à me coucher. Le sac n’est pas de qualité suffisante pour bien me protéger du froid. Le sommeil est entrecoupé de réveils dus à ma respiration trop lente. Je ne suis sûrement pas encore bien acclimaté à l’altitude pourtant encore limitée.

Le 23 avril :

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Vers 4 heures, un grondement soutenu me réveille cette fois en sursaut. Je sors de la tente tapissée à l’intérieur d’une bonne couche de glace. C’est une avalanche mais je ne la distingue pas dans la nuit. Vers 5 heures je me relève pour faire du feu afin de me réchauffer. Une allumette suffit cette fois pour l’allumer : le vent est tombé. Petit déjeuner de pâtes, capuccino et barres de céréales. Je n’ai déjà plus de provisions…

J’entreprends ensuite l’ascension de la petite montagne donnant sur les pâturages. Je m’arrête à 4700m à 8 :30, heure limite que je me suis donnée. Cela me permet de découvrir les glaciers alentour et leurs retraits dus au probable réchauffement climatique. Ils illustrent en grandeur nature les études sur la vitesse du retrait que j’avais lues concernant la région du Langtang. A 9 :30, je suis redescendu.

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Un yak broute à proximité de la tente et je trouve que son insolence vaut une photo. Il prend très mal mon intrusion est décide de me charger sans que je m’en aperçoive. C’est dans le viseur que je m’en aperçois. Je saute sur le côté. Ce réflexe me fait appuyer sur le déclencheur.  Je l’ai échappé belle. Une corne dans le ventre à cet endroit doit équivaloir à une mort certaine après une longue agonie. Frissons rétrospectifs…

Je démonte la tente séchée par le soleil et prends le chemin du retour à 10 :00. Sur le chemin du retour, je regrette que Sylvie ne soit pas venue car ce lieu est magique, incomparable à tout ce que nous avons vu jusque là, en même temps limité, domestiqué par les pâturages, en même temps sauvage par son isolement et gigantesque  par la proximité des pics et des glaciers qui l’entourent.

J’atteins Kianjin à 14 :00. Visite du monastère et de la fromagerie avec Sylvie qui m’attendait sagement. Elle me raconte qu’un trekkeur français arrivé la veille a décidé de franchir seul la Ganga la. Je suis étonné car elle est visiblement enneigée. Nous ne saurons jamais s’il l’a bien franchie…

Le 24 avril :

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Aujourd’hui, c’est Tsergo ri ! 5000m, 1200m de dénivelé.

Première étape pour estimer la possibilité d’aller jusqu’au Yala Peak (5500m) puisqu’il n’y a plus qu’un plateau à traverser pour rejoindre ses contreforts. En fait, après la nuit glaciale à Langshisha kharka, je vois la faisabilité de l’expédition sous un autre œil. Il faudrait dormir 1000m plus haut vers 5100m, soit approximativement avec 7°c de moins encore…

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Nous partons vers 7 :20. J’ai perdu le tracé préparé avec l’aide de Google Earth en essayant de gagner de la place mémoire!  Il ne me reste plus que le point du sommet. Nous ne trouvons pas l’amorce du chemin en sortant de Kianjin. Nous décidons d’attaquer la montée en visant la direction du sommet que nous ne voyons pas. C’est un peu périlleux. La pente semble correcte pour l’instant mais nous ne savons pas quel type de terrain nous rencontrerons. Nous espérons trouver le chemin en prenant de l’altitude. Nous ne le trouverons qu’à l’arrivée, après avoir franchi quelques passages de plaques rocheuses instables.

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Arrivée à 12 :45 après un déjeuner venteux. Il fait froid là haut. Symboliquement c’est 5000m pour les 50 ans de Sylvie puisque c’est son premier 5000. Les nuages ont déjà bien commencé à s’amonceler sur les crêtes.

Le Yala Peak nous nargue. Nous le voyons très bien maintenant et son accès semble d’une facilité déconcertante. Les possibilités de campements sont multiples sur le plateau. De plus, j’ai vu sur la photo satellite de nombreuses retenues d’eau… Ce sera pour une prochaine fois avec des sacs de couchage adaptés !

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Nous trouvons facilement le chemin d’accés au Tsergo ri sur la crête d’une colline avoisinante chemin rouge fin sur 1ère photo). Nous sommes rétrospectivement stupéfaits en regardant notre chemin d’ascension (chemin bleu) : il attaque directement la montagne. Nous avons ouvert une nouvelle voie  😉

Nous dinons le soir avec un couple de tchèques volontaires établis à KTM.

Ayant renoncé à l’ascension du Yala peak, nous décidons de retourner à Langshisha Kharka pour me faire pardonner d’y avoir été seul. Cette fois, ce sera pour la journée.

Le 25 avril :

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nous partons à 6 :30 pour ne pas se faire prendre par le temps car l’aller retour se fera sur la journée cette fois. Nous arrivons à 10 :45. Le temps se couvre déjà mais le panorama reste extraordinaire. La fatigue des excursions précédentes et du jour se fait sentir et nous rentrons épuisés, gelés mais ravis à Kianjin vers 15 :30.

Le 26 avril :

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Nous entamons la grande descente à 7 :30 après des adieux affectueux à nos hôtes. Nous n’oublierons jamais la gentillesse de leur accueil.

La silhouette du Tsergo ri que nous connaissons bien maintenant nous accompagne une grosse partie de la matinée. Nous mangeons notre premier yaourt tibétain. Extraordinaire !

Nous nous retrouvons à Lama Guest House cette fois-ci, premier bâtiment à l’arrivée dans la descente, un grand hôtel où nous sommes les seuls clients ; nous passons la soirée avec le propriétaire, fort sympathique.

27 avril :

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Nous pensions avoir fait plus de la moitié du chemin hier mais la descente nous semble ne jamais finir vers Syabrubesi. Partis à 8 :30, nous renonçons au repas du midi après avoir attendu ¾ d’heure que l’on nous serve en vain. Nous achetons notre billet de bus pour être sûr d’avoir de la place le lendemain. Nous nous apercevons que le Yeti Guest House à KTM nous a fait payer notre billet aller deux fois plus cher !

Un bureau a été installé dans la rue principale à une enseigne chinoise. Des gros engins de travaux publics sont garés. La route vers la frontière chinoise est en cours de préparation.

28 avril :

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Le bus nous prend à 7 :00 comme prévu. 10 heures de route cette fois-ci pour rejoindre KTM. Mais nous aurons du temps pour nous y reposer !

7 Conclusion :

Nous n’avons pas fait tout ce qui était prévu. Il faudra remettre à plus tard notre ballade au Yala peak par exemple. Nous avons eu la chance d’aller à la rencontre des habitants de la vallée dans des conditions optimales. Les paysages sont magnifiques et n’ont rien à envier aux treks plus en altitude. Le fait d’avoir réussi à sortir des sentiers battus nous donne l’envie d’aller plus loin vers la liberté de plus longues conquêtes en recherchant l’amélioration de notre autonomie.

 

8 Annexe

Pauvreté d’argent vs pauvreté de temps – (21/4)

On dit souvent avec commisération satisfaite que les népalais sont pauvres. Beaucoup d’organisations occidentales sont ravies de lancer des projets de développement au Népal, comme cette fromagerie de Kianjin par une association suisse. Qu’elles soient louées pour le travail effectué lorsqu’il conduit à des exploitations pérennes et indépendantes, ce qui est bien le cas ici.

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